INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Saint-Samson (Tro Breiz)

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Saint-Samson
Période d'activité :
? - 2019
Commune :
Dol-de-Bretagne
Département :
Ille et Vilaine
Localisation de Dol dans le parcours du Tro Breiz

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Dol-de-Bretagne
Hameau/Lieu-dit :
Diocèse :
Actuel: Rennes-Dol-Saint-Malo (1791 - 2019)
Ancien: Dol (VIe siècle - 1791)
Paroisse :
Actuelle: Saint-Samson-de-Dol et Saint-Michel-de-la-Baie (XXe siècle - 2019)
Ancienne: Saint-Samson de Dol (XXe siècle - ?)
Compléments :
D’abord siège épiscopal du diocèse qui porte son nom, Dol fut intégré au diocèse de Rennes (correspondant au département d’Ille-et-Vilaine) en 1791. Depuis 1880, ce diocèse est dit de « Rennes-Dol-Saint-Malo ». Pami les évêchés bretons, le siège de Dol a bénéficié d’une certaine prééminence, héritage des démarches du comte Nominoë (mort en 851) puis surtout du roi Salomon de Bretagne (857-874) pour que le pape l’érige en métropole indépendante de Tours, à la tête de six autres évêchés suffragants (Quimper, Saint-Pol, Tréguier, Saint-Brieuc, Saint-Malo et Rennes). Bien que quelques évêques aient reçu le pallium, Rome décida en 1199 que Dol resterait définitivement soumis à Tours. Le diocèse de Dol est le plus petit des évêchés bretons mais il présente la particularité de posséder de nombreuses enclaves. Ayant perdu son statut de cathédrale en 1791, l’église Saint-Samson devint église paroissiale. Elle a depuis fusionné avec la paroisse de Pleine-Fougères pour former la paroisse Saint-Samson-de-Dol et Saint-Michel-de-la-Baie.

Site

Type de site :
Colline
Altitude :
17 m

Paysage

Type de couvert végétal :
Espace cultivé
Type de l'habitat :
Ville
Type de proximités :
Abbaye
Axe de circulation
Carrefour
Château
Cours d'eau
Compléments :
Dol se trouve au nord-est de la Bretagne francophone, tout proche de la Normandie. La ville a été installée sur une éminence de la plaine bordant la baie du Mont-Saint-Michel, située à six kilomètres au nord. Légèrement surélevée, elle offre un abri protégé des marais qui l’environnent. La carte de Cassini (XVIIIe s.) montre que toute la région au nord de la ville était constituée de marais. À deux kilomètres au nord se trouve le Mont-Dol, un massif granitique de même nature géologique que le Mont-Saint-Michel et le rocher de Tombelaine. Trois cours d’eau passent à proximité de la ville : le Guyoult, la Vieille Banche et le canal de la Banche. Dol constitue un carrefour routier secondaire entre Dinan, Saint-Malo et Pontorson.

LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Saint-Samson (? - 2019)
Compléments :
Étant donné que la première Vita de Samson fut écrite au plus tard au milieu du VIIIe siècle, l’église du monastère – origine de la future cathédrale – était déjà consacrée à cette époque.
Type de lieu de culte :
Cathédrale
Nom du lieu de culte :
Saint-Samson
Saints patrons :
  • Samson de Dol (? - 2019)
Compléments :
Selon la tradition hagiographique, l’église monastique de Dol aurait été érigée en cathédrale au milieu du VIe siècle. À partir du comte Nominoë et surtout du roi Salomon (857-874), le siège de Dol chercha à se faire reconnaître comme archevêché avec juridiction sur les six diocèses suffragants de Cornouaille, Léon, Tréguier, Saint-Brieuc, Saint-Malo et Vannes. La Papauté se prononça finalement en 1199  contre l’érection en métropole ; les évêchés bretons demeureraient suffragants de Tours. Le roi Jean Sans Terre (1199-1216) fit incendier la cathédrale en 1203, avant de lui-même en débuter la reconstruction. Hormis le porche sud et les tours, l’essentiel de la nouvelle cathédrale était achevé à la fin du XIIIe siècle. En 1791, le diocèse de Dol fut supprimé, et le gros de son territoire fut absorbé par le nouveau diocèse de Rennes. L’ancienne cathédrale reçut le statut d’église paroissiale, puis fut reconvertie en temple de la Raison, écurie et entrepôt. Le culte catholique y fut rétabli en 1802. L’ancienne cathédrale est aujourd’hui à la tête de la paroisse Saint-Samson-de-Dol-et-Saint-Michel-de-la-Baie, qui regroupe les anciennes paroisses de Dol et Pleine-Fougères.

