INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Saint-Suaire-de-Saint-Corneille-de-Compiègne

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Saint-Suaire-de-Saint-Corneille-de-Compiègne
Période d'activité :
877 - 1793
Commune :
Compiègne
Département :
Oise
Le saint Suaire de Compiègne, estampe anonyme, Compiègne, bibliothèque Saint-Corneille, fonds Mourichon

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Compiègne
Hameau/Lieu-dit :
Diocèse :
Actuel:
Ancien: Soissons (IXe siècle - 1801)
Paroisse :
Actuelle:
Ancienne: Saint-Germain (IXe siècle - 1198)
Compléments :
À partir de 1198, le sanctuaire appartint à la paroisse Saint-Jacques.

Site

Type de site :
Altitude :
50 m

Paysage

Type de couvert végétal :
Type de l'habitat :
Ville
Type de proximités :

LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Saint-Suaire-de-Saint-Corneille-de-Compiègne (877 - 1793)
Compléments :
Le saint Suaire de Compiègne est une relique de la Passion aujourd’hui disparue ; il s’agissait d’un grand linge blanc, sans empreinte ni tache de sang, dans lequel le corps du Christ aurait été enveloppé. Il est associé depuis le Moyen Âge à la figure de Charlemagne, qui l’aurait rapporté d’Orient ; selon cette tradition, c’est Charles le Chauve qui le fit parvenir à Compiègne depuis Aix-la-Chapelle, pour la basilique Sainte-Marie, bientôt nommée Saint-Corneille, qu’il y fonda en 877. Il faut toutefois attendre 1092 pour qu’un document de première main, un diplôme du roi de France Philippe Ier, atteste l’existence d’un culte au saint Suaire à Compiègne. Il fait état de la translation de la relique dans une nouvelle châsse, datable de 1079, et de l’institution d’une fête célébrant l'anniversaire de cette translation ; il fondait alors une foire de trois jours le quatrième dimanche du Carême, dite de la Mi-Karême, dont les revenus étaient assurés à l’abbaye de Saint-Corneille et pendant laquelle une ostension de la relique était prévue. Dès lors, l’attrait des rois de France pour la relique de Charlemagne et le développement de cette foire, dont la durée s’allongea à quinze jours dès le XIIe siècle, constituent les deux moteurs du culte du saint Suaire de Compiègne. Celui-ci connut son apogée au Moyen Âge central, durant lequel il semble avoir été le plus célèbre des nombreux suaires conservés en Occident ; puis il déclina au XIVe et au XVe siècle, en raison des troubles que connaissait alors le Nord de la France mais aussi de la concurrence accrue des suaires de Cadouin-Toulouse puis de Lirey-Chambéry-Turin et de Besançon. On note qu’à partir du XVIe siècle, la documentation mentionne, dans le reliquaire du Saint Suaire, avec le grand linceul, un linge plus petit, qui aurait enveloppé la tête du Christ au tombeau. On perd la trace du Saint Suaire en 1792 : il a vraisemblablement été détruit par les Révolutionnaires en 1793.
Type de lieu de culte :
Abbatiale
Nom du lieu de culte :
Saint-Corneille
Saints patrons :
  • Corneille (877 - 1822)
Compléments :
Le premier nom de la basilique est Sainte-Marie ou Notre-Dame-de-Compiègne. Dès le règne de Charles le Chauve, les restes des saints Corneille et Cyprien arrivèrent de Lyon et le sanctuaire prit alors le nom de Saint-Corneille ou Saint-Corneille-et-Saint-Cyprien. Fondée pour un chapitre canonial par Charles le Chauve, la basilique fut réformée en 1150 par l’abbé de Saint-Denis Suger et devint alors une abbaye bénédictine.

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Saint Suaire de Compiègne
Nature de l'objet :
Relique indirecte
Matériau de l'objet :
Tissu
Dimensions de l'objet :
L : 240 cm ; l : 120 cm
Emplacement :
Datation de l'objet :
?
Compléments :

Si l’objet a disparu, vraisemblablement détruit pendant la Révolution (voir la section « Histoire du sanctuaire »), on en possède plusieurs descriptions précises, notamment les procès-verbaux de reconnaissance de la relique de 1516 (transcrits dans Bertheau II, f 93 et Morel, 1904a, p. 76-79) et 1628 (Bertheau II, f 61), mais encore un texte de l’érudit Dom Placide Bertheau (1613-1682) ; le Saint Suaire est « composé de toille fine et déliée toute tissue de lin, ayant encore sa blancheur naturelle sans tache aucune, du moins qui soit bien apparente, fort long et large et capable de contenir et envelopper un grand corps humain (Bertheau I) ». Le linge aurait été renforcé par une doublure de taffetas blanc, après sa reconnaissance en 1516, sur ordre de François Ier (Durand, 2008). Le procès-verbal de 1628 évoque aussi cet assemblage du taffetas avec un linge « si ancien qu’à grand peine pouvoit-on recoignoistre et discerner la qualité de l’estoffe, ayant en longueur deux aulnes et plus qu’une aulne de largeur, coffiné (présentant des courbures) et faisant plusieurs replys » (op. cit.). Le saint Suaire devait donc mesurer environ 2 mètres 40 par 1 mètre 20. Dans le procès-verbal de reconnaissance de la relique de 1516, il est également fait mention de nombreuses pièces textiles dans le reliquaire, notamment de plusieurs draps de soie entourant le saint Suaire. Mais on évoque aussi une autre pièce, en lin, plus petite. En 1628, un tissu comparable est décrit : « un petit linge en forme de mouchoir ou corporallier qui auroit esté replié avec ledict taffetas, sur lequel estoit estendu et cousu le linge du saint Suaire de Nostre Seigneur (op. cit.) ». Si sa couleur et la nature de l’étoffe sont rendus difficile à discerner par l’épaisseur des onguents, « elle est estimée par la plupart des assistants estre de coton ou de lin, tissu façon toille de Damas, pour estre cet auguste, sainct et sacré linge ». Ce linge est effectivement adoré au titre d’un deuxième linge funéraire du Christ conservé à Compiègne, un soudarion servant à envelopper la tête du Christ. Ainsi Dom Bertheau décrit vers 1660 « le linceul sacré qui couvrit le chef adorable du mesme Jésus dans le sépulchre » : « Ce linceul, en comparaison du précédent, est for petit, mais néantmoins capable de couvrir la teste, estant de la grandeur d’un amict dont se sert le prestre se revestant pour dire la messe (Bertheau I) ».


LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :

La tradition attribue l’arrivée du saint Suaire à Charles le Chauve, à l’occasion d’une translation de reliques de la Passion depuis Aix-la-Chapelle vers Compiègne, en 877. On retrouve cette version précocement, dans un texte écrit à Saint-Denis que l'on peut dater entre 1050 et 1075, la Descriptio qualiter Karolus magnus … (BnF, Latin 12710, f. 1 à 12). Cette version de l’histoire de la relique domine tout au long du Moyen Âge, notamment dans la Chronique d’Hélinand de Froidmont, mort en 1229 (livre XLVI, col. 869 ; on peut voir aussi le Miroir historial de Vincent de Beauvais, livre XXIV, ms. Français 314 de la BnF, f. 7 à 8). Le suaire de Compiègne se trouve ainsi placé sous le patronage de Charlemagne, qui aurait rapporté la relique de son voyage légendaire à Jérusalem.

Le chanoine Émile Morel n’a pas manqué de souligner qu’à défaut d’être allé à Jérusalem, Charlemagne a bien acquis pour Aix-la-Chapelle une collection de reliques en provenance de la Ville Sainte. Éghinard évoque ainsi un envoi de reliques du Saint-Sépulcre à Aix-la-Chapelle, en 799, sans que le saint Suaire ne soit expressément désigné (éd. Guizot, 1824, p. 47). Il est exact que Charles le Chauve envisageait de faire de Compiègne une nouvelle capitale impériale : la basilique qu’il y fonde en 877 est construite sur le modèle de la chapelle palatine d’Aix (voir la section « Édifice »). La thèse de l’installation d’une relique de Charlemagne à Compiègne pour asseoir cette ambition est donc séduisante. Toutefois aucun texte contemporain n’en fait état (y compris le texte de la dédicace, compilé dans Morel II, p. 2-8). On peut noter qu’il existe encore, à la fin du Moyen Âge un culte relatif aux linges funéraires du Christ dans la chapelle palatine d’Aix-la-Chapelle ; le suaire et les linges (« sindone munda » et « linteum ») sont cités dans une bulle d’indulgences d’Innocent VI en date de 1359 (Kühne, 2000, p. 200). Dans cette logique de mimétisme entre les sanctuaires d’Aix-la-Chapelle et de Compiègne, il pourrait s’agir du dédoublement d’un culte plutôt que d’une translation à proprement parler.
Miracles :
La légende du saint Suaire veut que sa translation à Compiègne par Charles le Chauve ait fait cesser une famine qui frappait alors la France. C’est le récit d’Hélinand de Froidmont que reprend Vincent de Beauvais (livre XXIV, chapitre XLIII, op. cit, f. 22 r).
Type(s) de motivation :
    Recours :
      Jour(s) de fête :
      • Fête-Dieu
      • Dimanche de Laetare
      • Dédicace de saint Corneille
      Type de fréquentation :
      Régulier
      Compléments sur les fréquentations :

      1. Dimanche de Laetare : la charte de Philippe Ier, datée de 1092, nous apprend que le quatrième dimanche du Carême, dit aussi fête de la Mi-Karême, était l’occasion de célébrer la translation du saint Suaire, en 1079, dans un nouveau reliquaire. Cette fête de trois jours devient dès le XIIe siècle une fête de quinze jours, durant laquelle le saint Suaire était "monstré".

      2. Fête de la dédicace de Saint-Corneille, le 5 mai : en août 1519, un nouveau jour de fête fut choisi par le roi François Ier ; le suaire fut aussi montré pour commémorer le jour de la dédicace de Saint-Corneille par Charles le Chauve, tous les 5 mai (Bertheau II, f.  94 v).

      3. Fête-Dieu : il semble que le saint Suaire ait été porté avec les autres reliques de Compiègne, dans la ville, lors des processions annuelles du Saint Sacrement, le jour de la Fête-Dieu. Lors d’une action de grâce en juillet 1488, une procession fut organisée « comme le jour du Saint Sacrement » et il fut ordonné « à icelle pourcession [de] porter le benoit saint suaire (AmC, BB12, f. 21r) ».


