INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Notre-Dame-des-Marais-de-Fougères

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Notre-Dame-des-Marais-de-Fougères
Période d'activité :
XIIIe siècle - 2018
Commune :
Fougères
Département :
Ille et Vilaine
Localisation de Fougères

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Fougères
Hameau/Lieu-dit :
Diocèse :
Actuel: Rennes-Dol-Saint-Malo (1791 - 2018)
Ancien: Rennes (XIVe siècle - 1791)
Paroisse :
Actuelle: Paroisse de la Visitation de Fougères (XXe siècle - 2018)
Ancienne: Saint-Sulpice de Fougères (XIVe siècle - XXe siècle)
Compléments :
Les diocèses de Rennes, Dol et Saint-Malo ayant fusionné en 1791, le nouveau diocèse, qui a pour limites celles du département de l’Ille-et-Vilaine, s’intitule « Rennes-Dol-Saint-Malo » depuis 1880. Cependant, la ville de Fougères dépendit toujours du siège épiscopal de Rennes. En 1075, l’église de Saint-Sulpice fut donnée à l’abbaye de Marmoutier, proche de Tours. Cette dépendance dura jusqu’à la Révolution française. Fougères fait aujourd’hui partie de la paroisse de La Visitation de Fougères, qui regroupe cinq paroisses originellement indépendantes.

Site

Type de site :
Vallée
Altitude :
92 m

Paysage

Type de couvert végétal :
Désert
Type de l'habitat :
Ville
Type de proximités :
Abbaye
Axe de circulation
Carrefour
Château
Cours d'eau
Remparts
Compléments :
La ville de Fougères se trouve à l’extrémité nord-est de la Haute-Bretagne (francophone), à quelques kilomètres de la Normandie et du Maine. Le premier château de Fougères, succédant peut-être à une motte castrale, a été construit sur une éminence de la vallée du Couesnon au début du XIe siècle. L’église Saint-Sulpice et la ville fortifiée de Fougères se sont développées en contrebas de cet escarpement à partir de la même époque. La baie du Mont-Saint-Michel, qui constitue le littoral le plus proche, se trouve à vingt-cinq kilomètres au nord-ouest. Fougères constituait un carrefour routier à la limite de la Bretagne, de la Normandie et du Maine, entre Rennes, Vitré, Dol, Saint-Malo, Saint-James, Pontorson, le Mont-Saint-Michel, Charnay et Saint-Ouen (Mayenne).

LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Notre-Dame-des-Marais-de-Fougères (XIIIe siècle - 2018)
Compléments :
D’après le vicomte Le Bouteiller (1923), c’est sous la domination des Lusignan sur Fougères (1256-1313) que l’ancienne statue de Notre-Dame fut retrouvée dans les marais bordant l’église Saint-Sulpice.
Type de lieu de culte :
Eglise paroissiale
Nom du lieu de culte :
Saint-Sulpice
Saints patrons :
  • Sulpice Sévère (XIe siècle - 2018)
Compléments :
L’église primitive Saint-Sulpice de Fougères fut construite au XIe siècle, en contrebas du château établi par le seigneur Méen Ier (mort vers 1030). Sulpice Sévère (mort au début du Ve siècle) était l’hagiographe de saint Martin de Tours. En 1075, Adélaïde de Fougères fit don de l’église à l’abbaye tourangelle de Marmoutier. L’église devenant trop petite, une nouvelle nef plus grande fut construite au XIIIe siècle. À cause du relatif désintérêt du recteur officiel, absent de Fougères, l’église fut gérée de fait aux XVe-XVIe siècles par la confrérie de la Mi-Août. Cette confrérie, chargée d’organiser le culte de Notre-Dame des Marais, était gouvernée par sept chapelains. La confrérie devenant elle-même décadente à la fin du XVIIe siècle, le recteur René Pannier (mort en 1715) en profita pour faire valoir ses droits et reprit la gestion de la paroisse. A la Révolution française, Saint-Sulpice devint une paroisse indépendante. Après avoir été église constitutionnelle (1791-1793), temple de la Raison (1794-1796), puis grenier à foin (1796-1798), l’église fut rachetée par le maître ciergier Camille Turin, qui souhaita la protéger de la destruction et mettre à l’abri la statue de Notre-Dame des Marais. L’église fut rouverte au culte catholique en 1803. Vers 2000, l’église Saint-Sulpice a été rattachée à la paroisse de La Visitation de Fougères, qui regroupe cinq paroisses originellement indépendantes.

