INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Schauenberg

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Schauenberg
Période d'activité :
1471 - 2019
Commune :
Pfaffenheim
Département :
Haut Rhin
Vue sur le Schauenberg depuis la RN 83

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Pfaffenheim
Hameau/Lieu-dit :
Schauenberg
Diocèse :
Actuel: Strasbourg (1801 - 2019)
Ancien: Bâle (1471 - 1790)
Paroisse :
Actuelle: Pfaffenheim (1471 - 2019)
Ancienne:

Site

Type de site :
Colline
Altitude :
412 m
Compléments :
Le site est en fait un étroit replat au pied d’une falaise de grès (ancienne carrière ?), à mi-pente, avec une vue étendue vers l’Est.

Paysage

Type de couvert végétal :
Forêt
Type de l'habitat :
Lieu isolé
Type de proximités :
Axe de circulation
Couvent
Compléments :
À 1,5 km à vol d’oiseau à l’ouest de la route (Landstrass) qui traversait l’Alsace du Nord au Sud. À 400 m à vol d’oiseau à l’ouest du village disparu de Hüsern ; celui-ci avait une chapelle Saint-Léonard, que l’évêque de Strasbourg donne en 1236 aux sœurs de Saint-Marc de Strasbourg (capellam in Husern, quondam filiam ecclesie de Pfaffenheim cum cymiterio et aliis locis ; WALTER, Urkunden und Regesten der Stadt, I, p. 19-20). En 1248, les religieuses deviennent dominicaines (TROUILLAT, Monuments, II, p. 66-67 n° 46). Entre 1250 (ADHR 158J 1408) et 1256 (TROUILLAT, Monuments, II, p. 78-79 n° 57), elles quittent Hüsern pour Klingental. En 1284, des Cisterciennes s’installent à Hüsern ; elles quittent le lieu en 1285 (MGH SS 17, p. 211-212). Le village et les couvents ont tous disparu avant la première mention de Schauenberg. À 2 km à vol d’oiseau du Schauenberg, il y avait également un couvent, Saint-Marc, dont l’existence remonte à avant 740 (BARTH, Handbuch, c. 1197-1198). C’est un prieuré masculin au XIe siècle, féminin depuis le début du XIIe siècle (BORNERT, Monastères, III, p. 663-702)

LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Schauenberg (1471 - 2019)
Compléments :
Le nom est cité dans le Liber Vitae de Rouffach avant 1334, comme simple lieu-dit (WALTER, Minoritenkloster, p. 39) ; pour les débuts du culte, voir Complément au lieu de culte ci-dessous: le culte est attesté "avant 1483" et la chapelle existe de manière certaine en 1471.
Type de lieu de culte :
Chapelle
Nom du lieu de culte :
Notre-Dame-du-Schauenberg
Saints patrons :
  • Vierge Marie (1471 - 2019)
Compléments :

