INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

Retour à la liste des sanctuaires

Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle n°2

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle n°2
Période d'activité :
1803 - 2018
Commune :
Rennes
Département :
Ille et Vilaine
Basilique Saint-Aubin

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Rennes
Hameau/Lieu-dit :
Église Saint-Aubin
Diocèse :
Actuel: Rennes-Dol-Saint-Malo (1803 - 2018)
Ancien:
Paroisse :
Actuelle: Saint-Aubin en Bonne-Nouvelle (2002 - 2018)
Ancienne: Saint-Aubin (1803 - 2002)
Compléments :
Avant la Révolution (1793), le tableau de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle était vénéré au couvent des Dominicains (Jacobins) de Rennes (voir http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/761/notre-dame-de-bonne-nouvelle-n-1). En 1803, il fut installé dans l’église Saint-Aubin, à une dizaine de mètres de l’ancien couvent qui accueillait désormais la garnison de Rennes.

Site

Type de site :
Plaine
Altitude :
40 m

Paysage

Type de couvert végétal :
Néant
Type de l'habitat :
Ville
Type de proximités :
Abbaye
Axe de circulation
Carrefour
Cathédrale
Cours d'eau
Prieuré
Remparts
Compléments :
L’église Saint-Aubin se situe dans le centre historique de Rennes. La date de fondation et l’emplacement précis de la cité gauloise de Rennes est incertaine. Son ancien nom, Condate, signifie « confluence », car la ville se trouve à l’endroit où l’Ille se jette dans la Vilaine. Après la conquête de César, la ville devint capitale de la province romaine des Rédones. Marche de l’Empire de Charlemagne, intégrée à la Bretagne au IXe siècle, Rennes prend peu à peu de l’importance dans le duché, sans en devenir la capitale avant le XVIe siècle. Lors du rattachement au domaine royal français en 1532, le Parlement de Bretagne est installé à Rennes. En 1790, Rennes devint chef-lieu du Département d’Ille-et-Vilaine, puis de la Région Bretagne à partir de 1956.

LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle n°2 (1803 - 2018)
Type de lieu de culte :
Basilique
Nom du lieu de culte :
Saint-Aubin en Notre-Dame de Bonne-Nouvelle
Saints patrons :
  • Saint-Aubin et Notre-Dame (1803 - 2018)
Compléments :
L’église paroissiale Saint-Aubin de Rennes, datant de l’époque moderne, fut détruite en 1883. Elle fut entièrement reconstruite entre 1884 et 1904, et reçut le titre de basilique mineure le 6 août 1916. En revanche, sa partie occidentale ne fut jamais achevée. Depuis mars 2015, la basilique est provisoirement fermée au public pour des raisons de sécurité, le percement de la ligne B du métro rennais ayant provoqué des nombreuses fissures dans l’édifice.

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Notre-Dame de Bonne-Nouvelle
Nature de l'objet :
Peinture sur bois
Matériau de l'objet :
Bois
Dimensions de l'objet :
176x96 cm
Emplacement :
Dans le choeur de l'église Saint-Aubin
Datation de l'objet :
1450-1466
Compléments :
En 1803, le tableau fut rendu au curé de l’église paroissiale Saint-Aubin, voisine de l’ancien couvent (http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/761/notre-dame-de-bonne-nouvelle-n-1). Quand celle-ci fut reconstruite, le tableau fut installé sans grande pompe dans le chœur de cette église (la date exacte ne nous est pas connue). Il s’y trouve toujours actuellement. Les figures de la Vierge, puis de l’Enfant Jésus furent couronnées en 1908. L’autorisation en avait été donnée en avril 1874 par le pape Pie IX (1846-1878), mais à cause des travaux de reconstruction de l’église Saint-Aubin (1884-1904), la cérémonie fut grandement retardée. Le tableau fut classé Monument Historique au titre d’objet en 1963 et restauré en 2011. Les deux couronnes de 1908 furent inscrites en 1982.

LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :
Bien que le tableau représentant la Vierge de Bonne-Nouvelle date du XVe siècle, sa place dans la piété rennaise s’accrut encore à partir des années 1630. À la suite d’une épidémie de peste persistante, les autorités municipales firent un vœu à Notre-Dame de Bonne-Nouvelle (1632). L’épidémie ne réapparut pas au printemps 1633, et les échevins firent construire une maquette ex-voto de la ville de Rennes en argent. À partir de 1634, la commémoration de ce vœu devint la principale fête religieuse de la ville de Rennes jusqu’à la Révolution. Après la Révolution, le tableau fut installé dans l’église Saint-Aubin (1803). L’ancienne maquette ayant été détruite, une nouvelle, en métal argenté, fut élaborée en 1861. La nouvelle église Saint-Aubin comporte, de plus, des vitraux relatant le légendaire prêté à Notre-Dame de Bonne-Nouvelle, en particulier le rôle qui lui est prêté dans la victoire de Jean IV à Auray.
Miracles :
Aucun miracle n’est attesté pour l’époque contemporaine.
Type(s) de motivation :
  • Action de grâce
  • Piété
  • Voeu
Recours :
  • Thérapie
Jour(s) de fête :
  • Nativité Vierge Marie
Type de fréquentation :
Continu
Pratiques individuelles :
  • Voeux
Pratiques en présence du clergé :
  • Processions
Ex voto :
  • Texte gravé
    Des dizaines de plaque de marbre ex-voto (fin XIXe-XXe siècle) parent les murs de la basilique Saint-Aubin en Notre-Dame de Bonne-Nouvelle.
  • Autre (1861)
    Le principal ex-voto contemporain à Notre-Dame de Bonne-Nouvelle est la maquette en métal argenté de la ville de Rennes offerte par l’Église en 1861. Elle fut créée dans le but de renouer avec la tradition du « Vœu » de 1634, qui disparut en 1794. Au début des années 2000, la maquette fut mutilée : le bâtiment représentant l’hôtel de ville de Rennes fut dérobé. La maquette a été restaurée en 2018 en vue de l’exposition Rennes. Les vies d’une ville au musée de Bretagne.
  • Cire (1871)
    Dans le contexte de la Guerre de 1870-1871, les Rennais firent un vœu collectif pour que les troupes prussiennes les épargnent. Un cierge de dix kilos fut alors coulé et porté en procession dans la ville le 5 février 1871. L’offrande fut réitérée ensuite annuellement. Elle n’a plus cours aujourd’hui mais le chandelier monumental destiné au cierge votif, réalisé en 1912, subsiste toujours.
Confrérie(s) :
  • Archiconfrérie du Rosaire (1817)
    L’évêque de Rennes, Mgr Enoch, établit l’archiconfrérie du Rosaire dans l’église Saint-Aubin.
Indulgence(s) :
  • Partielle 100 j. (XXe siècle)
    Une image pieuse de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle fut éditée sous l’épiscopat de Mgr René Mignen, archevêque de Rennes (1931-1939). Celui-ci stipula que celui qui réciterait la prière qui accompagne l’image obtiendrait une indulgence de cent jours. Peut-être y en eut-il d’autres de ce type entre la fin du XIXe siècle et les années 1950.
Compléments sur le culte :
De 1861 à 1963, le Vœu (à savoir la maquette de la ville) fut transporté lors de la procession du 8 septembre (fête de la Nativité de la Vierge Marie). Ce rituel déclina à partir des années 1950, et la dernière procession de ce type eut lieu en 1963. Cependant, la maquette est exposée à la vue de tous chaque année le 8 décembre, lors de la fête de l’Immaculée Conception.

L'ÉDIFICE

Description :
L’église Saint-Aubin de Rennes fut entièrement reconstruite dans le style néogothique entre 1883 et 1904, sur les bases d’une église datant des XVIIe-XVIIIe siècles. L’église, conçue au temps de l’Ordre Moral, témoigne d’un projet grandiose en vue d’exalter le passé religieux de la Bretagne (en référence, en particulier, aux ducs), mais celle-ci ne put être achevée : la nef est demeurée incomplète et le massif occidental, avec les deux flèches qui étaient prévues, n’a jamais été construit (en témoignent les départs de voûte visibles depuis l’extérieur du mur pignon ouest). L’église présente un plan à trois vaisseaux. La nef est longue de trois travées. Le transept, large d’une seule travée, se trouve à peu près au centre de l’édifice. Le chœur est long de deux travées, et se prolonge au centre par une abside polygonale. Les bas-côtés du chœur sont tous les deux flanqués d’une chapelle et forment un déambulatoire autour du maître-autel. Ce déambulatoire permet d’accéder tout au fond de l’abside à l’autel de Bonne-Nouvelle et au tableau de la Vierge à l’Enfant. L’église Saint-Aubin en Notre-Dame de Bonne-Nouvelle reçut le titre de basilique mineure le 6 août 1916, en même temps que l’église Saint-Sauveur, qui se trouve à cinq cents mètres au sud. Depuis mars 2015, la basilique est provisoirement fermée au public pour des raisons de sécurité, le percement de la ligne B du métro rennais ayant provoqué des nombreuses fissures dans l’édifice.
Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
    Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :