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Statue de Notre-Dame des Marais
Nature de l'objet :
Statue
Matériau de l'objet :
Pierre
Dimensions de l'objet :
H : 80 cm
Emplacement :
Transept nord de l’église
Datation de l'objet :
XIVe siècle
Compléments :
La statue de Notre-Dame des Marais est une « Vierge de lait ». Assise, elle tient l’Enfant-Jésus sur ses genoux et l’allaite de son sein gauche. Elle est sculptée en pierre de Caen (calcaire blanc) et sa polychromie est attestée dès le XVe siècle. Actuellement, les habits de Jésus et Marie sont dorés, leurs visages bruns, et leurs cheveux noirs. Leurs chefs étaient nus avant leur couronnement, le 8 septembre 1923. De la statue, il est mentionné en 1489 qu’on la fit « repeindre et rafraischir a fin or et argent, a azur d’ocre et autres choses y pertinent ». En 1449, elle fut couverte d’un « manteau », et pour Noël 1484, elle fut couverte d’un « chapeau de plumes garni de paillettes » (cité par Le Bouteiller, 1923, p. 5 et 19). Elle est aujourd’hui vêtue d’un manteau de velours bleu et blanc lors des pardons. Bien que la tradition la fasse remonter au XIe siècle, elle semble dater du XIVe siècle. Des retouches du XVIIIe siècle rendent cependant sa datation délicate. Longtemps exposée dans une niche au-dessus de l’entrée de l’église, la statue fut installée en 1701 dans une chapelle construite dans le cimetière. Elle restait visible depuis la rue, ce à quoi tenaient beaucoup les Fougerais. Mise à l’abri chez Camille Turin (1798-1801), la statue reprit sa place dans la chapelle du cimetière après la Révolution. Pour la recevoir, une chapelle néo-gothique fut adjointe au collatéral nord de l’église en 1868-1872. Jugée incohérente par rapport au reste du monument, elle fut détruite en 1960. La statue fut alors exposée dans le transept nord de l’église Saint-Sulpice, dit la « Grande Chapelle Notre-Dame » où elle se trouve aujourd’hui. Cette chapelle avait été construite à cet effet dès 1410. Elle avait servi peu de temps, car la statue n’étant plus visible depuis la rue, les Fougerais réclamèrent son retour sur le mur extérieur. La statue a été classée Monument Historique au titre d’objet en 1919.

LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :
Selon la tradition, la statue de Notre-Dame des Marais aurait appartenu à la chapelle castrale primitive de Fougères, construite au début du XIe siècle et dédiée à Marie. Le château ayant été rasé en 1166 par le roi Henri II Plantagenêt (1151-1189), la statue resta abandonnée sous les décombres. Elle aurait été retrouvée au tournant des XIIIe-XIVe siècles, lors de la reconstruction de l’église Saint-Sulpice. Malgré cette tradition, l’actuelle statue de Notre-Dame des Marais semble dater du XIVe siècle.
Miracles :
Le 19 septembre 1496, un cierge posé aux pieds de la statue de Notre-Dame des Marais se serait spontanément allumé à trois heures de l’après-midi. Il aurait alors brûlé une journée entière, s’éteignant à la même heure le lendemain. Aux XVIIe-XVIIIe siècles, de nombreux miraculés furent mentionnés. Parmi eux, des aveugles, des paralytiques, des pestiférés et personnes atteintes de fièvres. Une femme originaire du Mans prétendit même avoir ressuscité. Au début du XVIIIe siècle, le père Lagogué estima qu’environ quatre mille messes d’action de grâce furent célébrées « en cinq ou six ans » (cité par Le Bouteiller, 1923, p. 29). Malgré l’essor que connut le pèlerinage à partir des années 1690, la consignation des miracles, en usage dans des sanctuaires fraîchement réformés comme Sainte-Anne-d’Auray ou Notre-Dame de Bonne-Nouvelle de Rennes, ne fut pas suivie à Fougères. Le père Lagogué justifia ce choix en avançant que cela ne regardait que Dieu et le miraculé en question, et limitait en même temps les risques d’erreur. Seule une guérison fut consignée en 1722 : celle de Michel Boisseau, muet, originaire du Noellet (Maine-et-Loire), et qui retrouva l’usage de la parole après vingt-trois ans d’aphasie.
Type(s) de motivation :
  • Action de grâce
  • Piété
  • Voeu
Recours :
  • Voeu
  • Thérapie
  • Libération des prisonniers
  • Autre
Compléments :
Les recours à Notre-Dame des Marais étaient essentiellement thérapeutiques. Cependant, on connaît le cas d’une marchande remerciant la Vierge pour ses affaires florissantes (vers 1700), des hommes libérés de prison ou de captivité (présence d’ex-voto sous forme de chaînes) et des soldats victorieux venus offrir une partie de leur butin (1488).
Jour(s) de fête :
  • 1er octobre
Type de fréquentation :
Continu
Compléments sur les fréquentations :
Vers 1700, le père Lagogué mentionna une foule de pèlerins installés dans le cimetière pour adorer la statue, et ce jour et nuit. Lors de la fête du sanctuaire, le 1er octobre, l’église ne pouvait contenir tous les fidèles. Dans le cadre de l’essor du bretonnisme au XIXe-XXe siècles, puis dans le sillage du couronnement de la statue en 1923, le chanoine Mathurin créa en 1924 le « pardon » de Notre-Dame des Marais, fêté du vendredi soir au dimanche soir. À l’époque moderne, ce terme de « pardon » n’était utilisé, de façon extensive, qu’en Basse-Bretagne.
Pratiques individuelles :
  • Cire
  • Prières
  • Dons
  • Actions de grâce
  • Voeux
Pratiques en présence du clergé :
  • Bénédictions
  • Chants
  • Confessions
  • Messe
  • Pèlerinage
  • Processions
Ex voto :
  • Cire
    Des cierges brûlent actuellement en permanence devant la statue de Notre-Dame. Il en est mentionné dès 1477, et en 1775, il y en eut tellement dans la chapelle de Notre-Dame que celle-ci faillit prendre feu.
  • Texte gravé
    En 1923, le vicomte Le Bouteiller mentionnait des ex-voto de marbre qui « couvrent tous les murs de la chapelle ».
  • Métal (XVIIIe siècle)
    Après la bataille de Saint-Aubin du Cormier, tout proche de Fougères,  des mercenaires allemands (certainement engagés auprès des troupes du roi de France victorieux) offrirent un cierge de vingt livres et sept écus d’or (1488). Vers 1700, Madame du Plessis-Malherbe offrit une lampe de trois cent trente-six livres en argent pour remercier la Vierge de la réussite de ses affaires commerciales.
  • Vêtement (XVIIIe siècle)
    Le père Lagogué mentionne la présence de nombreuses chemises et suaires offerts au sanctuaire.
  • Chaines (1700)
    Le père Lagogué mentionna la présence de deux fers destinés à attacher les pieds de prisonniers, offerts au sanctuaire.
Confrérie(s) :
  • Confrérie de la Mi-Août (XVe siècle)
    Cette confrérie liée au culte de Notre-Dame des Marais fut mentionnée dès 1410. Tombée en désuétude, elle fut restaurée en 1511 et gérée par sept chapelains chargés de l’entretien du culte de la Vierge jusqu’en 1731.
  • Confrérie du Rosaire (1664)
    Selon le vicomte Le Bouteiller (1923), cette nouvelle confrérie liée au culte de la Vierge des Marais prit le pas sur la confrérie de la Mi-Août à la fin du XVIIe siècle, lors du conflit entre le recteur et les chapelains de cette dernière.
Indulgence(s) :
  • Partielle (1500)
    Le pape Alexandre VI (1492-1503) accorda une indulgence à ceux qui viendraient visiter le sanctuaire.
  • Plénière (XIXe siècle)
    Le pape Pie IX (1846-1878) accorda une indulgence plénière à ceux qui visiteraient le sanctuaire aux fêtes de l’Annonciation (25 mars), de la Visitation (31 mai), de l’Assomption (15 août), de la Nativité de la Vierge (8 septembre), du Saint-Rosaire (7 octobre) et de l’Immaculée Conception (8 décembre).
Compléments sur le culte :
Depuis au moins le début du XVe siècle, les habitants de Fougères vouaient une dévotion quotidienne à Notre-Dame des Marais en la saluant depuis la rue. À partir de l’essor de son culte dans les années 1690, la statue fut placée dans une chapelle du cimetière, mais toujours visible depuis la rue. Vers 1700, le père Lagogué mentionnait que de nombreux habitants de Fougères venaient régulièrement offrir à la Vierge du lait, du lard et du beurre. Un étal était alors mis en place pour vendre ces dons au profit de la paroisse Saint-Sulpice.

