INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Notre-Dame-de-Montligeon

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Notre-Dame-de-Montligeon
Période d'activité :
1884 - 2018
Commune :
La Chapelle-Montligeon
Département :
Orne
Vue d\'ensemble du site

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
La Chapelle-Montligeon
Hameau/Lieu-dit :
La Sauvagère
Diocèse :
Actuel: Séez (1884 - 2018)
Ancien:
Paroisse :
Actuelle: La Chapelle-Montligeon (1884 - 2018)
Ancienne:
Compléments :
La Chapelle-Montligeon appartient à l’archiprêtré de Mortagne-au-Perche.

Site

Type de site :
Coteau
Altitude :
168 m
Compléments :
Symbole du double but de l’Œuvre [prier pour secourir les âmes du purgatoire afin d’obtenir, en retour, du travail pour l’ouvrier], le Sanctuaire se compose d’un ensemble architectural entourant la Direction administrative de l’œuvre et composé de deux bâtiments bordant l’esplanade : l’Imprimerie (1891, aujourd’hui disparue) et la Basilique (1896-1975). L’ensemble du site se situe dans le parc naturel régional du Perche, au flanc du massif forestier classé de Réno-Valdieu ; il est baigné par la Villette, affluent de l’Huisne.

Paysage

Type de couvert végétal :
Espace cultivé
Type de l'habitat :
Village
Type de proximités :
Abbaye
Cours d'eau
Compléments :
La Chapelle-Montligeon est une commune du Perche ornais. Le sanctuaire se situe à proximité du cours d'eau de la Villette et des ruines de l'ancienne chartreuse de Valdieu.

LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Notre-Dame-de-Montligeon (1884 - 2018)
Compléments :
Initiative du curé de La Chapelle-Montligeon (Orne), « L’Association pour la délivrance des âmes délaissées du purgatoire », dite « Œuvre Expiatoire », relève des « œuvres de messes », bien connues à l’époque. Elle fut approuvée par l’évêque de Séez, Mgr Trégaro, le 5 octobre 1884. Après avoir emprunté les invocations de « Notre-Dame de la Délivrance » et « Notre-Dame auxiliatrice », elle fixa sa dévotion en 1891, sous le titre de « Notre-Dame de Montligeon, auxiliatrice des âmes du Purgatoire ». Le Sanctuaire fut définitivement installé le 28 octobre 1913, lors du transfert du siège de l’Association depuis la nef latérale de l’église paroissiale Saint-Pierre au maître-autel de la nouvelle église Notre-Dame libératrice des âmes délaissées du Purgatoire, bâtie à partir de 1896, à deux cents mètres au sud de l’église paroissiale.
Type de lieu de culte :
Basilique
Nom du lieu de culte :
Notre-Dame de Montligeon, libératrice des âmes délaissées du Purgatoire
Saints patrons :
  • Vierge Marie (1913 - 2018)
Compléments :
Le culte fut instauré en 1884 à l’autel dédié à la Vierge de l’Annonciation, dans la chapelle latérale de l’église paroissiale Saint-Pierre. Le curé fit « privilégier » cet autel « en faveur des défunts » et remplaça le tableau de l’Annonciation par un groupe statuaire pour lequel il fit ouvrir le mur. Dès le premier pèlerinage (1887), la chapelle et l’église paroissiale elle-même se révélèrent trop exigües. Un projet de « nouvelle église » fut décidé en 1890. Les fondations commencèrent en 1896 et, une fois le gros œuvre achevé en 1911, un nouveau groupe statuaire monumental fut installé en surplomb du futur maître-autel. Mort en juin 1918, le curé fondateur laissa le soin à ses successeurs d’achever les constructions intérieures, l’ameublement, les cloches, les verrières, etc. : l’église ne fut consacrée que le 28 août 1928 et élevée au rang de basilique mineure, le lendemain. La statue de « Notre-Dame de Montligeon, Libératrice des âmes délaissées du purgatoire » fut couronnée le 19 septembre 1935.

