INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Saint-Mathurin-de-Moncontour

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Saint-Mathurin-de-Moncontour
Période d'activité :
XIIIe siècle - 2019
Commune :
Moncontour
Département :
Côtes d'Armor
Localisation de Moncontour

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Moncontour
Hameau/Lieu-dit :
Diocèse :
Actuel: Saint-Brieuc-Tréguier (1791 - 2019)
Ancien: Tréguier (XIIIe siècle - 1791)
Paroisse :
Actuelle: Moncontour-Quessoy (XXe siècle - 2019)
Ancienne: Notre-Dame et Saint-Mathurin de Moncontour (? - XXe siècle)
Compléments :
L’administration révolutionnaire bouleversa la topographie des diocèses bretons. Ainsi, la Bretagne passa de neuf à cinq diocèses, correspondant aux limites des départements de 1790. Le diocèse de Saint-Brieuc absorba celui de Tréguier et une grande partie de celui de Saint-Malo. Ce nouveau diocèse, dit de « Saint-Brieuc et Tréguier » depuis 1854, correspond au territoire du département des Côtes d’Armor. Cela changea peu de choses pour les habitants de Moncontour, dont le siège épiscopal restait Saint-Brieuc. À l’origine, la principale église de Moncontour était dédiée à la Vierge ; c’est dans celle-ci que débuta le culte de Mathurin de Larchant. Au XVIIe siècle, elle fut mentionnée avec le double vocable de Notre-Dame et Saint-Mathurin. L’église est aujourd’hui couramment appelée « église Saint-Mathurin ». Moncontour fait aujourd’hui partie de la paroisse éponyme, mais dont l’église-mère se trouve à Quessoy, et qui s’étend sur six communes.

Site

Type de site :
Vallée
Altitude :
135 m

Paysage

Type de couvert végétal :
Bois
Espace cultivé
Type de l'habitat :
Ville
Type de proximités :
Axe de circulation
Carrefour
Château
Cours d'eau
Remparts
Compléments :
Mentionnée à partir de 1034, la cité de Moncontour est construite sur une petite éminence à la confluence de deux ruisseaux, qui forment ensemble le ruisseau de l’Étang Prioux. La ville était jadis fortifiée, défendue par onze tours et ouverte par trois portes. Au sommet de l’autre versant de la vallée (au nord-ouest de la ville) se trouve le château des Granges, démantelé en 1624. Situé sur les derniers contreforts du Mené, Moncontour constituait un carrefour secondaire vers Saint-Brieuc et Lamballe. Situé à la limite du pays bretonnant et du pays gallo (francophone), le site était considéré par Anne de Bretagne comme la « clé » de la Basse-Bretagne. Le littoral le plus proche, la baie de Saint-Brieuc, se trouve à seize kilomètres au nord. À la veille de la Révolution, la ville comptait plus de deux mille habitants. En 2015, Moncontour n’en comptait plus que huit cent soixante-cinq.

LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Saint-Mathurin-de-Moncontour (XIIIe siècle - 2019)
Type de lieu de culte :
Eglise paroissiale
Nom du lieu de culte :
Saint-Mathurin
Saints patrons :
  • Mathurin de Larchant (XIIIe siècle - 2019)
Compléments :
Bien que l’évêque de Saint-Brieuc ait institué la fête de Saint-Mathurin à Moncontour en 1223, il n’est pas sûr qu’un lieu de culte à part entière lui ait été dédié à cette époque. L’église Saint-Mathurin était originellement dédiée à Notre-Dame (dès le XIVe siècle au plus tard). Elle fut entièrement reconstruite au début du XVIe siècle, et le double patronage de la Vierge et de Mathurin de Larchant (voir http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/159/saint-mathurin) fut mentionné à partir du milieu du XVIIe siècle. Un grand vitrail du XVIe siècle est néanmoins consacré à saint Mathurin. Il est donc possible que Mathurin n’ait eu à l’origine qu’une chapelle dans l’église Notre-Dame. Au XVIIIe siècle, le recteur de cette église était considéré comme le principal recteur de Moncontour. En 1791, l’église Notre-Dame fut affectée au culte constitutionnel, puis fermée. Elle fut rouverte en 1803. Depuis l’époque contemporaine, il semblerait que Mathurin soit devenu le principal patron de l’église ; selon Georges Provost (1998, p. 409), le pardon de saint Mathurin connut son apogée dans la première moitié du XIXe siècle. Moncontour fait aujourd’hui partie de la paroisse éponyme, mais dont l’église-mère se trouve à Quessoy, et qui s’étend sur six communes.

