INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Saint-Patern-(Tro-Breiz)

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Saint-Patern-
Période d'activité :
? - 2018
Commune :
Vannes
Département :
Morbihan
Localisation de Vannes dans le parcours du Tro Breiz

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Vannes
Hameau/Lieu-dit :
Diocèse :
Actuel: Vannes (? - 2018)
Ancien:
Paroisse :
Actuelle: Saint-Patern de Vannes (? - 2018)
Ancienne:
Compléments :
Malgré les bouleversements de la topographie des diocèses français lors de la Révolution, Vannes conserva son siège épiscopal. Correspondant anciennement au comté du Vannetais, le nouveau diocèse de Vannes se confond aujourd’hui avec le département du Morbihan. Étant à l’origine hors de l’enceinte primitive de Vannes, l’église Saint-Patern se trouve désormais en son centre.

Site

Type de site :
Rive de cours d'eau
Altitude :
12 m

Paysage

Type de couvert végétal :
Type de l'habitat :
Ville
Type de proximités :
Abbaye
Axe de circulation
Carrefour
Cours d'eau
Remparts
Compléments :
La ville de Vannes se trouve au centre sud de l'ancien comté qui porte son nom : le Vannetais. À l'époque gauloise, il s'agissait de la capitale de la cité des Vénètes. L'essentiel de la région, dont Vannes, était bretonnante à l'époque moderne. Ce comté (et diocèse) correspond grossièrement à l'actuel département du Morbihan. La ville est traversée par la rivière de la Morle, qui se jette dans le golfe du Morbihan cinq kilomètres plus au sud. Carrefour routier important, la ville fut traversée par l'axe Quimper-Nantes dès l'époque romaine et permettait de joindre Rennes et d'autres villes de moindre importance.

LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Saint-Patern- (? - 2018)
  • Saint-Patern (? - 2018)
Type de lieu de culte :
Eglise paroissiale
Nom du lieu de culte :
Saint-Patern
Saints patrons :
  • Patern de Vannes (? - 2018)
Compléments :
Selon la légende, l’église Saint-Patern aurait été fondée à la fin du Ve siècle à la suite d’un miracle (la fin d’une sécheresse) provoqué par les reliques de saint Patern, alors conservées à la cathédrale. Les reliques refusant de se laisser déplacer, un riche notable offrit une parcelle de terre à la cathédrale, et l’on put enfin les déplacer. En remerciement, la dépouille de Patern fut conservée dans une nouvelle église construite sur cette parcelle. À l’origine, le territoire environnant de Vannes (murailles exceptées) aurait dépendu de cette paroisse hors-les-murs, l’intérieur dépendant de la cathédrale. Du XIe ou XIIe siècle (date située entre 1081 et 1177) et 1430, l’église fut dirigée par un recteur placé sous la tutelle du chapitre cathédral. L’église fut fermée à la Révolution, puis rouverte en 1802. Elle constitue désormais l’une des six églises paroissiales de Vannes.

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Saint Patern
Nature de l'objet :
Relique (= fragment)
Matériau de l'objet :
Vestige corporel
Dimensions de l'objet :
Emplacement :
Église Saint-Patern/Cathédrale Saint-Pierre
Datation de l'objet :
?
Compléments :
Lors des invasions normandes, les reliques de saint Patern furent mises à l'abri dans le Berry à l'abbaye de Déols, puis d'Issoudun (Indre). Ce n'est que sous l'épiscopat de Guéhenoc (1182-1220) qu'un fragment du bras de saint Patern fut rapatrié à la cathédrale. Lors des temporaux du Tro Breiz (cf. fiche Tro Breiz), le chapitre cathédral de Vannes faisait exposer les reliques de saint Patern dans l'église paroissiale éponyme, à deux cents mètres au nord-est de la cathédrale. Exposées sur l'autel du Crucifix ou de la Sainte-Croix, elles consistaient en un buste-reliquaire contenant une petite châsse au niveau de la tonsure et un bras-reliquaire. Le chapitre exposait en même temps deux fragments du crâne et du bras de saint Gwenaël. La fabrique de la paroisse Saint-Patern possédait également des reliques de son saint patron : un buste-reliquaire accompagné d'un fragment de la Vraie Croix. Au tournant des XIVe-XVe siècles, la paroisse n'avait le droit d'exposer ses propres reliques que lors des messes dominicales et des fêtes, afin de ne pas concurrencer les reliques du chapitre et ne pas en détourner les offrandes. C'est pour cette raison que la paroisse et le chapitre furent en procès de 1395 à 1402, procès remporté par le chapitre. Toutes ces reliques furent perdues à la Révolution ; seuls quelques osselets de saint Patern sont encore conservés de nos jours.

LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :
Selon la légende, saint Patern fut le fondateur et premier évêque du diocèse de Vannes (qui est en réalité un siège gallo-romain). On ne sait s’il est natif d’Armorique ou de Grande-Bretagne. Albert Le Grand le fait naître à Poitiers, dans une famille noble. Son père, Petranus, aurait ensuite quitté son épouse pour devenir moine dans un monastère irlandais. Patern fut élevé seul par sa mère et décida de devenir moine comme son père, à l’abbaye Saint-Gildas de Rhuys (Morbihan). Il aurait voyagé en Irlande, Cornwall et au Pays de Galles pour y fonder des monastères. Il fit également un pèlerinage en Terre Sainte, puis le prince Caradoc le fit revenir en Bretagne, à Vannes, où le peuple l’acclama et le choisit pour évêque. À la fin de son épiscopat, Dieu, qui aurait voulu le tenter une dernière fois, provoqua un état de rébellion permanente parmi ses moines. Patern démissionna de sa charge épiscopale et s’exila alors en Gaule, où il mourut et fut enterré. L’église Saint-Patern, toute proche de la cathédrale, aurait été fondée immédiatement après sa mort à la suite d’un miracle (la fin d’une sécheresse). Les habitants de Vannes voulurent ramener son corps en procession pour faire cesser la sécheresse. Le corps étant impossible à soulever et transporter depuis la Gaule, un riche notable de Vannes offrit une parcelle de terre à la cathédrale, et on put enfin le déplacer. Du vivant de Patern, cet homme aurait refusé de lui vendre ce terrain pour qu’il y fonde une église. En remerciement, la dépouille de Patern fut conservée dans une nouvelle église construite sur cette parcelle, aux frais de l’homme riche. Albert Le Grand (1636) précise, au début de sa notice, que l’on connaît trois Patern. Selon lui, le premier aurait vécu au temps du roi légendaire Conan-Mériadec (IVe s.), le deuxième aurait souscrit au Concile de Vannes (465) et le troisième aurait souscrit au concile de Paris (557) en tant qu’évêque de Vannes. Il serait mort vers 590. Albert Le Grand choisit de consacrer sa notice au troisième Patern, pour le faire correspondre chronologiquement aux six évêques fondateurs de Bretagne. Cependant, l’historiographie contemporaine semble avoir choisi le deuxième Patern comme premier évêque. Selon le récit traditionnel, l’église fut détruite par les Normands avant d’être reconstruite au XIe siècle. Au nom d’une tradition ancienne fondée sur quelques mentions médiévales d’un « pèlerinage des Sept Saints de Bretagne » ou « circuitus Britanniae », Vannes fut, à la fin du XIXe siècle, intégrée au pèlerinage du Tro Breiz, dont le concept fut ressuscité par l’abbé Luco en 1874 (cf. fiche Tro Breiz). Le pèlerinage du Tro Breiz (« tour de Bretagne » en breton) est consacré aux évêques fondateurs des sept évêchés les plus occidentaux