      HISTOIRE DU SANCTUAIRE

      Origines :
      Date de première mention : 1803
      Initiative de la fondation :
      • ?
      Environnement institutionnel, politique et religieux :
      Réouverture du culte catholique liée au Consulat de Napoléon Bonaparte (1899-1804).
      Phases d'évolution :

      Dans la première moitié du XIXe siècle, le pèlerinage de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle n’eut plus le même retentissement que durant l’Ancien Régime. Il connut cependant un regain à partir des années 1860, avec la création d’un vœu (ex-voto) semblable à celui de 1634. Cette nouvelle maquette de métal argenté fut inaugurée en 1861 et portée solennellement lors des processions du 8 septembre (fête de la Nativité de la Vierge), comme aux XVIIe et XVIIIe siècles. Les Rennais eurent de nouveau recours à Notre-Dame de Bonne-Nouvelle lors de la Guerre de 1870-1871, afin d’être épargnés du passage des troupes prussiennes. Les figures de la Vierge et de l’Enfant-Jésus furent couronnées en 1908, et l’église Saint-Aubin, reconstruite de 1884 à 1904, reçut le titre de basilique mineure en 1916. Ce regain fut de courte durée, car le culte s’essouffla après la Seconde Guerre mondiale. La procession du 8 septembre attira de moins en moins de fidèles au cours des années 1950 et fut abandonnée après 1963. Cela peut être dû à plusieurs facteurs : concurrence de Notre-Dame-des-Miracles-et-Vertus dans l’église voisine Saint-Sauveur, et modifications profondes, tant de la ville de Rennes que des expressions religieuses, à l’heure du concile Vatican II (Georges Provost, 2015, p. 97). La maquette et le tableau sont cependant exposés à la vue de tous chaque année pour la fête de l’Immaculée Conception (8 décembre).

