INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Notre-Dame-des-Sept-Douleurs

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Notre-Dame-des-Sept-Douleurs
Période d'activité :
XVe siècle - XXe siècle
Commune :
Bois-Grenier
Département :
Nord

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Bois-Grenier
Hameau/Lieu-dit :
Rue du Sous-Lieutenant de Pourtalès
Diocèse :
Actuel: Lille (1913 - ?)
Ancien: Tournai (XVe siècle - 1801)
Paroisse :
Actuelle: Sainte-Thérèse en Weppes (? - ?)
Ancienne: Notre-Dame-des-Sept-Douleurs (1850 - ?)
Compléments :
Entre 1801 et 1913, le sanctuaire ressortissait au diocèse de Cambrai.

Site

Type de site :
Plaine
Altitude :
20 m

Paysage

Type de couvert végétal :
Espace cultivé
Type de l'habitat :
Village
Type de proximités :
Château

LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Notre-Dame-des-Sept-Douleurs (XVe siècle - XXe siècle)
Compléments :
Le culte existait initialement sous le simple nom de « Notre-Dame ». Interrompu durant la Révolution, il prit celui de « Notre-Dame-des-Sept-Douleurs » lors de sa restauration au XIXe siècle. Il s'est éteint avant 1931.
Type de lieu de culte :
Eglise paroissiale
Nom du lieu de culte :
Notre-Dame-des-Sept-Douleurs
Saints patrons :
  • Vierge Marie (1850 - 2018)
Compléments :
Dès avant 1504, l’église était consacrée à Notre-Dame. En 1591, elle prit officiellement le nom de Sainte-Marie-Sainte-Wilgeforte. En 1850, elle prit enfin le vocable de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, du nom du culte qui nous intéresse. Elle fut érigée en église paroissiale durant l’été 1854.

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Notre-Dame-des-Sept-Douleurs
Nature de l'objet :
Statue
Matériau de l'objet :
Bois
Dimensions de l'objet :
Emplacement :
Sur l’autel de la première chapelle axiale, à l’entrée de l’église
Datation de l'objet :
XIXe siècle
Compléments :

 On ignore tout de l’image d’avant la Révolution. En 1931-1934, le chanoine Peulmeule écrivait : « Qu’était "lymage de notre dame en icelle chapelle", mentionnée [dans les comptes de la chapelle] en 1459 ? Statue ou tableau ? Le même compte de 1564 semble indiquer des voiles de statue […]. En revanche, les restaurations de 1586 […] indiquent une image qu’on replace avec des crampons et qui parait donc être un tableau » (op. cit., p. 145).


Vers 1843, le culte fut restauré autour d’une statue de la Vierge aux sept glaives. Initialement placée dans le chœur, celle-ci fut transférée dans une chapelle latérale en 1856. La dévotion se déplaça ensuite autour d’une autre statue de Notre-Dame des Douleurs, plus petite, qu’on avait placée sur le maître-autel de l’église. Cette seconde statue fut placée dans la chapelle d’entrée au début du XXe siècle (Peulmeule, p. 145-151).


LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :
Le culte de Notre-Dame des Sept-Douleurs se développa en Flandre, autour de l’an 1450, peut-être à l’instigation du duc Philippe le Bon (Hautcœur, p. 44). Néanmoins, la dévotion n’était pas totalement nouvelle puisqu’elle descendait en droite ligne du culte de la Vierge de Compassion, remontant au concile provincial de Cologne (1423).
Marie ayant accompagné le Christ de sa conception à sa mort, elle partagea, plus que n’importe qui, ses souffrances. Sous le vocable de « Notre-Dame des Sept-Douleurs », on en vint au XIXe siècle à la vénérer en tant que corédemptrice du monde, une formule qui est théologiquement contestable et contestée.
Plus concrètement, les sept douleurs de la Vierge font référence à la prophétie du vieillard Siméon, à la fuite en Égypte, à la recherche de Jésus perdu à Jérusalem, à la rencontre de Marie avec son Fils sur le chemin du Calvaire, à la présence de cette dernière au pied de la Croix, à la descente de la Croix et à sa mise au tombeau (cf. Dompnier).
Miracles :
Des guérisons sont signalées.
Type(s) de motivation :
  • Piété
  • Voeu
Recours :
  • Thérapie
Jour(s) de fête :
  • Nativité Vierge Marie
  • Assomption
  • Purification de la Vierge
Type de fréquentation :
Continu
Pratiques individuelles :
  • Prières
Pratiques en présence du clergé :
  • Processions
  • Messe
  • Tournée de quêtes
Ex voto :
  • Anatomique (?)
    Les révolutionnaires confisquèrent vingt cœurs en argent, neuf petites plaques en forme de bras et de jambes.
  • Métal (?)
    Les révolutionnaires confisquèrent également des médaillons et des bagues.
Confrérie(s) :
  • Confrérie Notre-Dame des Sept Douleurs (?)
    Lorsque fut restauré le culte en l’église de Bois-Grenier, on refonda l’ancienne confrérie (vers 1850?), sous le nom de « Notre-Dame des Sept Douleurs ».
  • Confrérie de la Glorieuse Vierge Marie (?)
    Cette confrérie fut fondée avant 1503. Ses buts principaux étaient d’honorer la Vierge et de faire la charité aux pauvres (Peulmeule, p. 8). Elle fut supprimée à la Révolution.
Indulgence(s) :
    Compléments sur le culte :
    Le 24 août 1469, Louis Dommessent, membre de la famille seigneuriale du lieu et maître des comptes de Philippe le Bon, fonda une chorale pour honorer la Vierge de Bois-Grenier, avec le soutien de ce dernier. Chaque jour, entre quatre et cinq heures de l’après-midi, des adultes et enfants se rejoignaient à la chapelle pour y chanter des Salve Regina et autres hymnes mariaux. On y priait notamment pour le comte de Flandre, sa famille et ses ancêtres. La chorale fut  probablement active jusqu’à la Révolution (Peulmeule, p. 145).
    Durant la seconde partie du XVIIIe siècle, la Vierge était tout spécialement vénérée le deuxième dimanche de chaque mois.