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Buste-reliquaire de saint Mathurin
Nature de l'objet :
Relique (= fragment)
Matériau de l'objet :
Vestige corporel
Dimensions de l'objet :
H : 39 cm ; l : 36 cm ; P : 17 cm
Emplacement :
Chœur de l’église Saint-Mathurin
Datation de l'objet :
1805
Compléments :
Le sanctuaire de Moncontour possède l’une des plus importantes reliques de saint Mathurin de Larchant, qui consiste en un fragment de son os frontal. Dans le contexte de la Révolution, cette relique fut mise à l’abri à Plessala en 1791. Un nouveau buste-reliquaire en argent fut fabriqué en 1805 par un orfèvre de Saint-Brieuc. On peut y lire la légende : « Fait par Desury à Saint-Brieuc le 21 octobre 1805 ». Sur ce buste, Mathurin est vêtu d’une robe de bure et d’une étole sur laquelle sont gravées des feuilles d’olivier. Son visage est glabre et son crâne tonsuré. Une petite châsse ovale a été aménagée au niveau de son front pour y exposer la relique (cf. http://imagessaintes.canalblog.com/archives/2008/06/25/9707291.html). Lors des pardons, les pèlerins bas-bretons embrassaient à tour de rôle le reliquaire sur les deux joues. En 1807, ce reliquaire fit l’objet d’une tentative de vol de la part de pèlerins. Ces derniers furent rattrapés avec le buste à la hauteur de Saint-Brieuc. Le reliquaire fut classé Monument Historique au titre d’objet en 1972. Il est encore actuellement porté en procession lors du pardon de la Pentecôte. Un autre buste de saint Mathurin (en marbre) est laissé en permanence dans l’église, pour la dévotion des fidèles.

LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :
Saint Mathurin serait né à Larchant (Seine-et-Marne) au milieu du IIIe siècle dans une famille païenne de l’aristocratie. Converti au christianisme et devenu prêtre à l’âge de vingt ans, il aurait converti ses parents et aurait eu le don d’exorcisme. Il aurait ainsi chassé un démon chez Théodora, la fille ou belle-fille du tétrarque Maximien Hercule (285-310). Sur le chemin de Rome, il aurait apaisé une tempête au large des côtes méditerranéennes, avant d’accoster au monastère insulaire de Saint-Honorat de Lérins. Ce dernier miracle constitue un anachronisme, car le monastère de Lérins ne fut pas fondé avant le début du Ve siècle. Mathurin mourut à Rome et sa dépouille fut – selon son souhait – rapatriée à Larchant pour y être enterrée. Sa Vie (Acta Sanctorum, Nov. I, 1887, p. 245-259) fut écrite au Xe siècle, puis enrichie de cinq autres versions jusqu’au XVIe siècle. Mathurin étant un saint originaire du Gâtinais, comment son culte est-il arrivé en Bretagne ? La principale hypothèse retenue actuellement est que les moines bretons réfugiés dans les abbayes de l’est du royaume franc à cause des raids vikings des IXe-Xe siècles aient ramené avec eux des reliques du saint. Des traces de son culte étant déjà mentionnées dans l’Ouest aux XIe-XIIe siècles, il est possible que les moines trinitaires (dont la dévotion à saint Mathurin était importante), aient amplifié ce culte déjà existant à leur arrivée en Bretagne au XIIIe siècle. Selon Jean Joly (1990), Guillaume Pinchon, évêque de Saint-Brieuc (1220-1234) et futur saint Guillaume, institua le culte de Mathurin à Moncontour en 1223 et lui dédia même l’une des chapelles de sa cathédrale. En 1504, Anne de Bretagne se rendit au « sanctuaire-père » de Larchant, régulièrement visité par les rois de France de Louis XI (1467) à Henri III (1587). Il est possible que cette dernière ait contribué à amplifier le culte de Mathurin en Bretagne. Sa popularité s’étendit aux XVIIe et XVIIIe siècle, comme l’attestent un certain nombre de statues baroques dans plusieurs églises bretonnes, en particulier dans la région de Locronan. En 1889, Eugène Thoison y recensait cinquante-et-un lieux destinés à son culte, les deux principaux étant Quistinic (Morbihan) et Moncontour.

