INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Notre-Dame-de-Bon-Secours n°1

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Notre-Dame-de-Bon-Secours n°1
Période d'activité :
1444 - 1796
Commune :
Nantes
Département :
Loire Atlantique
Gravure de l\'ancienne chapelle de Bon-Secours

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Nantes
Hameau/Lieu-dit :
Diocèse :
Actuel: Nantes (1444 - 1796)
Ancien:
Paroisse :
Actuelle: Sainte-Croix de Nantes (1444 - 1796)
Ancienne:
Compléments :
Située dans la ville même de Nantes, la chapelle Notre-Dame de Bon-Secours dépendit toujours de ce diocèse. Avant la Révolution, elle dépendait de la paroisse de Sainte-Croix. Quant à l’église Sainte-Croix, qui abrita le culte de Notre-Dame de Bon-Secours à partir du début du XIXe siècle, elle fut récemment absorbée par la nouvelle paroisse Notre-Dame de Nantes en même temps que les églises Saint-Nicolas et Notre-Dame de Bon-Port.

Site

Type de site :
Rive de cours d'eau
Altitude :
7 m

Paysage

Type de couvert végétal :
Type de l'habitat :
Ville
Type de proximités :
Abbaye
Axe de circulation
Carrefour
Château
Cours d'eau
Prieuré
Remparts
Compléments :
La ville de Nantes s’est formée sur le fleuve de la Loire, à vingt-cinq kilomètres à l’est de son estuaire. Le lieu, constitué de nombreuses îles sablonneuses, constitua dès l’époque gauloise un point de franchissement privilégié, d’autant plus qu’il se trouve à la confluence d’autres cours d’eau ; l’Erdre, la Sèvre nantaise et la Chézine. L’agglomération devint la capitale de la cité des Namnètes. Jusqu’en 1532, Nantes fut la principale résidence des ducs de Bretagne. Après l’union du duché à la France, le Parlement de Bretagne fut installé à Rennes. L’ancienne chapelle de Notre-Dame de Bon-Secours a été construite à la pointe est de la Saulzaie, qui est ensuite devenue l’île Feydeau au XVIIIe siècle. C’est là que les pêcheurs venant de l’estuaire arrivaient pour approvisionner Nantes en poisson. Cette île n’existe plus et le cours actuel de la Loire se trouve à cinq cents mètres au sud.

LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Notre-Dame-de-Bon-Secours n°1 (1444 - 1796)
Compléments :
Bien que l’orthographe conventionnelle soit Notre-Dame de Bon-Secours, il existe une variante Bonsecours (en un seul mot) qui a donné son nom à la rue Bonsecours, où se trouve l’ancienne chapelle.
Type de lieu de culte :
Chapelle
Nom du lieu de culte :
Notre-Dame-de-Bon-Secours
Saints patrons :
  • Vierge Marie (1444 - 1793)
Compléments :
La chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours de Nantes fut construite en 1443-1444 par les pêcheurs de l’île de la Saulzaie, qui n’avaient pas de lieu de culte à proximité de leur travail. La chapelle dépendait de la paroisse Sainte-Croix, dépendant elle-même de l’abbaye de Marmoutiers (Tours) depuis le XIIe siècle. À partir du XVIIe siècle, elle fut desservie par des prêtres irlandais en exil. Elle a été intégralement reconstruite dans le style classique entre 1776 et 1780. Confisquée comme bien national en 1796, elle n’est plus affectée au culte catholique. Les prêtres irlandais (non obligés d’être assermentés) purent y réciter l’office jusqu’à cette date. Malgré ses réaffectations, l’édifice présente encore des traces de son architecture originelle. Il sert aujourd’hui d’immeuble d’habitation au croisement du quai Turenne et de la rue de Bonsecours.