      Pratiques individuelles :
        Pratiques en présence du clergé :
        • Processions
        Ex voto :
          Confrérie(s) :
          • Confrérie du saint Suaire de Compiègne (1483-1499)
            Une confrérie a été fondée à la fin du XVe siècle par l’abbé Antoine de La Haye dit Passavant (les statuts sont compilés dans Bertheau II, f. 64 v).
          Indulgence(s) :
          • Partielle 1194 j. (20)
            Le 16 juin 1194, le pape Célestin III accorde 20 jours d’indulgences aux fidèles venus à l’église Saint-Corneille pour y vénérer le saint Suaire et les reliques des saints, en y apportant des offrandes (bulle copiée par Bertheau II, f. 157 v).
          • Partielle 40 j. (1223)
            En mars 1233, Grégoire IX accorde 40 jours d’indulgences aux fidèles qui prieront à Saint-Corneille, le jour anniversaire de l’église ou l’un des jours de l’octave (publications compilées dans Bertheau II, f. 157-158).
          • Partielle (1244)
            En avril 1244, Innocent IV accorde des indulgences à ceux qui visiteront l’église de Saint-Corneille à la mi-carême ou pendant l’octave de la dédicace (publications copiées dans Bertheau II, f. 157 v).
          • Partielle 40 j. (1244)
            Le 3 mars 1244, Innocent IV accorde 40 jours d’indulgences à ceux qui visiteront Saint-Corneille le 5 mai, jour anniversaire de la dédicace (bulle copiée par Bertheau II, f. 157 v).
          • Partielle 100 j. (1536)
            Le 17 février 1536, Louis, cardinal de Bourbon et abbé de Saint-Corneille, accorde 100 jours d’indulgences aux fidèles ayant visité l’église le dimanche de la mi-carême, des Rameaux, du Jeudi saint, du Vendredi saint, et le jour de Pâques, faisant une aumône à la confrérie du saint Suaire (copie dans Bertheau II , f.  156).
          • Partielle (1628)
            On apprend par le procès-verbal d’ouverture de la châsse du 14 août 1628 que le 8 avril 1628, Urbain VIII a accordé de nouvelles indulgences aux membres de la confrérie, dont nous ne connaissons ni la durée ni les conditions (copiée dans Bertheau II, f. 61).
          Compléments sur le culte :

          Les dépenses et délibérations de la ville de Compiègne mentionnent à plusieurs reprises des processions se déroulant dans la ville. Ainsi, en juillet 1472, on trouve trace de paiements pour la peinture d’écussons aux armes de la ville à mettre sur quatre torches qu’« on porte pour la ville aux processions pour révérer les corps saints et saint suaire de messire, qu’on y porte souvent (AmC, BB4, f. 3r°) ». On sait que le saint Suaire pouvait être porté lors des processions de la Fête-Dieu (voir la section « Fêtes »), mais aussi à l’occasion d’actions de grâce. Ainsi, des processions avec le saint Suaire sont ordonnées par la Ville à la suite de la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier, en juillet 1488 (AmC, BB12, f. 21r) ainsi que pour remercier Dieu pour le temps favorable et pour avoir préservé la ville de la Peste, en août 1531 (AmC, BB18, f 65). Cette dernière mention est particulièrement détaillée et peut nous donner une idée de la manière dont se déroulaient ces processions ; on y apprend que les principales institutions ecclésiastiques de la ville et les compagnies d’arquebusiers, d’archers et d’arbalestriers cheminaient avec leurs bannières, leurs reliques et des torches. Ce sont les religieux de Saint-Corneille, cités en dernier, qui y portaient le saint Suaire pour lequel il était « de coustume avoyr gros et grant nombre de cierges, torches et aultres luminaires ».

          Une procession jusqu’à la Croix du Saint Signe (qui serait une déformation du mot sindon), dans la forêt de Compiègne, est attestée entre le XVe et le XVIIIe siècle. Elle commémorerait le lieu où les abbés de Saint-Corneille avaient reçu la relique des mains de Charles le Chauve (Duterne, 2003).

          Des textes du XIXe siècle mentionnent l’existence d’une procession dite « des petits poulets ». Elle avait lieu le premier mercredi après Pâques. On apportait la relique aux enfants malades et les nourrices lui offraient de petits poulets (Cambry, 1803, p. 332).

          De plus, les dépenses de la Ville font des mentions régulières d’achat de torches de cire pour le saint Suaire, notamment en septembre 1513 en pleine épidémie  de peste (AmC, BB14, f.140v°).

          Pour les années 1530, 1531 et 1532, les dépenses évoquent le renouvellement annuel, le dimanche de Laetare, d’un « cierge du Sainct Suaire » (AmC, BB18, f.65r°, f.144v). En 1640 encore, une dépense est mentionnée pour « les deux gros cierges qui se présentent par chacun an par oblation au-devant du saint Suaire en l’église de saint Corneille, du poix de six livres chacuns cierges (AmC, BB27, f.8v°) ».

