INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Notre-Dame-de-Bétharram

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Notre-Dame-de-Bétharram
Période d'activité :
XVe siècle - 2019
Commune :
Lestelle-Bétharram
Département :
Pyrénées Atlantiques
Chapelle Notre-Dame

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Lestelle-Bétharram
Hameau/Lieu-dit :
Diocèse :
Actuel: Bayonne-Lescar-Oloron (XVe siècle - 2019)
Ancien:
Paroisse :
Actuelle:
Ancienne:

Site

Type de site :
Colline
Rive de cours d'eau
Altitude :
318 m

Paysage

Type de couvert végétal :
Forêt
Type de l'habitat :
Village
Type de proximités :
Axe de circulation
Cours d'eau
Compléments :
Le sanctuaire se situe à 15 km de Lourdes et 25 km de Pau, sur un axe de circulation entre Béarn et Bigorre, à proximité immédiate du Gave de Pau.

LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Notre-Dame-de-Bétharram (XVe siècle - 2019)
  • Notre-Dame-de-Bétharram (? - 2019)
Compléments :
Le mot « Bétharram » apparaît à la fin du XVe siècle. Auparavant, certains documents évoquent le nom de « Gatarram ». Le pèlerinage s'est également appelé Notre-Dame du Beau Rameau, puis Notre-Dame du Haut-Calvaire en 1616. Il est formellement attesté à partir du début du XVIIe siècle mais remonterait au Moyen Âge.
Type de lieu de culte :
Chapelle
Nom du lieu de culte :
Notre Dame de Bétharram
Saints patrons :
  • Vierge Marie (XVe siècle - 2019)
Compléments :
Le pèlerinage est consacré à la Vierge Marie et au Christ. Toutefois, on note la présence d’un saint local très vénéré : saint Michel Garicoïts (1797-1863), fondateur de la Société des prêtres du Sacré-Cœur de Jésus, canonisé en 1947. Selon le père R. Descomps, dans son ouvrage Notre Dame de Bétharram : la mère qui sauve, les grandes lignes de la spiritualité de saint Michel peuvent se définir en deux axes : « l’Incarnation du Verbe » et « le service de Dieu ». Sa devise était : «  Fiat voluntas dei » (Que soit faite la volonté de Dieu).

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Nature de l'objet :
Matériau de l'objet :
Dimensions de l'objet :
Emplacement :
Datation de l'objet :

LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :

Deux légendaires apparaissent dans l'histoire de la naissance du pèlerinage de Bétharram : le premier, qui n'est pas daté mais pourrait faire référence à la fin du Moyen Âge, semble se rapporter à la construction de la chapelle, le second, qui serait une invention du XIXe s. (Desplat, p. 126), rappelle quant à lui les circonstances de la naissance - ou réactivation - du pèlerinage à Notre Dame en ces lieux.

Dans l’ouvrage de J. Perrin et J-C. Lasserre (Notre Dame de Bétharram, p. 7-8), il est dit que : « L’origine du sanctuaire est liée à une légende que tous se plaisent à rapporter : des bergers gardaient leurs troupeaux au pied de la montagne lorsqu’ils virent apparaître dans les buissons une lueur provenant d’une statue de la Vierge ; ils avertirent aussitôt les habitants de Lestelle qui vinrent en grand nombre voir ce prodige. On transporta la statue en procession dans une niche construite tout exprès pour la recevoir, de l’autre côté du pont, sur la rive de Montaut. Cependant, la statue revenait toujours à la place où les bergers l’avaient trouvée et on finit par l’enfermer à clé dans l’église de Lestelle ; le lendemain elle était encore à l’endroit de son apparition : c’est là seulement que la Vierge voulait être honorée et l’on décida d’y bâtir une chapelle ».

Dans son ouvrage Notre Dame de Bétharram : la mère qui sauve (p. 39), le père R. Descomps évoque la légende du Beau Rameau, qui explicite le nom du pèlerinage : «  Une jeune fille, cueillant des fleurs, tomba dans l’eau, elle allait périr ; mais elle invoqua Marie, et une branche aussitôt vint l’aider à regagner la rive. Pour témoigner sa reconnaissance, la jeune fille offrit à la Vierge un beau rameau d’or. Cette riche offrande fit donner au lieu où s’opéra le prodige le nom béarnais de Béth-Arram, qui signifie beau rameau ».

