INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Saint-Gilles-de-Buzy

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Saint-Gilles-de-Buzy
Période d'activité :
XVe siècle - 1914
Commune :
Massiges
Département :
Marne

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Massiges
Hameau/Lieu-dit :
Buzy
Diocèse :
Actuel: Châlons-en-Champagne (1824 - 1914)
Ancien: Reims (XVe siècle - 1824)
Paroisse :
Actuelle:
Ancienne: Massiges (XVe siècle - 1914)

Site

Type de site :
Vallée
Altitude :
143 m
Compléments :
Buzy se trouve au pied du massif appelé depuis 1914-1918, « Main de Massiges ». Ce massif constitue l’une des éminences où se termine le ban de craie de la Champagne Crayeuse. Buzy appartient au Vallage, zone de basse altitude séparant la Champagne crayeuse du massif d’Argonne qui s’étend à l’est.

Paysage

Type de couvert végétal :
Type de l'habitat :
Type de proximités :
Axe de circulation
Cours d'eau
Source
Compléments :
L’emplacement exact de l’église et du village n’est plus connu. Il était signalé avant 1914-1918 par un calvaire, depuis disparu. On peut supposer que la source du ruisseau de Saint-Gilles était assez proche de l’église puisque les pèlerins venaient y boire. Supposant une possible continuité, on a pensé que l’église se trouvait sur l’actuel territoire de Massiges, mais la limite communale avec Ville-sur-Tourbe est toute proche.

LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Saint-Gilles-de-Buzy (XVe siècle - 1914)
Compléments :
Une première mention en 1453 correspond au constat de l’état de destruction et d’abandon de l’église et du village par la suite des guerres. Le pèlerinage aurait subsisté ensuite sur le site, où un calvaire existait encore en 1913.
Type de lieu de culte :
Eglise paroissiale
Nom du lieu de culte :
Saint-Gilles de Buzy
Saints patrons :
  • Gilles (XVe siècle - 1453)
Compléments :
Après la destruction de l’église - succursale dont le patronage semble attesté au début du XVe s. -  constatée en 1453, les pèlerins venaient encore sur les lieux. À la veille de la première guerre mondiale, l’emplacement était signalé par un simple calvaire.

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Reliques de Saint-Gilles
Nature de l'objet :
Relique (= fragment)
Matériau de l'objet :
Vestige corporel
Dimensions de l'objet :
Emplacement :
Datation de l'objet :
Compléments :
Outre un os du bras, plusieurs reliques étaient conservées au XVe siècle dans un reliquaire, placé sur le maître-autel. Après le transfert de la relique principale à Rougemont en 1453, le reste des reliques demeuré à Buzy fut transféré à Massiges. La provenance des reliques est inconnue. Au diocèse de Reims, on peut certes signaler une relique de la main droite de saint Gilles, mentionnée dans le Livre des miracles de saint Gilles (rédigé au début du XIIe siècle), à l’occasion de la fondation du prieuré de Saint-Gilles (Marne) (autrefois « Saint-Gilles d’Acy »), en 1088. Des « reliquaires de Saint-Gilles » y sont encore mentionnés en 1474 (alors que le prieuré était uni à la mense archiépiscopale). Mais en dehors de la proximité – toute relative – entre les deux lieux de culte, il n’y a aucun indice clair pour des liens entre le prieuré et Saint-Gilles de Buzy.

LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :
Saint Gilles est un ermite, originaire de Grèce, qui aurait fondé l’abbaye de Saint-Gilles-du-Gard et serait mort autour de 720. Sa vie, assez légendaire, a été écrite par les moines fin Xe-début XIe siècle et mentionne notamment la guérison d’une jeune fille atteinte de fièvre. Il pourrait s’agir de l’origine de la spécialisation du pèlerinage de Buzy
Miracles :

Guérison du mal dont souffrait Étienne de Grachaut (1453).

Guérison des fièvres évoquées dans les dépositions de 1485 par plusieurs témoins qui en ont bénéficié : Jean Morifer, Jean Manfilus, Gilles Blanchet, Jean Perard et Collessomius Champein.