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Notre-Dame de Montligeon
Nature de l'objet :
Statue
Matériau de l'objet :
Pierre
Dimensions de l'objet :
H : 3,70 m
Emplacement :
Chœur de la basilique, en surplomb de l’ancien maître-autel
Datation de l'objet :
1911
Compléments :
Groupe statuaire monumental composé d’une Vierge à l’Enfant et d’une âme du Purgatoire sous son double état de purification et de sanctification, cette sculpture, fruit d’un concours ouvert à Rome en 1897, fut réalisée par le maître Giulio Tadolini (1849-1918) en marbre blanc de Serravezza (Toscane). Achevée en 1900, livrée en 1903, elle ne fut assemblée et installée qu’en 1911, à l’occasion de la première messe célébrée dans l’église encore inachevée. Des brochures, images de piété et reproductions de la statue sont vendues aux pèlerins. Auparavant, l’œuvre Expiatoire s’était appuyée sur les images traditionnelles de la « Vierge du Suffrage », par exemple, ou de la « Vierge auxiliatrice », largement diffusées sur catalogues (maison Raffl, etc.). Après s’être enfin fixée, en 1890, sur un premier groupe statuaire (Meunier, sculpteur parisien), l’œuvre passa commande, en 1891, d’un groupe original au sculpteur Bernard Steüer, « représentant une Vierge mère et deux âmes, l’une dans les flammes et l’autre dans l’extase ». Mais à rapprocher les photos de ces deux œuvres avec celle de Tadolini, on constate aisément la sûreté du goût et de la dévotion de l’œuvre.

LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :
Le pèlerinage est né du culte des morts, mais la rapidité de sa propagation le fit rapidement découler d'une apparition (de la Vierge Marie ou d'une âme du purgatoire, selon les versions) ; cette rumeur fut formellement démentie par écrit par le curé fondateur en 1910.
Miracles :
Aucun… sinon ceux d’avoir donné « du travail à l’ouvrier » pendant de longues années grâce à la promotion et à l’organisation internationale de l’œuvre et, par là, d’avoir longtemps retardé l’exode des villageois.
Type(s) de motivation :
  • Piété
  • Voeu
Recours :
  • Grâce particulière
  • Biens de la terre
Jour(s) de fête :
  • Dimanche de la Miséricorde (2e dimanche de Pâques)
Type de fréquentation :
Annuel (= juste pour une fête)
Compléments sur les fréquentations :

Pèlerinages annuels, à partir de 1887 (3.000 participants en moyenne jusqu’à l’entre-deux-guerres, venant essentiellement des régions proches : Normandie, Maine, Ile-de-France). Dans l’entre-deux-guerres, les moyens de locomotion se diversifiant et se démocratisant, les « auto-camions » (sic) corrigent le constant échec de l’œuvre à désenclaver le sanctuaire par le ferroviaire. Le nombre des messes célébrées est comptabilisé et publié dans le Bulletin mensuel : avec 400.000 messes, 1913 fait figure d’année record, alors que s’annonce déjà le « crépuscule » de la dévotion du purgatoire et la chute drastique des messes patent après 1935. Pèlerinage annuel en mai ou, depuis les années 1970, pèlerinages thématiques au printemps et en automne (Portugais, Antillais, Africains, Motards, etc.), aux succès aléatoires. Depuis 1919, le sanctuaire n’a cessé de chercher de nouveaux souffles (pèlerinages, sessions, retraites, etc. en tous genres). Depuis 1995, il propose un accompagnement du deuil, des retraites spirituelles, mais aussi tout simplement du repos ou un agréable service hôtelier.


Depuis les années 2000, l’œuvre se prétend « Centre mondial de prière pour les défunts » : un beau slogan, mais bien loin de la réalité. Si l’œuvre revendiquait « 20 millions d’associés » avant 1914… l’Historien pointe l’illusion de tels chiffres puisque les adhésions étaient fort diverses. Autre chose, en effet, de s’associer personnellement et de cotiser régulièrement jusqu’à son décès ; autre chose de donner son nom en passant pour complaire à une zélatrice / un zélateur qu’on ne veut pas décevoir ; autre chose encore d’inscrire des noms de défunts… qui n’ont eux-mêmes rien demandé de leur vivant !
Pratiques individuelles :
  • Circumambulation
  • Prières
  • Dons
Pratiques en présence du clergé :
  • Bénédictions
  • Processions
  • Messe
  • Fondation de messes et d'offices
  • Pèlerinage
Ex voto :
    Confrérie(s) :
    • « Pieuse confrérie de l'église Saint-Pierre de La Chapelle-Montligeon, sous le titre de la Bienheureuse Vierge Marie dans son Assomption, en faveur des âmes détenues dans le feu purgatoire » (1884)