de Bretagne (excluant Rennes et Nantes). Ces « Sept Saints » seraient venus du Pays de Galles aux Ve-VIe siècles pour fonder leurs évêchés respectifs : Malo (ou Maclou) à Saint-Malo, Samson à Dol, Patern à Vannes, Corentin à Quimper, Tugdual à Tréguier, Paul-Aurélien à Saint-Pol-de-Léon et Brieuc à Saint-Brieuc. Selon les historiens promoteurs du Tro Breiz aux XIXe-XXe siècles, ce pèlerinage consistait en une boucle d’environ sept cents kilomètres reliant les sept évêchés, que les pèlerins mettaient un mois à parcourir dans le sens de leur choix et en partant de n’importe quel endroit, pourvu qu’ils y reviennent à l’arrivée. La pratique renaît, sous une forme collective et fractionnée (en reliant deux cathédrales par an), en 1994, impliquant des milliers de participants. Cependant, Jean-Christophe Cassard (1996) qualifia ce pèlerinage de « mirage historiographique », affirmant que malgré l’existence d’un culte voué aux « Sept Saints » (qui ne sont pas toujours les fondateurs des évêchés), la pratique d’une telle pérégrination ne concerna que « quelques individus un peu marginaux ». André-Yves Bourgès (2016) nuance le propos en avançant qu’au XIIe siècle, les évêques de Dol, qui revendiquaient un statut métropolitain que la papauté leur dénia en 1199, auraient pu encourager un éphémère culte des « Sept Saints de Bretagne » afin de justifier l’unité religieuse de la Bretagne face aux prétentions de l’archevêché de Tours.
Miracles :
L’église Saint-Patern, toute proche de la cathédrale, aurait été fondée juste après la mort de son saint patron, à la suite d’un miracle (la fin d’une sécheresse) provoqué par ses reliques. La plupart des miracles rapportés par Albert Le Grand (1636) ne sont pas de nature thérapeutique, mais plutôt punitive. Un prince de Galles nommé Malgonus aurait confié un vase rempli d’or à Patern pour le tenter, lui demandant de le lui restituer après un combat. Quand Patern le lui rendit, le vase ne contenait plus que de la terre et du sable. Soumis à l’ordalie par le prince, Patern sortit indemne, tandis que le prince se brûla et devint aveugle ; ce n’est que par la prière de Patern qu’il guérit. Un autre prince, nommé Arthur, voulut voler à Patern la chasuble dorée offerte par le patriarche de Jérusalem. Alors qu’il entra dans son monastère, la terre s’ouvrit sous ses pieds et le retint prisonnier. Encore une fois, ce n’est que par la prière de Patern et après repentance qu’il fut libéré. Enfin, un moine de Samson, évêque de Dol, convainquit son maître de tenter Patern pour savoir si, en tant qu’évêque de Vannes, il reconnaîtrait l’évêque de Dol comme son supérieur métropolitain. En toute humilité, Patern reconnut la supériorité de Samson et ses successeurs, et le moine en question fut pris de violentes convulsions, avant d’être guéri par Patern.

