INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

Retour à la liste des sanctuaires

Notre-Dame-de-la-Peinière

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Notre-Dame-de-la-Peinière
Période d'activité :
? - 2018
Commune :
Saint-Didier
Département :
Ille et Vilaine
Localisation de Saint-Didier

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Saint-Didier
Hameau/Lieu-dit :
La Peinière
Diocèse :
Actuel: Rennes-Dol-Saint-Malo (1791 - 2018)
Ancien: Rennes (? - 1791)
Paroisse :
Actuelle: Saint-Goulven-près-la-Peinière (XXe siècle - 2018)
Ancienne: Saint-Didier (? - XXe siècle)
Compléments :
Malgré les bouleversements de la topographie des diocèses bretons lors de la Révolution, la Peinière dépendit toujours du diocèse de Rennes (dit de « Rennes-Dol-Saint-Malo » depuis 1880). Ayant toujours dépendu de la paroisse Saint-Didier, le sanctuaire relève désormais de la paroisse Saint-Goulven-près-la-Peinière, qui regroupe treize paroisses originellement indépendantes et dont l’église-mère se trouve à Châteaubourg.

Site

Type de site :
Colline
Altitude :
61 m

Paysage

Type de couvert végétal :
Bois
Type de l'habitat :
Hameau
Type de proximités :
Axe de circulation
Cours d'eau
Compléments :
La Peinière se trouve près de la limite orientale de la Bretagne francophone, entre Vitré et Rennes. Le hameau est situé à deux kilomètres au nord-est de Saint-Didier, et à deux kilomètres à l’est de la petite ville de Châteaubourg. Le sanctuaire se trouve adossé à une petite colline qui se dresse au sud de la Vilaine. L’axe ferroviaire Paris-Brest passe à proximité du site : il est possible d’apercevoir le clocher de la chapelle depuis la voie ferrée. La gare la plus proche se trouve aux Lacs, en direction de Vitré. La RN 157 (Rennes-Paris) passe également à proximité du site.

LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Notre-Dame-de-la-Peinière (? - 2018)
Compléments :
Le hameau de la Peinière tire probablement son nom de l’activité textile. Il s’agissait sans doute d’un lieu où l’on peignait la laine, le chanvre ou le lin. Une explication « naïve et pieuse » affirma plutôt que le nom serait lié au fait que la Vierge console ceux qui sont dans la peine (Poisson, 1958, p. 3).
Type de lieu de culte :
Chapelle
Nom du lieu de culte :
Notre-Dame
Saints patrons :
  • Vierge Marie (? - 2018)
Compléments :
La chapelle Notre-Dame de la Peinière est mentionnée pour la première fois en 1534 comme appartenant aux seigneurs du Val. Avant le regroupement des paroisses environnant Châteaubourg, elle dépendait de la paroisse Saint-Didier. Grâce au renom de son pèlerinage, elle fut reconstruite à deux reprises à un demi-siècle d’intervalle (1839-1840, puis 1895-1900). La présence eucharistique y fut autorisée en 1875. Le sanctuaire est géré par le clergé local, sous la responsabilité d’un prêtre qui a le titre de recteur.

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Notre-Dame de la Peinière
Nature de l'objet :
Statue
Matériau de l'objet :
Bois
Dimensions de l'objet :
Emplacement :
Chœur de l’église
Datation de l'objet :
XVIe siècle
Compléments :
Selon la légende, la statue de Notre-Dame de la Peinière aurait été fabriquée par un ermite vivant dans les environs. Abandonnée dans un champ, elle fut retrouvée par un paysan nommé Chopin, qui aurait butté dessus avec le soc de sa charrue. De dimension réduite (environ 40 cm de haut), la statue daterait du milieu du XVIe siècle. Le type de voile qui la couvre aurait été à la mode du temps de Catherine de Médicis, reine de France (1547-1559), puis reine-mère (1559-1589). Il s’agit d’une Vierge en bois doré se tenant debout dans une position de retrait. Elle ferme les yeux et baisse la tête légèrement vers sa gauche. Ses bras sont croisés sur sa poitrine et sa main gauche retient sa cape. Une réplique de cette statue fut fabriquée en 1877. Selon l’abbé Poisson (1958), il ne resterait de la statue originale que la tête et le buste. Une grande réplique de cette statue fut réalisée en 1920 pour couronner le clocher de la chapelle. Les deux petites statues ont été couronnées en 1926. La couronne de l’originale est faite d’or pur serti de topazes, tandis que la seconde fut fabriquée avec des matériaux de moindre valeur. C’est habituellement la statue originale qui est portée en procession.

LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :
Selon la légende, la statue de Notre-Dame de la Peinière aurait été fabriquée par un ermite vivant dans les environs. Abandonnée dans un champ, elle fut retrouvée par un paysan nommé Chopin, qui aurait butté dessus avec le soc de sa charrue. Chopin emporta la statue chez lui le soir. Le lendemain, la statue avait disparu de chez lui et se trouvait près de la fontaine de l’ermite. Il ramena la statue chez lui et le scénario se reproduisit. Chopin en avertit cette fois-ci le recteur de Saint-Didier.
Miracles :
De nombreux miracles et guérisons ont été attribués à Notre-Dame de la Peinière depuis la période révolutionnaire, essentiellement à partir de la seconde moitié du XIXe siècle. Le plus frappant d’entre eux fut sans doute la guérison de la Rennaise Guillemette-Marie Boyet (1878). Régulièrement suivie par son médecin pendant huit ans pour un zona suppurent et virulent au bras gauche et à toute la partie gauche du thorax, elle fut instantanément et définitivement guérie après un pèlerinage au sanctuaire de la Peinière. Outre les guérisons, une femme de Nogent-sur-Marne d’origine bretonne confia plusieurs médailles de Notre-Dame de la Peinière à des militaires au cours de la Seconde Guerre mondiale. Elle-même et ces soldats survécurent à plusieurs batailles ou bombardements mortels (Abbé Poisson, 1977, p. 30-41).
Type(s) de motivation :
  • Action de grâce
  • Piété
  • Voeu
Recours :
  • Voeu
  • Thérapie
  • Libération des prisonniers
  • Autre
Compléments :
Les recours à Notre-Dame de la Peinière sont essentiellement thérapeutiques. Cependant, de nombreux cas attestent d’une plus grande diversité des recours. Un certain Croizé fut emmené par les Révolutionnaires pour être jugé à Rennes. Après s’être recommandé à la Vierge Marie, c’est d’extrême justesse qu’il échappa à la condamnation à mort. Perrine Eluère, de Rennes, pria la Vierge de la Peinière pour entrer chez les carmélites ; il lui manquait de quoi financer sa dot de six cents francs. Finalement exaucée en 1839, elle prit le voile sous le nom de Sœur Marie de Saint Pierre. L’abbé Huchet, recteur de Saint-Didier (1871-1900) dit lui-même avoir obtenu les mille francs qui manquaient pour terminer la seconde chapelle de la Peinière à la suite d’un vœu (vers 1900). Enfin, les nombreux ex-voto militaires montrent que de nombreux soldats des deux guerres mondiales ont invoqué la Vierge de la Peinière.
Jour(s) de fête :
  • Assomption
Type de fréquentation :
Continu
Compléments sur les fréquentations :
Les principales fêtes du sanctuaire de la Peinière ont lieu à l’Assomption (15 août) et à la Nativité de la Vierge (8 septembre). Aujourd’hui, le rassemblement principal a lieu le deuxième dimanche de septembre, où se célèbre à la fois le pèlerinage et la « rentrée » de l’année pastorale du diocèse. La fête de Notre-Dame de Fatima y est également marquée.
Pratiques individuelles :
  • Cire
  • Prières
  • Dons
  • Actions de grâce
  • Voeux
  • Pèlerinage
Pratiques en présence du clergé :
  • Bénédictions
  • Confessions
  • Processions
  • Messe
  • Chants
  • Neuvaines
  • Pèlerinage
Ex voto :
  • Autre
    Lors de la reconstruction de la chapelle en 1839-1840, Croizé, miraculé de la période révolutionnaire, finança le dallage et la toiture d’ardoise du nouvel édifice. En faisant le vœu de devenir carmélite, la Rennaise Perrine Eluère remercia la Vierge par avance en laissant ses outils de couturière dans l’oratoire. De nombreuses Légions d’Honneur, Croix de Guerre et médailles militaires (regroupées sur un seul panneau en 1971) montrent que de nombreux soldats ont invoqué la Vierge de la Peinière lors des derniers conflits. Le lieutenant-aviateur Porteu de la Morandière y laissa-même des débris de son avion après être sorti indemne d’une chute de plus de quatre mille mètres en août 1918. Enfin l’abbé Poisson (1898-1977) mentionne que de son temps, de nombreuses jeunes mariées venaient déposer un bouquet de fleurs au pied de la statue de Notre-Dame.
  • Cire (?)
    Des cierges ou bougies sont déposés depuis le XIXe s. et jusqu'à nos jours.
  • Texte gravé
    De nombreuses plaques de marbre, depuis le XIXe s. jusq'à nos jours, sont accrochées aux murs de la chapelle.
  • Béquille (XIXe siècle)
    De nombreux bâtons de pèlerins et béquilles sont mentionnés avant 1840 ; l’oratoire devenait trop petit pour accueillir les ex-voto qui s’accumulaient principalement sous cette forme.
Confrérie(s) :
    Indulgence(s) :
    • Partielle 40 j. (1831)
      L’évêque de Rennes accorda une indulgence de quarante jours au sanctuaire en 1831.
    • Plénière (1864-1884)
      Le pape Pie IX accorda une indulgence plénière aux pèlerins de Notre-Dame de la Peinière. Cette indulgence étant valable dix ans, il la renouvela en 1874, avant que son successeur Léon XIII ne fasse de même en 1884.
    • Partielle 200 j. (1920)
      L’archevêque de Rennes Mgr Dubourg accorda une indulgence de deux cents jours au sanctuaire à l’occasion de l’inauguration de la statue de la Vierge au-dessus du clocher de la chapelle.
    Compléments sur le culte :