      D’abord rattachée à l’archiconfrérie romaine de Santa Maria in Monterone, le 22 juin 1886, pour bénéficier de ses indulgences et privilèges, la confrérie de Montligeon, fondée le 4 octobre 1884, devint elle-même Archiconfrérie (1893), puis Archiconfrérie prima-primaria (1895) pouvant s’agréger d’autres confréries similaires.

      Sur fond de « recharge » du Purgatoire depuis le milieu du XIXe siècle, les associations en faveur des âmes du purgatoire étaient nombreuses, tant en France qu’à l’étranger. L’Œuvre Expiatoire, voulant rester « l’œuvre des pauvres pour les délaissés du purgatoire » avait fixé sa cotisation à 5 centimes (1 sou) par an ou 5 francs à perpétuité. Rappelons qu’avant l’inflation d’après la Grande guerre, l’honoraire d’une messe oscillait de 1,50 à 2 F... Les legs et fondations de messes étaient très appréciés… On devenait « zélateur/zélatrice » en collectant des adhésions, en diffusant les bulletins et les indulgences de la confrérie ; ceux qui apportaient au moins vingt adhésions recevaient le titre de « bienfaiteur/bienfaitrice » et étaient assurés d’un service funèbre gratuit après leur mort.

    Indulgence(s) :
    • Plénière (1894)
      Cinq indulgences plénières sont accordées en 1894.
    • Plénière (1894)
      Une indulgence plénière est accordée en mars 1894 à toute messe célébrée dans la chapelle de l’Œuvre pendant sept ans.
    • Plénière (1897)
      Une indulgence plénière est accordée le 7 septembre 1897 à ceux qui méditent chaque vendredi sur la « bonté infinie du Sacré Cœur ».
    • Partielle (1901)
      Une indulgence partielle de 7 années et 7 quarantaines pour toute visite d’un cimetière avec prière pour les fidèles défunts est accordée en février 1901; privilège grégorien des autels où sont célébrées les messes, tant au sanctuaire de Montligeon qu’à sa procure de Rome
    • Plénière (1902)
      Douze indulgences plénières fixées aux premiers lundis des douze mois sont accordées le 18 juillet 1902.
    • Plénière (1902)
      Une indulgence plénière est accordée le 18 juillet 1902 aux douze premiers lundis de l’année, jour coutumier de la prière pour les défunts dans l’Église.
    Compléments sur le culte :

    Le système des honoraires et fondations de messes matérialise un échange entre « âmes délaissées » du purgatoire et « ouvriers abandonnés » d’une ruralité en voie de désertification au temps de la « fin des terroirs ». « Je cherchais à […] faire prier pour les âmes délaissées, les délivrer de leurs peines par le Sacrifice de la Messe, […] et, en retour, obtenir par elles le moyen de faire vivre l’ouvrier », confesse l’abbé Paul Buguet, au moment où il choisit son successeur en 1910. « C’était dans mon esprit comme un Do ut des entre les âmes souffrantes du Purgatoire et les pauvres abandonnés de la terre ». La prière et les bonnes œuvres étaient censées accélérer la purification des âmes des défunts. L’argent des messes drainé permettait de financer non seulement les activités de l’œuvre, mais aussi plusieurs dizaines d’emplois (gestion, secrétariat, domesticité, ateliers d’imprimerie) et d’activités propices à la vie quotidienne du village (corps de métiers pour les constructions, commerce, artisanat et services publics pour tous). Ce noble projet du fondateur a très vite été déséquilibré au profit de la pure dévotion et celle-ci ne s’est d’ailleurs jamais vraiment imposée chez les associés, restés plus prompts à prier pour « leurs propres défunts » que pour « les âmes délaissées du purgatoire ». Aujourd’hui encore, en admirant la basilique néo-gothique, bien peu de pèlerins imaginent qu’elle forma durant cinq quarts de siècle le pendant indissociable d’une imprimerie (disparue en 2011).

