INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Saint-Sébastien-de-Saint-Médard

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Saint-Sébastien-de-Saint-Médard
Période d'activité :
VIe siècle - 1790
Commune :
Soissons
Département :
Aisne
Crypte de Saint-Médard

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Soissons
Hameau/Lieu-dit :
Faubourg Saint-Médard
Diocèse :
Actuel:
Ancien: Soissons (VIe siècle - 1791)
Paroisse :
Actuelle:
Ancienne:

Site

Type de site :
Rive de cours d'eau
Altitude :
43 m
Compléments :

L’abbaye était située sur l’ancien fisc royal de Crouy de l’époque mérovingienne.


Le complexe monastique a été édifié sur la rive droite de l’Aisne, dans la boucle de la rivière, en retrait du cours d’eau (à 800 m). Il se situe dans un faubourg de Soissons, de l’autre côté de la rivière par rapport à la ville intra-muros.


Paysage

Type de couvert végétal :
Type de l'habitat :
Ville
Type de proximités :
Remparts
Compléments :
Suite aux nombreuses invasions, l’abbaye fut protégée par une solide enceinte dès le IXe s, puis une triple enceinte au moins à partir du XVIe s. Le complexe monastique se trouvait à proximité des remparts de la ville.

LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Saint-Sébastien-de-Saint-Médard (VIe siècle - 1790)
Type de lieu de culte :
Basilique
Nom du lieu de culte :
Notre-Dame-Saint-Pierre-Saint-Étienne
Saints patrons :
  • Vierge Marie, Pierre, Étienne (VIe siècle - 1790)
Compléments :
D’abord dédiée à la Vierge Marie, à saint Pierre et à saint Étienne, la basilique fut à nouveau consacrée par le pape Innocent II en 1131, sous les vocables de la Bienheureuse Vierge Marie, des saints apôtres et martyrs, et de saint Médard. Mais les noms des saints patrons ont changé à maintes reprises !

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Saint Sébastien
Nature de l'objet :
Corps saint (= en entier)
Matériau de l'objet :
Vestige corporel
Dimensions de l'objet :
Emplacement :
Crypte de la basilique
Datation de l'objet :
?
Compléments :

Les reliques de saint Sébastien, mort en 288 ou entre 302 et 304, arrivèrent de Rome en 826. Leur translation fut le résultat d’une âpre négociation de l’abbé auprès du pape Eugène II. Le corps de saint Sébastien a été conservé dans un sarcophage dans le caveau central de la crypte sous le chœur de la basilique à côté de ceux de saint Médard (au centre) et de saint Grégoire. Il est aussi question d’une châsse en argent au dessus de laquelle on pouvait lire l’inscription « feretrum sancti Sebastiani martyris » (POQUET, p. 61). Lors du sac des Huguenots en 1568, les reliques de saint Sébastien auraient été déversées de leur châsse dans le fossé de l’abbaye, puis miraculeusement retrouvées dans le jardin du tailleur de celle-ci, qui les apporta à l’abbesse de Notre-Dame, Catherine de Bourbon, sœur de Condé, pour les mettre en sécurité ; elles revinrent à Saint-Médard en 1578 avec celles de saint Médard et de saint Grégoire.


LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :
Saint Sébastien est un soldat chrétien mort par sagittation (il fut criblé de flèches). Il fut martyrisé au IIIe siècle dans le cadre des grandes persécutions (en 288 ou entre 302 et 304). En effet, ce citoyen de Narbonne élevé à Milan, devenu soldat de l’armée romaine, gagna la confiance des empereurs Dioclétien et Maximien qui ignoraient qu’il était chrétien. Ses encouragements à des chrétiens condamnés au martyre auraient entraîné la conversion de 68 personnes, baptisées par le prêtre Polycarpe (A. VAUCHEZ s. dir, Histoire des saints, II, 254). Mais l’empereur Dioclétien le découvrit et reprocha à Sébastien d’avoir trompé sa confiance ; celui-ci rétorqua que, au contraire, il n’avait cessé de prier pour Rome. L’empereur le fit cribler de flèches à l’extérieur de la ville, attaché à un arbre. Mais lorsqu’Irène le détacha, elle constata qu’il était encore vivant, le soigna et le guérit. Il affronta alors de nouveau Dioclétien : il soutint à nouveau que les Chrétiens ne trahissaient pas l’empire, mais priaient pour lui. À nouveau arrêté, il fut battu à mort à l’hippodrome du palais. Son corps fut jeté dans la Cloaca Maxima, mais il fut retrouvé et enseveli dans les catacombes avec ceux des apôtres. (A. VAUCHEZ, Histoire des saints, II, p.55b). Saint Sébastien est le prototype du martyr militaire.
Miracles :
On attribut à saint Sébastien des miracles de guérisons et d'exorcismes.
Type(s) de motivation :
  • Action de grâce
  • Piété
  • Voeu
Recours :
  • Epidémie
Compléments :
Saint Sébastien est l’un des grands saints invoqués contre la peste, ou les maladies évoquées sous ce mot. Saint Sébastien est également le patron des soldats, archers, tailleurs de pierre, tapissiers, artisans des métaux, jardiniers, pompiers.
Jour(s) de fête :
  • Saint Sébastien (20 janvier)
Type de fréquentation :
Inconnu
Compléments sur les fréquentations :
Dès l’arrivée de ses reliques à Soissons en 826, son culte connut un immense succès. Saint Sébastien fit l’objet d’une dévotion particulière par l’empereur Louis le Pieux et son épouse, qui lui firent d’innombrables dons sompteux, par exemple une châsse en or (MARTIN, p. 306). Par ailleurs, l’afflux des pèlerins de toute l’Europe (selon PÊCHEUR) motiva la décision en 827 de construire une nouvelle basilique plus vaste. L’arrivée des reliques des saints Sébastien et Grégoire-le-Grand entraîna ainsi l’âge d’or de l’abbaye Saint-Médard de Soissons au IXe s.
Pratiques individuelles :
  • Prières
  • Agenouillement devant le tombeau
Pratiques en présence du clergé :
  • Office liturgique
Ex voto :
    Confrérie(s) :
    • Saint-Sébastien (825)
      Selon la tradition, en 825, sous le règne de Charles le Chauve, le pape Eugène II aurait confié aux archers le transfert des reliques du saint dans l'abbaye royale de saint-Médard, à Soissons. Puis l’évêque Rothade (IXe s.) aurait créé cette confrérie avec pour mission de veiller jour et nuit sur les reliques.
    Indulgence(s) :
      Compléments sur le culte :
      Le culte de saint Sébastien a partiellement éclipsé les autres cultes. En témoigne son effigie sur certains deniers frappés à l’atelier monétaire de Saint-Médard à l’époque féodale (DEFENTE p. 248) ; en témoigne également le patronage de la basilique à « Saint-Médard-Saint-Sébastien » dans certaines sources.

      L'ÉDIFICE

      Description :
      La troisième église mesurait 96 m de long sur 33 m de large, en trois vaisseaux, sauf le bloc façade qui était plus large encore (45 m). Le vaisseau central était deux fois plus large que les bas-côtés : il mesurait 14,70 m entre chaque axe de pilier (DEFENTE, p. 314). De la disposition des travées, Denis DEFENTE déduit que le chœur était sans doute plus élevé que la nef. Le chevet était probablement très imposant pour équilibrer le bloc-façade. La première basilique fut érigée sous Clotaire et son fils Sigebert, avant de devenir nécropole royale pour Clotaire et ses descendants.
      Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
      • Chapelle (1630-1634)
        À la basilique reconstruite en 1630-1634, on ajouta plus tard deux chapelles dédiées aux saints Sébastien et Grégoire-le-Grand (MARTIN, p. 527).
      Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :
      • Crypte (IXe siècle)
        Sous Louis le Pieux, la basilique fut reconstruite par l’abbé Hilduin grâce à la fréquentation croissante du sanctuaire après l’arrivée des reliques des saints Sébastien et Grégoire en provenance de Rome en 826 (POQUET, p. 14). En 841, elle était « déjà construite en grande partie » (SAPIN) et on put y transférer les reliques mises à l’abri dans la chapelle de la Trinité, en présence du roi Charles le Chauve. Cette église était beaucoup plus vaste « à cause de l’affluence inhabituelle du peuple qui y accourait, affluence quotidiennement accrue par les innombrables miracles survenus grâce aux mérites du saint [Sébastien] selon Odilon » (moine de saint Médard, auteur d'un récit de la translation des reliques de saint Sébastien). (Sermons, Migne, PL, CXXXII, coll 631, in DEFENTE, p 313).

