INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Notre-Dame-du-Roncier

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Notre-Dame-du-Roncier
Période d'activité :
? - 2019
Commune :
Josselin
Département :
Morbihan
Localisation de Josselin

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Josselin
Hameau/Lieu-dit :
Diocèse :
Actuel: Vannes (1791 - 2019)
Ancien: Saint-Malo (? - 1791)
Paroisse :
Actuelle: Notre-Dame du Roncier (? - 2019)
Ancienne:
Compléments :
La ville de Josselin était originellement partagée entre les diocèses de Saint-Malo (la rive gauche de l’Oust, soit les trois paroisses de Notre-Dame du Roncier, Saint-Martin et Saint-Nicolas) et Vannes (la rive droite de l'Oust, soit la paroisse de Sainte-Croix). Depuis la Révolution, elle dépend intégralement du diocèse de Vannes.

Site

Type de site :
Colline
Altitude :
57 m

Paysage

Type de couvert végétal :
Type de l'habitat :
Ville
Type de proximités :
Axe de circulation
Carrefour
Château
Cours d'eau
Remparts
Compléments :
La ville fortifiée de Josselin fut fondée au XIe siècle par le seigneur Goscelin (ou Josselin), fils de Guéthénoc. Sa première mention (1066) lui fait porter le nom de Goscielnus Castellum (château de Josselin) en raison de son château. Cette ville éloignée du littoral fut construite sur une colline au bord de la rivière de l’Oust. Elle se trouve sur l’axe routier Rennes-Lorient, et servait de carrefour à la croisée des directions de Pontivy, Loudéac et Saint-Brieuc. La cité était à l’origine la capitale du comté de Porhoët.

LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Notre-Dame-du-Roncier (? - 2019)
Compléments :
La ville de Josselin tire son nom du seigneur qui l’a fondée au XIe siècle : Josselin, ou Goscelin (Goscielnus Castellum). Quant au sanctuaire, il tire son nom de la légende selon laquelle la statue de la Vierge qu’il abrite aurait été découverte dans un buisson de ronces (« roncier »).
Type de lieu de culte :
Eglise paroissiale
Nom du lieu de culte :
Notre-Dame du Roncier
Saints patrons :
  • Vierge Marie (? - 2019)
Compléments :
Selon la légende, l’église Notre-Dame du Roncier aurait été fondée en 808. Le gros de la construction de l’édifice actuel s’échelonne du XIIe au XVe siècle. Notre-Dame du Roncier constituait l’une des quatre paroisses de Josselin, avec Saint-Martin, Saint-Nicolas et Sainte-Croix. Jusqu’au XVIIIe siècle, le recteur de Saint-Martin et le prieur du prieuré Saint-Michel en étaient co-recteurs avec celui de Notre-Dame du Roncier : en 1777, ce dernier devint le seul recteur en charge. À la fin du Moyen Âge, l’église fut placée sous la protection des vicomtes de Rohan. La chapelle sud-est servit de chapelle privée puis accueillit le tombeau du connétable Olivier de Clisson (mort en 1407) et de son épouse Marguerite de Rohan. L’église fut fermée en 1791, puis rouverte en 1802, avec le statut de siège paroissial de la ville de Josselin. Elle reçut le titre de basilique mineure en 1891.

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Statue de Notre-Dame du Roncier
Nature de l'objet :
Statue
Matériau de l'objet :
Bois
Dimensions de l'objet :
Emplacement :
Chœur de l’église
Datation de l'objet :
XIXe siècle
Compléments :
Selon la légende, la statue de Notre-Dame du Roncier serait apparue à un paysan en 808 dans un buisson de ronces (type de légende que l’on ne trouve pourtant guère avant la fin du Moyen Âge et surtout à l’époque moderne). Cette statue originelle, en bois, a été détruite à la Révolution, en 1794. Des fragments de celle-ci ont cependant été récupérés, et placés dans un reliquaire. Une nouvelle statue a été fabriquée au XIXe siècle. Certains fragments de l’ancienne statue ont été symboliquement placés dans la nouvelle. C’est cette dernière qui est actuellement exposée dans le chœur de l’église. Elle a été couronnée en 1868, la même année que la statue de sainte Anne d’Auray.

LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :
Selon la légende, le lieu-même de la chapelle aurait été précédé par un oratoire fondé par saint Léger, futur évêque d’Autun. La statue de Notre-Dame du Roncier aurait été découverte en 808 par un paysan dans un buisson de ronces. À plusieurs reprises, celui-ci ramena la statue chez lui, mais à chaque fois, elle disparut pour réapparaître dans le buisson. Ayant compris le sens de ces disparitions, le paysan demanda que l’on fasse construire une chapelle à l’emplacement du buisson. Grâce à l’intercession de la Vierge, la fille du paysan, aveugle de naissance, aurait été guérie de sa cécité. Un bouquet de ronces très vivaces, qui pousse au pignon de l’église, est regardé par Maximilien Nicol (1886) comme le roncier des origines… Jean de Beaumanoir, capitaine de Josselin, étant l’un des protagonistes du « Combat des Trente », un épisode de la Guerre de Succession de Bretagne (1341-1364), où s’affrontèrent les chevaliers favorables à Charles de Blois (dont Jean de Beaumanoir) et ceux qui soutenaient le parti des Montfort (des Anglais menés par le mercenaire Robert Bembro), la tradition a avancé que Beaumanoir avait dû sa victoire à l’invocation préalable de la Vierge du Roncier ; mais les sources contemporaines n’en disent rien. Les faits se déroulèrent le 26 ou 27 mars 1351 sur la lande de la Mi-Voie entre Josselin et Ploërmel.
Miracles :
Selon la légende, la fille du paysan qui découvrit la statue, aveugle de naissance, aurait été guérie de sa cécité. De nombreuses guérisons d’aveugles et de paralytiques furent mentionnées à Josselin à partir du XVIIe siècle. Une procession des miracles (les miraculés marchant devant la statue, un cierge à la main) est mentionnée dès 1665 ; il s’agit de la première mention de cette pratique (appelée à se banaliser dans beaucoup de sanctuaires) en Bretagne. Un livre des miracles fut tenu dès 1666. À cette date, un enfant de Plumieux aurait retrouvé la vue devant la statue. En 1728, trois enfants épileptiques de Camors furent guéris en faisant le tour de l’église, puis en se lavant à la fontaine. Du XVIIIe siècle jusqu’aux années 1950, le pardon de Josselin avait la particularité d’accueillir des « aboyeurs » et « aboyeuses ». Il s’agissait de malades – souvent épileptiques – arrivant au sanctuaire en se tordant de douleur et qui guérissaient de façon instantanée en embrassant la statue de la Vierge. Selon une légende, il s’agirait des descendants d’une lavandière ayant refusé d’offrir du pain à la Vierge, qui avait pris les traits d’une mendiante. L’Église considéra toujours ce type de guérison avec un certain scepticisme. À cause de cette pratique, le pardon de Josselin fut appelé « pardon des aboyeuses ». Un procès-verbal de miracle fut encore établi en 1868 pour Marie-Françoise Hémery, sœur du tiers-ordre de la paroisse Saint-Martin en Josselin, qui fut guérie de sa maladie au cours de deux visites au sanctuaire en 1865 et 1867. Une jeune femme hémiplégique originaire de Guégon fut guérie peu après le pardon de 1883.
Type(s) de motivation :
  • Action de grâce
  • Piété
  • Voeu
Recours :
  • Thérapie
  • Voeu
  • Folie
Compléments :
Malgré la guérison de nombreux maux (cécité, paralysie, maladies, etc.), le sanctuaire de Josselin était réputé pour ses guérisons instantanées d’épileptiques.
Jour(s) de fête :
  • Nativité Vierge Marie
Type de fréquentation :
Continu
Compléments sur les fréquentations :
Le pardon de Josselin s’est longtemps tenu à la Pentecôte (dimanche, lundi et mardi) mais il a désormais lieu le 8 septembre depuis le couronnement de 1868. Cela n’empêche pas une fréquentation du sanctuaire durant le reste de l’année.
Pratiques individuelles :
  • Circumambulation
  • Cire
  • Prières
  • Dons
  • Boire
  • Actions de grâce
  • Voeux
Pratiques en présence du clergé :
  • Bénédictions
  • Confessions
  • Processions
  • Messe
  • Chants
  • Pèlerinage
  • Embrasser
Ex voto :
  • Cire
    La présence de cierges est constatée dans le sanctuaire.
  • Texte gravé
    Des plaques gravées se trouvent dans le sanctuaire.
  • Autre (1666)
    Dans son livret sur le pèlerinage, le père Irénée de Jésus-Maria mentionne de nombreux suaires, anilles (béquilles) et cercueils accrochés autour de la statue de la Vierge ; environ cinq cents ex-voto au total. Il mentionne également, attachée à une paroi de l’église, la châsse de trois petits enfants  « qui ressuscitèrent aussitôt que leur mère affligée eut fait vœu à ND du Roncier ».
  • Autre (1666)
    Le père Isaac de Jésus-Maria mentionne de nombreux calices, burettes d’argent et ornements d’église offerts par les fidèles. Monsieur Champoing, « natif de Josselin » et marchand d’Auray offrit « un beau petit vaisseau » parce que ses vaisseaux étaient parvenus à bon port.
  • Tableau (XIXe siècle)
    Le sanctuaire conserve trois tableaux ex-voto du XIXe siècle. L’un représente une famille en prière devant la statue de la Vierge. L’autre représente la Vierge apparaissant à une femme qui veille une autre femme sur son lit de mort. Le troisième fut offert par Mme Magon de la Gervaisais, de Josselin, dont l’enfant qui paraissait mort survécut.
Confrérie(s) :
    Indulgence(s) :
    • Plénière (1663)
      Le sanctuaire de Notre-Dame du Roncier reçut une indulgence plénière en 1663, pour ceux qui visiteraient l’église le lundi de Pentecôte.
    • Plénière (1819)
      L’indulgence plénière du sanctuaire fut rattachée au 15 août, en plus de la Pentecôte, pour ceux qui visiteraient l’église.
    • Plénière (1868)
      À l’occasion du couronnement de la statue, le pape Pie IX accorda une indulgence plénière perpétuelle au sanctuaire.
    Compléments sur le culte :
    Selon le père Isaac de Jésus-Maria, le « faucillon » ayant servi au paysan à couper les ronces où l’on trouva la statue était « suspendu dans la voûte de l’autel ».