La chapelle dépend de la paroisse de Pfaffenheim. Une tradition attestée depuis le XVIIIe siècle attribue la construction de la chapelle à un ermite, Ulrich, qui l’aurait dédiée à son saint patron, mais ni cet ermite ni ce vocable ne sont autrement attestés. Au XVIIIe siècle, des autels dédiés à saint Ulrich et à saint François sont cités lors d’une inspection du pèlerinage (AAEB A20/5, 1767 IV 7). Ces deux dédicaces sont-elles le fait des Récollets de Rouffach, qui administrent le pèlerinage au XVIIIe siècle ? Ou celle à saint Ulrich est-elle plus ancienne ? En tout cas, la charte de 1483 qui évoque le début du pèlerinage « il y a quelque temps », le présente clairement comme un pèlerinage marial (Als von ettwas vergangnen ziten bitzhar von vil cristglöubigen menschen, zu löuffe und andacht in und zu unser lieben frowen magt Marien capellen genant in dem Schowenberg …, alda gnod und hilff zu erwerbende bescheen, gesücht … : ADHR 141J/247). La chapelle du Schauenberg est citée dans le pouillé du diocèse de Bâle (Liber Marcarum, AAEB Cod. 326), rédigé en 1441, mais il s’agit probablement d’un rajout ultérieur. En effet, comme le montre la photo ci-jointe (ill. 8), la dernière ligne de la page (Item cappelanus sancte Marie Cappelle im Schowenberg IIII Marc.) n’est pas rubriquée ; l’encre est plus pâle et l’écriture semble différente de celle de 1441. Cette chapelle existe de façon sûre en 1471, date à laquelle est cité l’administrateur des biens de la chapelle (Jöselin Hebsame [pour Rebsame ?], diser zitt pfleger Unser Lieben Frowen capelle im Schowenberg : WALTER, Urkunden und Regesten der Stadt, II, p. 162-163 n° 264). En 1483, le collateur, le curé et les autorités communales de Pfaffenheim demandent à l’évêque de Bâle de confirmer la prébende qu’ils viennent de fonder au Schauenberg. Dans leur supplique, ils insistent sur le fait que l’autel dédié à la Vierge n’a jusqu’à présent pas eu de prêtre attitré (… uff den altar in Unser Lieben Frowen ere gewicht, der bitzhar eins eignen priesters gemanglet : ADHR 141J 247), ce qui serait en contradiction avec la mention d’un chapelain dans le Liber Marcarum, si celle-ci datait de 1441. La même supplique mentionne que « depuis un certain temps, de nombreux fidèles ont cherché aide et grâce à la chapelle du Schauenberg, qui dépend de la paroisse de Pfaffenheim, et y ont apporté toute sorte d’aumônes ». Ces dons ont été investis en rentes de 34 lb. de Bâle, deux ohms (env. 100 l.) de vin et un quartaut de grain (env. 115 l.), qui formeront la prébende. Son collateur sera le curé de Pfaffenheim ; si les autorités municipales lui présentent un prêtre originaire du village ou y ayant des attaches (ein geschickten priester von Pfaffenheim bürtig oder iemans doselbs gewant : ADHR 141J 247), le curé sera tenu de le présenter à l’évêque – ce qui montre que le village considère le pèlerinage du Schauenberg comme son affaire. À partir de 1704, elle est administrée par les Récollets de Rouffach Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, alors que les Franciscains en ont assumé la desserte, les habitants de Pfaffenheim tentent de lancer un pèlerinage concurrent dans l’ancienne chapelle Saint-Léonard, à 400 m du Schauenberg (Sur Saint-Léonard, voir KELLER, Pfaffenheim et le Saint-Léonard, p. 29-54).


L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Vierge à l'Enfant
Nature de l'objet :
Statue
Matériau de l'objet :
Bois
Dimensions de l'objet :
H : 25 cm
Emplacement :
La statue est placée du côté de l’Évangile sur un autel offert en 1704 par Franz Joseph von Schauenburg-Herrlisheim et son épouse Maria Regina von Frohberg-Hirsingen (Montjoie-Hirsingue). Leurs armoiries sont encore visibles.
Datation de l'objet :
XVIIe siècle
Compléments :
La statue, qui datait probablement de l’époque baroque, quand les Récollets de Rouffach restaurent le pèlerinage (1690-1704), qu’ils administreront tout au long du XVIIIe siècle, (WALTER, Gnadenbild des Wallfahrtsortes), a été volée en 1992 et remplacée par une copie. Cette même statue avait déjà été volée dans la nuit du 15 mars 1912, mais retrouvée trois jours plus tard (Straßburger Post n° 430, 1912 IV 13). Elle a été précédée par au moins deux autres. En effet, en 1590, l’évêque de Strasbourg Johann von Manderscheid ordonne une enquête, car la statue du pèlerinage du Schauenberg, qu’il avait coutume de visiter quand il se trouvait sur ses terres autour de Rouffach, a été remplacée par une autre. L’évêque insiste pour que l’on retrouve l’ancienne statue, qui, à ses yeux, est la « vraie » (das recht und alt Maria bildt : ADBR G 1905, 1590 IV 21). À cette occasion, on apprend que la statue a été refaite environ quinze ans auparavant et, qu’à cette occasion, on a porté l’ancienne statue chez un sculpteur de Colmar, qui l’a vue, mais l’a rendue à ceux qui l’avaient apportée (Der schnitzler zeigt woll an, er hab das alt bildt zwarn gehabt und gesehen, aber nit behalten, sondern die es pracht wider hinweg getragen : ADBR G 1905, 1590 IV 21). Au total, pour le pèlerinage du Schauenberg, au moins trois statues différentes sont attestées (sans compter la copie de la statue baroque).

LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :
Le légendaire du Schauenberg ne se fixe que tardivement par les deux récits suivants. « Vers l’année 1400, on vit toute la montagne sur le penchant de laquelle se trouve le sanctuaire du Schauenberg comme en feu, sans qu’on trouvât par après les moindres traces d’un incendie. À la vue de ce phénomène, les gens se dirent Schau an berg (Regarde la montagne). Un pieux ermite appelé Udalric, crut alors devoir construire sur cette montagne une petite chapelle avec une maisonnette pour sa demeure » (ADHR 141J 359, Chronique du pèlerinage des origines à 1870, écrite par l’abbé Litzler). L’ermite Udalricus/Ulrich n’est pas autrement attesté, et l’étymologie du nom de Schauenberg est fantaisiste (en réalité, ce nom est assez fréquent pour des lieux d’où l’on a une belle vue : schauen = regarder, contempler ; berg = mont). Le second récit rapporte qu’« en 1446, une landgravine de Hesse tomba dans une maladie de laquelle on désespérait pouvoir la sauver. Elle possédait une petite statue de la Sainte Vierge devant laquelle elle avait coutume de faire ses prières, et qu’elle s’était proposée de vénérer pendant toute sa vie. Or dans un songe ou une syncope, elle reçut l’assurance qu’elle recouvrerait la santé, si elle transportait ou faisait transporter cette statue de la Sainte Vierge sur une montagne appelée Schauenberg. Le messager vint en Alsace, et trouva au Schauenberg le frère Udalrich. Il déposa la statue dans la chapelle de l’ermite, d’autres disent sur un rocher en bas du jardin, passa quelque temps en prière, et laissa une offrande. Lorsqu’ensuite il voulut reprendre la statue et s’en retourner, il ne put l’enlever, pas même avec l’aide de l’ermite. Ils comprirent par là que la Reine du Ciel voulait être honorée en ce lieu, et qu’on dut y laisser la statue » (ADHR 141J 359, Chronique du pèlerinage des origines à 1870, écrite par l’abbé Litzler). KELLER, Pfaffenheim et le Schauenberg, I, p. 44-45 n. 4, mentionne trois sources franciscaines du XVIIIe siècle qui rapportent cette légende, sans donner le nom de la landgravine. Selon Keller, ibid., ce serait Anna Margareta de Saxe (1420-1462), épouse du landgrave Ludwig (1402-1458), mais elle n’a aucune relation connue avec l’Alsace, et les autres landgravines du XVe siècle n’en ont pas davantage (Schwennicke, Europäische Stammtafeln). On ne voit donc pas comment l’une d’elles aurait pu jouer un rôle au Schauenberg.
Miracles :
Le 3 septembre 1811, jour de la Translation de la statue miraculeuse de l’église de Pfaffenheim au Schauenberg, Anna-Maria Schlitzweck, de Rouffach, tombe du rocher situé derrière la maison du couvent surplombant la terrasse. Elle se relève indemne, malgré une chute de plusieurs dizaines de mètres (KELLER, Schauenberg, p. 359). Autre miracle : « en 1823, Elisabeth Muller, de Pfaffenheim, partiellement paralysée d’une jambe à la suite d’une maladie contractée en 1817 et que les médecins de Colmar ont qualifiée d’inguérissable, retrouve l’usage de ses deux jambes et laisse ses béquilles comme ex-voto dans la chapelle (KELLER, Schauenberg, p. 360). Vers 1930, Anna Gstalder, de Rimbach-Zell, a guéri d’une chute et d’abcès après un pèlerinage au Schauenberg (communication orale).
Type(s) de motivation :
  • Action de grâce
  • Piété
  • Voeu
Recours :
  • Epidémie
  • Pluie
  • Thérapie
  • Voeu
Jour(s) de fête :
  • Vierge
Type de fréquentation :
Continu
Compléments sur les fréquentations :
Tous les jours de fête de la Vierge, une messe doit être chantée dans la chapelle (ADHR 141J 247, 1483). En 1709, une procession a lieu de Rouffach au Schauenberg pour demander à la Vierge Marie qu’elle intercède auprès de son fils pour faire cesser la pluie (WALTER Theobald, Urkundenbuch der Pfarrei Rufach, Colmar,1900, p. 213 n° 263). Au début du XVIIIe siècle, la paroisse de Westhalten va également en procession au Schauenberg, à la suite d’un vœu fait lors d’une épidémie : In festo s. Mathei ad Schauenberg propter antiquum votum parochiae tempore pestilentiae factum (WALTER Theobald, Urkundenbuch der Pfarrei Rufach, Colmar, 1900, p. 258). Vers 1930, la paroisse de Pfaffenheim monte neuf fois en procession au Schauenberg au cours de l’année, celle de Gueberschwihr six fois, celles d’Osenbach et de Westhalten deux fois. Hattstatt, Obermorschwihr, Soultzmatt et Voegtlinshoffen y font une procession annuelle (KELLER, Pfaffenheim et le Schauenberg, 1, p. 26-27).
Pratiques individuelles :
  • Cire
  • Prières
  • Dons
Pratiques en présence du clergé :
  • Confessions
  • Messe
Ex voto :
  • Anatomique (XIXe siècle)
    Les fidèles offrent des membres du corps humain en bois ou en tôle de fer (LEVY, Wallfahrten der Mutter Gottes, p. 220 n. 528).
  • Béquille (1823)
    En 1823, Élisabeth Muller, de Pfaffenheim, partiellement paralysée d’une jambe à la suite d’une maladie contractée en 1817 et que les médecins de Colmar ont qualifiée d’inguérissable, retrouve l’usage de ses deux jambes et laisse ses béquilles comme ex-voto dans la chapelle (KELLER, Schauenberg, p. 360).
  • Tableau (1834)