      Evénements marquants :
      • Arrivée de l'objet de dévotion (1803)
        Olivier Garrel, ancien jardinier des Dominicains, avait subtilisé le tableau de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle peu avant les inventaires de 1793. Il rendit le tableau au curé de la paroisse Saint-Aubin de Rennes. Ce dernier le fit exposer au fond du chœur de cette église, sans grande cérémonie pour ne pas interpeller l’opinion publique, les troubles révolutionnaires étant à peine terminés. En témoigne le fait que la date exacte de l’événement nous est inconnue.
      • Acte exceptionnel de dévotion (1861)
        À l’initiative de Mlle Jouault (1854), une maquette de la ville de Rennes, semblable au « Vœu » créé en 1634, fut réalisée par un orfèvre parisien, Charles-Eugène Trioullier, et inaugurée le 2 août 1861. Elle fut seulement plaquée d’argent, et non en argent massif comme la précédente. Ce vœu est actuellement exposé dans la sacristie de l’église Saint-Aubin, avec le tableau de Huguet, ex-voto de l’incendie de 1720. Comme la maquette de 1634, le vœu fut porté en procession le jour de la Fête de la Nativité (8 septembre) jusqu’en 1963. À partir de cette date, il est exceptionnellement exposé au public vers la mi-décembre (en octobre auparavant).
      • Voeu collectif (1871)
        Dans le contexte de la Guerre de 1870-1871, les Rennais craignirent une attaque prussienne sur leur ville. Une procession de recours à Notre-Dame de Bonne-Nouvelle eut alors lieu le 5 février 1871, proche de la date de la Fête de Purification (2 février). Un cierge votif de dix kilos fut moulé et offert à la Vierge, avec la promesse de réitérer le geste chaque année. A la différence du vœu de 1634, l’initiative vint de l’Église catholique, et non des autorités municipales.
      • Couronnement de la statue (1908)
        Bien que l’autorisation de couronner Notre-Dame de Bonne-Nouvelle eût été donnée en 1874 par le pape Pie IX (1846-1878), le couronnement fut retardé pour diverses raisons, notamment la reconstruction de l’église Saint-Aubin (1883-1904). La couronne d’or fabriquée pour l’occasion fut de forme plate, pour s’adapter au tableau. Le couronnement eut lieu le 25 mars 1908, le même jour que celui de la statue de Notre-Dame-des-Miracles-et-Vertus (dans l’église voisine Saint-Sauveur de Rennes). Le 4 octobre 1908, l’Enfant-Jésus du tableau fut à son tour couronné, car il n’était canoniquement pas valide que dans un même ensemble la Vierge fût couronnée et que le Christ ne le fût pas.
      • Erection du sanctuaire en basilique mineure (1916)
        Malgré le caractère inachevé de la nouvelle église Saint-Aubin, celle-ci reçut le titre de basilique mineure par bulle du pape Benoît XV (1914-1922), en même temps que l’église voisine Saint-Sauveur, au titre du pèlerinage de Notre-Dame-des-Miracles-et-Vertus. Cela se fit sans grande cérémonie, dans le contexte de la Première Guerre mondiale.
      • Autre (1963)
        La dernière procession solennelle du Vœu de 1861 eut lieu en 1963. Attirant de moins en moins de fidèles au cours des années 1950, la procession fut abandonnée au profit d'une simple exposition de la maquette lors d’une cérémonie annuelle.
      Rayonnement(s) :
      • Local (1803 -> 2018)
        Dans la première moitié du XIXe siècle, le pèlerinage de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle n’eut plus le retentissement caractéristique de l’Ancien Régime. Il connut cependant un regain à partir des années 1860, avec la création d’un vœu (ex-voto) semblable à celui de 1634. Cette nouvelle maquette de métal argenté fut inaugurée en 1861 et portée solennellement lors des processions du 8 septembre (fête de la Nativité de la Vierge), comme aux XVIIe et XVIIIe siècles. Les Rennais eurent de nouveau recours à Notre-Dame de Bonne-Nouvelle lors de la Guerre de 1870-1871, afin d’être épargnés du passage des troupes prussiennes. Les figures de la Vierge et de l’Enfant-Jésus furent couronnées en 1908, et l’église Saint-Aubin, reconstruite de 1884 à 1904, reçut le titre de basilique mineure en 1916. Ce regain fut de courte durée, car le culte s’essouffla après la Seconde Guerre mondiale. La procession du 8 septembre attira de moins en moins de fidèles au cours des années 1950 et fut abandonnée après 1963. Cela peut être dû à plusieurs facteurs : concurrence de Notre-Dame-des-Miracles-et-Vertus dans l’église voisine Saint-Sauveur et modifications profondes, tant de la ville de Rennes que des expressions religieuses, à l’heure du concile Vatican II (Georges Provost, 2015, p. 97). La maquette et le tableau sont cependant exposés à la vue de tous chaque année pour la fête de l’Immaculée Conception (8 décembre).

      RÉFÉRENCES

      Source(s) :
      Bibliographie :
      • DE FOSSEY, P.-M., «Centre des congrès : la renaissance du couvent des Jacobins », in Rennes Métropole magazine, 35 , 2017, p. 12-16.
      • PROVOST, G., «Les voeux, ces étonnantes maquettes urbaines en argent  », in Place publique, 33 http://www.placepublique-rennes.com/article/Les-voeux-ces-etonnantes-maquettes-urbaines-en-argent-1, 2015.
      • PROVOST, G., La fête et le sacré. Pardons et pèlerinages en Bretagne aux XVIIe et XVIIIe siècles, Paris, Le Cerf, 1998.
      • POISSON, H., Le Culte de Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle, Rennes, 1938.
      • POISSON, H., La paroisse de Saint-Aubin en Notre-Dame de Bonne-Nouvelle, Redon, 1935.
      Etude(s) universitaire(s) :

      PHOTOGRAPHIES LIÉES

      Objet de dévotion :
      • Tableau de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle - Archives de Rennes, cliché Georges Provost - 2011
      Edifice :
      • Basilique Saint-Aubin - Maxime Bolard - 2017
      • Basilique Saint-Aubin - Archives de Rennes, cliché Georges Provost - 2011
      • Vue int�rieure de la basilique, vers le choeur - Georges Provost - 2011
      Autre :
      • Voeu de 1861 - Georges Provost - 2011
      • Localisation du sanctuaire - Maxime Bolard - 2018

      À PROPOS DE L'ENQUÊTE

      Enquêteur :
      • BOLARD / PROVOST Maxime / Georges
      Rédacteur :
      • BOLARD Maxime
      Date de l'enquête :
      1995/2017
      Date de rédaction de la fiche :
      2018
      Etat de l'enquête :
      En cours
      Pour citer cette ficheBOLARD Maxime, « Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle n°2 », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
      url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/762/notre-dame-de-bonne-nouvelle-n-2, version du 12/11/2018, consulté le 11/12/2018