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Notre-Dame de Bon-Secours
Nature de l'objet :
Statue
Matériau de l'objet :
Pierre
Dimensions de l'objet :
Emplacement :
Chapelle de Bon-Secours, église Sainte-Croix de Nantes
Datation de l'objet :
XVIIIe siècle
Compléments :

Notre-Dame de Bon-Secours de Nantes eut au minimum six statues. Selon François Macé, la statue la plus ancienne en possession de l’église Sainte-Croix (voir fiche Notre-Dame de Bon-Secours) daterait de la première moitié du XVIIIe siècle (la Vierge originelle a disparu). Elle consiste en une Vierge à l’Enfant polychrome, debout et tenant l’Enfant-Jésus de son bras gauche. Elle penche la tête vers lui et il la regarde dans les yeux. Au début du XXe siècle, la statue a été recouverte d’un manteau. Lors de la destruction de la chapelle de Bonsecours en 1793, elle fut mise à l’abri par un paroissien et ne fut restituée par sa famille qu’en 1920. À la fin du XVIIIe siècle, elle fut remplacée par une troisième statue, qui aurait été très vite subtilisée par le curé de la paroisse Saint-Jacques de Nantes. Sur l’initiative du curé de Sainte-Croix, une quatrième statue fut sculptée en 1863 par le Parisien Emilien Cabuchet à partir d’un bloc de marbre de Carrare offert par l’empereur Napoléon III. Elle a été inscrite Monument Historique au titre d’objet en 2015. Après sa restitution à l’église Sainte-Croix en 1920, la statue du début du XVIIIe siècle fut placée dans une niche à gauche de l’autel de Bonsecours, qui avait été aménagé en 1903 pour la troisième statue. Lors des combats de la Libération, cette statue fut mise en sécurité dans la crypte de la cathédrale de Nantes. Cela ne l’empêcha pas d’être endommagée dans un bombardement en juin 1944. Elle fut restaurée très vite. Les chefs des deux statues de Notre-Dame de Bon-Secours ont été couronnés le 26 juin 1932. Une réplique en plâtre de la statue de 1863 fut fabriquée à cette occasion, cette dernière étant intransportable en procession. La couronne de l’Enfant-Jésus de la statue de 1863 a été volée en 2017. François Macé admet l’existence d’une possible statue « 3bis » qui aurait été fabriquée au début du XIXe siècle pour remplacer celle que le curé de Saint-Jacques aurait subtilisée.



1 : Vierge originelle (perdue)



2 : Vierge en pierre calcaire du XVIIIe s., restituée en 1920 (présente dans la niche à gauche de l’autel)



3 : Vierge de 1793/1796 (disparue, peut-être subtilisée par le curé de Saint-Jacques)



3bis : Vierge en bois du début XIXe s. (conservée dans les collections de la paroisse)



4 : Vierge en marbre de 1863 actuellement privilégiée (au-dessus de l’autel de Bon-Secours)



5 : Vierge de procession en plâtre créée pour le couronnement de 1932 (copie de la n°4)


6 : Copie en plâtre de la statue n°2 (peut-être créée lors des bombardements)

LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :
Miracles :
En 1741, une fillette de treize ans serait restée vivante pendant vingt-cinq heures sous les décombres de l’éboulement de sa maison. Ses parents offrirent alors un ex-voto à Notre-Dame de Bon-Secours sous forme de tableau.
Type(s) de motivation :
  • Action de grâce
  • Piété
  • Voeu
Recours :
  • Voeu
  • Thérapie
  • Autre
Compléments :
François Macé (1989) mentionne que de nombreux marins qui débarquaient à proximité de la chapelle demandaient régulièrement la protection de Notre-Dame de Bon-Secours. À peine débarqués, la première chose qu’ils faisaient était l’accomplissement de leur vœu, parfois pieds nus.
Jour(s) de fête :
  • 21 novembre
Type de fréquentation :
Continu
Compléments sur les fréquentations :
La principale fête à Notre-Dame de Bon-Secours consiste en une neuvaine qui se termine le 21 novembre. Elle fut rétablie à partir de 1852 et a toujours lieu actuellement.
Pratiques individuelles :
  • Cire
  • Prières
  • Dons
  • Actions de grâce
  • Voeux
  • Pèlerinage
Pratiques en présence du clergé :
  • Bénédictions
  • Processions
  • Messe
  • Chants
  • Neuvaines
Ex voto :
  • Cire
    Des cierges sont signalés.
  • Autre (XVIIIe siècle)
    François Macé mentionne des cœurs accrochés aux murs (1785) et des maquettes de bateaux réalisées par des marins.
  • Métal (XVIIIe siècle)
    La reine de France Marie-Antoinette (1774-1792) envoya une statue de la Vierge en argent comme ex-voto. Cet ex-voto a disparu à la Révolution.
  • Tableau (1741)
    En 1741, une fillette de treize ans serait restée vivante pendant vingt-cinq heures sous les décombres de l’éboulement de sa maison. Ses parents offrirent alors un ex-voto à Notre-Dame de Bon-Secours sous forme de tableau.
Confrérie(s) :
  • Confrérie de la Présentation (?)
    En 1637, le chanoine Charron mentionna cette confrérie comme « fort ancienne ».
  • Confrérie Sainte-Anne
    Une seconde confrérie, dédiée à sainte Anne, fut fondée dans la chapelle de Bon-Secours. Ses membres reçurent une indulgence plénière en 1664.
Indulgence(s) :
  • Plénière (1664)
    Les membres de la confrérie Sainte-Anne reçurent une indulgence plénière en 1664 ; ils pouvaient l’obtenir en venant prier dans la chapelle le jour de la Sainte-Anne (26 juillet). Selon Georges Provost (1998, p. 298), la chapelle Notre-Dame de Bon-Secours de Nantes fut l'un des rares sanctuaires de Haute-Bretagne à recevoir une telle indulgence à l’époque moderne.
Compléments sur le culte :

L'ÉDIFICE

Description :
La toute première chapelle (1443-1444) consistait en un modeste bâtiment de dix-sept mètres de long sur deux de large et cinq de hauteur. Tombée en ruine au milieu du XVIIIe siècle, elle fut reconstruite entre 1776 et 1780 dans un style classique assez sobre. Elle consistait en un corps de bâtiment carré de trente-sept mètres sur trente-cinq, surmonté d’un fronton et d’un clocheton. Confisquée comme bien national en 1796, elle n’est plus affectée au culte catholique. Ses frontons et clochetons ont été supprimés, mais la façade présente encore des traces de son architecture originelle. L’édifice sert aujourd’hui d’immeuble d’habitation au croisement du quai Turenne et de la rue de Bonsecours (cf. http://myopenweek.com/fr/monuments/Chapelle-Notre-Dame-de-Bonsecours-ancienne--28485_1#prettyPhoto). L’ancienne chapelle a été inscrite Monument Historique en 1984.
Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
    Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :

      HISTOIRE DU SANCTUAIRE

      Origines :
      Date de première mention : 1443
      Initiative de la fondation :
      • Groupe de fidèles
      Environnement institutionnel, politique et religieux :
      La chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours de Nantes fut construite en 1443-1444 par les pêcheurs de l’île de la Saulzaie, qui n’avaient pas de lieu de culte à proximité de leur travail.
      Phases d'évolution :

      Même si la fabrique de l’ancienne chapelle a conservé peu d’archives, la fin de l’Ancien Régime semble avoir vu un culte très dynamique. Les membres de la confrérie Sainte-Anne reçurent l’indulgence plénière (1664), et les rois de France, de Louis XIII à Louis XVI, favorisèrent le sanctuaire, notamment par l’entretien ou la restauration de la statue de Notre-Dame-de-Bon-Secours. Celle-ci fut d’ailleurs refaite dans la première moitié du XVIIIe siècle. Une « foule extraordinaire » fut mentionnée dans un rapport au roi en 1721, et la chapelle fut entièrement reconstruite en 1776-1780. Une quinzaine d’années plus tard, elle fut vendue comme bien national. Le culte de Notre-Dame de Bon-Secours fut alors déplacé dans l’église Sainte-Croix (voir fiche Notre-Dame de Bon-secours n°2).

