INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Saint-Malo-(Tro_Breiz)

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Saint-Malo-
Période d'activité :
? - 2018
Commune :
Saint-Malo
Département :
Ille et Vilaine
Cathédrale Saint-Vincent

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Saint-Malo
Hameau/Lieu-dit :
Diocèse :
Actuel: Rennes-Dol-Saint-Malo (1791 - 2018)
Ancien: Saint-Malo (? - 1791)
Paroisse :
Actuelle: Saint-Vincent (? - 2018)
Ancienne:
Compléments :
Entre le VIe siècle et 1145, Saint-Malo resortissait au diocèse d'Alet. Puis, siège épiscopal du diocèse qui porte son nom, Saint-Malo fut intégré au diocèse de Rennes (correspondant au département d’Ille-et-Vilaine) en 1791. Depuis 1880, ce diocèse est dit de « Rennes-Dol-Saint-Malo ». Ayant perdu son statut de cathédrale en 1791, l’église Saint-Vincent devint église paroissiale. Elle est actuellement l’une des cinq églises paroissiales de Saint-Malo.

Site

Type de site :
Côte maritime
Altitude :
11 m

Paysage

Type de couvert végétal :
Type de l'habitat :
Ville
Type de proximités :
Abbaye
Axe de circulation
Château
Cours d'eau
Remparts
Compléments :
La ville de Saint-Malo se trouve au nord de la Bretagne francophone, à la pointe ouest de la presqu’île du Clos-Poulet. Cette presqu’île est délimitée par l’estuaire de la Rance à l’Ouest et la baie du Mont-Saint-Michel à l’Est. L’évêché fondé par saint Malo se trouvait à l’origine sur le promontoire fortifié d’Alet, qui servait déjà de capitale à la cité des Coriosolites. Après les invasions normandes, le site d’Alet fut progressivement abandonné pour le rocher sur lequel se trouve l’actuelle citadelle de Saint-Malo, plus au Nord. L’évêché y fut transféré au XIIe siècle.

LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Saint-Malo- (? - 2018)
Compléments :
Le nom de saint Malo (sant Malou en breton) présente plusieurs variantes. Il est couramment appelé Maclou en Normandie, orthographe qui se rapproche le plus de son nom latin Maclovius. Dans le Poitou, où il serait mort, il est couramment appelé Macut (du latin Machutus).
Type de lieu de culte :
Cathédrale
Nom du lieu de culte :
Saint-Vincent
Saints patrons :
  • Vincent (XIIe siècle - 2018)
Compléments :
Selon la tradition, le diocèse d’Alet fut fondé par saint Malo à la fin du VIe siècle. La cathédrale primitive, dédiée à saint Pierre, fut construite sur l’actuelle presqu’île de Saint-Servan, à 1500 m au sud de l’actuelle ville fortifiée de Saint-Malo, alors nommée l’« Ile d’Aaron ». C’est sur cette dernière île que Malo aurait fondé un ermitage pour lui-même. La cathédrale mérovingienne fut remplacée par une cathédrale préromane au IXe ou Xe siècle. Elle fut temporairement abandonnée lors des invasions normandes, vers 920. Au Moyen Âge central, la cité d’Alet fut progressivement désertée pour l’île d’Aaron. En 1146, l’évêque Jean de la Grille transféra officiellement le complexe cathédral dans les bâtiments du monastère présumé de Malo. Le nouveau complexe fut dédié à saint Vincent. En plus de son statut de cathédrale, cette église demeura longtemps la seule paroissiale de la ville. En 1790, l’évêché de Saint-Malo fut supprimé. L’église constitue désormais l’une des cinq paroissiales de la commune de Saint-Malo.

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Reliques de saint Malo
Nature de l'objet :
Relique (= fragment)
Matériau de l'objet :
Vestige corporel
Dimensions de l'objet :
?
Emplacement :
?
Datation de l'objet :
?
Compléments :
Selon sa Vita ancienne, la cathédrale d’Alet possédait la « dextre » (main droite ?) et le chef de saint Malo. Ces reliques furent emportées par les religieux du chapitre quand ils fuirent les invasions normandes au début du Xe siècle, et réparties dans diverses églises et abbayes françaises. Au XIIe siècle, il fut mentionné que l’abbaye Saint-Magloire de Paris possédait son corps. Depuis ce même siècle, la calotte crânienne de Malo est conservée dans l’église Saint-Saulne de Montreuil-sur-Mer (Pas-de-Calais). Georges Provost mentionne qu’en 1670, un bras-reliquaire en argent fut commandé par le chapitre cathédral de Saint-Malo. L’inventaire révolutionnaire de 1790 parle d’une « châsse-reliquaire » en forme d’église contenant des reliques de saint Malo. Ces objets ne sont plus mentionnés après la Révolution.

LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :
Selon ses différentes Vitae, saint Malo aurait vécu dans le cadre chronologique large, allant de la fin du Ve siècle au début du VIIe siècle. Il serait né à Llancarvan (Pays de Galles) et serait entré au monastère dirigé par saint Brendan. Durant sept ans, il aurait navigué avec son maître et d’autres moines gallois à la recherche d’une île merveilleuse. Il entreprit un second voyage en Armorique et accosta à Alet. Il aurait fondé de nombreux monastères sur les îles environnantes pour y installer ses disciples. Lui-même aurait vécu dans un ermitage de l’île d’Aaron, qui devint plus tard la ville fortifiée de Saint-Malo. Il fut nommé évêque d’Alet et, selon son biographe Bili, fut sacré par l’archevêque de Tours. Il demeura évêque durant quarante ans, avant de frapper son église d’interdit et de s’exiler à Saintes (Charente-Maritime). Il leva finalement son interdit et retourna à Saintes pour y mourir. Sa dépouille fut ensuite rapatriée à Alet, où elle aurait provoqué de nombreux miracles. La Vita ancienne de Malo (BHL 5116) fut écrite par le diacre Bili et dédiée à l’évêque Ratuili (866-872). Selon André-Yves Bourgès, elle reprendrait des éléments d’une Vita antérieure (perdue), écrite au tournant des VIIe et VIIIe siècles. Quatre autres Vitae (BHL 5117-5120), un récit de miracle et un récit de translation de reliques furent écrits aux Xe-XIIe siècles, puis le corpus fut repris et enrichi par Albert Le Grand dans sa Vie des saincts de la Bretagne Armorique (1636). Au nom d’une tradition ancienne fondée sur quelques mentions médiévales (non malouines) d’un « pèlerinage des Sept Saints de Bretagne » ou « circuitus Britanniae », l’ancienne cathédrale de Saint-Malo fut à la fin du XIXe siècle intégrée au pèlerinage du Tro Breiz, dont le concept fut ressuscité par l’abbé Luco en 1874 (cf. fiche Tro Breiz). Le pèlerinage du Tro Breiz (« tour de Bretagne » en breton) est consacré aux évêques fondateurs des sept évêchés les plus occidentaux de Bretagne (excluant Rennes et Nantes). Ces « Sept Saints » seraient venus du Pays de Galles aux Ve-VIe siècles pour fonder leurs évêchés respectifs : Malo (ou Maclou) à Saint-Malo, Samson à Dol, Patern à Vannes, Corentin à Quimper, Tugdual à Tréguier, Paul-Aurélien à Saint-Pol-de-Léon et Brieuc à Saint-Brieuc. Selon les historiens promoteurs du Tro Breiz aux XIXe-XXe siècles, ce pèlerinage consistait en une boucle d’environ sept cents kilomètres reliant les sept évêchés, que les pèlerins mettaient un mois à parcourir dans le sens de leur choix et en partant de n’importe quel endroit, pourvu qu’ils y reviennent à l’arrivée. La pratique renaît, sous une forme collective et fractionnée (en reliant deux cathédrales par an) en 1994, impliquant des milliers de participants. Cependant, Jean-Christophe Cassard (1996) qualifia ce pèlerinage de « mirage historiographique », affirmant que, malgré l’existence d’un culte voué aux « Sept Saints » (qui ne sont pas toujours les fondateurs des évêchés), la pratique d’une telle pérégrination ne concerna que « quelques individus un peu marginaux ». André-Yves Bourgès (2016) nuance le propos en avançant qu’au XIIe siècle, les évêques de Dol, qui revendiquaient un statut métropolitain que la papauté leur dénia en 1199, auraient pu encourager un éphémère culte des « Sept Saints de Bretagne » afin de justifier l’unité religieuse de la Bretagne face aux prétentions de l’archevêché de Tours.
Miracles :
Alors qu’il était enfant, Malo se serait endormi sur une plage, ne se souciant pas de la marée montante. Des algues vinrent alors se placer sous son corps, formant un lit flottant qui l’empêcha de se noyer. Le miracle le plus connu de saint Malo est celui de la baleine. Alors qu’il célébrait la messe de Pâques avec saint Brendan et ses moines sur ce qui semblait être une île déserte, l’île bougea et les moines se rendirent compte qu’ils avaient accosté sur une baleine. Ils rembarquèrent et la baleine les suivit pendant une journée, avant de replonger dans les profondeurs de la mer. Ce récit influença de nombreux bestiaires postérieurs. Lors de ses pérégrinations sur les mers, Malo aurait ressuscité un géant dont il aurait découvert le tombeau sur une île. Il trouva également une source miraculeuse sur une autre île. Sa première Vita (IXe siècle) dit que ses reliques provoquèrent de nombreux miracles.