    L'ÉDIFICE

    Description :
    L’église Notre-Dame du Roncier mesure au total cinquante-trois mètres de long sur vingt-neuf de large. Elle présente un plan à trois vaisseaux. La nef est longue de quatre travées, le transept d’une travée, et le chœur (chapelles comprises) long de deux. Ce dernier présente un chevet plat. Bien que les parties les plus anciennes (le chœur) de l’église datent du XIIe siècle, l’essentiel de l’édifice date du XVe siècle. Le bas-côté sud, dont le mur gouttereau est orné de quatre pignons, a été achevé en 1470. Le bas côté nord date de 1491. La tour du clocher originel date de la même époque. La chapelle sud-est du chœur fut aménagée à la fin du XIVe siècle par Olivier de Clisson (mort en 1407) pour y recevoir son tombeau, ainsi que celui de son épouse Marguerite de Rohan. Depuis 1890, cette chapelle est dédiée à sainte Marguerite. La tour s’effondra en 1705. Elle fut reconstruite de 1731 à 1734, puis en 1898. De nouveau détruite en 1923, la tour actuelle date de 1949 et mesure soixante mètres de haut. La sacristie date de 1900. Restauré en profondeur de 1855 à 1900, l’édifice a été inscrit aux Monuments Historiques en 1927.
    Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
    • Fontaines (1675)
      À environ deux cents mètres à l’est de l’église se trouve la fontaine dite « de la Vierge », ou alors « miraculeuse », dont l’eau était censée guérir ceux qui s’y lavaient. Elle fut achevée en 1675, année dont elle porte le millésime. Elle est ornée d’une statue de la Vierge qui date du XIXe siècle. Un miracle y eut lieu en 1728. La fontaine a été inscrite aux Monuments Historiques en 1928, un an après l’église.
    Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :
    • Chapelle (XIVe siècle)
      La statue de la Vierge est exposée dans un grand retable néo-gothique qui occupe la chapelle nord du chevet.