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Tombeau de saint Samson
Nature de l'objet :
Tombeau vide
Matériau de l'objet :
Pierre
Dimensions de l'objet :
L : 202 cm ; l : 67 cm ; h : 46 cm
Emplacement :
Enfeu de l’église Saint-Samson
Datation de l'objet :
VIe siècle
Compléments :
Jusqu’au Xe siècle, le culte de saint Samson dut se développer grâce à ses reliques. Cependant, les invasions normandes forcèrent les religieux du chapitre de Dol à emporter les reliques dans leur fuite (années 920). Une partie des reliques fut conservée à l’abbaye Saint-Magloire de Paris, tandis qu’une autre allait à Saint-Symphorien d’Orléans. Selon Toussaint Gautier (1860), les moines de Dol récupérèrent une partie de ces reliques sous le règne d’Hugues Capet (987-996). Volées lors de l’incendie de 1203, puis provisoirement mises à l’abri à Rouen, elles furent restituées à la cathédrale de Dol en 1223. Ces reliques furent ensuite exposées dans une châsse en argent adossée au maître-autel à partir du début du XVe siècle. En 1411, l’évêque Étienne Cœuret fit ouvrir la châsse et mentionna « un bras, deux des grands os des jambes, de nombreux ossements du cou, des mains et des pieds » (cité par Gautier, 1860, p. 82). Il est possible que la dévotion des fidèles se soit tournée vers le tombeau vide de Samson. En 1636, il est mentionné que les démoniaques étaient assis près de son tombeau pour y pratiquer des neuvaines (Provost, 1998, p. 82). La cuve du sarcophage fut déplacée dans le jardin du presbytère de l’église en 1859, puis remise dans un enfeu de l’église, où elle se trouve toujours. Bien qu’il soit impossible de prouver qu’il s’agit de l’authentique tombeau de saint Samson, cette cuve date de l’époque mérovingienne. Elle a été classée Monument Historique au titre d’objet en 1960.

LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :
Saint Samson serait né au début du VIe siècle dans une famille noble de l’ancien royaume de Dyfed, au sud-ouest du Pays de Galles. Il devint moine sous la conduite de l’abbé Ildut. Après avoir été lui-même abbé, il devint archevêque d’Eborac (York). Sur une intuition divine, il aurait quitté la Grande-Bretagne pour l’Armorique avec quarante-huit disciples. Il fonda de nombreux monastères en Bretagne, dont Lanmeur (Finistère) et Dol, son monastère principal. Par la suite, il aurait été consacré évêque et aurait transformé son monastère en cathédrale. Il serait mort après 565. La seule attestation contemporaine de l’existence de saint Samson est sa souscription au concile de Paris en 562, sans que l’on sache s’il s’agit bien de lui. La Vita ancienne de Samson (BHL 7478-7479) est la plus ancienne œuvre hagiographique de Bretagne. Selon Pierre Flobert (1997), elle aurait été écrite au milieu du VIIIe siècle, entre 735 et 772. Deux autres Vitae (BHL 7480-7486) furent écrites aux IXe et XIIe siècles, puis le corpus fut repris et enrichi par Albert le Grand dans sa Vie des saincts de la Bretagne Armorique (1636). Au nom d’une tradition ancienne fondée sur quelques mentions médiévales d’un « pèlerinage des Sept Saints de Bretagne » ou « circuitus Britanniae », la cathédrale de Dol fut à la fin du XIXe siècle intégrée au pèlerinage du Tro Breiz, dont le concept fut ressuscité par l’abbé Luco en 1874 (voir http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/777/tro-breiz). Le pèlerinage du Tro Breiz (« tour de Bretagne » en breton) est consacré aux évêques fondateurs des sept évêchés les plus occidentaux de Bretagne (excluant Rennes et Nantes). Ces « Sept Saints » seraient venus du Pays de Galles aux Ve-VIe siècles pour fonder leurs évêchés respectifs : Brieuc à Saint-Brieuc, Malo (ou Maclou) à Saint-Malo, Samson à Dol, Patern à Vannes, Corentin à Quimper, Tugdual à Tréguier et Paul-Aurélien à Saint-Pol-de-Léon. Selon les historiens promoteurs du Tro Breiz aux XIXe-XXe siècles, ce pèlerinage consistait en une boucle d’environ sept cents kilomètres reliant les sept évêchés, que les pèlerins mettaient un mois à parcourir dans le sens de leur choix et en partant de n’importe quel endroit, pourvu qu’ils y reviennent à l’arrivée. La pratique renaît, sous une forme collective et fractionnée (en reliant deux cathédrales par an) en 1994, impliquant des milliers de participants. Cependant, Jean-Christophe Cassard (1996) qualifia ce pèlerinage de « mirage historiographique », affirmant que, malgré l’existence d’un culte voué aux « Sept Saints » (qui ne sont pas toujours les fondateurs des évêchés), la pratique d’une telle pérégrination ne concerna que « quelques individus un peu marginaux ». André-Yves Bourgès (2016) nuance le propos en avançant qu’au XIIe siècle, les évêques de Dol, qui revendiquaient un statut métropolitain que la papauté leur dénia en 1199, auraient pu encourager un éphémère culte des « Sept Saints de Bretagne » afin de justifier l’unité religieuse de la Bretagne face aux prétentions de l’archevêché de Tours.

 