      La première phase (1444 - milieu XVIIIe s.) du pèlerinage fut celle d’une piété de pêcheurs et de commerçants venus adorer ou remercier la Vierge dans une chapelle fluviale et mitoyenne de leur lieu de travail. Sa renommée fut cependant telle que le culte fut entretenu par les derniers Bourbons. Vinrent ensuite les travaux de transformation de l’île Feydeau (tout au long du XVIIIe s.) qui contribuèrent à transformer le faubourg insulaire et presque sauvage de l’île de la Saulzaie en quartier d’habitation doté de quais. Puis le déplacement du culte de Notre-Dame de Bon-Secours dans l’église Sainte-Croix (début XIXe s.) acheva d’en faire un pèlerinage de contexte urbain.

      Evénements marquants :
      • Construction (1443-1444)
        La chapelle Notre-Dame de Bon-Secours fut construite en 1443-1444.
      • Fabrication de l'objet de dévotion (XVIIIe siècle)
        La Vierge de Bon-Secours la plus ancienne que l’on connaisse date de la première moitié du XVIIIe siècle.
      • Reconstruction (1776-1780)
        La chapelle Notre-Dame de Bon-Secours fut intégralement reconstruite dans le style néo-classique.
      • Fabrication de l'objet de dévotion (1793)
        Entre 1793 et 1796, une nouvelle statue de bois de Notre-Dame de Bon-Secours fut fabriquée pour remplacer l’ancienne, qui avait alors disparu. Cependant, elle disparut à son tour très vite. Elle aurait peut-être été subtilisée par le curé de la paroisse Saint-Jacques de Nantes.
      • Mise à l'abri de l'objet de dévotion (1793)
        La statue de Notre-Dame de Bon-Secours fut mise à l’abri, alors que la chapelle était vendue comme bien national.
      Rayonnement(s) :
      • Diocésain (? -> ?)
        Le culte semble avoir été très dynamique à la fin de l'Ancien régime mais son rayonnement semble néanmoins difficile à caractériser plus précisément.

      RÉFÉRENCES

      Source(s) :
      Bibliographie :
      • PROVOST, G., La fête et le sacré. Pardons et pèlerinages en Bretagne aux XVIIe et XVIIIe siècles, Paris, Le Cerf, 1998.
      • MACÉ, F., VITAL, M., Les pèlerinages en Loire-Atlantique, Nantes, CRDP, 1989, p. 64-73.
      • «Église de Nantes », in La Semaine religieuse, 12 , 1988, p. 265.
      • LAROSE, L., Notre-Dame de Bon-Secours et Sainte-Croix de Nantes, 1949.
      Etude(s) universitaire(s) :
      • PROVOST, G., Le pèlerinage en Bretagne aux XVIIe-XVIIIe siècles, Thèse de doctorat, ss. dir de J. QUENIART, Rennes II, 1995.

      PHOTOGRAPHIES LIÉES

      Objet de dévotion :
      • Ancienne statue de Notre-Dame de Bon-Secours, après 1920
      Edifice :
      • Gravure de l'ancienne chapelle de Bon-Secours - 1778
      Autre :
      • Localisation de Nantes - Maxime Bolard - 2018

      À PROPOS DE L'ENQUÊTE

      Enquêteur :
      • BOLARD / PROVOST Maxime / Georges
      Rédacteur :
      • BOLARD Maxime
      Date de l'enquête :
      1995/2015
      Date de rédaction de la fiche :
      2018
      Etat de l'enquête :
      En cours
      Pour citer cette ficheBOLARD Maxime, « Notre-Dame-de-Bon-Secours n°1 », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
      url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/779/notre-dame-de-bon-secours-n-1, version du 02/10/2018, consulté le 19/12/2018