          Un riche reliquaire en or a été offert au saint Suaire par la reine Mathilde d’Angleterre (1156-1189). Le roi de France Philippe Ier fit transférer le saint Suaire « dudit vaisseau d’yvoire en cestuit d’or, orné, muny et garny de plusieurs pierres précieuses que avoit par dévotion donné et envoié ladite Mathilde (transcrit dans Morel I, p. 52-53) ». Cet objet a, semble-t-il, concentré les offrandes des fidèles qui ont enrichi progressivement sa parure (voir notamment les dons rapportés par Langellé, 1684, p.69-70).

          Vers 1660, Dom Placide Bertheau donne une description très précise de ce reliquaire dans lequel repose alors le saint Suaire, qui est, selon lui, le reliquaire de Mathilde d’Angleterre (compilé dans Bertheau II, f. 47-49). D’environ un pied quatre pouces de long pour douze pouces de haut (44 centimètre par 33), il a pour caractéristique d’être architecturé, richement orné de pierreries (améthyste, hyacinthe, cornalines, perles, saphirs, émeraudes) et garni de figures. Sur le pourtour, il représente les douze apôtres, l’Annonciation, la Visite des saintes Femmes au sépulcre, le Christ piétinant un lion et un dragon, le Christ descendant aux enfers. En or émaillé, le Christ est figuré, posant sa main sur la tête de deux petits enfants avec l’inscription Sinitie parvulos venire ad me ("laissez venir les petits à moi"). Au sommet, il évoque une couronne, sur laquelle sont figurés des oiseaux et des animaux, surmontée d’une forme pyramidale sur laquelle se dresse une croix, avec sur les différentes faces saint Michel Archange combattant le dragon, un séraphin, deux représentations d’un roi tenant son sceptre. Il termine sa description en évoquant deux moments pendant lesquels le reliquaire a été démembré pour financer des bonnes œuvres ; en 1490, l’abbé Antoine de La Haye en aurait tiré de quoi financer un grand crucifix d’argent et, entre 1535 et 1550 le cardinal de Bourbon, abbé commendataire, de quoi réédifier l’église (Langellé, 1684, p.73-74).

          La description du ré-enchâssement du saint Suaire en 1079 décrit le précédent reliquaire comme un « vaisseau d’ivoire (Morel I, p. 52-53) ».

          L'ÉDIFICE

          Description :
          L’abbaye Saint-Corneille est une institution majeure de la France du Nord au Moyen Âge. Détruite en 1822, son architecture peut toutefois être reconstituée grâce à des plans anciens (Héliot, 1965) : une imposante église à deux flèches, conçue sur un plan basilical, dominait un important complexe constitué notamment d’un cloître. Si l’on se fie aux sources qui attribuent à Charles le Chauve la translation de la relique depuis Aix-la-Chapelle vers Compiègne, le Saint Suaire a dû prendre place dans la chapelle que celui-ci avait construite et dont May Vieillard-Troïekouroff (1971) croit pouvoir identifier la description dans un poème de Jean Scot. À suivre cette étude, cette architecture imitait la chapelle palatine d’Aix, avec un plan octogonal, deux étages et des colonnes de marbre. C’est au XIIe siècle que l’architecture évolue vers un plan basilical.
          Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
            Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :

              HISTOIRE DU SANCTUAIRE

              Origines :
              Date de première mention : 1079
              Initiative de la fondation :
              • ?
              Environnement institutionnel, politique et religieux :
              Phases d'évolution :

              L’ostension du saint Suaire pendant la foire de la Mi-Karême, très fréquentée au Moyen Âge central, est la date-clé du calendrier de la relique. Les variations du rayonnement de la foire, soigneusement documentées par Louis Carolus-Barré (1979), donnent donc des indications précieuses pour mesurer l’évolution du rayonnement du saint Suaire.

              Par son diplôme de 1092, Philippe Ier institutionnalise une foire de trois jours à la Mi-Karême, probablement sur la base d’un marché qui devait préexister (Louis Carolus-Barré, 1979, p. 22-24). En 1185, Philippe Auguste met en place un contrat de pariage avec les religieux de Saint-Corneille : il recevra la moitié des revenus de justice liés à la foire de Mi-Carême, sans toucher aux oblations religieuses. Il place sous sa protection ceux qui se rendront ou reviendront de la foire et attribue à celle-ci une durée de 15 jours. Le contrat de pariage est annulé dès 1186 ; mais Louis Carolus-Barré (Ibidem, p. 29-30) montre qu’à partir de cette date s’opère une disjonction entre la foire de Saint-Corneille, qui dure trois jours autour de l’ostension du saint Suaire et bénéficie à l’abbaye, et une foire de 15 jours qui profitent à la ville de Compiègne et surtout au roi (ibidem, p. 39). C’est alors l’apogée de la fête de la Mi-Carême et de l’ostension du saint Suaire qui lui est associée.

              Au XIVe siècle, mais surtout lors des troubles du premier tiers du XVe siècle, la manifestation semble sur le déclin. En 1444, Charles VII tente de relancer l’activité de la foire en accordant une lettre de franchise ; mais un cahier de 1448 témoigne de son dépérissement : « ladite foire de My Caresme a esté longtemps délaissée, et de présent et depuis la paix la dite foire est tellement diminuée et n’y est point la XXe partie du peuple et des marchans que il y souloient conserver ou temps passé (cité dans Ibidem, p. 45-48) ».