      HISTOIRE DU SANCTUAIRE

      Origines :
      Date de première mention : IXe siècle
      Initiative de la fondation :
      • Abbé
      Environnement institutionnel, politique et religieux :
      Basilique confiée par le roi aux Bénédictins, elle demeura une puissante abbaye royale jusqu’aux XIIIe-XIVe siècles.
      En effet, s’y tinrent des conciles lors desquels les rois siégeaient aux côtés des évêques. Les rois séjournaient dans leur palais voisin de Crouy et assistaient aux grandes fêtes religieuses à la basilique. Cela a fait la fortune de Saint-Médard, abbaye extrêmement riche et puissante qui avait la suzeraineté sur plus de 200 villages, et avait même le privilège de battre monnaie. Outre la puissance temporelle, le monastère avait également reçu d’importants privilèges ecclésiastiques, comme le titre d’archimoûtier de Gaule puis l’exemption papale en 1175. Enfin, Saint-Médard était l’un des quatre asiles où l’on pouvait « s’assermenter » en cas de lèse-majesté (POQUET, p 17). L’abbaye fut donc le carrefour des cérémonies religieuses à caractère politique. Après une période de relatif déclin entre le Xe et le XIIe, l’abbaye brilla de nouveau au XIIe-XIIIe s., notamment sous le pape Innocent II et le roi Philippe-Auguste, ce qui permit de construire la deuxième enceinte. La vie religieuse s’y est activement  maintenue jusqu’au XVIe siècle, avec par exemple des processions solennelles à l’occasion de la libération de François Ier de captivité et de Pardons en 1530 (DEFENTE p. 370).
      Phases d'évolution :
      Evénements marquants :
      • Reconstruction (IXe siècle)
        Sous Louis le Pieux, la basilique fut reconstruite par l’abbé Hilduin grâce à la fréquentation croissante du sanctuaire après l’arrivée des reliques des saints Sébastien et Grégoire en provenance de Rome en 826 (POQUET, p. 14). En 841, la deuxième basilique était « déjà construite en grande partie » (SAPIN) et on put y transférer les reliques en présence du roi Charles le Chauve. Cette église était beaucoup plus vaste « à cause de l’affluence inhabituelle du peuple qui y accourait, affluence quotidiennement accrue par les innombrables miracles produits par les mérites du saint [Sébastien] selon Odilon » (Sermons, PL, CXXXII, coll. 631, in DEFENTE, p. 313).
      • Destruction (1451-1457)
        Suite aux dévastations des guerres (Soissons prise par les Armagnacs en 1414, puis assaillie par les Anglais pendant la Guerre de Cent Ans et invasion anglaise en 1418-19, siège de 1436 par les Bourguignons) et intempéries (grêle), les moines ont organisé à deux reprises, en 1451 et 1457, de grandes processions avec leurs reliques, à travers toute la France, pour collecter des aumônes afin de reconstruire l’abbaye : deux moines sillonnèrent ainsi la France avec un charriot de reliques pour recueillir les dons des fidèles, lettre de créance de leurs abbés à l’appui pour justifier leur action (POQUET, MARTIN).
      • Pillage (1567)
        L’abbaye fut pillée par les Calvinistes en 1567 : les tombes furent violées, les châsses brisées, les reliques jetées ou brûlées, l’ornementation et les livres brûlés, les bâtiments conventuels démantelés. Lorsque les Huguenots eurent trouvé la cachette des reliques sous l’infirmerie, ils s’emparèrent des châsses de saint Sébastien et saint Médard et jetèrent leur contenu dans le fossé ; mais le tailleur du monastère trouva leurs restes au bord de son jardin, miraculeusement poussés par le courant (MARTIN, p.423-444). Les reliques furent confiées à « Mme de Bourbon », abbesse de l’abbaye Notre-Dame de Soissons et sœur de Condé (DEFENTE p. 313). Les reliques purent réintégrer leur basilique en 1578 après authentification, procession et reconstruction des murs de protection.
      • Reconstruction (XVIIe siècle)
        Après une longue période de déclin et son effondrement le 22 novembre1621 suite aux combats contre la Ligue en 1590 et le siège de 1617 face aux Espagnols, l’église est reconstruite pour la troisième fois à partir de 1630, avec l’aide royale et selon un plan légèrement différent. L’abbaye est rattachée en 1637 à la Congrégation de Saint-Maur, qui la réforme et parvient à lui rendre modestement vie, mais les intempéries puis la Révolution française lui portent le coup de grâce.
      • Destruction (1790-1791)
        L’église est sécularisée puis vendue comme bien national en 1790-1791.
      • Destruction (1944)
        En août 1944, l'explosion de munitions entreposées par les Allemands dans l’église entraine de considérables dégats.
      Rayonnement(s) :
      • Diocésain (IXe siècle -> 1790)
        Le rayonnement du culte de saint Sébastien depuis Saint-Médard est surtout diocésain, même si PÊCHEUR évoque un afflux de pèlerins en provenance de toute l’Europe. Il est vrai que le culte de saint Sébastien s’est diffusé dans tout l’Occident, comme l’attestent le succès international de sa Passion (de plus en plus copiée à partir du XIe siècle, apogée au XIIe, puis diminution progressive jusqu’au XVe siècle) et le nombre d’enseignes de pèlerinage représentant ce saint martyr.
      Compléments :
      Après une longue période de relatif déclin (depuis le Xe siècle puisque l’église est décrite en ruine par Odilon, moine de Soissons, v. 930 ; SAPIN), elle est dédicacée en 1131 par le pape lui-même, Innocent II. Les bâtiments claustraux sont reconstruits sous Philippe-Auguste au XIIIe s.