L'ÉDIFICE

Description :
L’église de Saint-Sulpice de Fougères présente une architecture complexe, résultant de près de quatre siècles de travaux (XIIIe-XVIIIe s.). L’église primitive fut construite au XIe siècle au pied du château élevé par le seigneur Méen Ier. Devenant trop exiguë, elle fut reconstruite au XIIIe siècle. La nouvelle église consistait à l’origine en une nef unique. De nombreuses chapelles furent construites de part et d’autre de cette dernière, créant au fur et à mesure le bas-côté sud, achevé par la construction de la tour du clocher en 1494, et le bas-côté nord, achevé en 1502. Un nouveau chœur fut entamé dans les années 1560. Son chantier interrompu à cause des guerres de religion, il ne fut achevé qu’en 1760. L’édifice mesure au total cinquante-deux mètres de long sur vingt-quatre de large et a été classé Monument Historique en 1910.
Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
  • Autre (XVe siècle)
    De 1410 à 1696, la statue fut exposée dans une niche au-dessus de la porte d’entrée de l’église. Elle était ainsi visible depuis la rue et les passants la saluaient régulièrement.
  • Chapelle (1701)
    Avec l’essor du culte de Notre-Dame des Marais dans les années 1690, une nouvelle chapelle fut construite et achevée en 1701, et la statue y fut exposée. Les pèlerins purent se recueillir face à elle dans le cimetière, tandis que les habitants de Fougères continuèrent à la saluer depuis la rue. Intégralement reconstruite en pierre blanche (1868-1872), cette chapelle fut détruite en 1960.
Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :
  • Chapelle (1410)
    La Grande Chapelle Notre-Dame, qui constitue le transept nord de l’église Saint-Sulpice, fut construite au début du XVe siècle pour accueillir la statue de Notre-Dame des Marais. Cependant, les Fougerais, qui souhaitaient pouvoir saluer la statue depuis la rue, obtinrent très vite gain de cause. Une Vierge en Majesté fut alors installée à sa place. Depuis la destruction de la chapelle néo-gothique en pierre calcaire (1960), la statue de Notre-Dame des Marais est de nouveau installée dans la Grande Chapelle Notre-Dame.

HISTOIRE DU SANCTUAIRE

Origines :
Date de première mention : 1410
Initiative de la fondation :
  • ?
Environnement institutionnel, politique et religieux :
Le développement du pèlerinage de Notre-Dame des Marais survint durant la période que Georges Provost nomme l’« efflorescence bas-médiévale » (XIVe-XVIe s.), caractérisée par l’apparition de nouveaux pèlerinages attractifs, favorisés par la Papauté tels que Saint-Yves de Tréguier,  Notre-Dame de Bonne-Nouvelle de Rennes ou Saint-Jean-du-Doigt. Cependant, les archives de la fabrique de Saint-Sulpice ne commençant qu’en 1410, il est difficile de connaître le contexte précis des origines du pèlerinage.
Phases d'évolution :