              Les Compiégnois obtiennent à plusieurs reprises confirmation des privilèges de la foire par François Ier, en 1531 et Henri IV, en 1590 (ibidem, p. 65-67). L’itération sans grand effet de ces décisions par Louis XIV en 1652 et Louis XV en 1717, révèle l’essoufflement durable de la foire qui finit par disparaître à la Révolution (Ibidem, p. 68-72).

              On doit donc considérer que la dévotion au saint Suaire a connu une période faste entre le XIe et le XIVe siècle, l’ostension et la foire attirant pèlerins et marchands dans la ville. On peut alors parler d’un rayonnement international (Carolus-Barré, 1965). Si elle décline ensuite, il faut noter que le culte de la relique, associé au souvenir de Charlemagne, a été fermement soutenu par la famille royale, jusqu’à la Révolution.
              Evénements marquants :
              • Ré-enchâssement (1079)
                Le saint Suaire est mentionné dans une charte rédigée en 1092 par le roi de France Philippe Ier (transcrit dans Morel I, p. 52-53). Elle évoque un reliquaire d’or, orné de diamants et de pierres précieuses, offert par Mathilde de Flandre, reine d’Angleterre, dans lequel le souverain fait déposer le saint Suaire, lors du quatrième dimanche de Carême, vraisemblablement de l’année 1079 (sur cette datation, voir Louis Carolus-Barré, 1979, p. 25, n. 24).
              • Fixation de fête (1092)
                Dans la même charte de 1092 (cf. supra) documentant le ré-enchâssement de 1079, il est indiqué qu’un jeûne de trois jours et une ostension ont suivi la translation. Le roi Philippe Ier décide alors qu’à chaque mi-Carême soit célébrée une fête du saint Suaire durant trois jours, durant laquelle des droits exceptionnels, de justice et de fiscalité, doivent être accordés à la collégiale Saint-Corneille, percevant notamment le tonlieu de toutes les marchandises. Enfin, toutes les offrandes reçues pendant ces trois jours seront partagées entre les chanoines et le trésorier de Saint-Corneille, à la charge de nourrir un pauvre durant le Carême
              • Foire (1092)
                Le roi de France Philippe Ier fonde une foire de trois jours le quatrième dimanche du Carême.
              • Lutte pour la possession (1150)
                En 1150, l’abbé de Saint-Denis Suger ordonne une réforme de l’abbaye Saint-Corneille : les chanoines, dont la vie était jugée scandaleuse, sont remplacés par des Bénédictins. Les chanoines, mécontents, tentèrent de voler le saint Suaire, avec l’appui du frère cadet du roi Louis VII, Philippe. C’est ce que raconte l’abbé Suger à Raoul de Vermandois dans une lettre datable de septembre 1150 : « Le prince Philippe, avec une troupe de clercs en armes, entra par effraction dans le monastère, se saisit du coffret contenant une quantité non négligeable de reliques et l’emporta. Puis il revint avec ses complices, referma sur lui les portes de l’église et tenta de s’emparer de la vénérable couronne et de l’illustre linceul de Notre Seigneur, quand les habitants, à l’annonce d’un tel forfait, tant pour défendre les vénérables reliques qui font que ce lieu est célèbre dans le monde entier qu’au nom de la fidélité qu’ils venaient de prêter à l’abbé et aux frères, accoururent en armes […] (cité par Françoise Gasparri, 2005, p.109-121). » Il se plaint des mêmes faits auprès du pape Eugène III qui place les biens de l’abbaye sous sa protection en décembre 1150 (Ibidem, voir aussi Carolus-Barré, 1979, p. 27).
              • Quête (1180-1223)
                Sous le règne de Philippe Auguste, les chanoines de Saint-Corneille organisent une quête ; le saint Suaire est transporté « dans tout le royaume de France » pour recevoir des aumônes. On en a traces par une lettre de sauf-conduit délivrée aux chanoines par Philippe Auguste (transcrit dans Morel I, p. 257-258).
              • Action de grâce (1488)
                Apprenant la victoire de « monseigneur d’Orléans le prince d’Orange et aultres seigneurs » lors de la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier, le 28 juillet 1488, et se réjouissant que « grant nombre de bretons [fussent] tuez sur le champ » (5 à 6 000 dit la source), les gouverneurs ordonnent de sonner les cloches, de chanter un Te Deum, d’allumer des feux de joie mais aussi de faire une procession en portant le saint Suaire et en louant Dieu pour ces nouvelles (AmC, BB12, f 21r).
              • Don (XVIe siècle)
                Parmi d’autres offrandes faites aux reliquaires du saint Suaire, François Ier le « garnit » selon Jacques Langellé (1684, p. 69), de : « Vingt-deux boutons en roses d’or, enrichis de plusieurs perles et pierreries, et attachez à vingt fleurs de lys d’or. » Le même auteur rapporte le don d’un gros diamant par le duc de Bourgogne (il est impossible de préciser quel est ce personnage) et en 1539, d’un signet d’or enrichi de seize rubis par le prince de la Roche-sur-Yon (sans doute Charles de la Roche-sur-Yon, chef militaire pendant les guerres d’Italie, mort en 1565).
              • Reconnaissance de reliques (1516)
                Le 21 octobre 1516 a lieu une reconnaissance de la relique (transcrit dans Bertheau II, f 93 et Morel, 1904a, p. 76-79). Faite à la demande de François Ier et en sa présence, elle est supervisée par l’évêque de Soissons. L’évêque d’Amiens et plusieurs autres clercs importants y assistent.
              • Fixation de fête (1519)
                En août 1519, François Ier décide, par une charte, d’ajouter un jour d’ostension du saint Suaire ; à la mi-Carême s’ajoute désormais le jour de la dédicace de Saint-Corneille par Charles le Chauve, le 5 mai (Bertheau II, f. 94v).
              • Action de grâce (1531)
                Le 20 août 1531, une procession a lieu avec les principales reliques de la ville et notamment le saint Suaire. Elle est ordonnée pour « rendre grâce à Dieu du bon temps qu’il a donné à son pauvre peuple » mais encore pour « sa grâce et sa miséricorde et qu’il l’as plus nous esperer et garder de la peste et aultrement nous envoyer ce qu’il sait bien qu’il nous fault (AmC, BB18, f 65) ».
              • Fixation de fête (1601)
                Le 23 juillet 1601, un acte du roi Henri IV reprend la charte signée par François Ier en 1516 et renouvelle l’autorisation d’exposer le saint Suaire à deux dates de l’année, le quatrième dimanche de Carême et le 5 mai (transcrit dans Bertheau II, f. 94 v).
              • Reconnaissance de reliques (1628)
                Le 14 août 1628, à la suite d’une bulle pontificale d’Urbain VIII accordant des indulgences, on ouvre la châsse sur ordre de l’abbé et on reconnaît la présence de deux linges funéraires du Seigneur, dont on souligne l’ancienneté (transcrit dans Bertheau II, f. 61).
              • Neuvaine (1667)
                Selon Dom Jacques Langellé (1684, p.71-72), en août 1667, alors que le Dauphin Louis est tombé malade à Compiègne, une neuvaine est faite au saint Suaire pour sa guérison et on lui apporte un linge qui a touché la relique ; il vient lui-même lui rendre grâce le 20 août. Sa guérison donne lieu à « des présents ».
              • Voeu (1683)
                Marie-Thérèse, infante d’Espagne et épouse de Louis XIV, visite le saint Suaire le dimanche 14 mars 1683, selon Jacques Langellé (1684, p. 71) : elle « rendit encore ses vœux dans nostre Eglise devant la sainte Relique, que l’on exposa sur l’Autel à sa considération ». Il affirme aussi qu’elle se « réjouissoit d’avoir auprès de l’un de ses Palais le saint Suaire de Compiegne, afin de pouvoir se satisfaire sur la dévotion qu’elle luy portoit (idem) ».
              • Pèlerinage (1688)
                Anne d’Autriche visite l’abbaye pour prier devant la châsse du saint Suaire (Duterne, p. 11, 2003, citant AmC, GG57).
              • Déplacement de l'objet de dévotion (1792)
                Lors de la Révolution française, le saint Suaire est déplacé dans l’église Saint-Jacques de Compiègne. Son reliquaire est ainsi mentionné à l’occasion d’un inventaire des biens de Saint-Jacques de Compiègne dressé en vue de vendre les objets de valeur, daté du 10 septembre 1792 et signé par les commissaires de la commune Sylvain Lay et René Chambon (AmC, 5P1) : « une chasse provenant de la ci-devant abbaye de saint Corneille, contenant un linceul dit le saint Suaire [suit la description détaillée des multiples pierres qui ornent la châsse et de leur poids] ».
              • Disparition de l'objet de dévotion (1793)