    La Basilique propose divers supports de recueillement, dont l’obituaire (registres des associés depuis les origines de l’œuvre) et le Mémorial des soldats morts pour la France pendant la Grande guerre, gravé en 1921 autour de l’autel du Sacré-Cœur.

    L'ÉDIFICE

    Description :
    Basilique néo-gothique : extérieur H 74m x L 32 m (transept) ou 26 m (nef) x H intérieure 23 m de haut ; les clochers H 60 m avec 7 cloches. Pavage intérieur en mosaïque sur 1.400 m2. L’édifice est surplombé par 32 statues représentant les saints dévots du Purgatoire.
    Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
    • Autre
      Une esplanade centrale de l’Établissement de l’œuvre servit d’espace processionnel jusqu’à la couverture de la basilique (1896-1911) et de lieu de célébration (autels et reposoirs pour la grand’messe du matin et les prières pour les morts de l’après-midi au retour du cimetière) ; en 1924, on créa une allée d’honneur ouverte devant le portail d’entrée de la basilique pour restaurer un minimum de procession effective des fidèles, mais elle consacra le repli du pèlerinage dans l’Établissement en l’éloignant du village.
    • Calvaire
      Trois Calvaires sont associés à la basilique : l'un à l’entrée du village, un autre au cœur du village (croix de Jérusalem) et un dernier au centre du cimetière.
    Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :
    • Autel
      Un maître-autel lié au groupe statuaire monumental de la Vierge libératrice des âmes délaissées du Purgatoire, laisse un passage pour les pèlerins ; On trouve également dans l'édifice un déambulatoire, des autels de chapelles latérales, la crypte funéraire des fondateurs, du mobilier (stalles du chœur, chaises, grand orgue, rosaces et vitraux, etc.).

    HISTOIRE DU SANCTUAIRE

    Origines :
    Date de première mention : 1884
    Initiative de la fondation :
    • Abbé
    Environnement institutionnel, politique et religieux :
    Au temps des derniers feux de la spiritualité du purgatoire et des premiers engagements sociaux des abbés démocrates, le sanctuaire de Montligeon est l’œuvre d’une génération tant de prêtres que d’hommes et de femmes d’œuvres enrôlés par un génial curé percheron ultramontain (1843-1918). La scène se déroule dans le cadre du Concordat finissant et de la « fin des terroirs », au temps des combats de la République laïque (1880-1914) et du deuil des États pontificaux géré par Léon XIII (1878-1903). Association de fidèles approuvée par l’évêque de Séez (1884), l’Œuvre de Montligeon s’est bâtie à la fois comme société civile (1889), archiconfrérie spirituelle (1893) et société anonyme immobilière et commerciale (1894). Sa collaboration avec le conseil municipal du village et le diocèse de Séez est le signe d’un enracinement assumé dans un terroir ; mais sa procure romaine et sa structure internationale sont ceux d’un catholicisme social ultramontain assumé.
    Phases d'évolution :

    Le troisième recteur, l’abbé Lemée (1919-1956), fut le maître d’œuvre de la finition de la basilique. Tour à tour, il dut trouver les finances pour les boiseries, sièges, éclairages, verrières, cloches, orgues… et attirer ouvriers et artisans de qualité dont le sculpteur et verrier Louis Barillet, son contemporain et compatriote. Mais, sur fond de « crépuscule du Purgatoire » (G. Cuchet) après la Grande guerre, il eut à redresser et consolider l’ensemble de l’économie de l’Œuvre Expiatoire : combler les vides opérés par la Guerre dans les rangs des ouvriers et des entrepreneurs, remplacer la première génération de zélateurs disparue à cette époque. À défaut de conserver les ambitions internationales de l’œuvre d’avant-guerre, il acheva de professionnaliser et donc de sauver l’imprimerie.