 

Type(s) de motivation :
  • Action de grâce
  • Piété
  • Voeu
Recours :
  • Thérapie
  • Biens de la terre
Compléments :
L’église Saint-Patern, toute proche de la cathédrale, aurait été fondée juste après la mort de son saint patron, à la suite d’un miracle (la fin d’une sécheresse) provoqué par ses reliques.
Jour(s) de fête :
  • 21 mai
Type de fréquentation :
Continu
Compléments sur les fréquentations :
Selon l’historiographie qui s’y attache, le Tro Breiz médiéval pouvait s’effectuer à quatre moments de l’année nommés « temporaux » : Pâques, Pentecôte, Saint-Michel (29 septembre) et Noël. Le pèlerinage, durant environ un mois, commençait alors quinze jours avant l’une des fêtes en question, et se terminait quinze jours après. Pendant toute la durée de ces temporaux, les fabriques des églises cathédrales étaient censées exposer les reliques de leur saint fondateur. Bien que l’abbé Luco (1874) ait parlé de « foules considérables jetées sur tous les chemins » par ce pèlerinage, Jean-Christophe Cassard (1996) parle plutôt d’un phénomène marginal, qui, au XVIe siècle, avait presque disparu. Luco extrapolait à partir des offrandes reçues par le tronc de l’église paroissiale Saint-Patern en 1400, montant à cent livres : il considérait que si chaque pèlerin avait versé une obole, cela aurait fait trente à quarante mille pèlerins au cours d’une année. Cependant, rien ne prouve qu’il ne se soit pas agi d’un tronc lié à la dévotion locale de saint Patern, non lié au Tro Breiz. Dans la version actuelle du Tro Breiz, proposée par l’Association des Chemins du Tro Breiz, une étape d’une semaine environ est parcourue chaque été, au tournant des mois de juillet et août. Selon les organisateurs, environ mille cinq cents personnes y participent, tandis qu’à peu près le même nombre de pèlerins le font indépendamment de l’association le reste de l’année. Vannes fut ville étape aux étés 1999-2000, 2007-2008 et 2014-2015.
Pratiques individuelles :
  • Prières
  • Dons
  • Voeux
Pratiques en présence du clergé :
  • Processions
  • Imposition de reliquaire
  • Office liturgique
  • Chants
  • Pèlerinage
Ex voto :
  • Cire
    De nombreux cierges sont déposés dans le sanctuaire.
Confrérie(s) :
  • Fraternités du Tro Breiz (1995)
    Dans le but de permettre aux pèlerins de continuer à se voir en dehors des Marches de l’été, des Fraternités du Tro Breiz ont été créées par l’Association des Chemins du Tro Breiz. Au nombre de neuf aujourd’hui, la Bretagne en compte cinq : Saint-Samson et Saint-Malo ont été regroupées pour les pèlerins habitant autour de Dol et Saint-Malo. La Fraternité Sainte-Geneviève fut créée pour les Parisiens, Saint-Martin pour l’Auvergne, Saint-Emilion pour l’Aquitaine et Saint-Donatien et Saint-Rogatien pour la Loire-Atlantique. Selon le Père de Lafforest, aumônier de l’Association, « le but est de continuer dans l'esprit du Tro Breiz à nous retrouver, un dimanche, de marcher entre divers sanctuaires, de prendre ensemble un repas, et des photos ! Entretenir cet "esprit" de nos marches d'été, approfondir la connaissance de l'histoire par la rencontre de lieux signifiants et des habitants du pays » (http://www.trobreiz.com/fraternites-bevit-er-vreudeuriezh-les-fraternites-du-tro-breiz-pxl-42_70.html [15.05.2018]).
Indulgence(s) :
    Compléments sur le culte :
    D’après J. de la Martinière (1925), les reliques de saint Patern appartenant au chapitre cathédral furent exposées à chaque temporal du Tro Breiz, selon le principe de la « ferme » ; un clerc vannetais obtenait la ferme des reliques aux enchères. Une fois payée cette ferme au chapitre, il recevait pour lui tout le bénéfice des offrandes pérégrines. Ce sont donc en premier lieu les « fermiers » du chapitre qui furent aux prises avec les paroissiens de Saint-Patern lors du procès de 1395-1402, car les reliques exposées par ces derniers drainaient – au grand dam des fermiers – une partie des dons des fidèles. Au plus fort de cette crise, les paroissiens gardèrent les portes de l’église fermée et les pèlerins se contentèrent de jeter leurs aumônes par les fenêtres.

    L'ÉDIFICE

    Description :
    L'église Saint-Patern primitive aurait été détruite au IXe ou Xe siècle par les invasions normandes. Elle fut reconstruite dans le style roman au XIe siècle. Cette deuxième église, fragilisée par plusieurs tempêtes, a été intégralement reconstruite aux XVIIIe-XIXe siècles. Le gros-œuvre a été construit de 1727 à 1737 dans le style baroque : nef à trois vaisseaux de cinq travées, transept légèrement saillant dont les deux murs pignons forment des absides à trois pans, et chœur rectangulaire. Les deux travées occidentales de la nef et la tour ont été rajoutées de 1769 à 1826 (les travaux ont pris beaucoup de retard). Le chœur fut élargi de deux chapelles latérales au nord et au sud, et prolongé par une sacristie rectangulaire de 1922 à 1925. L'église a connu plusieurs phases de restauration de sa toiture : 1839-1844, 1878-1882 et 1972-1973. Après son inscription à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques en 2005, elle fut entièrement restaurée (2006-2008).
    Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
      Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :

        HISTOIRE DU SANCTUAIRE

        Origines :
        Date de première mention : 1081
        Initiative de la fondation :
        • Laïc isolé
        Environnement institutionnel, politique et religieux :
        Les origines du culte de saint Patern sont mal connues. La rédaction de sa Vita et la reconstruction de l’église Saint-Patern au XIe siècle, puis le rapatriement de ses reliques vers 1200 sont les témoins d’un culte dynamique. Les enjeux financiers mis en évidence par le procès entre le chapitre de Vannes et la paroisse Saint-Patern (1395-1402) montrent l’affluence de nombreux dons qui traduisent peut-être, mais sans certitude, l’intégration dans le « pèlerinage des Sept Saints de Bretagne », car les pièces du procès ne précisent pas l’origine géographique des pèlerins. Selon Georges Provost (2013), aucun évêque-fondateur breton ne connut un regain de son culte aux époques moderne et contemporaine, à part saint Corentin de Quimper, à l’échelle de la Cornouaille. Depuis 1994 cependant, la cathédrale de Vannes et l’église Saint-Patern se trouvent incluses dans le parcours proposé par l’Association des Chemins du Tro Breiz. Cette première boucle partie de Quimper à l’été 1994 a été clôturée dans cette même ville en 2000. Vannes fut ville étape aux étés 1999-2000, 2007-2008 et 2014-2015. Toutefois, la dévotion à la figure-même de saint Patern occupe une place limitée dans cette relance du pèlerinage, les « Sept Saints de Bretagne » faisant l’objet d’une vénération commune.
        Phases d'évolution :
        Evénements marquants :
        • Construction (Ve siècle)
          Selon la légende, l’église primitive Saint-Patern de Vannes aurait été construite vers la fin du Ve siècle, peu de temps après la mort de Patern.
        • Invasion (Xe siècle)
          L’église primitive Saint-Patern aurait été détruite par les Normands au IXe ou Xe siècle.
        • Oeuvre hagiographique (XIe siècle)
          La Vita Paterni fut écrite au XIe siècle.
        • Reconstruction (XIe siècle)
          L’église Saint-Patern fut reconstruite dans le style roman au XIe siècle.
        • Translation (1200)
          À la fin du XIIe siècle, l’évêque Guéhénoc fit revenir un bras de saint Patern de l’abbaye d’Issoudun (Indre). Cela donna lieu à la rédaction d’une Descriptio Reliquiarum (vers 1200).
        • Procès (1395-1402)
          Le chapitre cathédral de Vannes fut en procès avec la fabrique de l’église Saint-Patern, car les membres de cette dernière réclamèrent le droit d’exposer leurs propres reliques de saint Patern dans leur église. À l’inverse, ils voulurent interdire aux membres du chapitre d’y exposer les leurs. Le chapitre sortit vainqueur de ce bras de fer juridique. Il s’agit de la première attestation du pèlerinage des Sept Saints de Bretagne à Vannes, et de la première mention originale du terme Tro Breiz (tour de Bretagne) : « peregrinacionem septem sanctorum Britaniae, que vulgaliter vocatur trobreiz, quod latine dicitur circuitus Britanie » (fol. 46 r).
        • Oeuvre hagiographique (1636)
          Dans sa Vie des saints de la Bretagne Armorique, Albert Le Grand rédigea et enrichit les Vitae des sept saints saints fondateurs de la Bretagne, ainsi que de nombreux autres saints bretons. Cependant, il ne fait aucune mention du Tro Breiz, et les notices des « Sept Saints » ne sont pas regroupées.
        • Reconstruction (1727-1737)
          Fragilisée par plusieurs tempêtes, l’église romane Saint-Patern fut entièrement reconstruite dans le style baroque. Son clocher ne fut achevé qu’en 1826.
        • Reprise du pèlerinage (1874)
          L’abbé Luco créa la relance du pèlerinage dit des « Sept Saints de Bretagne » en publiant un article intitulé « Pèlerinage du Tro-Breiz » dans le Bulletin de la Société Polymathique du Morbihan (p. 27-32).
        • Reprise du pèlerinage (1994)
          Après l’échec de plusieurs tentatives de restauration du pèlerinage du Tro Breiz depuis la fin du XIXe siècle, Philippe Abjean et le père Dominique de Lafforest créèrent l’Association des Chemins du Tro Breiz en 1994. Cette entreprise connut alors un succès qui ne cesse de croître. Cette première « boucle » partie de Quimper à l’été 1994 a été clôturée dans cette même ville à l’été 2000. Elle fut également ville étape aux étés 2008-2009 et 2015-2016.
        Rayonnement(s) :
        • Local (? -> 1994)
          Avant la relance du Tro Breiz en 1994, saint Patern connut un culte à l’échelle locale, comme les six autres évêques fondateurs de Bretagne. Cependant, les quelques mentions du pèlerinage des Sept saints de Bretagne aux XIVe-XVe siècles laissent penser qu’il a pu avoir une audience plus large, peut-être régionale.
        • National (1994 -> 2018)
          Les statistiques officielles de l’Association des Chemins du Tro Breiz font état d’environ 60% de pèlerins Bretons et de 40% venus du reste de la France, parfois même de l’étranger.