    À partir de 1834, sont offerts des tableaux pour faits de guerre, accidents, maladies, (KELLER, Pfaffenheim et le Schauenberg, 2, p. 60-67).

Confrérie(s) :
    Indulgence(s) :
    • Partielle 100 j. (1712)
      Le 29 avril 1712, est accordée une indulgence de 100 jours, valable pour 7 ans, pour tous ceux qui le samedi ou les jours de fête de la Vierge diront les litanies de la Vierge au Schauenberg, occupé par les Récollets (ADHR 141J 250)
    Compléments sur le culte :
    À partir de 1483, deux messes basses par semaine doivent être célébrées à la chapelle du Schauenberg et une messe chantée les jours de fête de la Vierge (ADHR 141J 247). La confession est attestée au moins à partir du XVIIIe siècle : « Les dits pères [Récollets de Rouffach] seront tenus d’y prêcher, y dire la messe et entendre à confesse, tant aux jours de fête et dimanches qu’aux jours ouvriers, et notamment aux fêtes de Notre Dame … auxquels le concours du peuple est ordinairement très grand » (ADHR 141J 253, 1704 III 5).

    L'ÉDIFICE

    Description :
    La chapelle primitive, bâtie avant 1471 (WALTER, Urkunden und Regesten, II, p. 162-163 n° 264), était très petite (ADHR 141J 359) et orientée. Elle aurait été agrandie vers 1515 (AAEB A20/5, 1765 XI 6). Elle a été reconstruite à partir de 1685, cette fois avec son chœur au Nord, car l’étroitesse du replat sur lequel elle est bâtie n’aurait pas permis de l’agrandir en respectant son orientation (voir plan ci-joint ill. 7, extrait de KELLER, Pfaffenheim et le Schauenberg, 1, p. 37). C’est évidemment à tort que l’auteur évoque une ogive (n° 1) et une porte voûtée « romanes » (n° 21).
    Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
    • Chemin de croix (XVIIe siècle)
      Dès le XVIIe siècle, des stations d’un chemin de croix et des oratoires le long du chemin menant à Gueberschwihr; c’est ce chemin qu’empruntent les habitants de Gueberschwihr quand ils montent en procession au Schauenberg (KELLER, Schauenberg, p. 351). Leur datation s'échelonne jusqu'en 1827.
    • Chemin de croix (1811)
      Ce chemin de croix a été érigé par Antoine Kueny et son épouse Marguerite Ris, de Pfaffenheim, dans le cadre de la restauration et de la réouverture au culte de la chapelle du Schauenberg après la période révolutionnaire. Il se situe immédiatement au sud de la chapelle, le long du chemin qu’empruntent les habitants de Pfaffenheim quand ils montent en procession au Schauenberg (KELLER, Schauenberg, p. 351).
    • Croix (1821)
      La croix fut érigée en 1821 sur un rocher appelé aujourd’hui « le Mont des Oliviers ».
    • Mont-des-Oliviers (1860)
      Arpès 1860, fut aménagé ce Mont-des-Oliviers qui se trouve à proximité du sanctuaire, le long du chemin venant du Sud.
    • Autel en plein air (1960)
      En 1960/1961, un autel en pierre remplace l’autel extérieur en bois (KELLER, Pfaffenheim et le Schauenberg, 1, p. 32). Il est utilisé par beau temps.
    Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :
    • Autel (1483)
      Un autel dédié à la Vierge existe au moins depuis 1483, probablement déjà avant 1471 (cf. Partie "Lieu de culte"). Il a dû être déplacé lorsque la chapelle a été tournée de 90°. C’est sur cet autel principal que se trouvait la statue jusqu’en 1947. Aujourd’hui, elle est placée du côté de l’Évangile (KELLER, Pfaffenheim et le Schauenberg, 1, p. 29).
    • Autel (1695)
      Le 11 juillet 1695, Caspar Schnorff, coadjuteur de l’évêque de Bâle, consacre la chapelle avec ses quatre autels, respectivement dédiés à la Vierge de l'Assomption, saint Joseph, saint François et saint Antoine, et saint Ulrich (KELLER, Schauenberg, p. 349). Deux d’entre eux, les autels de saint Ulrich et de saint François, sont encore cités en 1767 (ADHR 141J 264).
    • Mobilier (1821)
      Il s'agit d'un orgue, œuvre du facteur Callinet, de Rouffach, qui se trouvait d’abord dans le chœur, au-dessus du maître autel. En 1910, il est transféré sur une tribune au fond de la chapelle. Plus tard, nécessitant une restauration que le pèlerinage ne peut financer, il est vendu, et la tribune est démontée (KELLER, Pfaffenheim et le Schauenberg, 1, p. 33). Actuellement, des travaux sont entrepris pour la remettre en place, car le pèlerinage a acquis un autre orgue Callinet, plus petit

