INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Saint-Arnoul

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Saint-Arnoul
Période d'activité :
VIIIe siècle - 1566
Commune :
Cysoing
Département :
Nord

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Cysoing
Hameau/Lieu-dit :
138 rue Aristide-Briand
Diocèse :
Actuel:
Ancien: Tournai (VIIIe siècle - 1566)
Paroisse :
Actuelle:
Ancienne:
Compléments :
La Vie de Saint Arnoul, sans doute rédigée par un moine de Cysoing au XIIe ou au XIIIe siècle, fait débuter le culte à la mort du saint au VIIIe siècle. Mais aucune attestation en ce sens n’a été conservée.

Site

Type de site :
Plaine
Altitude :
31 m

Paysage

Type de couvert végétal :
Bois
Type de l'habitat :
Village
Type de proximités :
Abbaye
Cours d'eau

LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Saint-Arnoul (VIIIe siècle - 1566)
Compléments :
La Vie de Saint Arnoul, sans doute rédigée par un moine de Cysoing au XIIe ou au XIIIe siècle, fait débuter le culte à la mort du saint au VIIIe siècle. Mais aucune attestation en ce sens n’a été conservée.



Type de lieu de culte :
Abbatiale
Nom du lieu de culte :
Saint-Calixte
Saints patrons :
  • Calixte (IXe siècle - 1792)

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Arnoul
Nature de l'objet :
Relique (= fragment)
Matériau de l'objet :
Vestige corporel
Dimensions de l'objet :
?
Emplacement :
?
Datation de l'objet :
VIIIe siècle
Compléments :
Rien en permet de dire que l'objet de la dévotion soit un coprs saint entier; la tradition parle de transfert de reliques.

LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :
La tradition veut que, durant sa jeunesse, au VIIIe siècle, Arnoul partit en guerre contre les Sarrasins. Sur place, il se fit remarquer pour sa grande piété et ses prouesses militaires. Un jour, il fut accusé de vol pour avoir voulu distribuer aux pauvres des morceaux de viande qui appartenaient à son maître. Toutefois, les accusateurs ne trouvèrent sur lui que des tablettes de bois et des fleurs : la viande s’était miraculeusement transformée. Croyant l’avoir accusé à tort, son maître voulut se faire pardonner en le nommant surintendant de sa Maison, puis lui permit de distribuer aux miséreux tout ce qu’il souhaitait. Un jour, sous le règne de Pépin le Bref (752-768), Arnoul et son seigneur partirent en voyage. Arrivés à Cysoing, ils furent assaillis par des brigands. Par amour pour la justice, Arnoul se sacrifia. Désarmé, il se jeta sur les ennemis et son seigneur put s’enfuir. Arnoul fut alors pendu à la branche d’un arbre. Résistant miraculeusement à la mort, il continua d’invoquer le nom de Jésus. Furieux, les bourreaux tentèrent en vain de l’étrangler, puis le décapitèrent. Dès lors, l’arbre s’illumina et plusieurs miracles eurent lieu.
Plus tard, devant la désinvolture des pèlerins autour de son tombeau, le saint apparut à une vieille femme pour lui faire part de sa colère. C’est à la demande de cette vieille dame que les reliques auraient été par la suite transférées dans l’abbaye de Cysoing (cf. L’Hermitte).
Miracles :
La tradition évoque des guérisons.
Type(s) de motivation :
  • Piété
  • Voeu
Recours :
  • Thérapie
Compléments :

Saint Arnoul était essentiellement invoqué pour la guérison des maux de gorge et de la fièvre.


Jour(s) de fête :
  • Arnoul
Type de fréquentation :
Continu
Compléments sur les fréquentations :
Ce saint Arnoul était célébré le 28 janvier.
Pratiques individuelles :
  • Prières
  • Toucher
Pratiques en présence du clergé :
  • Messe
Ex voto :
  • Autre (XVIIe siècle)
    En 1638, Martin L’Hermite écrivait : « […] il estoit honoré de belles offrandes, plusieurs portoient des filets d’argent au col pour luy tesmoigner leur esclavage de devotion & la memoire des benefices receus » (Id., p. 147).
Confrérie(s) :
    Indulgence(s) :
      Compléments sur le culte :

      En l’abbaye de Cysoing, à l’image des trois ordres de la société médiévale, trois saints attiraient la dévotion des pèlerins. Saint Arnoul attirait surtout les fidèles issus du peuple ; saint Calixte était essentiellement honoré par les religieux ; saint Évrard était principalement vénéré par la noblesse locale, en particulier par les seigneurs de Cysoing : voir les fiches correspondantes.

      Les pèlerins les plus riches venaient « servir » avec un fil d’argent autour du cou, en hommage au saint. Réciproquement, la corde qui servit à pendre saint Arnoul était placée autour du cou des pèlerins, de manière à guérir les maux de gorge (cf. L’Hermitte).

