INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

Retour à la liste des sanctuaires

Notre-Dame-de-Villetain

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Notre-Dame-de-Villetain
Période d'activité :
1393 - 1775-1780
Commune :
Jouy-en-Josas
Département :
Yvelines
Notre-Dame de la Diège, gravure publiée en 1872

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Jouy-en-Josas
Hameau/Lieu-dit :
Diocèse :
Actuel: Versailles (1790 - 2018)
Ancien: Paris (XIVe siècle - 1790)
Paroisse :
Actuelle: Saint-Martin de Jouy-en-Josas (XIVe siècle - 2018)
Ancienne:

Site

Type de site :
Altitude :
97 m
Compléments :
Le site de l'ancienne chapelle est actuellement occupé par une ferme.

Paysage

Type de couvert végétal :
Espace cultivé
Type de l'habitat :
Type de proximités :

LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Notre-Dame-de-Villetain (1393 - 1775-1780)
Type de lieu de culte :
Chapelle
Nom du lieu de culte :
Chapelle du Petit Villetain
Saints patrons :
  • Notre Dame (1393 - 1775-1780)

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
« la Diège »
Nature de l'objet :
Statue
Matériau de l'objet :
Bois
Dimensions de l'objet :
1,42 m (Grimot, 1872) ou 1,57 m (Roselyne Bussière, Inventaire général, 2000)
Emplacement :
La statue est placée actuellement dans une vitrine dans l’église Saint-Martin de Jouy-en-Josas
Datation de l'objet :
1170-1180
Compléments :

La Diège est une Vierge en Majesté qui tient l’enfant debout, les pieds reposant sur les mains de deux anges. Cette particularité semble unique. Selon I. H. Forsyth, qui a comparé une centaine de Vierges en bois de la seconde moitié du XIIe siècle, elle appartient au groupe de l’atelier de Senlis (Forsyth, 1972 ; Camus, 1974).


On ignore la date d’apparition du nom « Diège » (avant 1868). On y a vu la contraction populaire de l’épithète Dei genitrix, hypothèse savante refusée par l’abbé Grimot (Grimot, 1872, p. 427), mais acceptée en 1901 (Gavin, 1901, p. 82) et par tous les auteurs qui ont suivi. On peut cependant se demander s’il n’y a pas une autre origine possible : un peu partout en France, la Diège est un hydronyme qui désigne divers cours d’eau. Or il y avait de nombreux ruisseaux sur le plateau de Saclay.

Lorsqu’elle a été redécouverte vers 1850, cachée depuis 50 ans dans une fenêtre murée de la ferme du Petit Villetain (au sud de Jouy-en-Josas), la statue était très dégradée et le trône tombé en poussière. L’abbé Tessier (nommé à la cure de Jouy en 1863) aurait consulté Viollet-le-Duc en vue de sa restauration. Les parties vermoulues ont été remplacées, le trône créé, et le décor polychrome réalisé par le peintre-verrier Escoffier (qui aurait restauré des vitraux à Chartres), sous le contrôle de Viollet-de-Duc (Gavin, 1901).



La statue a été classée Monuments historiques le 11 avril 1902. Elle a été restaurée à nouveau en 1968 par Mme Krzysko. La polychromie Viollet-le-Duc, jugée trop crue, a été atténuée. Les visages et les mains ont été décapés et cirés, il ne restait aucune trace de polychromie antérieure (voir notice Inventaire général IM 78002339).



La présence d’une Vierge du XIIe siècle dans un domaine rural des Célestins de Paris (dont le couvent a été fondé en 1352) qui n’apparaît qu’à la fin du XIVe siècle pose le problème de son origine. Proviendrait-elle du prieuré voisin Saint-Mard, ancien prieuré de Chaumes-en-Brie fondé en 1188 et qui aurait été, semble-t-il, cédé aux Célestins par la suite, ou bien a-t-elle une provenance parisienne, les Célestins ayant hérité de locaux affectés auparavant aux Carmes et dépendant antérieurement du prieuré Saint-Éloi ?


LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :
Miracles :
Type(s) de motivation :
    Recours :
      Jour(s) de fête :
        Type de fréquentation :
        Annuel (= juste pour une fête)
        Pratiques individuelles :
          Pratiques en présence du clergé :
            Ex voto :
              Confrérie(s) :
                Indulgence(s) :
                • Partielle (1505)
                  « en l’année 1505, une ordonnance du cardinal Guillaume [Briçonnet], archevêque de Reims et légat du Pape, accorde des faveurs spirituelles aux pèlerins, faveurs promulguées et augmentées par Étienne, évêque de Paris » (Archives nationales, L 369) (Gavin, 1901, p. 78, d’après une communication du baron Mallet).
                Compléments sur le culte :
                Nous ne possédons aucune information sur le pèlerinage avant les indulgences de 1505. Un « registre du XVIe siècle indique des dépenses faites à l’occasion du pèlerinage de la Diége » (Grimot, 1872, p. 427). Un pèlerinage existait également dans les années 1780 : « En recherchant l’origine de cette Vierge, M. l’abbé Tessier apprit, par les anciens du pays existant encore à la date mentionnée ci-dessus (1863) et âgés de 87 à 90 ans, qu’ils avaient connu la Vierge dans son ancienne chapelle et en avaient fait le pèlerinage ». (Gavin, 1901, p. 83).

