INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Saint-Évrard-(N°2)

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Saint-Évrard-
Période d'activité :
1842 - 2019
Commune :
Cysoing
Département :
Nord

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Cysoing
Hameau/Lieu-dit :
Rue Salvador Allende
Diocèse :
Actuel: Lille (1913 - 2019)
Ancien: Cambrai (1842 - 1913)
Paroisse :
Actuelle: Alliance Nouvelle (? - 2019)
Ancienne:

Site

Type de site :
Plaine
Altitude :
37 m

Paysage

Type de couvert végétal :
Espace cultivé
Type de l'habitat :
Village
Type de proximités :
Abbaye
Axe de circulation

LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Saint-Évrard- (1842 - 2019)
Compléments :
Le culte autour du corps de saint Évrard débuta en 919, dans l’église de l’abbaye de Cysoing fondée en l’honneur du saint pape Calixte Ier (voir la fiche correspondante). Il fut interrompu à la Révolution, puis restauré au milieu du XIXe siècle et officialisé en 1902, dans l’église paroissiale de Cysoing.
Type de lieu de culte :
Eglise paroissiale
Nom du lieu de culte :
Saint-Calixte-Saint-Évrard
Saints patrons :
  • Calixte (1709 - 2019)
Compléments :
Au moment de sa construction (voir rubroque "Édifice"), l'église reçut en fait un double patronage, celui de saint Calixte et celui de saint Évrard.

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Évrard
Nature de l'objet :
Corps saint (= en entier)
Matériau de l'objet :
Vestige corporel
Dimensions de l'objet :
?
Emplacement :
En 1842, le chef de saint Évrard fut placé dans la chapelle latérale Saint-Éloi. Lorsque le corps de saint Évrard fut rassemblé en 1902, les reliques furent exposées à la droite du maître-autel, parallèlement à la châsse de saint Calixte, où elles se trouvent toujours.
Datation de l'objet :
866
Compléments :
Dans la châsse, le crâne et les fémurs sont liés sur un coffret renfermant le reste des reliques. Dans Cysoing : recherches sur une abbaye disparue (2000), Alain Plateaux et le Dr Vandelanoitte publièrent une étude approfondie des ossements de saint Évrard, dans laquelle ils conclurent que le squelette est cohérent et vraisemblablement celui du comte Évrard de Frioul (Ibidem, p. 22-31).

LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :
Membre de la dynastie des Unrochides, Évrard partit en guerre avec Charlemagne et ses fils, dès qu’il eût atteint l’âge requis. Là, il se distingua par son courage, sa bravoure et la pureté de ses mœurs. Fidèle de l’empereur Louis le Pieux, il combattit à ses côtés contre les Sarrasins et les peuples slaves et avares révoltés ; il le soutint également lorsqu’il fut momentanément déposé par ses fils. Cette loyauté indéfectible lui valut de recevoir de la part de l’empereur le duché italien de Frioul et la main de la princesse Gisèle, accompagnée du fisc royal d’Annappes en guise de dot.
Évrard et Gisèle s’installèrent d’abord à Cysoing – village de la seigneurie d’Annappes ­–, où  ils fondèrent une église, puis partirent vivre en Frioul. Lorsque les époux revinrent à Cysoing, ce fut avec les reliques du pape saint Calixte, offertes en remerciement par le pape Léon IV.
De plus, Évrard soutint les monastères en Frioul et fonda plusieurs chapelles et églises en Flandre. Il mourut en 869, en Italie, au retour d’un voyage en Frioul. Son épouse fit rapatrier le corps qui fut inhumé à Cysoing ; puis elle fonda le monastère Saint-Calixte, probablement à la demande de celui-ci.
Miracles :
Type(s) de motivation :
  • Piété
  • Voeu
Recours :
  • Thérapie
Jour(s) de fête :
  • Evrard
Type de fréquentation :
Annuel (= juste pour une fête)
Compléments sur les fréquentations :
D’après Cyrille Jean Destombes, saint Évrard était célébré pour la fête de sa translation, le 12 juin (Saint-Évrard d’été), et pour la Saint-Évrard, le 16 décembre (Saint-Évrard d’hiver). La Saint-Évrard d’été fait référence à la translation du chef de saint Évrard vers Cysoing après son invention à Tournai en 1841 (Idem, p. 358-369 ; voir rubrique « Histoire »).
Pratiques individuelles :
  • Prières
Pratiques en présence du clergé :
  • Messe
Ex voto :
    Confrérie(s) :
      Indulgence(s) :
      • Partielle 40 j. (1842)
        À l’occasion de la restauration du culte de saint Évrard, le 12 juin 1842, l’archevêque de Cambrai accorda une indulgence de 40 jours à tous ceux qui assisteraient à la solennité.
      Compléments sur le culte :
      Désormais présenté comme un époux et un père avant tout, saint Évrard est particulièrement invoqué pour la protection des enfants et des familles. Associé à saint Calixte, dont les reliques sont exposées à proximité des siennes, saint Évrard est aussi sollicité pour des guérisons.