Type(s) de motivation :
  • Piété
  • Voeu
Recours :
  • Thérapie
Jour(s) de fête :
  • Gilles (1e septembre)
  • Gilles (1er septembre)
Type de fréquentation :
Annuel (= juste pour une fête)
Compléments sur les fréquentations :
En Champagne et Lorraine, le culte de saint Gilles est resté limité, mais s’est implanté à partir de la seconde moitié du XIe siècle, souvent par l’intermédiaire de moines bénédictins, selon P. Corbet. À  l’occasion de la fondation d’un prieuré de l’abbaye Saint-Gilles au diocèse de Reims (Saint-Gilles d’Acy), en 1088, la présence de reliques du saint aurait permis un miracle. Le choix de saint Gilles en tant que patron de Buzy pourrait venir des moines de l’abbaye Saint-Remi de Reims, qui avaient la collation de la cure de Massiges. Mais la provenance des reliques reste sans explication : il est peu probable qu’elles proviennent du prieuré de Saint-Gilles d’Acy, à l’extrémité opposée du diocèse de Reims. À Buzy, la fréquentation semblait au XVe siècle correspondre aux demandes de guérisons. À  la veille de la première guerre mondiale, le pèlerinage se réduisait à une procession annuelle au calvaire de Buzy.
Pratiques individuelles :
  • Cire
  • Toucher
  • Incubation
  • Boire
  • Bénédiction de l'eau
Pratiques en présence du clergé :
  • Processions
Ex voto :
    Confrérie(s) :
      Indulgence(s) :
        Compléments sur le culte :

        Les pratiques d’incubation dans l’église auprès des reliques sont mentionnées en 1485, tout comme la consommation de l’eau de la fontaine Saint-Gilles. L'eau faisait l'objet d'un rite spécial de bénédiction dont les formules ont ensuite été reprises à Bruges.

        Avant 1453, l’église étant à l’abandon, les pèlerins touchaient les reliques sans contrôle ecclésiastique. Dans les années 1440 (selon une des dépositions de 1485), un pèlerin ayant allumé un cierge près des reliques, le coffret de bois abritant les reliques brûla, sans que les reliques fussent consumées. À la veille de la première guerre mondiale, le pèlerinage consistait en une procession annuelle au calvaire de Buzy élevé à l’emplacement de l’église. On continuait à boire l’eau de la fontaine.

        L'ÉDIFICE

        Description :
        L’église de Buzy a été détruite pendant la guerre de Cent Ans.
        Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
        • Autre (?)
          Un calvaire, existant toujours en 1913, avait été élevé. Il était sans doute ancien.
        Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :
        • Autel (XVe siècle)
          La châsse des reliques était placée en 1453 sur le maître autel.

        HISTOIRE DU SANCTUAIRE

        Origines :
        Date de première mention : 1453
        Initiative de la fondation :
        • ?
        Environnement institutionnel, politique et religieux :
        Succursale de la paroisse de Massiges, mentionnée dans le compte diocésain de 1368, dont la collation appartenait à l’abbaye Saint-Remi de Reims, l’église de Buzy est déclarée détruite en 1453. Selon Auguste Longnon, le polyptyque de Saint-Remi de Reims mentionne Buzy. La localité est ensuite mentionnée à plusieurs reprises au XIVe siècle.
        Phases d'évolution :
        Décrit comme immémorial, le pèlerinage de Buzy se poursuivait en 1453 malgré la ruine de l’église. Marqué par une série de miracles attestés, le pèlerinage a sans doute perdu beaucoup de son aura après le départ de la principale relique en 1453. Le transfert du reste des reliques à l’église Saint-Maurice de Massiges y attire quelque peu les pèlerins mais selon la déposition du curé Jean Perard (1485), ceux-ci continuent à visiter l’église ruinée de Buzy. Contrairement à ce qu’a écrit Édouard de Barthélemy, ce n’est pas après 1552, mais dès 1453 que le village de Buzy avait été abandonné. Le pèlerinage aurait subsisté de façon modeste au cours de l’époque moderne. Écrivant en 1922, l’abbé Lallement le décrit comme actif à la fin du XIXe siècle et jusqu’à la veille de la première Guerre mondiale. Il ne s’agissait plus que d’une simple procession au site de Buzy, suivie de la messe à l’église de Massiges.
        Evénements marquants :
        • Miracle (1453)
          Guérison d’Étienne de Grachaut, seigneur d’Ollans.
        • Translation (1453)
          À l’initiative d’Étienne de Grachaut, l’os du bras de saint Gilles qui était vénéré à Buzy est transféré à Rougemont (Franche-Comté).
        • Translation (1466)
          La relique du bras est à son tour transférée à Saint-Gilles de Bruges.
        • Enquête (1485)
          À la demande des marguilliers de Saint-Gilles de Bruges, une enquête sur l’authenticité des reliques fut menée à Buzy, les 11 et 12 mars 1485, par deux notaires envoyés par l’officialité de Reims (connue par un vidimus du 16 avril 1486). L’enquête donna lieu à des dépositions des habitants des environs de Buzy à propos de la façon dont les reliques étaient conservées, à la bonne odeur qu’elles dégageaient et aux grâces obtenues par leur intermédiaire.
        • Abandon d'une pratique (1914)
          Abandon de la procession au calvaire de Buzy.
        Rayonnement(s) :
        • Local (XVe siècle -> 1914)
          Ayant peut-être joui d’un certain rayonnement au milieu du XVe siècle dans les villages des environs, le pèlerinage était devenu très local par la suite. Pour la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle, il est décrit comme une procession assemblant principalement des paroissiens de Massiges.