        RÉFÉRENCES

        Source(s) :
        Bibliographie :
        • TRANVOUEZ, Y., Catholiques en Bretagne au XXe siècle, Rennes, PUR, 2006, p. 223-226.
        • PROVOST, G., La fête et le sacré. Pardons et pèlerinages en Bretagne aux XVIIe et XVIIIe siècles, Paris, Le Cerf, 1998.
        • CASSARD, J.-C., «Le Tro Breiz médiéval : un mirage historiographique ? », in G. MILIN et P. GALLIOU (dir.), Hauts lieux du sacré en Bretagne (KREIZ 6, Etudes sur la Bretagne et les pays celtiques), Brest, CRBC, 1997, p. 93-119.
        • MENDÈS, C., Au sujet du Tro Breiz, Rennes, chez l'auteur (2e éd. augmentée, 1991), 1978.
        • LE ROY, F., Tro-Breiz : le pèlerinage des sept saints de Bretagne, Paris, Librairie celtique, 1950.
        • DE LA MARTINIÈRE, J., «Le Tro-Breiz à Vannes au XIVe siècle. Conflit entre le chapitre et les paroissiens de Saint-Patern », in Mémoires de la Société d'Histoire et d'Archéologie de Bretagne, 6 , 1925, p. 157-188.
        • OHEIX, A., «Le culte des Sept Saints de Bretagne au Moyen Âge (notes et documents) », in Bulletin de la Société d'Emulation des Côtes du Nord, 49 , 1911, p. 11-22.
        • TRÉVEDY, J.-T., «Les Sept Saints de Bretagne et leur pèlerinage  », in Bulletin archéologique de l'Association Bretonne, Congrès de Rennes, 1897, p. 112-167.
        • LE MENÉ, J.-M., Topographie historique de Vannes, Galles, Vannes, 1897.
        • LE MOYNE DE LA BORDERIE, A., Saint Paterne, premier évêque de Vannes : sa légende, son histoire, Vannes, Lafolye, 1892.
        • LUCO (abbé), «Pèlerinage de Tro-Breiz  », in Bulletin de la Société Polymathique du Morbihan, 1874, p. 27-32.
        • ALBERT LE GRAND, Vie des saints de la Bretagne Armorique, éd. D. L. MIORCEC DE KERDANET, Anner et Fils (Brest), Isidore Perron (Paris), 1837.
        Etude(s) universitaire(s) :
        • PROVOST, G., Le pèlerinage en Bretagne aux XVIIe-XVIIIe siècles, Thèse de doctorat, ss. dir de J. QUENIART, Rennes II, 1995.

        PHOTOGRAPHIES LIÉES

        Objet de dévotion :
        Edifice :
        Autre :
        • Localisation de Vannes dans le parcours du Tro Breiz - Maxime Bolard - 2018

        À PROPOS DE L'ENQUÊTE

        Enquêteur :
        • BOLARD / PROVOST Maxime / Georges
        Rédacteur :
        • BOLARD Maxime
        Date de l'enquête :
        1995/2018
        Date de rédaction de la fiche :
        2018
        Etat de l'enquête :
        En cours
        Pour citer cette ficheBOLARD Maxime, « Saint-Patern-(Tro-Breiz) », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
        url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/774/saint-patern-, version du 14/09/2018, consulté le 20/11/2018