Miracles :
De nombreux miracles furent attribués à saint Samson dans ses Vitae successives. Il aurait fait apparaître deux sources à York et à Dol, aurait tué trois dragons, guéri de nombreux infirmes, femmes et enfants, de maux divers : morsure de serpent, lèpre, cécité, stérilité, possession par le démon. Il aurait tué un monstre au corps de femme s’attaquant à un diacre. Il aurait également survécu aux trois tentatives de meurtre de la femme de Childebert, qui tenta de l’empoisonner, de le faire monter sur un cheval fougueux, puis de lancer un lion contre lui. Ce dernier animal est peut-être dû à son homonyme biblique Samson, qui tua un lion à mains nues. Il aurait provoqué la multiplication du miel en donnant aux pauvres les dernières réserves de miel du monastère de Dol. Une femme de seigneur hostile à Samson ayant lâché ses porcs sur une terre appartenant à l’évêché, Samson changea ces derniers en « boucs puants ». Il força également un renard à rendre docilement une poule du monastère qu’il avait volée. Les reliques de Samson auraient survécu à l’incendie de la cathédrale, et provoqué de nombreux miracles sur son tombeau (ce qui est mentionné dès le VIIIe siècle).
Type(s) de motivation :
  • Action de grâce
  • Piété
  • Voeu
Recours :
  • Thérapie
  • Folie
  • Fécondité
Compléments :
Selon Dubuisson-Aubenay (éd. 1902, t. I, p. 30-31), « il y a une chaize de bois devant ledit tombeau [de Samson] où l’on fait seoir vingt-quatre heures au moins les fols que l’on amaine là faire leur neuvaine ou au moins leur pèlerinage à saint Sanson ». Les Vitae de Samson mentionnent de nombreuses guérisons de maladies, et la fécondité retrouvée.
Jour(s) de fête :
  • 28 juillet
Type de fréquentation :
Continu
Compléments sur les fréquentations :
Le pardon de saint Samson a lieu tous les ans le 28 juillet (aujourd’hui le dimanche le plus proche de cette date). Selon l’historiographie traditionnelle, le Tro Breiz médiéval pouvait s’effectuer à quatre moments de l’année nommés « temporaux » : Pâques, Pentecôte, Saint-Michel (29 septembre) et Noël. Le pèlerinage, durant environ un mois, commençait alors quinze jours avant l’une des fêtes en question, et se terminait quinze jours après. Pendant toute la durée de ces temporaux, les fabriques des églises cathédrales étaient censées exposer les reliques de leur saint fondateur. Bien que l’abbé Luco (1874) ait parlé de « foules considérables jetées sur tous les chemins » par ce pèlerinage, Jean-Christophe Cassard (1996) parle plutôt d’un phénomène marginal, qui, au XVIe siècle, avait presque disparu. Luco extrapolait à partir des offrandes reçues par le tronc de l’église paroissiale Saint-Patern de Vannes, en 1400, se montant à cent livres : il considérait que si chaque pèlerin avait versé une obole, cela aurait fait trente à quarante mille pèlerins au cours d’une année. Cependant, rien ne prouve qu’il ne se soit pas agi d’un tronc lié à la dévotion locale de saint Patern, et non lié au Tro Breiz. Dans la version actuelle du Tro Breiz, proposée par l’Association des Chemins du Tro Breiz, une étape d’une semaine environ est parcourue chaque été, au tournant des mois de juillet et août. Selon les organisateurs, environ mille cinq cents personnes y participent, tandis qu’à peu près le même nombre de pèlerins le font indépendamment de l’association le reste de l’année. Dol fut ville étape aux étés 1998-1999, 2006-2007 et 2013-2014. Les villes de Dol et Saint-Malo étant très proches, les organisateurs ont ajouté un détour par le Mont-Saint-Michel pour que le tronçon Saint-Malo-Dol dure plus d’une journée.
Pratiques individuelles :
  • Prières
  • Dons
  • Voeux
  • Baisers
Pratiques en présence du clergé :
  • Processions
  • Office liturgique
  • Chants
  • Pèlerinage
Ex voto :
  • Cire (?)
    Des ex-voto en cire sont signalés.
Confrérie(s) :
  • Fraternités du Tro Breiz (1995)
    Dans le but de permettre aux pèlerins de continuer à se voir en dehors des marches de l’été, des Fraternités du Tro Breiz ont été créées par l’Association des Chemins du Tro Breiz. Au nombre de neuf aujourd’hui, la Bretagne en compte cinq : Saint-Samson et Saint-Malo ont été regroupées pour les pèlerins habitant autour de Dol et Saint-Malo. La Fraternité Sainte-Geneviève fut créée pour les Parisiens, Saint-Martin pour l’Auvergne, Saint-Émilion pour l’Aquitaine, et Saint-Donatien et Saint-Rogatien pour la Loire-Atlantique. Selon le Père de Lafforest, aumônier de l’Association, « le but est de continuer dans l'esprit du Tro Breiz à nous retrouver, un dimanche, de marcher entre divers sanctuaires, de prendre ensemble un repas, et des photos ! Entretenir cet "esprit" de nos marches d'été, approfondir la connaissance de l'histoire par la rencontre de lieux signifiants et des habitants du pays » (http://www.trobreiz.com/fraternites-bevit-er-vreudeuriezh-les-fraternites-du-tro-breiz-pxl-42_70.html [15.05.2018]).
Indulgence(s) :
  • Plénière (1519)
    Le pape Léon X (1513-1521) accorda un « grand pardon de plénière rémission » (le placard est conservé aux Archives départementales d’Ille-et-Vilaine) à la cathédrale de Dol, pour permettre le financement des travaux de la tour nord.
Compléments sur le culte :