    En ne voulant plus seulement « prier pour » les défunts, mais « prier les » défunts, l’Œuvre Expiatoire fit progresser la dévotion aux âmes du purgatoire du XIXe siècle finissant. Œuvre de messes, elle est eucharistique avant que d’être mariale. Et la transaction des honoraires et fondations de messes - entendue comme la « réponse » des âmes qui en bénéficient - devint le moteur économique de l’œuvre sociale souhaitée dans le village. Ce « capital rechargeable » fut évidemment l’objet de critiques et de convoitises, sinon de détournements indélicats… C’est pour y parer, comme pour prévenir toute spoliation par l’État français, que la structure juridique de l’œuvre fut précisément inventée et mise en place par des hommes de loi. Le curé fondateur n’aurait pu voyager ni si loin ni si longtemps sans déroger aux règles concordataires ; c’est pourquoi quatre collaborateurs furent donnés par l’évêque de Séez et constitués en chapellenie (1893) pour parer à la loi anti-congrégations. Enfin, c’est pour garantir la liberté de l’Œuvre que fut mis en place un double système : implantation internationale (notamment Rome et Barcelone) et actionnariat réparti entre prêtres et laïcs, français et étrangers. Ainsi l’Œuvre et le Sanctuaire purent-ils traverser sans dommage la Séparation de 1905 et les Inventaires de 1906.

    Evénements marquants :
    • Confrérie (1886)
      La confrérie de la Bienheureuse Vierge Marie dans son Assomption est rattachée à l'archiconfrérie romaine de Santa Maria in Monterone en 1886. L’œuvre fut en effet rapidement prise en charge par Rome, grâce aux relations de son fondateur avec le Séminaire français et à celles du diocèse de Séez avec l’Ambassade de France ; elle devient ensuite archiconfrérie en 1893 puis archiconfrérie prima-primaria en 1895.
    • Indulgences (1894-1918)
      Entre 1894 et 1918, de nombreuses indulgences sont accordées au sanctuaire.
    • Arrivée de l'objet de dévotion (1903)
      Le groupe statuaire est achevé en 1900 mais livré au sanctuaire en 1903. Il est installé en 1911.
    • Transfert (1903)
      Le pèlerinage est déplacé de l'église paroissiale à la basilique nouvellement construite.
    • Erection du sanctuaire en basilique mineure (1928)
      Le sanctuaire est érigé en basilique.
    • Couronnement de la statue (1935)
      Le couronnement de la statue de Notre Dame a lieu en 1935.
    Rayonnement(s) :
    • International (1898 -> 2018)
      La rapide domination de l’œuvre de Montligeon sur les « œuvres du purgatoire » tient moins à sa spiritualité qu’à son génie de la propagande, son accessibilité (le sou des pauvres), sa promotion d’un catholicisme féminin (zélatrices), ses réseaux ecclésiastiques (crise des oblations de messes, dès 1880 et des fondations de messes à partir de 1906) et surtout congréganistes et missionnaires (exil des congrégations françaises 1901-1904). Érigée en Archiconfrérie-mère (Prima-Primaria), en juin 1895, l’œuvre ne se filialise pas, mais ce sont des initiatives locales qui se rattachent à elle. Les multiples voyages du fondateur-quêteur - toujours avec un(e) interprète - ne sont guère que des incursions au gré des réseaux du catholicisme social européen : l’Europe (Belgique, Allemagne, Italie, Espagne, Îles Britanniques, Pologne dès la décennie 1890), l’Amérique du Nord (côte Est des États-Unis et Canada français, avant 1900). Ce n’est pas un missionnaire qui fonde, mais un apôtre qui suscite des relais ou qui adoube des initiatives qui lui sont compatibles. Les associés de Belgique publient leurs propres Bulletins mensuels (l’un en français et l’autre en néerlandais), tandis que c’est Montligeon qui, à l’origine, lance, rédige, imprime et diffuse les bulletins anglais, allemand et polonais. Deux Procures de l’œuvre sont établies à l’étranger - Rome (1897) et Barcelone (1899) - mais elles ne font que fédérer des réseaux préexistants : ce n’est pas à partir de sa Procure que l’œuvre s’implante réellement en Italie, mais à partir du dynamisme d’un prêtre génois, Don Gaspero Olmi, dont la revue (La Gerusalemme) fit très longtemps office de bulletin italien de l’OE (1894)… La Grande Guerre battit en brèche cette relative expansion internationale : nombreux entre 1891 et 1914, les associés d’Allemagne réapparurent bien peu après 1918 ; de même, les réseaux nord-américains ne survécurent pas à leur première génération et, sans la procure de Barcelone, les réseaux sud-américains n’auraient jamais conservé leur flamme. Si donc la « revendication mondiale » de l’œuvre fut constante, elle fut un instrument de propagande et une illusion d’optique : les courriers d’associés étrangers, en effet, ne montrent jamais un engouement comparable à celui des zélateurs européens, et plus encore français ; les chiffres de tirage des bulletins en langues étrangères restent eux aussi très marginaux jusqu’à leur disparition ; enfin les pèlerinages au sanctuaire n’ont jamais attiré que des individualités étrangères avant les années 1960, sous le triple résultat du développement des moyens de communication, de la politique en faveur des missions de Mgr Lemée (1919-1956) et du rattachement du sanctuaire de Montligeon au réseau des sanctuaires mariaux, par Mgr Lefèvre (1956-1970), mais au risque de perdre sa spécificité… On comprend que son successeur, Mgr André Lecoq (1970-1999) ait lancé un audit sur le sanctuaire de Notre-Dame de Montligeon en reprenant le fil de son histoire ! Depuis l’an 2000, le sanctuaire n’est plus dirigé par le clergé diocésain, mais par une fraternité de prêtres (communauté Saint-Martin), même si l’évêque de Séez est désormais membre de droit du conseil d’administration de l’œuvre.