    HISTOIRE DU SANCTUAIRE

    Origines :
    Date de première mention : 1471
    Initiative de la fondation :
    • Groupe de fidèles
    Environnement institutionnel, politique et religieux :
    La charte de 1483 évoque l’existence du pèlerinage depuis un certain temps (von ettwas vergangnen ziten : ADHR 141J 247); mais la chapelle est attestée de façon certaine en 1471. L'initiative en serait due à un ermite ou, plus probablement, à la paroisse de Pfaffenheim. Le pèlerinage du Schauenberg et la commune de Pfaffenheim, dans le finage de laquelle il se trouve, sont situés dans l’Obermundat, c’est-à-dire dans le bailliage de Rouffach, qui appartient au temporel à l’évêque de Strasbourg, tout en relevant de celui de Bâle au spirituel. Il se trouve à 400 m à vol d’oiseau à l’ouest du village disparu de Hüsern ; celui-ci avait une chapelle Saint-Léonard, que l’évêque de Strasbourg donne en 1236 aux sœurs de Saint-Marc de Strasbourg (capellam in Husern, quondam filiam ecclesie de Pfaffenheim cum cymiterio et aliis locis WALTER, Urkunden und Regesten der Stadt, I, p. 19-20). En 1248, les religieuses deviennent dominicaines (TROUILLAT, Monuments, II, p. 66-67 n° 46). Entre 1250 (ADHR 158J 1408) et 1256 (TROUILLAT, Monuments, II, p. 78-79 n° 57), elles quittent Hüsern pour s’installer à Klingental. En 1284, des Cisterciennes s’installent à Hüsern ; elles quittent le lieu en 1285 (MGH SS 17, p. 211-212). Le village et les couvents ont tous disparu avant la première mention de Schauenberg. À 2 km à vol d’oiseau du Schauenberg, il y avait Handbuch également un couvent, Saint-Marc, dont l’existence remonte à avant 740 (BARTH, , c. 1197-1198). C’est un prieuré masculin au XIe siècle, féminin depuis le début du XIIe siècle (BORNERT, Monastères, III, p. 663-702).
    Phases d'évolution :
    Evénements marquants :
    • Révolution française (1791)
      En août 1791, la chapelle est fermée au culte, les Franciscains quittent le Schauenberg. D’après la chronique du curé Litzler, les patriotes abattent la toiture de la chapelle, livrent aux flammes les statues et les ornements sacrés et vendent le fer et le métal. La statue de la Vierge est épargnée, car elle a été mise à l’abri dès l’apparition des troubles. Le 27 février 1793, quatre habitants de Pfaffenheim rachètent la chapelle du Schauenberg. Une fois le calme revenu, la statue de la Vierge est placée sur un autel de l’église paroissiale. Le 1er mai 1810, la chapelle du Schauenberg est restituée à la commune de Pfaffenheim, à condition que la chapelle soit rétablie et entretenue aux frais de la commune. Le 3 septembre 1811, a lieu la translation solennelle de la statue de l’église paroissiale de Pfaffenheim au Schauenberg (ADHR 141J 359 ; KELLER, Franciscains du Schauenberg (1790-1791), p. 229-238 ; KELLER, Pfaffenheim et le Schauenberg, 1, p. 17).
    Rayonnement(s) :
    • Régional (XVe siècle -> 2019)
      Comme la guérison de la landgravine de Hesse n’est pas prouvée par des sources contemporaines des faits, il n’est pas possible, pour le moment, d’affirmer que le pèlerinage ait eu un rayonnement suprarégional. Son rayonnement dès la fin du XVe siècle et au début du XVIe siècle est néanmoins attesté par l’existence d’une image de pèlerinage largement diffusée à l’époque. Il s’agit d’une xylographie, coloriée à la main ou au pochoir, de 15 cm sur 9,4 cm (ill. 1). Un exemplaire est conservé à la Bibliothèque du Grand Séminaire de Strasbourg, inséré dans un Breviarium Basileense. Pars aestivalis, Freiburg i.Br, 1584 (Cote : 1 Ld 2).