Miracles :
De nombreux miracles sont attribués à la Sainte Vierge. Pierre de Marca, cité également dans l'ouvrage du père R. Descomps, rapporte de nombreux miracles de sauvetage des eaux : en 1621, Pierre Sacases est sauvé du Gave, tout comme Jacques Lisandre en 1628 ; en 1637, sauvetage de Pierre Lamote après invocation de Notre Dame de Bétharram ;  en 1642, sauvetage de Jean Soubirous après invocation de Notre Dame de Bétharram ; en 1616, Le miracle de la Croix est rapporté par Pierre de Marca : « Cinq personnes du village de Montaut, prenant leur réfection sur le tertre qui est à l’opposite de celui de Bétharram, après avoir travaillé à couper la fougère, suivant la coutume du pays, le jour étant fort tranquille, sans aucun soupçon d’orage, entendirent tout d’un coup un vent impétueux qui soufflait avec violence sur la croupe de la montagne de Bétharram. Ce qui les obligea de jeter les yeux sur cet endroit où ils virent que la violence de ce vent renversa la croix par terre ; et dans un petit intervalle de temps, ce tourbillon ayant cessé, ils virent que cette croix fut relevée d’elle-même, et environnée d’une lumière éclatante, qui formait sur son faîte comme une espère de couronne… » (citation reprise de l’ouvrage de R. Descomps, p. 36-37). À la suite de cet événement miraculeux, une enquête est diligentée par l’évêque, Monseigneur Jean de Salette. Elle conclut à l’exactitude du miracle de la Croix. Hubert Charpentier planta alors trois grandes croix sur le faîte de la colline et en fit l’inauguration en 1623, lors du Vendredi Saint. C’est le début d’un grand pèlerinage.
Type(s) de motivation :
  • Action de grâce
  • Piété
Recours :
  • Noyade
Compléments :
Plusieurs cas de sauvetage de la noyade sont signalés dans les miracles attribués à Notre-Dame de Betharram.
Jour(s) de fête :
  • 28 juillet (Notre-Dame de Bétharram)
  • Croix glorieuse (14 septembre)
Type de fréquentation :
Continu
Pratiques individuelles :
  • Prières
  • Actions de grâce
  • Méditer
  • Chants
Pratiques en présence du clergé :
  • Communions
  • Confessions
  • Prières
  • Processions
  • Messe
  • Office liturgique
  • Offrandes
  • Chants
  • Neuvaines
  • Pèlerinage
  • Retraite
Ex voto :
  • Anatomique (?)
    On peut voir dans le sanctuaire des dizaines de cœurs contenant des supplications ou des mots de reconnaissance.
  • Autre (?)
    La coutume était répandue d’offrir à la Vierge le brassard de la première communion, la couronne de la nouvelle mariée, des croix, des médailles, des chapelets précieux ou autres bijoux placés sous la protection de Notre Dame de Bétharram.
  • Texte gravé (?)
    De nombreuses plaques ex-voto ornent les murs du sanctuaire.
Confrérie(s) :
    Indulgence(s) :
    • Partielle 365 j. (?)
      Une indulgence d'un an a été concédée.
    Compléments sur le culte :

    L'ÉDIFICE

    Description :

    Notre Dame de Bétharram est un chef d’œuvre d’art béarnais, de style baroque. Sur sa façade de marbre gris très décorée figurent quatre grandes statues en marbre de Louvie-Soubiron, qui représentent les quatre évangélistes et une statue de la Vierge Marie. La nef est dotée de pilastres colossaux de marbre noir. Les murs de l’église sont totalement recouverts de tableaux et de sculptures en bois doré. Il existe également trois retables à Bétharram, dont celui du maître-autel. On y trouve une statue de la Vierge d’Alexandre Renoir (1845).

    Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
    • Calvaire (XIXe siècle)
      Sont inscrites à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques les quinze chapelles du Calvaire, la colline et le chemin rural qui dessert les stations. « J’aime énormément Bétharram. Le chemin de croix, je le connais. C’est une des plus belles choses de ce monde » (Mgr d’Hulst, fondateur de l'Institut catholique de Paris, 1841-1896). Le calvaire, dans sa physionomie actuelle, date du XIXe siècle et, notamment, des années 1841-1845. Il se compose de chapelles blanches conçues par le Père Basilide Bourdenne, aidé par un dessinateur de talent, le frère Joseph Pujo et le sculpteur-décorateur de Pau, Joseph Delcour. Remarquables bas-reliefs d’Alexandre Renoir (1811-1855). Huit bas-reliefs exceptionnels représentant l’Agonie, la Trahison de Judas, Jésus devant Caïphe, la Flagellation, le Couronnement d’épines, Jésus devant Pilate, la Rencontre et le Crucifiement. Interrompue en 1845, l’œuvre fut reprise et achevée de 1871 à 1873, date de l’inauguration par le Père Chirou qui succéda à saint Michel Caricoïts.
    • Chapelle (1928)
      Chapelle Saint-Michel-Garicoïts inaugurée en 1928. Ensemble de Gabriel Andral, architecte des Monuments historiques et ancien élève de l’École du Louvre. Elle est destinée à être une chapelle de pèlerinage. Nombreux matériaux : marbre, fer, mosaïque, vitrail. Une châsse en bronze ciselé et doré contient un gisant aux yeux ouverts, le Père Garicoïts.
    Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :
    • Mobilier (XIVe siècle)
      Statue de la Vierge-Mère  (XIVe siècle), en bois polychrome, restaurée par les Beaux-Arts, d'un auteur inconnu. D’après la tradition, cette statue fut apportée en 1616 par Léonard de Trapes, archevêque d’Auch, à l’occasion de l’inauguration de la chapelle de Bétharram par David Bequel.
    • Mobilier (XVIIIe siècle)
      Statue en bois du Christ à la colonne, oeuvre d’artistes picards, les Caron, travaillant en Béarn au XVIIIe siècle.

    HISTOIRE DU SANCTUAIRE

    Origines :
    Date de première mention : 1616-1628
    Initiative de la fondation :
    • Groupe de fidèles
    Environnement institutionnel, politique et religieux :
    Phases d'évolution :

    La chapelle fut brûlée en 1569 lors des guerres de Religion. Au début du XVIIe siècle, l’évêque favorisa la reprise du pèlerinage en demandant des lettres patentes pour restaurer l’église et la rendre au culte. En 1614, ces lettres furent envoyées par Marie de Médicis et enregistrées sans difficulté par le Parlement de Pau, pourtant composé essentiellement de protestants. En 1615, il fut demandé à Hubert Charpentier de diriger le nouveau pèlerinage. Il devint le supérieur de Bétharram. Son action s’inscrit dans le mouvement de la Réforme catholique du XVIIe siècle. Il fonda le nouveau Calvaire. De nombreuses processions se déroulèrent alors : on citera en 1616, celle de Mgr Léonard de Trapes, archevêque d’Auch. Il y déposa solennellement une statue de la Vierge Marie dans le petit sanctuaire et érigea une Croix sur le haut de la Colline.

    Sous l’administration de Hubert Charpentier, le pèlerinage se développa à tel point que saint Vincent de Paul affirma : «  C’est un lieu de grande dévotion, et si ce n’est le second, c’est au moins le troisième le plus fréquenté du Royaume » (après Le Puy et Chartres. Sources : Notre Dame de Bétharram, J. Perrin et JC Lasserre, Amis des églises anciennes du Béarn). Le pèlerinage connut alors un très grand succès, soutenu par les grands seigneurs de la région : Les Gramont, les Poyanne, les Albret-Miossens… On prête de nombreux miracles à Notre Dame de Bétharram (voir Pierre de Marca, Le Traité des merveilles opérées en la chapelle Notre Dame du calvaire de Bétharram).