    RÉFÉRENCES

    Source(s) :
    • Images
      On trouve dans les archives et les bulletins de l’œuvre expiatoire des photos de toutes natures se rapportant aux constructions des bâtiments de l’œuvre, des personnels, des pèlerinages, des personnalités qui passent sur le lieu, etc.
    • Archives
      On peut trouver également des archives au CARAN (notamment série F 19), à la BNF et sur Gallica, (livrets, bulletins, almanachs, etc.) ou encore au Vatican (archives des Congrégations et Cardinaux).
    • Archives
      Les Archives départementales de l’Orne conservent notamment les archives de l’imprimerie de Montligeon.
    • Archives
      Aux Archives diocésaines, on trouve quelques cartons spécifiques (mal classés et en cours d’inventaire), un très utile fichier sur le clergé sagien ou encore la collection complète des Semaines religieuses du diocèse (1866-2018).
    • Archives
      Au sanctuaire : 160 boîtes d’archives, 60 registres de correspondance et de comptes, revues, photos, etc. Le tout en mauvais état de conservation et de référencement... Le tout est en mauvais état de conservation et de référencement.
    Bibliographie :
    • CUCHET, G., Le Crépuscule du Purgatoire, Paris, Armand Colin, 2005.
    • LABELLE, E., Mgr Buguet et l'Oeuvre de Montligeon, Imprimerie de Montligeon, Tolra, éditeur à Paris, 1935.
    Etude(s) universitaire(s) :

    PHOTOGRAPHIES LIÉES

    Objet de dévotion :
    • Notre Dame libératrice des âmes délaissées du purgatoire, groupe Meunier - Crédit : ADNM - 1890
    • Notre Dame libératrice des âmes délaissées du purgatoire, groupe Steüer - Crédit : ADNM - 1893
    • Notre Dame libératrice des âmes délaissées du purgatoire, groupe Tadolini - Crédit : ADNM - 1897
    Edifice :
    • Vue d'ensemble du site - Crédit : ADNM - 2015
    • Vue prospective du site, dessin aquarellé, vers 1894, Archives du sanctuaire - Crédit : ADNM
    • Le premier bâtiment de l'imprimerie, vue depuis la basilique, lors de la sortie des ouvriers - Crédit : ADNM - 1926
    Autre :

    À PROPOS DE L'ENQUÊTE

    Enquêteur :
    • CHARPENTIER DE BEAUVILLE Philippe
    Rédacteur :
    • CHARPENTIER DE BEAUVILLE Philippe
    Date de l'enquête :
    1996
    Date de rédaction de la fiche :
    2017
    Etat de l'enquête :
    En cours
    Pour citer cette ficheCHARPENTIER DE BEAUVILLE Philippe, « Notre-Dame-de-Montligeon », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
    url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/789/notre-dame-de-montligeon, version du 06/12/2018, consulté le 11/12/2018