    RÉFÉRENCES

    Source(s) :
    • Source publiée (1908-1913)
      WALTER Theobald, éd., Urkunden und Regesten der Stadt [II, 1350-1500 : und Vogtei] Rufach (Beiträge zur Geschichte der Stadt Rufach, 2-3), 2 vol., 1908-1913.
    • Source publiée (1900)
      WALTER Theobald, éd., Urkundenbuch der Pfarrei Rufach, Colmar, 1900.
    • Source publiée (1852-1867)
      TROUILLAT Jules, éd., Monuments de l'histoire de l'ancien évêché de Bâle, 5 vol. 1852-1867.
    • Archives (1483-1900)
      Archives départementales du Haut-Rhin = ADHR 141J 247, 141J 250, 141J 253, 141J 264, 141J 359. 141J 247, 1483 : fondation de la chapellenie du Schauenberg. 141J 250, 141J 253, 141J 264, 141J 359 : documents divers concernant le Schauenberg
    • Archives

      Archives de l’Ancien Évêché de Bâle = AAEB Cod. 326 : Liber Marcarum.

    Bibliographie :
    • BORNERT René, Les monastères d'Alsace, 3, Strasbourg, 2010, p. 663-702.
    • KELLER Bernard, Pfaffenheim et le Schauenberg, 2 t., Pfaffenheim, Reprographié (exemplaire à la Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg), 2000, p. t. 1, 54 p. et t. 2, 98 p.
    • KELLER Bernard, Pfaffenheim et le Saint-Léonard [se présente comme le t. 3 du précédent], Pfaffenheim, 2000.
    • SCHWENNICKE Detlev, Europäische Stammtafeln : Hessen und das Stammesherzogtum Sachsen, 27, Frankfurt, Klostermann, 1998.
    • KELLER Bernard, «Le Schauenberg, cinq siècles d'Histoire et de dévotion », in Archives de l'Église d'Alsace n°47, 1988, p. 345-368.
    • KELLER Bernard, «Les derniers franciscains du Schauenberg (1790-1791) », in Archives de l'Église d'Alsace n°45, 1986, p. 229-238.
    • SCHLAEFLI Louis, «La plus ancienne image pieuse du Schauenberg  », in Marian Library Studies n°9, Dayton Ohio, University of Dayton, 1977, p. 273-279.
    • BARTH, Medard, Handbuch der elsässischen Kirchen im Mittelalter, Strasbourg, 1960-1963.
    • LEVY, Joseph, Die Wallfahrten der Mutter Gottes im Elsaß, Colmar, Alsatia, 1929.
    • WALTER Theobald, «Das Minoritenkloster zu St. Katharina in Rufach  », in Zeitschrift für Geschichtskunde von Freiburg n°22, Freiburg, 1906-1907, p. 14-65 .
    Etude(s) universitaire(s) :

    PHOTOGRAPHIES LIÉES

    Objet de dévotion :
    Edifice :
    • Plan de la chapelle - Bernard KELLER, Pfaffenheim et le Schauenberg, 1, p. 37 - 2000
    Autre :

    À PROPOS DE L'ENQUÊTE

    Enquêteur :
    • CLEMENTZ Elisabeth
    Rédacteur :
    • CLEMENTZ Elisabeth
    Date de l'enquête :
    2018
    Date de rédaction de la fiche :
    2019
    Etat de l'enquête :
    Complète
    Pour citer cette ficheCLEMENTZ Elisabeth, « Schauenberg », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
    url : https://sanctuaires.aibl.fr/fiche/801/schauenberg, version du 15/02/2019, consulté le 21/09/2019