                L'ÉDIFICE

                Description :
                La chapelle du Petit Villetain, en ruines au XVIIIe siècle, était détruite en 1862. Un plan de 1764 reproduit par Guyot, 2001, localise la chapelle légèrement en-dehors de la ferme du Petit Villetain.
                Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
                  Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :

                    HISTOIRE DU SANCTUAIRE

                    Origines :
                    Date de première mention : 1393
                    Initiative de la fondation :
                    • Seigneur laïc
                    Environnement institutionnel, politique et religieux :
                    La chapelle dépendait des Célestins de Paris.
                    Phases d'évolution :
                    Le culte de la Diège a dû être développé avant la fin du XIVe siècle ; il serait dû à l'initiative de Louis d'Orléans, fils de Charles V. Il a perduré jusque dans les années 1780.
                    Evénements marquants :
                    • Fondation (1393)
                      Louis d’Orléans donne 100 livres aux Célestins de Villetain en février 1393 pour le culte de la chapelle qu’il a fait édifier chez eux (Gavin, 1901, p. 78).
                    • Fondation (1394)
                      Charles VI donne 200 livres de rentes en complément des 100 livres précédentes.
                    • Fondation (1403)
                      Louis d’Orléans donne par testament 100 livres pour réparer les étangs de Villetain.
                    • Indulgences (1505)
                      Des indulgences sont accordées en 1505 (par Guillaume Briçonnet, archevêque de Reims et primat des Gaules).
                    • Abandon du pèlerinage (XVIIIe siècle)
                      Dans les années 1780, la chapelle est en ruines et voit passer les derniers pèlerins ; la Diège est transférée dans l’église Saint-Martin de Jouy.
                    • Déplacement de l'objet de dévotion (1789-1791)
                      À la Révolution, la statue est ramenée à Villetain et est emmurée dans une baie de la chapelle.
                    • Destruction (1861)
                      Le Petit Villetain est racheté en décembre 1861 par le banquier protestant Mallet, qui démolit les ruines de la chapelle. La statue de la Diège, alors redécouverte, est transportée dans la ferme puis dans l’église paroissiale Saint-Martin.
                    Rayonnement(s) :
                    • Local (XIVe siècle -> 1790)
                      Le pèlerinage, de son origine dans la deuxième moitié du XIVe s. jusque dans les années 1790, n'eut qu'un rayonnement local.
                    Compléments :
                    Aucun document antérieur aux indulgences de 1505 n’indique un culte rendu à la Diège. L’abbé Grimot cite un registre du XVIe siècle qui ferait état de dépenses pour le pèlerinage. En 1754-1758, l’abbé Lebeuf mentionne bien la chapelle Notre-Dame de Villetain, mais ne fait aucune mention de la statue de Notre-Dame de la Diège.

                    RÉFÉRENCES

                    Source(s) :
                      Bibliographie :
                      • GUYOT, Alain, «Promenade du réseau des étangs et des rigoles », in Bulletin du Groupe historique de Toussus-le-Noble, n°6, 2001.
                      • FORSYTH, I. H., «The Throne of Wisdom. Wood sculpture of the Madonna in Romanesque France, Princeton, 1972. Analyse de M.-Th. Camus », in Bulletin monumental, t. 132-2, 1974, p. 173-177.
                      • GAVIN, M., «Notice sur la diège, vierge du XIIe siècle conservée dans l'église paroissiale de Jouy-en-Josas », in Commission des Antiquités et des Arts de Seine-et-Oise, t. 21, 1901, p. 77-83.
                      • LEBEUF (abbé Jean), Histoire de la Ville et de tout le diocèse de Paris (1754-1758), t. III, rééd. Paris, 1883, p. 267 ; 270.
                      • GUILHERMY, F. de, Inscriptions de la France du Ve siècle au XVIIIe, t. III, Paris, 1877, p. 255-268.
                      • GRIMOT, abbé, «Notice sur la statue de la Sainte Vierge, nommée la Diège, conservée dans l'église paroissiale de Jouy-en-Josas (Seine-et-Oise), (texte écrit en février 1869, réédité dans Mémoires de la Société des sciences morales, des lettres et des arts de Seine-et-O », in Revue des sociétés savantes de la France et des départements, n° 253, mars-avril, 1872.
                      Etude(s) universitaire(s) :

                      PHOTOGRAPHIES LIÉES

                      Objet de dévotion :
                      • Notre-Dame de la Diège, gravure publiée en 1872 - Revue des Sociétés savantes, janvier 1872, p. 427
                      • Notre-Dame de la Diège, dessin publié en 1873 - Mémoires de la Société des sciences morales de Seine-et-Oise, t. 9, p. 112
                      • Notre-Dame de la Diège, photographie publiée en 1901 - Commission des antiquités et des arts de Seine-et-Oise, t. 21, p. 78
                      • Notre-Dame de la Diège, photographie par Bourdier - Album des objets artistiques classés de Seine-et-Oise, 1910, XIIe siècle, pl. 3
                      • Notre-Dame de la Diège : photographies couler avant et après la restauration de 1968
                      • Notre-Dame de la Diège : photographies couler avant et après la restauration de 1968
                      Edifice :
                      Autre :

                      À PROPOS DE L'ENQUÊTE

                      Enquêteur :
                      • GILLON Pierre
                      Rédacteur :
                      • GILLON Pierre
                      Date de l'enquête :
                      2018
                      Date de rédaction de la fiche :
                      2018
                      Etat de l'enquête :
                      En cours
                      Pour citer cette ficheGILLON Pierre, « Notre-Dame-de-Villetain », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
                      url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/766/notre-dame-de-villetain, version du 28/08/2018, consulté le 24/09/2018