                L’inventaire de Saint-Jacques en 1792 est la dernière mention connue concernant le saint Suaire, qui a très vraisemblablement été détruit en 1793. Sur les circonstances de sa disparition, une certaine confusion a longtemps régné, entretenue par le chanoine Morel, dont le récit de la destruction de la relique retient l’attention par son incongruité : « La Révolution s’empara de la châsse du saint Suaire pour la convertir en monnaie. La sainte relique ne fut pas cependant profanée. Jusqu’en 1840, elle reçut les hommages des fidèles en l’église de Saint-Jacques. La maladresse d’une servante qui voulut lui rendre sa première blancheur la fit tomber en bouillie dans une cuve d’eau chaude (Morel, 1904, p. 44)».

                En fait, en 1840, le Suaire a déjà disparu depuis longtemps, ce que prouvent les procès-verbaux de reconnaissance de reliques de l’église Saint-Jacques de Compiègne, réalisés en 1819, 1837 et 1849. Si l’incertitude a pu demeurer sur la conservation ou non de l’objet, c’est sans doute, comme le note Maximilien Durand (2008), en raison de la multiplicité et de la diversité des textiles conservés dans les reliquaires, qui s’accroit quand les suaires arrivent à Saint-Jacques où est déjà adoré le Voile de la Vierge.