      L'ÉDIFICE

      Description :
      L’église fut construite entre 1707 et 1709, sous la direction de l’architecte lillois Dominique-François Gobert. C’est un édifice en briques rouges de style néo-classique. Elle possède une nef unique, qui s'élargit dans le chœur. Celui-ci fut remanié à plusieurs reprises au XIXe siècle. L’église possède aussi un clocher couronné par une flèche. À l’intérieur, la nef est de style classique flamand, teinté de baroque. Des pilastres d'ordre ionique adossés à des contre-pilastres portent des morceaux d'entablement moulurés, avec frise bombée et modillons sous la corniche. Sur les pilastres, repose la voûte en brique. Lorsque l’église fut agrandie en 1827, le chœur originel fut supprimé et remplacé par un chœur de style néoclassique, qui contraste avec la nef plus ancienne. Endommagée par une tempête en 1876, l’église fut restaurée par Meurillon en 1881 (Dehaudt).
      Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
        Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :

          HISTOIRE DU SANCTUAIRE

          Origines :
          Date de première mention : 1842
          Initiative de la fondation :
          • Curé
          Environnement institutionnel, politique et religieux :

          À la Révolution, les biens de l’abbaye de Cysoing furent pillés, les reliquaires fondus et beaucoup de reliques perdues. Celles de saint Évrard furent enfermées dans une caisse en bois et cachées sous l’autel de Camphin-en-Pévèle, puis chez les chanoines du village. L’abbé Gosse en emmena ensuite une partie chez son frère à Tournai, puis dans son exil itinérant, principalement en Allemagne. Les autres reliques furent partagées entre plusieurs personnes chargées de veiller sur elles. En 1795, l’ensemble fut à nouveau réuni entre les mains de l’ancien abbé, qui les cacha probablement à Lille en 1800, puis de nouveau dans sa famille, à Tournai. Après cette date, on perdit la trace des ossements. Au milieu du XIXe siècle, le père Salembier – curé de Cysoing depuis 1841 – se mit à rechercher les reliques. La tête du saint fut retrouvée sous l’autel de l’église de Marquette-lez-Lille, puis placé dans une nouvelle châsse en 1842 (Plateaux). À cette date, la relique fut rendue au culte lors d’une fastueuse cérémonie, en présence de plusieurs milliers de personnes. D’après l’abbé Bataille (1902), depuis cette translation, saint Évrard n’a plus jamais cessé d’être honoré à Cysoing (Idem, p. 99).

          Les restes du squelette de saint Évrard furent enfin retrouvés en 1868 par l’abbé Desbarbieux, vicaire de Cysoing, dans une boîte en bois, derrière la tribune de l’église, sous une statue de saint Joseph. Authentifiées à Lille en 1902, ces reliques rejoignirent le crâne de saint Évrard, dans l’église paroissiale de Cysoing, où elles sont toujours exposées à la vénération (Plateaux)
          Phases d'évolution :
          Evénements marquants :
          • Authentification (1902)
            Le 17 mars, le docteur Meurice et plusieurs prêtres séculiers firent un inventaire des reliques contenues dans la boîte en bois retrouvée en 1868. Le squelette se révéla quasi complet, bien que sans tête. Avec l’autorisation de l’archevêque de Cambrai – Mgr Sonnois –, il fut envoyé à Lille et examiné par des professeurs d’anatomie en poste aux Facultés catholiques de Lille. Dans leur compte-rendu, ces derniers relevèrent plusieurs choses : le corps était cohérent, les os rougeâtres et leur taille impressionnante, avec des indices d’une puissante musculature. Ils conclurent enfin que la tête retrouvée après 1841 était bien celle de ce squelette. Identifiées comme celles de saint Évrard, les reliques furent renvoyées à Cysoing le 31 août, sur ordre de l’évêque.
          • Translation (1935)
            Les reliques furent transférées dans une nouvelle châsse en bronze, conçue par les sculpteurs Fernand et Madeleine Weerts.
          Rayonnement(s) :
          • Local (1842 -> 2019)
            Le culte de saint Évrard fut essentiellement le fait des fidèles de la paroisse et des paroisses voisines. Il est toujours vivant au XXIe siècle, mais sa notoriété et sa fréquentation semblent être devenues particulièrement faibles.

          RÉFÉRENCES

          Source(s) :
          • Site internet

            DEHAUDT, G., « Église Saint-Calixte-Saint-Évrard », sur le site officiel de la paroisse, url : http://www.terredenosracines.fr/index.php?page=Cysoing#t (consulté le 5 février 2018)

          Bibliographie :
          • MÉRIAUX, Ch., «La Translatio Calixti Cisonium : une commande de Gisèle, fille de Louis le Pieux, au monastère de Saint-Amand ?  », in GOULLET , M. dir., Parva pro magnis munera : études de littérature tardo-antique et médiévale offertes à François Dolbeau par ses élèves, Turnhout, Brepols, 2009.
          • MÉRIAUX, C., Galla irradiata : saints et sanctuaires dans le nord de la Gaule du haut Moyen Âge, Stuttgart, F. Steiner, 2006.
          • PLATEAUX, A., Cysoing : recherches sur une abbaye disparue, Marcq-en-Bar?ul, Imprimerie Morel et Corduant, 2000.
          • BATAILLE, J., Saint Évrard, son culte et ses reliques, Lille, 1902.
          • DESTOMBES, C. J., Les vies des saints et des personnes d'une éminente piété des diocèses de Cambrai et d'Arras d'après leur circonscription ancienne et actuelle, Douai, L. Dechristé, 1868.
          Etude(s) universitaire(s) :

          PHOTOGRAPHIES LIÉES

          Objet de dévotion :
          Edifice :
          Autre :

          À PROPOS DE L'ENQUÊTE

          Enquêteur :
          • VANOOTEGHEM Florent
          Rédacteur :
          • VANOOTEGHEM Florent
          Date de l'enquête :
          2018
          Date de rédaction de la fiche :
          2018
          Etat de l'enquête :
          En cours
          Pour citer cette ficheVANOOTEGHEM Florent, « Saint-Évrard-(N°2) », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
          url : https://sanctuaires.aibl.fr/fiche/, version du 29/05/2019, consulté le 12/11/2019