 

Miracles :
Selon la tradition, saint Mathurin aurait chassé un démon chez Théodora, la fille ou belle-fille du tétrarque Maximien Hercule (285-310). Sur le chemin de Rome, il aurait apaisé une tempête au large des côtes méditerranéennes, avant d’accoster sur le monastère insulaire de Saint-Honorat de Lérins. Ce dernier miracle constitue un anachronisme, car le monastère de Lérins ne fut pas fondé avant le début du Ve siècle. Un cantique des miracles mentionne également une femme enceinte sauvée d’un naufrage. Enfin, une procession des miracles regroupant plus de cent personnes fut recensée en 1834.
Type(s) de motivation :
  • Action de grâce
  • Piété
  • Voeu
Recours :
  • Epizootie
  • Répit
  • Thérapie
  • Voeu
  • Folie
  • Biens de la terre
  • Autre
Compléments :
Comme au sanctuaire de Larchant (Seine-et-Marne), saint Mathurin était invoqué pour de nombreux motifs. Outre la folie, recours mis le plus en avant par son hagiographie, saint Mathurin était considéré comme le saint patron du bétail. Certains pèlerins arrivant avec une de leurs vaches accrochaient la corde de la cloche de l’entrée du sanctuaire aux cornes de leur bête. Si celle-ci arrivait à faire sonner la cloche, elle était censée être préservée des maladies. En 1604, des pèlerins d’Uzel et Saint-Brandan (Côtes d’Armor) offrirent trois génisses au sanctuaire. Mathurin était aussi censé favoriser les récoltes. Lors du pardon, les pèlerins recevaient un collier avec une figurine de plomb représentant – très grossièrement selon Guillotin de Corson – saint Mathurin. Selon Jean Joly (1990), cette figurine était censée « préserver » des maladies, des chiens enragés et des balles de fusil, d’où son appellation de « préservatif » par les contemporains… Les hommes accrochaient ce plomb à leur chapeau ou à leur cou, et les femmes à leur corsage. Selon Georges Provost (1998, p. 155), le doublement des processions lors des années 1584, 1607 et 1610 indique un recours à saint Mathurin face à des épidémies. Selon Jean Joly (1990), il est possible que le miracle de la tempête effectuée par Mathurin l’ait rendu populaire auprès des marins. Enfin, selon Omer Englebert (1979), saint Mathurin avait des spécialisations plus inattendues ; dans la droite ligne de son don d’exorcisme, il était censé calmer les épouses insupportables, et était considéré le comme le saint patron des bouffons… Selon Georges Provost, il était aussi invoqué pour les mourants et les défunts car il avait obtenu que l’âme de son père soit délivrée du Purgatoire.
Jour(s) de fête :
  • Pentecôte
Type de fréquentation :
Continu
Compléments sur les fréquentations :
Le pardon de saint Mathurin a lieu le dimanche de la Pentecôte. Il attirait la population gallo (francophone) mais aussi des Bas-Bretons, ces deux populations assistant à deux messes différentes : du samedi soir au dimanche très tôt le matin pour les Bas-Bretons, puis la journée du dimanche pour les Gallos. Au XIXe siècle, le buste-reliquaire de saint Mathurin était porté en procession le samedi soir jusqu’à la place dite « la Pyramide », où avait et a toujours lieu un grand feu de joie. En 1887, l’abbé Guillotin de Corson mentionna que les festivités du pardon duraient toute la semaine suivant la Pentecôte, et donnaient lieu à des bals et une foire. Depuis les années 1950, une course cycliste dite « de la Saint-Mathurin » est également organisée.
Pratiques individuelles :
  • Circumambulation
  • Cire
  • Prières
  • Dons
  • Actions de grâce
  • Voeux
Pratiques en présence du clergé :
  • Bénédictions
  • Confessions
  • Processions
  • Messe
  • Chants
  • Pèlerinage
Ex voto :
  • Cire
    Quelques cierges brûlent en permanence devant la statue de saint Mathurin.
  • Texte gravé
    Quelques plaques de marbre, des XIXe-XXe s., sont accrochées aux murs de l’église et à la niche de bois qui renferme le buste de saint Mathurin.
Confrérie(s) :
    Indulgence(s) :
      Compléments sur le culte :
      Jusqu’au milieu du XIXe siècle, il était d’usage pour certains pèlerins de saluer le clocher de l’église de Moncontour dès que celui-ci entrait dans leur champ de vision. Cet usage du salut du clocher est recensé dans une vingtaine de sanctuaires bas-bretons. Dans la zone gallo, on ne le retrouve que pour les pèlerinages de Rohan et Moncontour, pratiqués seulement par les Bas-Bretons. Selon Georges Provost (1998, p. 95-97), ce geste encore en usage dans les grands pèlerinages européens comme le Mont-Saint-Michel ou Compostelle a perduré en Basse-Bretagne pour des sanctuaires de moindre importance, ainsi que dans les sanctuaires gallos fréquentés par les Bas-Bretons. À leur arrivée au sanctuaire, les pèlerins recevaient un bouquet de fleurs et y accrochaient une figurine en plomb représentant saint Mathurin, censée les protéger des maladies, des chiens enragés et des balles de fusil. Les femmes l’accrochaient à leur corsage. Les hommes faisaient ensuite sonner la cloche qui se trouve à l’entrée du sanctuaire à tour de rôle. Certains faisaient sonner aussi une de leurs vaches pour protéger leur troupeau des épizooties. Une fois dans l’église, les pèlerins allaient baiser le buste-reliquaire de saint Mathurin sur chacune de ses joues. Il était également d’usage de faire trois fois le tour de l’église à genoux. C’est pour donner plus de confort aux pèlerins que les pavés d’ardoise qui entourent l’église furent refaits à neuf en 1613. Enfin, la tradition orale atteste l’existence d’une ceinture de cire entourant l’église jusqu’au XIXe siècle, usage recensé essentiellement en Basse-Bretagne (Georges Provost, 1998, p. 94-96).