                La confusion est totale en mai 1837, lorsque l’on entreprend de dresser l’inventaire des reliques de l’église ; la commission n’arrive alors pas à mettre la main sur le reliquaire du Voile de la Vierge et le curé de Saint-Jacques, Monsieur Trouvelot se souvient qu’une paroissienne « dont le nom s’est effacé de sa mémoire » lui avait jadis fait don d’un morceau de tissu ; il s’agissait, « sous la dénomination de reliques provenant de saint Corneille et sauvée pendant la révolution, d’un grand morceau d’étoffe de soie rouge faufilées, différents lambeaux d’une toile fort claire, de cette couleur rouge qui semble fabriquée avec un fil de lin et qui pourrait bien être le voile en question. Si toutefois on ne pouvait plus plutôt considérer ces débris comme ayant fait partie du saint suaire de Notre Seigneur ayant existé dans le Trésor de saint Corneille et dont la description se trouve au deuxième article de l’inventaire susdit [il s’agit d’un inventaire de 1666] ». La commission inspecte alors la pièce soumise par le curé, la compare aux descriptions du saint Suaire et conclut que « ce débris, au lieu d’appartenir au saint suaire perdu pendant la tourmente révolutionnaire de 1793, pouvait se rapporter plustot au voile de la Vierge qui existait encore le 20 septembre 1819 ainsi que le constate le procès-verbal susdit de monsieur Tournefort (AmC, 6P5) ».

                On retrouve cette date de 1793 dès la première moitié du XIXe siècle dans les publications sur l’objet (voir par exemple Caillette l’Herviller, 1847, p. 143-144). Elle pourrait coïncider avec la fête républicaine documentée à Compiègne le 10 août 1793 ; une lettre du 7 août, envoyée par Collot d’Herbois au Comité de salut Public, prévoit qu’une « charretée rois de bois », vraisemblablement des effigies funéraires trouvées à Saint-Corneille, soit « guirlandée de tous les signes féodaux, et la tyrannique dynastie toute entière sera brûlée au pied de l’arbre de la Liberté (Recueil des actes du Comité de salut public, t. V, p. 503) ». Le saint Suaire a pu être brûlé pendant ou en marge de cette fête.
              Rayonnement(s) :
              • International (804 -> XVIIIe siècle)

                Pendant les premiers siècles de l’histoire du saint Suaire à Compiègne, celui-ci semble avoir joui d’une grande renommée, associée à la figure de Charlemagne. Il est ainsi mentionné au premier rang des reliques rapportée par l’empereur dans la Chanson du voyage de Charlemagne à Jérusalem écrite vers 1075 :

                Durrai vus tels reliques, meilleurs n’en at suz ciel  :

                Del sudarie Jesu que il out en sun chief,

                Cum il fut al sepulcre e posez e culchiez,

                Quant judeu le garderent as espees d’acier. 

                [Alors on vit des reliques comme il n’y en a de meilleurs sous le ciel : le suaire de Jésus qu’il a eu sur sa tête comme il fut au sépulcre déposé et couché, quand les juifs gardèrent son corps avec des épées d’acier, (éd. Koschwitz, 1880, v.153, p. 170)]

                En 1198, Aubry de Troisfontaines évoque le suaire de Compiègne. Le chroniqueur, originaire du Brabant et moine cistercien en Champagne, relate la découverte d’un saint Suaire du Christ à Antioche :

                Ce vase renfermait un Suaire de Notre Seigneur, soigneusement plié, non le Suaire qui est à Compiègne, mais un autre (cité et traduit dans Morel, 1904, p. 35).

                Le saint Suaire de Compiègne est vraisemblablement le Suaire le plus connu d’Occident au Moyen Âge central. Il subit ensuite la concurrence de plusieurs autres saints linges, avec la fortune croissante aux XIIIe et au XIVe siècle de plusieurs reliques méridionales, les suaires de Cadouin-Toulouse, Carcassonne et Cahors, puis entre le XIVe et le XVIe siècle, du saint Suaire de Lirey-Chambéry-Turin.

                Il reste cependant une relique importante du royaume de France, recevant les libéralités et les actes de protection des rois, avant de connaître un déclin plus net entre le XVIIe et le XVIIIe siècle.

                On peut noter qu’un grand nombre de mentions de suaires ou de fragments de suaires connus au Moyen Âge se trouvent disséminés en France du Nord, autour de Compiègne, vraisemblablement en lien avec le fort rayonnement régional du saint Suaire (voir la carte interactive des saints Suaires : http://umap.openstreetmap.fr/fr/map/le-saint-suaire-de-lirey-chambery-turin-comparable_44529#4/46.92/-31.46).