L'ÉDIFICE

Description :
Nous connaissons peu d’éléments de la cathédrale originelle de Dol, comme de la cathédrale romane, volontairement incendiée par les troupes du roi Jean Sans-Terre en 1203. Elle fut alors entièrement reconstruite à l’initiative de ce dernier de 1203 à 1265, en commençant les travaux par la nef. Celle-ci fait six travées de longueur, comme le chœur à chevet plat. Situé au centre de l’édifice, le transept est saillant et est large d’une travée. Sa croisée est surmontée d’une tour carrée à toit polygonal. Le chœur est constitué d’un déambulatoire desservant dix chapelles. Le chevet plat est prolongé à l’est par une chapelle polygonale à cinq pans longue de trois travées. Ce type de chevet plat, dépourvu de chapelle d’axe et présentant des collatéraux desservant des chapelles latérales, est inspiré de l’architecture gothique anglaise, telles les églises de St. Albans, Chester, Salisbury ou Exeter. On retrouve une disposition similaire pour la cathédrale de Saint-Malo. Le porche méridional, qui prolonge le bras sud du transept, date des XIVe-XVe siècles. La tour sud fut construite en au moins quatre phases entre les XIIIe et XVIIe siècles. Elle sembla définitivement achevée dans les années 1660. La tour nord contient des vestiges de la cathédrale romane. Sa reconstruction fut entreprise à partir de 1520, mais la tour demeura inachevée, faute de moyens suffisants. Son dernier étage a à peine été entamé, et se présente comme si toute la moitié supérieure de la tour avait été arasée de façon nette. L’édifice mesure au total quatre-vingt-quatorze mètres de long sur quarante-cinq de large. La hauteur sous voûte de la nef est de vingt mètres. La cathédrale fut classée Monument Historique en 1840, sur la première liste de Mérimée. Selon Anne-Claude Le Boulc’h (1999), elle ne subit aucune campagne profonde de restauration de la part des MH, mais plutôt des travaux d’entretiens ponctuels. L’architecte Richelot fit restaurer une partie de la nef ainsi que la face nord. En 1879, Langlois restaura le portail méridional et la tour nord. En 1885-1886, le recteur de la paroisse fit délibérément réparer les deux verrières des transepts, les MH tardant à intervenir. Le petit porche fut restauré en 1894 par Paul Gout, le futur administrateur du Mont-Saint-Michel. Dans les années 1980-1990, les dernières restaurations portèrent sur les voûtes du collatéral nord et le grand porche méridional.
Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
    Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :

      HISTOIRE DU SANCTUAIRE

      Origines :
      Date de première mention : VIIIe siècle
      Initiative de la fondation :
      • Evêque
      Environnement institutionnel, politique et religieux :
      Phases d'évolution :
      L’évolution du culte de saint Samson est difficile à caractériser. Cependant, la rédaction de deux Vitae aux VIIIe et IXe siècles laisse imaginer un pèlerinage dynamique. Il est possible que l’absence des reliques au Xe siècle ait temporairement « refroidi » son culte. La châsse des reliques fut refaite au début du XVe siècle, et des rituels d’exorcisme étaient encore pratiqués sur le tombeau de Samson au XVIIe siècle. Selon Georges Provost (2013), aucun évêque-fondateur breton ne connut d’important regain de son culte aux époques moderne et contemporaine, à part saint Corentin de Quimper, à l’échelle de la Cornouaille. Aujourd’hui, le pardon de saint Samson est toujours fêté à la fin du mois de juillet. En plus des cérémonies religieuses se déroulent des festivités avec chants et danses folkloriques, feux d’artifices et animations diverses. Depuis 1994, l’ancienne cathédrale Saint-Samson se trouve incluse dans le parcours proposé par l’Association des Chemins du Tro Breiz. La première boucle partie de Quimper à l’été 1994 a été clôturée dans cette même ville en 2000. Dol fut ville étape aux étés 1998-1999, 2006-2007 et 2013-2014. Toutefois, la dévotion à la figure-même de saint Samson occupe une place limitée dans cette relance du pèlerinage, les « Sept Saints de Bretagne » faisant l’objet d’une vénération commune.
      Evénements marquants :
      • Oeuvre hagiographique (VIIIe siècle)
        La Vita ancienne de saint Samson (BHL 7478-7479) est la plus ancienne œuvre hagiographique de Bretagne. Selon Pierre Flobert (1997), elle aurait été écrite au milieu du VIIIe siècle, entre 735 et 772.
      • Oeuvre hagiographique (860)
        Selon Pierre Flobert (1997), la seconde Vita de saint Samson aurait été écrite dans les années 860.
      • Invasion (920)
        Dans les années 920, les incursions des  Normands auraient provoqué le départ des religieux du chapitre de Dol, ces derniers emmenant avec eux les reliques de saint Samson.
      • Oeuvre hagiographique (XIIe siècle)
        La troisième Vita de Samson fut écrite sous l’épiscopat de Baudri (1107-1130), sans doute dans le contexte de la lutte pour conserver l’archevêché de Dol face aux prétentions métropolitaines de Tours.
      • Reconstruction (XIIIe siècle)
        L’essentiel de l’actuelle cathédrale de Dol (nef, transept et chœur) fut construit de 1203 à 1265. Les travaux furent entamés à l’initiative du roi Jean Sans Terre lui-même, qui craignait pour son salut après que ses troupes eurent incendié la cathédrale.
      • Incendie (1203)
        Les troupes du roi Jean Sans Terre mirent le feu à la cathédrale de Dol en 1203. Les reliques de saint Samson furent volées à cette occasion.
      • Translation (1223)
        Provisoirement mises à l’abri à Rouen, les reliques de Samson volées par les troupes de Jean Sans Terre en 1203 furent rendues à la cathédrale de Dol en 1223.
      • Oeuvre hagiographique (1636)
        Dans sa Vie des saints de la Bretagne Armorique, Albert Le Grand rédigea et enrichit les Vitae des sept saints saints fondateurs de la Bretagne, ainsi que de nombreux autres saints bretons. Cependant, il ne fait aucune mention du Tro Breiz, et les notices des « Sept Saints » ne sont pas regroupées.
      • Autre (1791)
        En 1791, l’église Saint-Samson de Dol perdit son statut de cathédrale et fut reléguée au rang d’église paroissiale. Le Concordat de 1802 confirma cet état de fait.
      • Reprise du pèlerinage (1874)
        L’abbé Luco créa la relance du pèlerinage dit des « Sept Saints de Bretagne » en publiant un article intitulé « Pèlerinage du Tro-Breiz » dans le Bulletin de la Société Polymathique du Morbihan (p. 27-32).
      • Reprise du pèlerinage (1994)
        Après l’échec de plusieurs tentatives de restauration du pèlerinage du Tro Breiz depuis la fin du XIXe siècle, Philippe Abjean et le père Dominique de Lafforest créèrent l’Association des Chemins du Tro Breiz en 1994. Cette entreprise connut alors un succès qui ne cesse de croître. La première « boucle » partie de Quimper à l’été 1994 a été clôturée à l’été 2000 dans cette même ville, qui fut également ville étape aux étés 2008-2009 et 2015-2016.
      Rayonnement(s) :
      • Local (? -> 1994)
        Avant la relance de son pèlerinage en 1994, saint Samson de Dol connut un culte à l’échelle locale, comme les six autres évêques fondateurs de Bretagne. Cependant, les mentions du Tro Breiz aux XIVe-XVe siècles (concernant toutefois des sites autres que Dol) laissent penser qu’il eut une audience plus large, peut-être régionale.
      • National (1994 -> 2019)
        Les statistiques officielles de l’Association des Chemins du Tro Breiz font état d’environ 60% de Bretons et de 40% de pèlerins venus du reste de la France, parfois même de l’étranger.