    Le pèlerinage de Bétharram eut une très large audience jusqu’au milieu du XVIIIe siècle. La communauté s’y maintint bien jusqu’à la Révolution française. En 1792, les prêtres quittèrent Bétharram et furent remplacés par des capucins qui y furent emprisonnés. La résistance des capucins provoqua l’ire du Directoire de Pau qui décida de faire murer les portes de la chapelle en août 1792. Les sculptures du calvaire furent détruites en 1794. En 1796, le couvent fut vendu. Il fut racheté et transformé à partir de 1805 en collège, puis en séminaire. À cette époque, le sanctuaire et le calvaire de Bétharram furent reconstruits et une période prospère s’ouvrit à nouveau. En 1859, Napoléon III et l’impératrice Eugénie se rendirent à Bétharram.

    Au XIXe siècle, Bétharram s’identifia pleinement avec la figure de Michel Garicoïts. Il créa une congrégation de missionnaires de Bétharram : les prêtres du Sacré-Cœur de Jésus. Il redonna une réelle vigueur au pèlerinage jusqu’au développement du pèlerinage à Lourdes.

    Evénements marquants :
    • Incendie (1569)
      La chapelle est incendiée en 1569 lors des guerres de Religion.
    • Miracle (1616)
      Miracle de la Croix (cf. supra rubrique miracles).
    • Inauguration (1623)
      Le premier calvaire de Bétharram est inauguré.
    • Acte exceptionnel de dévotion (1633)
      Le roi Louis XIII signe les statuts des prêtres de Notre-Dame du Calvaire.
    • Départ des religieux (1792)
      En 1792, les prêtres quittèrent Bétharram et furent remplacés par des capucins.
    • Destruction (1794)
      Les sculptures du calvaire furent détruites en 1794.
    • Reconstruction (XIXe siècle)
      Après la vente du couvent en 1796, celui-ci fut racheté et transformé à partir de 1805 en collège puis en séminaire, avant d'être réaffecté au pèlerinage.
    • Visite exceptionnelle (1859)
      Napoléon III et l’impératrice Eugénie se rendent à Bétharram.
    Rayonnement(s) :
    • National (XVIe siècle -> 1789)
      Le pèlerinage connut un rayonnement national depuis le milieu du XVIe siècle et jusqu'à la Révolution, puis à nouveau sous l'impulsion de Michel Garicoïts. 

    RÉFÉRENCES

    Source(s) :
      Bibliographie :
      • DESPLAT, Ch., «Des eaux, des rocs, un culte : Marie dans les Pyrénées occidentales françaises à l'époque moderne », in Montagnes sacrées d'Europe, textes réunis et édités par S. Brunet, D. Julia, N. Lemaître, Paris, Publications de la Sorbonne, 2005, p. 121-136.
      • DESCOMPS, R., Notre Dame de Bétharram : la mère qui sauve, Paris, Oeil, 1984.
      • PERRIN, J., LASSERRE, J. Cl., Notre Dame de Bétharram, Les amis des églises anciennes du Béarn, 1980.
      • HENRI LASSALLE, H. L., Un sanctuaire béarnais, Notre Dame de Bétharram, Pau, Lescher-Moutoué, 1941.
      • FARGUES, J., Bétharram d'après Poiré, Marca et Labastide, Tarbes, Lesbordes, 1921.
      • DE MARCA, P., Traité des merveilles opérées en la chapelle ND du Calvaire de Bétharram, Barcelone, Lacavalerie, 1646.
      Etude(s) universitaire(s) :

      PHOTOGRAPHIES LIÉES

      Objet de dévotion :
      Edifice :
      • Chapelle Notre-Dame - Cl. T. Rambaud - 2018
      Autre :
      • Vue du Gave de Pau depuis le calvaire de Bétharram - Cl. T. Rambaud - 2018

      À PROPOS DE L'ENQUÊTE

      Enquêteur :
      • RAMBAUD Thierry
      Rédacteur :
      • RAMBAUD Thierry
      Date de l'enquête :
      2018
      Date de rédaction de la fiche :
      2018
      Etat de l'enquête :
      En cours
      Pour citer cette ficheRAMBAUD Thierry, « Notre-Dame-de-Bétharram », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
      url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/, version du 01/02/2019, consulté le 17/06/2019