      RÉFÉRENCES

      Source(s) :
      • Récit de translation (Xe siècle)
        Translatio s Sebastiani (BHL 7545). Elle fut presque certainement rédigée par le moine Odilon à la demande du prévôt de l’abbaye Saint-Médard, Ingran ou Engrand Ier (932-936) probablement vers 920, en tout cas avant 932. Éd J. MABILLON, Acta sanctorum OSB, t. IV / 1, Paris, 1677, p. 385-410, PL 132, col. 579-622.
      • Panégyrique (IXe siècle)
        On trouve le Carmen alphabeticam à la suite de la Passion de saint Sébastien dans un manuscrit de Bobbio de la fin du IXe siècle, conservé au Vatican (BAV, Vat. Lat. 5771 f. 193v-194r). Divers indices prouvent qu’il a pourtant été rédigé à Saint-Médard, entre la mort de Louis le Pieux en 840 et la fin du IXe siècle. Cécile LANÉRY, qui l’a décrit et édité, a pu établir un lien avec le rapport rédigé par Rodoin au retour de son expédition à Rome pour ramener les reliques. Ce rapport, aujourd’hui perdu, constituerait la source commune à la Translation et au poème.
      • Passion (Ve siècle)
        Acta Sancti Sebastiani (BHL 7543), éd. AASS Janvier II, p. 278. Initialement attribuée à saint Ambroise de Milan, elle fut très probablement rédigée par Arnobe le Jeune (Arnobius Minor † 450) comme l’a démontré Cécile LANÉRY. Ce fut un best-seller de la littérature hagiographique dans tout l’Occident.
      Bibliographie :
      • LANERY, Cécile , «Arnobe le Jeune et la Passio Sebastiani », in Revue des études augustiniennes et patristiques, t. 53, 2007, p. 267-293.
      • BEAUJARD, B., Le culte des saints en Gaule. Les premiers temps. D'Hilaire de Poitiers à la fin du VIe siècle, Paris, Cerf, 2000.
      • DEFENTE, D., Saint-Médard : trésors d'une abbaye royale, Paris, Picard, 1999.
      • PÊCHEUR, abbé Louis Victor, Annales de Soissons, 3 vol., Soissons, Morel, 1863-1895.
      • POQUET A. E. (abbé), Pèlerinage à l'ancienne abbaye de Saint-Médard-Les-Soissons, Soissons/Paris, Institut de Saint-Médard / Librairie archéologique de Victor Didron, 1849.
      • MARTIN, H, JACOB, P. L., «Histoire de Soissons depuis les temps les plus reculés, 2 volumes (1er : 516 p, 2e : 663 = appendices) », in 1837, Soissons -Paris, 1837.
      • Ch. SAPIN, avec la collaboration de M. GAILLARD, P. GILLON, F. HEBER-SUFFRIN, «La crypte de l'abbaye Saint-Médard de Soissons (Aisne) », in Cryptes médiévales et culte des saints en Ile de France et en Picardie, (à paraître).
      Etude(s) universitaire(s) :
      • SAINTE, Elodie, Inventaire des lieux de pèlerinage dans les diocèses de Soissons et Laon, Master II, ss. dir de Patrick Demouy, Reims-Champagne-Ardenne, 2013, 2 volumes.

      PHOTOGRAPHIES LIÉES

      Objet de dévotion :
      Edifice :
      • Crypte de Saint-Médard - Véronique Souche-Hazebrouck - 2016
      • Plan de la crypte - Musée de Soissons, Cl. de Mequenem et G. Nicolas, in D. DEFENTE, « Saint-Médard de Soissons et son église principale », Congrès archéologique de France, 1994, II, p. 661. - 1994
      Autre :

      À PROPOS DE L'ENQUÊTE

      Enquêteur :
      • SAINTE Élodie
      Rédacteur :
      • SOUCHE-HAZEBROUCK Véronique
      Date de l'enquête :
      2012
      Date de rédaction de la fiche :
      2018
      Etat de l'enquête :
      En cours
      Pour citer cette ficheSOUCHE-HAZEBROUCK Véronique, « Saint-Sébastien-de-Saint-Médard », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
      url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/765/saint-sebastien-de-saint-medard, version du 28/06/2018, consulté le 20/11/2018