      L'ÉDIFICE

      Description :
      Eugène Viollet-le-Duc considérait l’église Saint-Mathurin de Moncontour comme « l’une des plus intéressantes de Bretagne au point de vue de l’art ». Elle présente une architecture asymétrique résultant de plusieurs campagnes de constructions successives (cf. http://www.lavieb-aile.com/2018/03/les-vitraux-de-moncontour.v.la-verriere-de-la-vie-de-saint-mathurin-vers-1500-1525.html). À l’origine unique, la nef du XVIe siècle est longue de quatre travées. Le bas-côté sud fut ajouté en 1620 et le chœur plus tardivement. Au nord-est de la nef, fut construit un léger avant-corps en guise de transept nord. L’angle nord du chevet est constitué de la tour du clocher, flanquée d’une tour ronde (son escalier). Elle fut construite entre 1584 et 1587. L’angle sud du chevet est formé par la sacristie. L’ensemble de la nef fut surélevé de 1733 à 1739, et la façade italienne date de 1786. L’édifice mesure au total trente-deux mètres de long sur vingt de large. Il est réputé pour son corpus de vitraux des XVIe-XVIIe représentant, en plus de la vie de saint Mathurin, des scènes bibliques (l’arbre de Jessé et saint Jean Baptiste) et des épisodes de la vie de saints bretons (dont saint Yves et sainte Barbe). L’église a été classée Monument Historique en 1889, puis restaurée partiellement en 1890 et 1902. Le buste de marbre de saint Mathurin est actuellement exposé dans l’angle qui forme l’entrée nord du chœur.
      Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
      • Fontaines (?)
        Guillotin de Corson (1887) mentionne une fontaine vers laquelle se rendaient certains pèlerins.
      Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :

        HISTOIRE DU SANCTUAIRE

        Origines :
        Date de première mention : 1223
        Initiative de la fondation :
        • Evêque
        Environnement institutionnel, politique et religieux :
        Des traces du culte de saint Mathurin étant déjà présentes dans l’ouest aux XIe-XIIe siècles, il est possible que les moines trinitaires (dont la dévotion à saint Mathurin était importante), aient amplifié ce culte déjà existant à leur arrivée en Bretagne au XIIIe siècle. Selon Jean Joly (1990), Guillaume Pinchon, évêque de Saint-Brieuc (1220-1234) et futur saint Guillaume, institua le culte de Mathurin à Moncontour en 1223 et lui dédia même l’une des chapelles de sa cathédrale.
        Phases d'évolution :
        L’évolution du pèlerinage de saint Mathurin est difficile à déterminer avant le XIXe siècle, en raison du peu de sources disponibles. Seul un dépouillement des registres de comptes de la période 1579-1616 (les originaux ayant eux-mêmes disparus) nous est connu. Bien que l’évêque de Saint-Brieuc ait institué la fête de Saint-Mathurin à Moncontour en 1223, il n’est pas sûr qu’un lieu de culte à part entière lui ait été dédié à cette époque. L’église Saint-Mathurin était originellement dédiée à Notre-Dame (dès le XIVe siècle au plus tard). Elle fut entièrement reconstruite au début du XVIe siècle ; le double patronage de la Vierge et de Mathurin de Larchant fut mentionné à partir du milieu du XVIIe siècle. Il est donc possible que Mathurin n’ait eu à l’origine qu’une chapelle dans l’église Notre-Dame. Il semblerait qu’après la Révolution, Mathurin soit devenu le principal patron de l’église ; selon Georges Provost (1998, p. 409), le pardon de saint Mathurin connut son apogée durant la première moitié du XIXe siècle. En effet, un nouveau buste-reliquaire en argent fut réalisé en 1805, qui fit l’objet d’une tentative de rapt à peine deux ans après sa fabrication. Jean Joly note également que 17% des habitants de Moncontour de sexe masculin nés entre 1803 et 1842 reçurent le prénom de Mathurin. Cette prédominance se retrouve également chez les filles, avec le prénom Mathurine. Le pèlerinage rayonnait alors sur la Haute-Cornouaille, le Vannetais et le Penthièvre, jusqu’à « dix à quinze lieues à la ronde » (quarante à soixante kilomètres) selon l’abbé Guillotin de Courson. Georges Provost nota également des pèlerins du Haut-Léon venus provenant de Landivisiau. Il s’agissait en fait de marchands de toile venus s’approvisionner en fil à Saint-Brieuc. Selon Jean Joly, le pardon attirait encore mille à mille cinq cents personnes à son époque en 1990. Le feu de joie est encore allumé de nos jours. Cependant, l’audience du pèlerinage s’est rétrécie : les Bas-Bretons mentionnés par l’abbé de Corson (1887) ne viennent plus.
        Evénements marquants :
        • Fondation (1223)
          Selon Jean Joly (1990), Guillaume Pinchon, évêque de Saint-Brieuc (1220-1234) et futur saint Guillaume, institua le culte de saint Mathurin à Moncontour en 1223.
        • Construction (XVIe siècle)
          L’essentiel de l’église Saint-Mathurin fut reconstruite au début du XVIe siècle.
        • Mise à l'abri de l'objet de dévotion (1791)
          Dans le contexte de la Révolution française, la relique de saint Mathurin fut mise à l’abri à Plessala en 1791.
        • Fabrication de l'objet de dévotion (1805)
          Un nouveau buste-reliquaire en argent de saint Mathurin fut fabriqué en 1805 par un orfèvre de Saint-Brieuc. On peut y lire la légende : « Fait par Desury à Saint-Brieuc le 21 octobre 1805 ». Une petite châsse ovale a été aménagée au niveau de son front pour y exposer la relique.
        • Autre (1807)
          Deux ans après la fabrication du buste-reliquaire de saint Mathurin, celui-ci fit l’objet d’une tentative de rapt de la part de pèlerins bas-bretons lors du pardon de 1807. Ces derniers furent rattrapés avec le buste à la hauteur de Saint-Brieuc. Un cas de rapt similaire avait eu lieu à Saint-Julien-de-Vouvantes (Loire-Atlantique) en 1631. Des pèlerins vannetais avaient tenté de voler la statue de saint Julien, sans succès non plus.
        Rayonnement(s) :
        • Diocésain (? -> XXe siècle)
          Selon Georges Provost (1998, p. 409), le pèlerinage de Saint-Mathurin de Moncontour connut son apogée dans la première moitié du XIXe siècle. Le pèlerinage rayonnait alors sur la Haute-Cornouaille, le Vannetais et le Penthièvre, jusqu’à « dix à quinze lieues à la ronde » (quarante à soixante kilomètres), selon l’abbé Guillotin de Corson. Georges Provost nota également des pèlerins du Haut-Léon provenant de Landivisiau. Il s’agissait en fait de marchands de toile venus s’approvisionner en fil dans le diocèse de Saint-Brieuc.
        • Local (XXe siècle -> 2019)
          Selon Jean Joly, le pardon de saint Mathurin attirait encore mille à mille cinq cents personnes en 1990. Le feu de joie est encore allumé de nos jours. Cependant, l’audience du pèlerinage s’est rétrécie : les Bas-Bretons mentionnés par l’abbé de Corson (1887) ne viennent plus.