    HISTOIRE DU SANCTUAIRE

    Origines :
    Date de première mention : XIVe siècle
    Initiative de la fondation :
    • ?
    Environnement institutionnel, politique et religieux :
    Phases d'évolution :
    Bien que la légende fasse remonter l’apparition de la statue de Notre-Dame du Roncier au début du IXe siècle, son culte n’est pas attesté avant le XVe siècle. C’est également durant ce siècle que l’essentiel de l’église fut construit, notamment grâce au mécénat des vicomtes de Rohan. À partir des années 1660, le culte connut un important essor grâce à une indulgence plénière octroyée en 1663, sans doute à la suite d’un miracle. Cela donna très vite lieu à la publication d’un ouvrage, par le carme Isaac de Jésus-Maria (1666), lequel relate plusieurs miracles. Le pardon du 8 septembre (fête de la Nativité de la Vierge) connut alors de nombreuses innovations, en particulier dans la procession ; enfants et adultes déguisés en anges et en saints (dès les années 1660), instruments de musique (1678), mentions de feux de joie (1776 et 1789). En 1778, Ogée regretta cependant que la fête, plus encadrée par les autorités, ait perdu en spontanéité. Mais la principale singularité du pardon fut la présence d’aboyeuses (cf. la rubrique « Recours ») de 1728 jusqu’aux années 1950. Après la parenthèse révolutionnaire et la destruction de la statue, le culte de Notre-Dame du Roncier fut vite relancé grâce à la fabrication d’une nouvelle statue, et l’octroi d’une nouvelle indulgence plénière (1819). La statue fut couronnée en 1868 et l’église reçut le titre de basilique mineure en 1891. Son architecture subit de nombreuses restaurations et modifications (notamment la tour) entre 1855 et 1949. Si l’on excepte Sainte-Anne-d’Auray, dont la renommée est nationale, le pardon de Josselin est actuellement le plus attractif du Morbihan ; huit mille fidèles étaient attendus au pardon de 2018.
    Evénements marquants :
    • Construction (XVe siècle)
      L’essentiel de l’église de Notre-Dame du Roncier fut construit de la fin du XIVe à la fin du XVe siècle.
    • Indulgences (1663)
      La papauté octroya une indulgence plénière à l’église Notre-Dame du Roncier en 1663, ce qui contribua à raviver fortement son culte.
    • Miracle (1728)
      À la suite de la guérison soudaine de trois enfants de Camors atteints d’épilepsie, le pardon de Josselin fut surnommé le « pardon des aboyeuses », en raison de la présence de nombreux épileptiques qui guérissaient soudainement devant la statue.
    • Disparition de l'objet de dévotion (1794)
      Lors de la Révolution, la statue de Notre-Dame du Roncier fut brûlée. Quelques fragments furent cependant récupérés, et plus tard enfermés dans un reliquaire.
    • Fabrication de l'objet de dévotion (XIXe siècle)
      Une nouvelle statue de Notre Dame du Roncier fut fabriquée dans les deux premiers tiers du XIXe siècle.
    • Couronnement de la statue (1868)
      En 1868, la statue de la Vierge du Roncier fut couronnée. Les festivités attirèrent environ vingt-cinq mille personnes.
    • Voeu collectif (1868)
      En juin 1868, les habitants de Ménéac firent un vœu collectif à Notre Dame du Roncier pour faire cesser une épidémie de variole charbonneuse.
    • Erection du sanctuaire en basilique mineure (1891)
      En octobre 1891, l’église Notre-Dame du Roncier fut érigée en basilique mineure par le pape Léon XIII.
    Rayonnement(s) :
    • Diocésain (? -> 2019)
      Le sanctuaire de Josselin rayonne sur le nord-est du Vannetais, le sud-ouest de l’ancien diocèse de Saint-Malo et la pointe sud de celui de Saint-Brieuc. Cette zone correspond aujourd’hui au nord-est du Morbihan.

    RÉFÉRENCES

    Source(s) :
    Bibliographie :
    • MOZZANI, É., Légendes et mystères des régions de France, Paris, Robert Laffont, 2014, p. 357-359.
    • PROVOST, G., La fête et le sacré. Pardons et pèlerinages en Bretagne aux XVIIe et XVIIIe siècles, Paris, Le Cerf, 1998.
    • NICOL, M., Notre-Dame du Roncier - Histoire du pèlerinage, Vannes, Lafolye, 1886.
    • DE JESUS MARIA, I., Le lys fleurissant parmi les épines ou Notre-Dame du Roncier triomphante (1ere éd. 1666), Vannes, 1868.
    • JEANNEL, C., Les aboyeuses de Josselin, Rennes, 1855.
    Etude(s) universitaire(s) :
    • PROVOST, G., Le pèlerinage en Bretagne aux XVIIe-XVIIIe siècles, Thèse de doctorat, ss. dir de J. QUENIART, Rennes II, 1995.

    PHOTOGRAPHIES LIÉES

    Objet de dévotion :
    Edifice :
    Autre :
    • Localisation de Josselin - Maxime Bolard - 2018

    À PROPOS DE L'ENQUÊTE

    Enquêteur :
    • BOLARD / PROVOST Maxime / Georges
    Rédacteur :
    • BOLARD Maxime
    Date de l'enquête :
    1995/2018
    Date de rédaction de la fiche :
    2018
    Etat de l'enquête :
    Complète
    Pour citer cette ficheBOLARD Maxime, « Notre-Dame-du-Roncier », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
    url : https://sanctuaires.aibl.fr/fiche/795/notre-dame-du-roncier, version du 29/01/2019, consulté le 19/09/2019