      RÉFÉRENCES

      Source(s) :
      Bibliographie :
      • TRANVOUEZ, Y., Catholiques en Bretagne au XXe siècle, Rennes, PUR, 2006, p. 223-226.
      • CROIX, A., dir., La Bretagne d'après l'itinéraire de monsieur Dubuisson-Aubenay, Rennes, Presses universitaires de Rennes/Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne, 2006, p. 155-156.
      • LE HUËROU, A., «La réécriture d'un texte hagiographique au XIIe siècle : la Vita sancti Samsonis de Baudri de Bourgueil », in Annales de Bretagne et des Pays de l'Ouest, 108.2, 2001, p. 7-30.
      • LE BOULC'H, A.-C., La cathédrale de Dol, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 1999.
      • PROVOST, G., La fête et le sacré. Pardons et pèlerinages en Bretagne aux XVIIe et XVIIIe siècles, Paris, Le Cerf, 1998, p. 134-137.
      • CASSARD, J.-C., «Le Tro Breiz médiéval : un mirage historiographique ?  », in G. MILIN et P. GALLIOU (dir.), Hauts lieux du sacré en Bretagne (KREIZ 6, Etudes sur la Bretagne et les pays celtiques), Brest, CRBC, 1997, p. 93-119.
      • LE ROY, F., Tro-Breiz : le pèlerinage des sept saints de Bretagne, Paris, Librairie celtique, 1950.
      • DE LA MARTINIÈRE, J., «Le Tro-Breiz à Vannes au XIVe siècle. Conflit entre le chapitre et les paroissiens de Saint-Patern », in Mémoires de la Société d'Histoire et d'Archéologie de Bretagne, 6 , 1925, p. 157-188.
      • OHEIX, A., «Le culte des Sept Saints de Bretagne au Moyen Âge (notes et documents) », in Bulletin de la Société d'Emulation des Côtes du Nord, 49 , 1911, p. 11-20.
      • TRÉVEDY, J.-T., «Les Sept Saints de Bretagne et leur pèlerinage  », in Bulletin archéologique de l'Association Bretonne, Congrès de Rennes, 1897, p. 112-167.
      • LUCO, abbé, «Pèlerinage de Tro-Breiz », in Bulletin de la Société Polymathique du Morbihan, 1874, p. 27-32.
      • GAUTIER, T., Cathédrale de Dol, histoire de sa fondation. Son état ancien et son état actuel, Ganches (Rennes), Chez l'auteur (Dol-de-Bretagne), 1860.
      • ALBERT LE GRAND, Vie des saints de la Bretagne Armorique, éd. D. L. MIORCEC DE KERDANET, Anner et Fils (Brest), Isidore Perron (Paris), 1837.
      Etude(s) universitaire(s) :
      • PROVOST, G., Le pèlerinage en Bretagne aux XVIIe-XVIIIe siècles, Thèse de doctorat, ss. dir de J. QUENIART, Rennes II, 1995.

      PHOTOGRAPHIES LIÉES

      Objet de dévotion :
      Edifice :
      Autre :
      • Localisation de Dol dans le parcours du Tro Breiz - Maxime Bolard - 2018

      À PROPOS DE L'ENQUÊTE

      Enquêteur :
      • BOLARD / PROVOST Maxime / Georges
      Rédacteur :
      • BOLARD Maxime
      Date de l'enquête :
      1995/2018
      Date de rédaction de la fiche :
      2018
      Etat de l'enquête :
      En cours
      Pour citer cette ficheBOLARD Maxime, « Saint-Samson (Tro Breiz) », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
      url : https://sanctuaires.aibl.fr/fiche/802/saint-samson, version du 07/03/2019, consulté le 20/11/2019