      L'ÉDIFICE

      Description :
      Pour Alain Plateaux, l’église abbatiale était sans doute initialement composée d’une crypte semi-souterraine, où reposa le corps de saint Calixte ; d’un chœur – juste au-dessus de cette crypte – et d’une nef – à un niveau médian – réservée aux fidèles. C’était sans doute un édifice préroman, de style carolingien. L’intérieur était sans doute recouvert de peintures murales.
      En 1393, un grand incendie dévasta l’abbaye et endommagea son église. Restaurées à la fin des années 1450, les bâtiments furent à nouveau victimes d’un incendie en 1520. Ils furent alors reconstruits en 1535, par l’abbé Mathias de la Barre, sous la bienveillance du pouvoir bourguignon. L’église était composée d’un chœur, d’une nef et d’un sanctuaire où se trouvait le maître-autel, surélevé. Les espaces, se situant tous à des niveaux différents, étaient séparés par des paliers. L’église fut remaniée au XVIIIe siècle, après qu’une nouvelle église paroissiale fut construite au centre du village. L’abbaye fut finalement détruite en 1792, lors d’un incendie provoqué par les révolutionnaires (Plateaux, p. 44-75).
      Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
        Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :

          HISTOIRE DU SANCTUAIRE

          Origines :
          Date de première mention : XIIe siècle
          Initiative de la fondation :
          • Religieux
          Environnement institutionnel, politique et religieux :
          D’après la Vie de Saint Arnoul, sans doute rédigée par un moine de Cysoing au XIIe ou au XIIIe siècle, le « martyr » fut d’abord inhumé au pied de sa potence naturelle ; une petite chapelle fut sans doute élevée à proximité du tombeau qui attira aussitôt les pèlerins ; ceux-ci repartaient avec des branches et des morceaux d’écorce en guise de reliques. Devant l’afflux et le comportement parfois irrévérencieux des pèlerins, les moines de l’abbaye transférèrent le corps dans leur église, probablement au cours du IXe siècle.
          Le culte de saint Arnoul était très prisé du peuple. À l’inverse, il semble avoir été ignoré ou presque par le clergé et les élites politiques, qui préférèrent s’attacher au culte de saint Calixte, puis de saint Évrard (voir les fiches correspondantes).
          Les reliques de saint Arnoul disparurent définitivement en 1566, lorsque l’abbaye fut mise à sac par les Gueux. Malgré l’extinction du pèlerinage, les moines firent perdurer la mémoire du saint : d
          ans sa Vie des saints dont on fait l’office dans le cours de l’année (1683), Simon Martin mentionne que saint Arnoul était toujours fêté à Cysoing chaque 28 janvier (p. 23).
          Phases d'évolution :
          Evénements marquants :
          • Disparition de reliques (1566)
            La révolte des Gueux éclata en Flandre en 1565, en opposition à Philippe II, roi d’Espagne et comte de Flandre. Des nobles calvinistes se liguèrent contre le roi et sa politique antiprotestante. Ils furent rejoints par une partie du peuple, composée de réformés et de Flamands hostiles à la domination espagnole. La révolte fut accompagnée d’une véritable « crise iconoclaste » et par la dévastation de plusieurs centaines d’églises. En 1566, l’abbaye de Cysoing fut pillée par les Gueux, qui volèrent entre autres les reliques de saint Arnoul.
          Rayonnement(s) :
          • Local (VIIIe siècle -> 1566)
            La date de début du culte de saint Arnoul, honoré uniquement  à Cysoing, reste incertaine. Le pèlerinage semble avoir été le fait des fidèles des seules paroisses environnantes.

          RÉFÉRENCES

          Source(s) :
          • Source publiée (1683)
            MARTIN, S., Vie des saints dont on fait l’office dans le cours de l’année, Paris, chez Frédéric Léonard
          • Source publiée (1638)
            L'HERMITTE, M., Histoire des saints de la province de Lille, Douay, Orchies..., Douai, Bardon.
          Bibliographie :
          • PLATEAUX, A., Cysoing : recherches sur une abbaye disparue, Marcq-en-Bar?ul, Imprimerie Morel et Corduant, 2000.
          • GRUZINSKI, S., «Changement et continuité dans deux seigneuries des Pays-Bas méridionaux : l'abbaye d'Anchin et la baronnie de Cysoing (fin du XVe-début du XVIIe siècle) », in Revue du Nord, t. 56, n° 219, 1973, p. 305-314.
          • VAN GENNEP, A., Folklore de Flandre et du Hainaut français, Paris, Brionne-Monfort, 1935.
          Etude(s) universitaire(s) :

          PHOTOGRAPHIES LIÉES

          Objet de dévotion :
          Edifice :
          Autre :

          À PROPOS DE L'ENQUÊTE

          Enquêteur :
          • VANOOTEGHEM Florent
          Rédacteur :
          • VANOOTEGHEM Florent
          Date de l'enquête :
          2018
          Date de rédaction de la fiche :
          2018
          Etat de l'enquête :
          En cours
          Pour citer cette ficheVANOOTEGHEM Florent, « Saint-Arnoul », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
          url : https://sanctuaires.aibl.fr/fiche/813/saint-arnoul, version du 29/05/2019, consulté le 20/11/2019