Type(s) de motivation :
  • Action de grâce
  • Piété
  • Voeu
Recours :
  • Thérapie
  • Biens de la terre
  • Autre
Compléments :
En 1693-1695 et 1758, saint Malo (entre autres) fut invoqué par les Malouins pour les protéger des Anglais qui menaçaient la ville. Ses reliques furent également portées en procession pour demander une météorologie clémente, et ce dès le IXe siècle. Cette pratique fut de nouveau mentionnée en 1725.
Jour(s) de fête :
  • 15 novembre
Type de fréquentation :
Continu
Compléments sur les fréquentations :
Selon l’historiographie qui s’y rattache, le Tro Breiz médiéval pouvait s’effectuer à quatre moments de l’année nommés « temporaux » : Pâques, Pentecôte, Saint-Michel (29 septembre) et Noël. Le pèlerinage, durant environ un mois, commençait alors quinze jours avant l’une des fêtes en question, et se terminait quinze jours après. Pendant toute la durée de ces temporaux, les fabriques des églises cathédrales étaient censées exposer les reliques de leur saint fondateur. Bien que l’abbé Luco (1874) ait parlé de « foules considérables jetées sur tous les chemins » par ce pèlerinage, Jean-Christophe Cassard (1996) parle plutôt d’un phénomène marginal, qui, au XVIe siècle, avait presque disparu. Luco extrapolait à partir des offrandes reçues par le tronc de l’église paroissiale Saint-Patern en 1400, montant à cent livres : il considérait que si chaque pèlerin avait versé une obole, cela aurait fait trente à quarante mille pèlerins au cours d’une année. Cependant, rien ne prouve qu’il ne se soit pas agi d’un tronc lié à la dévotion locale à saint Patern et non lié au Tro Breiz. Dans la version actuelle du Tro Breiz, proposée par l’Association des Chemins du Tro Breiz, une étape d’une semaine environ est parcourue chaque été, au tournant des mois de juillet et août. Selon les organisateurs, environ mille cinq cents personnes y participent, tandis qu’à peu près le même nombre de pèlerins le font indépendamment de l’association, le reste de l’année. Saint-Malo fut ville étape aux étés 1997-1998, 2005-2006 et 2012-2013. Les villes de Dol et Saint-Malo étant très proches, les organisateurs ont ajouté un détour par le Mont-Saint-Michel pour que le tronçon Saint-Malo-Dol dure plus d’une journée.
Pratiques individuelles :
  • Prières
  • Dons
  • Voeux
Pratiques en présence du clergé :
  • Processions
  • Messe
  • Office liturgique
  • Chants
  • Pèlerinage
Ex voto :
  • Cire (?)
    Pas de description.
Confrérie(s) :
  • Fraternités du Tro Breiz (1995)
    Dans le but de permettre aux pèlerins de continuer à se voir en dehors des marches de l’été, des Fraternités du Tro Breiz ont été créées par l’Association des Chemins du Tro Breiz. Au nombre de neuf aujourd’hui, la Bretagne en compte cinq : Saint-Samson et Saint-Malo ont été regroupées pour les pèlerins habitant autour de Dol et Saint-Malo. La Fraternité Sainte-Geneviève fut créée pour les Parisiens, Saint-Martin pour l’Auvergne, Saint-Emilion pour l’Aquitaine et Saint-Donatien et Saint-Rogatien pour la Loire-Atlantique. Selon le Père de Lafforest, aumônier de l’Association, « le but est de continuer dans l'esprit du Tro Breiz à nous retrouver, un dimanche, de marcher entre divers sanctuaires, de prendre ensemble un repas, et des photos ! Entretenir cet "esprit" de nos marches d'été, approfondir la connaissance de l'histoire par la rencontre de lieux signifiants et des habitants du pays » (http://www.trobreiz.com/fraternites-bevit-er-vreudeuriezh-les-fraternites-du-tro-breiz-pxl-42_70.html [15.05.2018]).
Indulgence(s) :
    Compléments sur le culte :