    L'ÉDIFICE

    Description :
    L’église originelle fut construite comme chapelle castrale des seigneurs du Bois-Grenier, vraisemblablement au XIVe siècle. Agrandie en 1591 par ces seigneurs, puis entre 1842 et 1843 par leur héritière, la comtesse Marie-Catherine Bidé de la Grandville, elle devint église paroissiale en 1854. Jugeant la chapelle trop modeste, le conseil municipal appuya la construction d’une nouvelle église en 1855. L’église actuelle fut construite entre 1856 et 1875 selon les plans de l’architecte Charles Leroy. Détruite par les Allemands en 1914, elle fut reconstruite à la fin de la Première Guerre mondiale.
    Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
      Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :

        HISTOIRE DU SANCTUAIRE

        Origines :
        Date de première mention : 1496
        Initiative de la fondation :
        • Seigneur laïc
        Environnement institutionnel, politique et religieux :
        Phases d'évolution :

        Le culte de Notre-Dame se développa autour du XVe siècle, dans la chapelle castrale des seigneurs du Bois-Grenier, érigée avant 1321, et placée sous le patronage de la Vierge. Le pèlerinage est mentionné pour la première fois en 1469 (Peulmeule, p. 10). Le culte connut vraisemblablement une seconde vie à la fin du XVIe siècle. En 1581, Antoinette de Haynin – nièce du seigneur du Bois-Grenier – devint l’une des premières miraculées de Notre-Dame de Loos (voir http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/742/notre-dame-de-grace). Ce privilège divin accordé à la famille seigneuriale accrut sans aucun doute encore la dévotion mariale de celle-ci. Cette période  correspond par ailleurs à la restauration du sanctuaire en 1584 et à sa nouvelle consécration en 1591. On imagine sans mal qu’à partir de cette époque, les seigneurs encouragèrent plus que jamais leur peuple à honorer le culte de la Vierge de Bois-Grenier, d’autant plus que dame Antoinette elle-même hérita de la seigneurie en 1598. L’image fut peut-être dégradée en 1566, lorsque la chapelle fut saccagée par une troupe de Gueux venue d’Armentières.

        À la Révolution, le sanctuaire fut nationalisé et ses biens confisqués. Le 18 novembre 1796, l’église fut rachetée au département du Nord par le comte Julien-Louis-François Bidé de la Grandville, descendant des seigneurs du Bois-Grenier. Les autorités lui interdirent toutefois de la rendre au culte. L’église ne put être officiellement mise à disposition des fidèles qu’après une longue bataille judiciaire, remportée par le fils du comte en juillet 1797.

        Le pèlerinage fut restauré sous le vocable de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, peut-être en 1843, à l’occasion de la nouvelle bénédiction de l’église. Une confrérie du même nom fut fondée quelques années plus tard (Peulmeule, p. 145-151). Le culte semble s’être éteint avant le début des années 1930.

        Evénements marquants :
          Rayonnement(s) :
          • Local (XVe siècle -> XXe siècle)
            Le pèlerinage était sans doute essentiellement le fait des fidèles de la paroisse et des paroisses voisines.

          RÉFÉRENCES

          Source(s) :
          • Archives
            Archives diocésaines de Lille (AdL), 42G2 : enquête Lestienne, 1939-1942.
          Bibliographie :
          • DOMPNIER, B., «Sept Douleurs  », in HENRYOT (F.) et MARTIN (P.), Dictionnaire historique de la Vierge Marie, Paris, Perrin, 2017, p. 439-443.
          • HAUTC?’UR, E., Histoire de Notre-Dame de la Treille, Lille, Société Saint-Augustin, 1913.
          • PEULMEULE, L., Bois-Grenier : pages d'histoire locale, recueil d'articles, 1931-1934.
          Etude(s) universitaire(s) :

          PHOTOGRAPHIES LIÉES

          Objet de dévotion :
          Edifice :
          Autre :

          À PROPOS DE L'ENQUÊTE

          Enquêteur :
          • VANOOTEGHEM Florent
          Rédacteur :
          • VANOOTEGHEM Florent
          Date de l'enquête :
          2017
          Date de rédaction de la fiche :
          2017
          Etat de l'enquête :
          En cours
          Pour citer cette ficheVANOOTEGHEM Florent, « Notre-Dame-des-Sept-Douleurs », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
          url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/786/notre-dame-des-sept-douleurs, version du 31/10/2018, consulté le 11/12/2018