              RÉFÉRENCES

              Source(s) :
              • Source publiée (XXe siècle)
                Un dossier de sources sur l’abbaye est compilé dans Émile Morel, Cartulaire de l’abbaye de Saint-Corneille de Compiègne, tome I à III (Morel I, II et III), Montdidier, Bellin, 1904, Paris, Champion, 1909, Paris, Éditions latines, 1977.
              • Archives (1701-1899)
                Archives modernes de la ville de Compiègne, conservées aux archives municipales de Compiègne (AmC), cotes 5P1 et 6P5.
              • Livres manuscrits (1660)
                Placide Bertheau, « Description de la châsse du saint Suaire, vers 1660 » (Bertheau I), Paris, BnF, Picardie 66, f. 47-49.
              • Livres manuscrits (XVIIe siècle)
                Un dossier de sources sur le saint Suaire est compilé dans Placide Bertheau (Bertheau II), Mémoires sur l’histoire de Compiègne, date, BnF, ms. Latin 13891. Une partie d’entre elles sont aussi compilées dans Morel, 1904.
              • Archives (1501-1799)
                Archives de la municipalité de Compiègne, conservées aux archives municipales de Compiègne ; délibérations municipales (AmC, cote BB), comptes de la Ville (AmC, cote CC), archives ecclésiastiques (cote GG).
              • Livres manuscrits (1246-1263)
                Vincent de Beauvais, Miroir historial, 1246-1243, traduction de la version latine par Jean de Vignay, Paris, vers 1332, Paris, BnF, ms Français 314 (livres XXV-XXXII).
              • Source publiée (XIIIe siècle)
                Hélinand de Froidmont, Opera omnia, avant 1229, édité par Pierre de Riga, 1855, Patrologia latina, t. 212.
              • Source publiée (XIIe siècle)
                Chanson du voyage de Charlemagne à Jérusalem, dans Karls des Grossen Reise nach Jerusalem und Constantinopel. Ein altfranzösisches Gedicht des XI Jahrhunderts, édité par Eduard Koschwitz, Heilbronn, Henninger, 1880.
              • Livres manuscrits (1050-1075)
                Descriptio qualiter Karolus magnus clavum et coronam Domini a Constantinopoli Aquisgrani detulerit qualiterque Karolus Calvus hec ad Sanctum Dionysium retulerit, vers 1050-1075, Paris BnF, Latin 12710.
              • Source publiée (801)
                Eginhard, Annales, édité et traduit par François Guizot, Paris, Brière, 1824 (vers 801).
              Bibliographie :
              • GASPARRI, F., «Suger, abbé de Saint-Denis et la réforme de l'abbaye Saint-Corneille de Compiègne », in L'abbaye Saint-Corneille de Compiègne des origines à nos jours, Bulletin de la Société Historique de Compiègne, t. 39, 2005, p. 109-121.
              • DUTERNE, J.-P., «Histoire de la Croix du Saint Signe au bord des Bois », in publié en ligne par la Société historique de Compiègne ; http://www.histoire-compiegne.com/shc-saint-signe.asp, consulté le 30/03/2018., 2003.
              • KÜHNE, H., Ostensio reliquiarum. Untersuchungen über Entstehung, Ausbreitung, Gestalt und Funktion der Heiltumsweisungen im römisch-deutschen Regnum, Berlin/New York, De Gruyter, 2000.
              • CARROLUS-BARRÉ, L., «Le mi-Karesme foire de Compiègne au Moyen Âge et sa survie jusqu'en 1792 », in Bulletin de la Société historique de Compiègne, tome 26, 1979, p. 19-72.
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              • HÉLIOT, P., «L'église abbatiale de Saint-Corneille à Compiègne  », in Bulletin Monumental, t.126, n°3, Compiègne, 1965, p. 193-207.
              • CARROLUS-BARRÉ, L., «Une foire internationale au Moyen Âge : ?Le Mi-Karesme', ou foire de la mi-Carême à Compiègne », in Comptes rendus de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, n°106-2, 1962, p. 274-277.
              • MOREL, É, Le saint Suaire de Saint-Corneille de Compiègne, Compiègne, Progrès de l'Oise, 1904.
              • L'HERVILLER, E. C., «Notice historique sur le saint suaire de l'abbaye de Saint-Corneille de Compiègne  », in Bulletin de la commission archéologique du diocèse de Beauvais, tome II, Beauvais, Porquier, 1847, p. 116-144.
              • CAMBRY, J., Description du département de l'Oise, tome I, Paris, Didot l'Aîné, 1803.
              • LANGELLÉ, J., Histoire du saint Suaire de Compiègne, Paris, Coignard, 1684.
              • DURAND, M., «Les ?uvres face au temps : quelques cas de restauration », in Images Re-vues, hors-série n°1 URL : http://imagesrevues.org/Article_Archive.php?id_article= n°2018.
              Etude(s) universitaire(s) :

              PHOTOGRAPHIES LIÉES

              Objet de dévotion :
              Edifice :
              Autre :
              • Le saint Suaire de Compiègne, estampe anonyme, Compiègne, bibliothèque Saint-Corneille, fonds Mourichon - Cl. Aurélia Bully - 2017
              • Charles le Chauve donne le saint Suaire d'Aix-la-Chapelle aux religieux de Compiègne, estampe anonyme, Compiègne, bibliothèque Saint-Corneille, fonds Mourichon - Cl. N. Sarzeau - 2017
              • Carte des saints Suaires vénérés dans l'Occident médiéval : http://umap.openstreetmap.fr/fr/map/le-saint-suaire-de-lirey-chambery-turin-comparable_44529#3/6.66/-5.63 - N. Sarzeau - 2018

              À PROPOS DE L'ENQUÊTE

              Enquêteur :
              • SARZEAUD Nicolas
              Rédacteur :
              • SARZEAUD Nicolas
              Date de l'enquête :
              2018
              Date de rédaction de la fiche :
              2018
              Etat de l'enquête :
              Complète
              Pour citer cette ficheSARZEAUD Nicolas, « Saint-Suaire-de-Saint-Corneille-de-Compiègne », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
              url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/785/saint-suaire-de-saint-corneille-de-compiegne, version du 14/10/2018, consulté le 20/11/2018