    L'ÉDIFICE

    Description :
    L’ancienne cathédrale d’Alet est un édifice préroman ayant succédé à un bâtiment indéterminé du IVe siècle, puis à une église en tau d’époque mérovingienne (Ve-VIe siècle). Elle présente une nef à trois vaisseaux de neuf travées chacun, sans transept. Elle est prolongée à l’est et à l’ouest par deux absides semi-circulaires opposées, disposition que l’on retrouve dans l’abbatiale de Saint-Michel d’Hildesheim (Allemagne, Xe siècle). Les différents spécialistes font remonter sa construction entre le début du IXe siècle et la seconde moitié du Xe siècle. Aujourd’hui en ruines, elle fut inscrite à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques en 1945 (cf. https://www.flickr.com/photos/pierete/16769773678). La « nouvelle » cathédrale de Saint-Malo présente une architecture hétérogène, résultant de campagnes menées du XIIe au XXe siècle. Sa nef est longue de trois travées. Le collatéral nord, qui comporte trois chapelles, fut construit entre 1583 et 1607. Le collatéral sud, achevé au XVe siècle, donne sur une ancienne sacristie et la chapelle polygonale du Saint-Sacrement, aménagée en 1718. Le transept, long d’une travée, fut construit au tournant des XVIe et XVIIe siècles. Le chœur du XIIIe siècle, long de trois travées, présente un déambulatoire quadrangulaire semblable à celui de l’abbatiale de Salisbury (Angleterre). En raison de la topographie des lieux, ce déambulatoire est inférieur d’un niveau par rapport au chœur. Il est flanqué d’une sacristie au sud. Le portail occidental, de style classique, fut refait en 1772-1773. L’église est accompagnée de vestiges d’une galerie de cloître du XIIe siècle. La tour romane fut surélevée au XVe siècle, puis remplacée par un clocher à bulbe en 1726. Ce bulbe fut lui-même remplacé par une flèche néogothique en pierre de Caen à quatre clochetons (1858-1860), directement inspirée des nouvelles flèches de la cathédrale de Quimper (1854-1856). Comme 80% de la ville de Saint-Malo, l’ancienne cathédrale fut détruite par les bombardements américains en août 1944. Sa reconstruction ne fut achevée qu’en 1971. La flèche néogothique fut remplacée par une flèche beaucoup plus sobre, sans dentelles. L’un des nouveaux vitraux du collatéral Nord est dédié au pèlerinage du Tro Breiz. Cependant, l’architecte a omis de représenter - en tout cas de nommer - saint Patern de Vannes, et saint Brieuc a été remplacé par saint Guillaume, qui fut évêque de Saint-Brieuc au XIIIe siècle (cf. fig. Saint-Malo_édifice_01). L’édifice a été classé Monument Historique en 1910.
    Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
      Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :

        HISTOIRE DU SANCTUAIRE

        Origines :
        Date de première mention : 816
        Initiative de la fondation :
        • Evêque
        Environnement institutionnel, politique et religieux :
        Phases d'évolution :
        L’évolution du culte saint Malo est difficile à caractériser. Cependant, la rédaction de cinq Vitae du IXe au XIIe laisse imaginer un culte dynamique. Selon Georges Provost (2013), aucun évêque-fondateur breton ne connut d’important regain de son culte aux époques moderne et contemporaine, à part saint Corentin de Quimper, à l’échelle de la Cornouaille. Cependant, un nouveau bras-reliquaire de saint Malo fut fabriqué par le chapitre en 1670. Le culte du saint fondateur semble n’avoir jamais provoqué de pèlerinage au sens propre du terme avant son insertion dans le Tro Breiz. De plus, de nombreuses personnalités liées au monde de la mer et de la navigation lui firent de l’ombre dans sa propre cathédrale, à partir du XIXe siècle, telles Jacques Cartier ou Surcouf. Depuis 1994, l’ancienne cathédrale Saint-Vincent se trouve incluse dans le parcours proposé par l’Association des Chemins du Tro Breiz. Cette première boucle partie de Quimper à l’été 1994 a été clôturée dans cette même ville en 2000. Saint-Malo fut ville étape aux étés 1997-1998, 2005-2006 et 2012-2013. Toutefois, la dévotion à la figure-même de saint Malo occupe une place limitée dans cette relance du pèlerinage, les « Sept Saints de Bretagne » faisant l’objet d’une vénération commune. De plus, le seul « pèlerinage » malouin actuel s’adresse à la Vierge de la Grand Porte, dont la statue est aujourd’hui conservée dans la cathédrale.
        Evénements marquants :
        • Construction (VIe siècle)
          Selon Philippe Petout (2017), la cathédrale primitive d’Alet fut construite entre la fin du Ve siècle et le début du VIIe siècle. Peut-être est-ce la cathédrale construite par saint Malo.
        • Translation (VIIe siècle)
          Après la mort de saint Malo (début du VIIe siècle), sa dépouille aurait été ramenée de Saintes (Charente-Maritime) jusqu’à Alet.
        • Oeuvre hagiographique (IXe siècle)
          La Vita ancienne de Malo (BHL 5116) fut écrite par le diacre Bili et dédiée à l’évêque Ratuili (866-872). Selon André-Yves Bourgès, elle reprendrait des éléments d’une Vita antérieure (perdue), écrite au tournant des VIIe et VIIIe siècles.
        • Reconstruction (Xe siècle)
          Selon Philippe Petout (2017), la cathédrale primitive d’Alet fut reconstruite dans le style roman au Xe siècle.
        • Invasion (920)
          Dans les années 920, les Normands auraient provoqué le départ des religieux du chapitre d’Alet, ces derniers emmenant avec eux les reliques de saint Malo.
        • Transfert (1145)
          Le complexe cathédral d’Alet fut déplacé de la presqu’île d’Alet à l’Ile d’Aaron, qui deviendra la ville actuelle de Saint-Malo. La nouvelle cathédrale fut dédiée à saint Vincent, et non à saint Pierre comme l’ancienne.
        • Visite exceptionnelle (1570)
          En 1570, le roi de France Charles IX (1560-1574) se rendit à Saint-Malo et visita sa cathédrale.
        • Oeuvre hagiographique (1636)
          Dans sa Vie des saints de la Bretagne Armorique, Albert Le Grand rédigea et enrichit les Vitae des sept saints saints fondateurs de la Bretagne, ainsi que de nombreux autres saints bretons. Cependant, il ne fait aucune mention du Tro Breiz et les notices des « Sept Saints » ne sont pas regroupées.
        • Invasion (1695)
          Les reliques de saint Malo furent portées en procession dans la ville pour demander la protection divine face à l’attaque des Anglais.
        • Invasion (1758)
          Dans le cadre de la Guerre de Sept Ans (1756-1763), les Anglais attaquèrent de nouveau Saint-Malo. Selon Georges Provost, les nombreux autels de la cathédrale furent régulièrement visités pour demander la protection divine. Saint Malo fut l’intercesseur le plus invoqué.
        • Autre (1791)
          En 1791, l’église Saint-Vincent perdit son statut de cathédrale et devint une église paroissiale. Le Concordat de 1802 confirma cet état de fait.
        • Reprise du pèlerinage (1874)
          L’abbé Luco créa la relance du pèlerinage dit des « Sept Saints de Bretagne » en publiant un article intitulé « Pèlerinage du Tro-Breiz » dans le Bulletin de la Société Polymathique du Morbihan (p. 27-32).
        • Destruction (1944)
          Comme 80% de la ville de Saint-Malo, l’ancienne cathédrale fut détruite par les bombardements américains en août 1944.
        • Inauguration (1972)
          Après plus de vingt-cinq ans de travaux de reconstruction (1945-1971), l’ancienne cathédrale de Saint-Malo fut inaugurée en grande pompe lors des festivités de la « Renaissance de la cathédrale » (18-21 mai 1972).
        • Reprise du pèlerinage (1994)
          Après l’échec de plusieurs tentatives de restauration du pèlerinage du Tro Breiz depuis la fin du XIXe siècle, Philippe Abjean et le père Dominique de Lafforest créèrent l’Association des Chemins du Tro Breiz en 1994. Cette entreprise connut alors un succès qui ne cesse de croître. La première « boucle » partie de Quimper à l’été 1994 a été clôturée dans cette même ville à l’été 2000, qui fut également ville étape aux étés 2008-2009 et 2015-2016.
        Rayonnement(s) :
        • Local (? -> 1994)
          Avant la relance du Tro Breiz en 1994, saint Malo connut un culte à l’échelle locale, comme les six autres évêques fondateurs de Bretagne. Cependant, les quelques mentions (non malouines) du pèlerinage des Sept saints de Bretagne aux XIVe-XVe siècles laissent penser que celui-ci a pu avoir une audience plus large, peut-être régionale.
        • National (1994 -> 2018)
          Les statistiques officielles de l’Association des Chemins du Tro Breiz font état d’environ 60% de Bretons et de 40% venus du reste de la France, parfois-même de l’étranger.