        RÉFÉRENCES

        Source(s) :
        • Source publiée
          Compte diocésain de 1368 (édité dans Auguste LONGNON, Pouillés de la province de Reims, Paris, 1908).
        • Source publiée

          REMBRY, Ernest (abbé), Saint Gilles, sa vie, ses reliques, son culte en Belgique et dans le nord de la France : essai d'hagiographie, Bruges, E. Gailliard, 1881, p. 525-527 (acte de 1466), p. 528-536 (compte-rendu de l'enquête dressé le 16 avril 1486).

          Ces pièces se trouvaient, à la fin du XIXe siècle, dans les archives de la paroisse Saint-Gilles de Bruges.

        • Archives
          Reims, AD Marne, G 277 (visite du doyenné de Cernay-en-Dormois), 1459.
        Bibliographie :
        • GIRAULT, Marcel, «Saint-Gilles d'Acy au diocèse de Reims », in Études marnaises, t. 124 , 2009, p. 33-52.
        • CORBET, Patrick, «La diffusion du culte de saint Gilles au Moyen Âge (Champagne, Lorraine, Nord de la Bourgogne)  », in Annales de l'Est, série 5, t. 32, 1980, p. 3-42.
        • GUILBERT, Sylvette , «Destructions et reconstruction dans deux doyennés du diocèse de Reims au XVe siècle », in Mémoires de la Société d'Agriculture, Commerce, Sciences et Arts de la Marne, t. XCIII, 1978, p. 115-134.
        • POULIN (abbé), Les pèlerinages du diocèse de Reims, Charleville, P. Anciaux, 1927.
        • LALLEMENT, Louis (abbé), Folk-lore et vieux souvenirs de l'Argonne (arrondissement de Sainte-Ménehould), Châlons-sur-Marne, A. Robat, Paris, L. Staude, 1921, p. 37-38.
        • LALLEMENT, Louis (abbé), «Pèlerinages et fontaines sacrées de l'arrondissement de Sainte-Menehould », in Almanach-annuaire historique, administratif et commercial de la Marne, de l'Aisne et des Ardennes, publié par Matot Braine, 63e année, 1918-1921, p. 295-330.
        • REMBRY, Ernest (abbé) , Saint Gilles, sa vie, ses reliques, son culte en Belgique et dans le nord de la France : essai d'hagiographie, Bruges, E. Gailliard, 1881, p. p. 359, 375, 401-408, 430-431 (t. I) ; p. 152-153 (t. II).
        • BARTHELEMY, Edouard (de), Notice historique et archéologique sur les communes du canton de Ville-sur-Tourbe, Paris, A. Aubry, 1865, p. 37-38.
        Etude(s) universitaire(s) :

        PHOTOGRAPHIES LIÉES

        Objet de dévotion :
        Edifice :
        Autre :

        À PROPOS DE L'ENQUÊTE

        Enquêteur :
        • RENAULT Jean-Baptiste
        Rédacteur :
        • RENAULT Jean-Baptiste
        Date de l'enquête :
        2017
        Date de rédaction de la fiche :
        2018
        Etat de l'enquête :
        En cours
        Pour citer cette ficheRENAULT Jean-Baptiste, « Saint-Gilles-de-Buzy », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
        url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/764/saint-gilles-de-buzy, version du 08/06/2018, consulté le 20/10/2018