    L'ÉDIFICE

    Description :
    Succédant à un modeste oratoire et à une chapelle construite un demi-siècle plus tôt (cf. http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo257863), la chapelle du pèlerinage à Notre-Dame de la Peinière fut construite de 1895 à 1900, suivant un plan très particulier (cf. https://messes.info/lieu/35/saint-didier/sanctuaire-notre-dame-de-la-peiniere). L’essentiel de la nef consiste en un octogone de treize mètres de diamètre, flanqué de trois absidioles au nord comme au sud. Une petite avant-nef surmontée d’un fronton constitue le portail occidental. A l’est, l’octogone est prolongé par la tour du clocher, à base carrée et au toit pyramidal. Le transept est formé de deux modestes travées de part et d’autre de la tour. Une abside semi-circulaire (le chœur) prolonge la tour à l’Est. En raison du dénivelé du terrain, on accède au portail par un double escalier et l’aménagement du sol de la chapelle a nécessité de nombreux travaux de terrassement. Construit dans le style néo-roman, l’ensemble (octogone et tour carrée) pourrait avoir été inspiré par l’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul d’Ottmarsheim (Haut-Rhin), datant du XIe siècle. La chapelle de la Peinière fut inscrite à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques en 1992.
    Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
    • Autel en plein air (1956)
      Un podium fut construit à cent cinquante mètres à l’ouest de la chapelle, sur un terrain capable d’accueillir huit mille personnes. De plan trapézoïdal, il mesure douze mètres de profondeur, dix-sept mètres de large à son grand côté (tourné vers la foule), et douze mètres au petit côté.
    Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :

      HISTOIRE DU SANCTUAIRE

      Origines :
      Date de première mention : 1534
      Initiative de la fondation :
      • ?
      Environnement institutionnel, politique et religieux :
      Phases d'évolution :
      Jusqu’aux années 1830, le pèlerinage de Notre-Dame de la Peinière fut ce que Georges Provost appelle un « pèlerinage de pays », c’est-à-dire un sanctuaire n’attirant que des fidèles des paroisses limitrophes. Encouragé par le diocèse de Rennes grâce à une indulgence donnée en 1831, le pèlerinage déborda de son cadre local et le petit oratoire devint trop exigu pour accueillir les fidèles et accumuler les nombreux ex-voto. Une chapelle fut construite à sa place (1839-1840). À partir de 1844, le pardon de la Peinière fut de plus en plus souvent présidé par les évêques (puis archevêques) de Rennes. Les miracles de toute nature se multiplièrent. Le pape Pie IX dota le sanctuaire d’une indulgence plénière en 1864, renouvelée en 1874 et 1884. La chapelle construite en 1840 ne suffisait plus et une nouvelle chapelle fut édifiée à sa place, de 1895 à 1900. Une nouvelle statue de Notre-Dame fut fabriquée à l’image de l’originale en 1877. Les deux statues furent couronnées au pardon de 1926. Un podium destiné à accueillir les messes en plein air fut construit en 1956. Au cours du XXe siècle, le pardon du 8 septembre attira régulièrement plus de cinq mille personnes. En 2015, il en attirait encore quatre mille. De plus, l’ouvrage de l’abbé Poisson Notre-Dame de la Peinière fut édité à six reprises entre 1958 et 1977. Il s’agit actuellement du plus important pèlerinage de l’archidiocèse de Rennes.
      Evénements marquants :
      • Fabrication de l'objet de dévotion (XVIe siècle)
        Selon l’abbé Poisson (1958), la statue de Notre-Dame de la Peinière fut fabriquée au milieu du XVIe siècle.
      • Reconstruction (1839-1940)
        L’oratoire de la Peinière devenant trop exigu, une chapelle fut construite à sa place.
      • Pèlerinage (1874-1875)
        L’archevêque de Rennes organisa une « croisade de prière pour la paix de l’Église et le salut du pays », qui eut lieu à Notre-Dame de la Peinière. Celui-ci fut répété l’année suivante.
      • Fabrication de l'objet de dévotion (1877)
        Une nouvelle statue de Notre-Dame de la Peinière fut fabriquée en 1877 sur le modèle de l’originale.
      • Reconstruction (1895-1900)
        La chapelle construite en 1840 devenant elle-même trop exiguë, une nouvelle chapelle beaucoup plus vaste fut construite de 1895 à 1900.
      • Pèlerinage (1905)
        Les paroisses de Rennes organisèrent un pèlerinage à la Peinière. Elles offrirent au sanctuaire une croix de procession et une bannière.
      • Couronnement de la statue (1926)
        La statue de Notre-Dame de la Peinière fut couronnée lors du pardon de 1926. Les festivités attirèrent environ cinquante mille personnes.
      Rayonnement(s) :
      • Local (? -> 1830)
        Jusqu’aux années 1830, le pèlerinage de Notre-Dame de la Peinière fut ce que Georges Provost appelle un « pèlerinage de pays », c’est-à-dire un sanctuaire n’attirant que des fidèles des paroisses limitrophes.
      • Diocésain (1830 -> 2018)
        Grâce à une indulgence (1831) et à la reconstruction de la chapelle (1839-1840), le pèlerinage de Notre-Dame de la Peinière déborda de son cadre local et fut encouragé par les évêques (puis archevêques) de Rennes. L’abbé Poisson (1958) mentionne de nombreux miraculés originaires de Rennes (située à vingt kilomètres), de l’ensemble de l’Ille-et-Vilaine, mais aussi de la Mayenne toute proche. Il mentionne également un jeune homme venu des Côtes d’Armor.

      RÉFÉRENCES

      Source(s) :
      Bibliographie :
      • PROVOST, G., La fête et le sacré. Pardons et pèlerinages en Bretagne aux XVIIe et XVIIIe siècles, Paris, Le Cerf, 1998.
      • POISSON, H., Notre-Dame de la Peinière (éd. orig. 1958), Châtelaudren, 1977.
      • RENAULT, É., Histoire du pèlerinage de Notre-Dame de la Peinière, paroisse de Saint-Didier, diocèse de Rennes, Rennes, Vatar, 1907.
      Etude(s) universitaire(s) :
      • PROVOST, G., Le pèlerinage en Bretagne aux XVIIe-XVIIIe siècles, Thèse de doctorat, ss. dir de J. QUENIART, Rennes II, 1995.

      PHOTOGRAPHIES LIÉES

      Objet de dévotion :
      Edifice :
      Autre :
      • Localisation de Saint-Didier - Maxime Bolard - 2018

      À PROPOS DE L'ENQUÊTE

      Enquêteur :
      • BOLARD / PROVOST Maxime / Georges
      Rédacteur :
      • BOLARD Maxime
      Date de l'enquête :
      1995/2018
      Date de rédaction de la fiche :
      2018
      Etat de l'enquête :
      En cours
      Pour citer cette ficheBOLARD Maxime, « Notre-Dame-de-la-Peinière », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
      url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/770/notre-dame-de-la-peiniere, version du 14/09/2018, consulté le 24/09/2018