INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Sainte-Wilgeforte

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Sainte-Wilgeforte
Période d'activité :
? - 2018
Commune :
Bois-Grenier
Département :
Nord

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Bois-Grenier
Hameau/Lieu-dit :
47 Rue du Sous-Lieutenant de Pourtalès
Diocèse :
Actuel: Lille (1913 - 2018)
Ancien: Tournai (XVe siècle - 1790)
Paroisse :
Actuelle: Sainte-Thérèse en Weppes (? - 2018)
Ancienne: Notre-Dame-des-Sept-Douleurs (1850 - ?)
Compléments :
Entre 1790 et 1913, le sanctuaire ressortissait au diocèse de Cambrai.

Site

Type de site :
Plaine
Altitude :
20 m

Paysage

Type de couvert végétal :
Espace cultivé
Type de l'habitat :
Village
Type de proximités :

LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Sainte-Wilgeforte (? - 2018)
Compléments :
Dès avant 1503, l’église était consacrée à Notre-Dame. En 1591, elle prit officiellement le nom de Sainte-Marie-Sainte-Wilgeforte. En 1850, elle prit enfin le nom de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs. Elle fut érigée en église paroissiale durant l’été 1854.
Type de lieu de culte :
Eglise paroissiale
Nom du lieu de culte :
Notre-Dame-des-Sept-Douleurs
Saints patrons :
  • Vierge Marie (1850 - 2018)

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Sainte Wilgeforte
Nature de l'objet :
Statue
Matériau de l'objet :
Bois
Dimensions de l'objet :
Emplacement :
La statue fut d’abord placée sur l’autel latéral nord de l’église, puis transférée en 1866 dans la chapelle du nord du clocher, où l’on érigea un autel en 1910 (Peulmeule, p. 152-153)..
Datation de l'objet :
1914
Compléments :

Dès avant 1503, c’est un tableau de sainte Wilgeforte qui était honoré à Bois-Grenier. Sur celui-ci, sainte Wilgeforte était présentée comme une femme laide et barbue,  vêtue d’une robe rouge à paillettes d’or et attachée à une croix par des cordes. Le tableau disparut dans la deuxième moitié du XIXe siècle, durant le ministère du père Deleflie (1850-1869). Il fut remplacé par une statue. Celle-ci représentait la sainte jeune, portant une grande croix, pieds et mains percés, et priée par un petit garçon agenouillé. Détruite par les flammes durant la Première Guerre mondiale, l’image fut remplacée par une nouvelle statue en bois en 1914 : la sainte y est représentée plus âgée, avec la palme du martyre (Peulmeule, p. 152).


LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :
D’après les sources espagnoles, Wilgeforte était une princesse chrétienne du IIe siècle, fille d’un roi païen du Portugal. Lorsque ce dernier voulut la marier au roi de Sicile en échange de la paix, et ce malgré le vœu de chasteté qu’elle avait professé, la sainte demanda l’aide de Dieu, qui fit pousser sur son visage une vilaine barbe, repoussant évidemment son prétendant. Elle fut alors conduite devant un tribunal, qui la condamna au crucifiement pour son refus d’abjurer le christianisme, ou pour sorcellerie. Pour d’autres versions, d’autres régions, comme en Bavière, la sainte était une très belle princesse, objet du désir incestueux de son père. Pour échapper à ce dernier, elle s’enfuit, trouva refuge dans une grotte et supplia le Christ de changer sa joliesse en laideur. Le Christ lui apparut et fit pousser sur son visage une vilaine barbe. Humilié, le roi entra dans une colère folle et fit crucifier sa fille, pour qu’elle partageât le sort de son divin époux (Villemur, p. 9-10).
Miracles :
D’après le père Peulmeule (1930-1934), il n’était pas rare de voir sortir de l’église des nourrissons marchant alors qu’ils en étaient incapables en entrant (Peulmeule, p. 154).
Type(s) de motivation :
  • Piété
  • Voeu
Recours :
  • Thérapie
Jour(s) de fête :
  • Wilgeforte
Type de fréquentation :
Continu
Compléments sur les fréquentations :
Wilgeforte n’est pas une sainte ordinaire. Elle est sans doute une allégorie féminine de la Sainte-Face, dont le culte résulterait d’un syncrétisme entre ceux du Santo Volto de Lucques et de plusieurs saintes légendaires comme Barbe et Livrade (Tibot-Douzet, p. 37-41).
Pratiques individuelles :
  • Cire
  • Pénitence
Pratiques en présence du clergé :
  • Prières
  • Messe
Ex voto :
  • Anatomique (?)
    Les révolutionnaires confisquèrent vingt cœurs en argent et neuf petites plaques en forme de bras et de jambes.
  • Autre (?)
    La chapelle conservait de nombreux ex-voto. Il est toutefois probable qu’ils étaient destinés à la Vierge Marie, honorée dans le même sanctuaire (voir fiche Notre-Dame des Sept-Douleurs).
  • Métal (?)
    On signale également, avant 1792, des médaillons et des bagues.
Confrérie(s) :
    Indulgence(s) :
      Compléments sur le culte :

      L'ÉDIFICE

      Description :
      L’église originelle fut construite comme chapelle castrale des seigneurs du Bois-Grenier, vraisemblablement au XIVe siècle. Agrandie en 1591 par ces seigneurs, puis entre 1842 et 1843 par leur héritière, la comtesse Marie-Catherine Bidé de la Grandville, elle devint église paroissiale en 1854. Jugeant la chapelle trop modeste, le conseil municipal appuya la construction d’une nouvelle église en 1855. L’église actuelle fut construite entre 1856 et 1875 selon les plans de l’architecte Charles Leroy. Détruite par les Allemands en 1914, elle fut reconstruite à la fin de la Première Guerre mondiale.
      Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
        Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :

          HISTOIRE DU SANCTUAIRE

          Origines :
          Date de première mention : 1504
          Initiative de la fondation :
          • ?
          Environnement institutionnel, politique et religieux :
          Le culte de sainte Wilgeforte naquit autour du XIIe siècle. Il fut intégré à l’Église universelle en 1583, lorsque Wilgeforte fut incorporée au martyrologe romain. La sainte en fut retirée en 1969 par le pape Paul VI, qui préconisa l’abandon de son culte (cf. Tibot-Douzet).
          Phases d'évolution :
          Une première chapelle fut sans doute érigée autour du XIIe siècle. Sa première mention certaine  date de 1321. Dès cette date, un chapelain y fut attaché, avantage étonnant pour une si petite communauté. D’après le père Deleflie, la chapelle tenait son prestige du culte qui s’y déroulait en l’honneur de Wilgeforte. En réalité, c’est une image de la Vierge qui attirait les fidèles à cette époque, la dévotion envers sainte Wilgeforte datant du tout début du XVIe siècle ou de la fin du XVe siècle. Le pèlerinage est mentionné pour la première fois en 1504 (Peulmeule, p. 152). Le culte semble être resté modeste, moins important que le culte marial en tout cas : en 1591 le sanctuaire prit officiellement le double vocable de Sainte-Marie et Sainte-Wilgeforte, mais il fut toujours communément appelé « chapelle de la Vierge Marie de Bois-Grenier », notamment par l’évêque d’Arras lors de sa visite solennelle en 1627.
          En 1566, la chapelle fut saccagée par une troupe de Gueux venue d’Armentières. Il est difficile de dire si le tableau vénéré fut dégradé. Toujours est-il qu’il dut être restauré vingt ans plus tard, en même temps que les autres images exposées dans l’église.
          À la Révolution, le sanctuaire fut nationalisé et ses biens confisqués. Le 18 novembre 1796, l’église fut rachetée au département du Nord par le comte Julien-Louis-François Bidé de la Grandville. Les autorités lui interdirent toutefois de la rendre au culte. Elle ne put être officiellement mise à disposition des fidèles qu’après une longue bataille judiciaire, remportée par son fils en juillet 1797. La réouverture du sanctuaire entraîna naturellement la renaissance du culte (avant 1822, un chandelier en bois fut installé pour y faire brûler des cierges en l’honneur de sainte Wilgeforte ; cf. Peulmeule, p. 154).
          Très populaire jusqu’aux années 1930, le pèlerinage était principalement le fait des mères de famille, soucieuses de la santé et du développement de leurs enfants. Toutefois, selon l’abbé Peulmeule, le culte décrut avant la Seconde Guerre mondiale, puis, plus encore, à cause de celle-ci, durant laquelle il fut sûrement interrompu (Peulmeule, p. 154). Le concile Vatican II et les réformes qui l’accompagnèrent lui portèrent le coup de grâce : désireux de purifier la « religion populaire », le clergé se détourna de certains cultes jugés trop superficiels ou « superstitieux » (Cuchet, p. 235). Sainte Wilgeforte, en l’occurrence, fut retirée du martyrologe romain en 1969, par Paul VI, qui encouragea le délaissement de sa vénération en raison de son origine allégorique et mythique. Aujourd’hui, l’image de la sainte est toujours présente dans l’église de Bois-Grenier, accompagnée de propositions de prières. Les pèlerins se font néanmoins extrêmement rares.
          Evénements marquants :
          • Saccage (1566)
            Lors de la révolte des Gueux, la chapelle fut saccagée par une troupe protestante. La tradition rapporte qu’un autre « malheur » eut lieu en 1590, nécessitant une nouvelle consécration de l’édifice.
          • Consécration (1591)
            Originellement dédié à Notre-Dame, le sanctuaire prit alors officiellement le double vocable de Sainte-Marie-Sainte-Wilgeforte.
          Rayonnement(s) :
          • Local (? -> 2018)
            Fervent mais modeste, le pèlerinage était, avant 1503, essentiellement suivi par les fidèles de la paroisse et des paroisses voisines. Il est aujourd’hui au bord de l’extinction.

          RÉFÉRENCES

          Source(s) :
          • Archives (1939-1942)
            Archives diocésaines de Lille (AdL), 42G2 : Enquête Lestienne, 1939-1942.
          Bibliographie :
          • CUCHET, G., Comment notre monde a cessé d'être chrétien, Paris, Seuil, 2018.
          • TIBOT-DOUZET, M.-A., Études sur Sainte Wilgeforte et son culte en Flandres et en Normandie, Serrières, André Douzet, 2013.
          • VILLEMUR, F., «Saintes et travesties du Moyen Âge  », in Clio. Histoire? femmes et sociétés, 1999, mis en ligne le 22 mai 2006, url : http://clio.revues.org/253 .
          • PEULMEULE, L., Bois-Grenier : pages d'histoire locale, recueil d'articles, 1931-1934.
          Etude(s) universitaire(s) :

          PHOTOGRAPHIES LIÉES

          Objet de dévotion :
          Edifice :
          Autre :

          À PROPOS DE L'ENQUÊTE

          Enquêteur :
          • VANOOTEGHEM Florent
          Rédacteur :
          • VANOOTEGHEM Florent
          Date de l'enquête :
          2017
          Date de rédaction de la fiche :
          2017
          Etat de l'enquête :
          Complète
          Pour citer cette ficheVANOOTEGHEM Florent, « Sainte-Wilgeforte », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
          url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/784/sainte-wilgeforte, version du 30/10/2018, consulté le 11/12/2018