        RÉFÉRENCES

        Source(s) :
        Bibliographie :
        • PROVOST, G., La fête et le sacré. Pardons et pèlerinages en Bretagne aux XVIIe et XVIIIe siècles, Paris, Le Cerf, 1998.
        • JOLY, J., «Le culte de saint Mathurin en Bretagne. Hier et aujourd'hui  », in Annales de la Société d'Histoire et d'Archéologie de l'Arrondissement de Saint-Malo, 1990, p. 131-142.
        • ENGLEBERT, O., La fleur des saints ou Vie des saints pour chaque jour de l'année, Paris, Albin Michel, 1979.
        • COUFFON, R., «Répertoire des églises et chapelles du diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier (suite) », in Bulletins et mémoires de la Société d'émulation des Côtes-du-Nord, 71, 1939, p. 2-265.
        • GUILLOTIN DE CORSON, A., «Pèlerinages de Bretagne : le pardon de Saint-Mathurin à Moncontour  », in Revue de Bretagne et de Vendée, t. I, 1887, p. 401-412.
        Etude(s) universitaire(s) :
        • PROVOST, G., Le pèlerinage en Bretagne aux XVIIe-XVIIIe siècles, Thèse de doctorat, ss. dir de J. QUENIART, Rennes II, 1995.

        PHOTOGRAPHIES LIÉES

        Objet de dévotion :
        Edifice :
        Autre :
        • Localisation de Moncontour - Maxime Bolard - 2018

        À PROPOS DE L'ENQUÊTE

        Enquêteur :
        • BOLARD / PROVOST Maxime / Georges
        Rédacteur :
        • BOLARD Maxime
        Date de l'enquête :
        1995/2018
        Date de rédaction de la fiche :
        2018
        Etat de l'enquête :
        En cours
        Pour citer cette ficheBOLARD Maxime, « Saint-Mathurin-de-Moncontour », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
        url : https://sanctuaires.aibl.fr/fiche/792/saint-mathurin-de-moncontour, version du 30/01/2019, consulté le 21/09/2019