        RÉFÉRENCES

        Source(s) :
        Bibliographie :
        • D'ORNELLAS, P. (Mgr) (sous la dir.), Saint-Malo, la cathédrale des corsaires, Strasbourg, La Nuée Bleue, 2017.
        • TRANVOUEZ, Y., Catholiques en Bretagne au XXe siècle, Rennes, PUR, 2006, p. 223-226.
        • PROVOST, G., La fête et le sacré. Pardons et pèlerinages en Bretagne aux XVIIe et XVIIIe siècles, Paris, Le Cerf, 1998.
        • CASSARD, J.-C., «Le Tro Breiz médiéval : un mirage historiographique ?  », in G. MILIN et P. GALLIOU (dir.), Hauts lieux du sacré en Bretagne (KREIZ 6, Etudes sur la Bretagne et les pays celtiques), Brest, CRBC, 1997, p. 93-119.
        • MENDÈS, C., Au sujet du Tro Breiz, Rennes, chez l'auteur (2e éd. augmentée, 1991), 1978.
        • LE ROY, F., Tro-Breiz : le pèlerinage des sept saints de Bretagne, Paris, Librairie celtique, 1950.
        • DE LA MARTINIÈRE, J., «Le Tro-Breiz à Vannes au XIVe siècle. Conflit entre le chapitre et les paroissiens de Saint-Patern », in Mémoires de la Société d'Histoire et d'Archéologie de Bretagne, 6 , 1925, p. 157-188.
        • OHEIX, A., «Le culte des Sept Saints de Bretagne au Moyen Âge (notes et documents) », in Bulletin de la Société d'Emulation des Côtes du Nord, 49 , 1911, p. 11-22.
        • TRÉVEDY, J.-T., «Les Sept Saints de Bretagne et leur pèlerinage  », in Bulletin archéologique de l'Association Bretonne, Congrès de Rennes, 1897, p. 112-167.
        • LUCO (abbé), «Pèlerinage de Tro-Breiz  », in Bulletin de la Société Polymathique du Morbihan, 1874, p. 27-32.
        • ALBERT LE GRAND, Vie des saints de la Bretagne Armorique, éd. D. L. MIORCEC DE KERDANET, Anner et Fils (Brest), Isidore Perron (Paris), 1837.
        Etude(s) universitaire(s) :
        • PROVOST, G., Le pèlerinage en Bretagne aux XVIIe-XVIIIe siècles, Thèse de doctorat, ss. dir de J. QUENIART, Rennes II, 1995.

        PHOTOGRAPHIES LIÉES

        Objet de dévotion :
        Edifice :
        • Cathédrale Saint-Vincent - Maxime Bolard - 2018
        • Vue générale de Saint-Malo, cath�drale Saint-Vincent - Maxime Bolard - 2018
        • Cathédrale Saint-Vincent - Maxime Bolard - 2018
        • Cathédrale Saint-Vincent - Maxime Bolard - 2018
        • Cathédrale Saint-Vincent - Maxime Bolard - 2018
        • Cathédrale Saint-Vincent - Maxime Bolard - 2018
        Autre :
        • Localisation de Saint-Malo dans le parcours du Tro Breiz - Maxime Bolard - 2018

        À PROPOS DE L'ENQUÊTE

        Enquêteur :
        • BOLARD / PROVOST Maxime / Georges
        Rédacteur :
        • BOLARD Maxime
        Date de l'enquête :
        1995/2018
        Date de rédaction de la fiche :
        2018
        Etat de l'enquête :
        En cours
        Pour citer cette ficheBOLARD Maxime, « Saint-Malo-(Tro_Breiz) », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
        url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/768/saint-malo-, version du 14/09/2018, consulté le 21/11/2018