Pour la période qui va du XIVe siècle au début du XVIe siècle, les sources laissent penser à un pèlerinage dynamique : fabrication et ornements de la statue, agrandissement permanent de l’église Saint-Sulpice avec de nombreuses chapelles, création puis restauration de la Confrérie de la Mi-Août (fin XVe s., puis 1511) et obtention d’une indulgence (1500). De plus, le sanctuaire dut de tout temps profiter de l’audience du pèlerinage du Mont-Saint-Michel, qui connut lui-aussi son apogée aux XIVe-XVe siècles. Cependant, il est difficile d’estimer l’audience de Notre-Dame des Marais à cette époque. À la suite d’une vague de miracles survenue en 1696, le pèlerinage de Notre-Dame des Marais connut un essor sans précédent. Vers 1700, le vicaire Lagogué parla de quatre mille messes d’action de grâce dites en cinq ou six ans, et d’une vénération ininterrompue de la statue dans la chapelle du cimetière. Des pèlerins originaires de la Bretagne, de la Normandie, de l’Anjou et du Maine sont mentionnés, Fougères se trouvant au carrefour de ces régions. Selon Georges Provost (1998), la Haute-Bretagne gallo et francophone constituait en matière de pèlerinage un territoire moins dense en sanctuaires que la Basse-Bretagne, mais plus ouvert sur le reste du royaume de France. Pendant la Révolution française, le culte ne fut jamais vraiment interrompu, grâce à la visibilité de la statue depuis la rue, puis le rachat de celle-ci par Camille Turin, qui entretint son culte chez lui de 1798 à 1801. Après un certain déclin dans la première moitié du XIXe siècle, le culte de Notre-Dame des Marais bénéficia du renouveau ultramontain et de la promulgation du dogme de l’Immaculée Conception par le pape Pie IX : pèlerinage de 1855, réfection de la chapelle de la Vierge (1868-1872), couronnement de la statue (1923), puis instauration du « pardon » de Notre-Dame des Marais l’année suivante. Cependant, le vicomte Le Bouteiller avance qu’à cause du pèlerinage qui suivit les apparitions de 1871 à Pontmain (Mayenne), une partie des pèlerins de Fougères put être détournée par ce nouveau sanctuaire. L’audience du pèlerinage est toutefois difficile à quantifier pour l’époque contemporaine.

Evénements marquants :
  • Construction (XIIIe siècle)
    L’église primitive Saint-Sulpice, qui datait du XIe siècle, fut entièrement reconstruite au XIIIe siècle, puis complétée par des campagnes de travaux nombreuses et irrégulières jusque vers 1500.
  • Fabrication de l'objet de dévotion (XIVe siècle)
    La statue de Notre-Dame des Marais semble dater du XIVe siècle.
  • Mise à l'abri de l'objet de dévotion (1591)
    Dans le contexte des guerres de la Ligue, la statue de Notre-Dame des Marais fut temporairement mise à l’abri.
  • Reprise du pèlerinage (1696)
    À la suite d’un ou plusieurs miracles, le sanctuaire attira un nombre considérable de pèlerins venus de Bretagne, de Normandie, de l’Anjou et du Maine.
  • Fermeture (1791)
    À la Révolution française, l’église Saint-Sulpice fut fermée au culte catholique. Elle fut tour à tour reconvertie en Temple de la Raison (1794-1796), puis grenier à foin (1796-1798).
  • Mise à l'abri de l'objet de dévotion (1798)
    Camille Turin, maître ciergier à Fougères, mit la statue en sécurité chez lui pour que le culte de Notre-Dame des Marais puisse continuer. Il racheta également l’église Saint-Sulpice pour la protéger de la destruction. Il rendit la statue au sanctuaire en 1801, non sans réticences, car le culte de la Vierge qui s’était poursuivi chez lui avait fait prospérer son commerce de cierges.
  • Reprise du culte (1804)
    L’église Saint-Sulpice fut rouverte au culte catholique en 1804.
  • Pèlerinage (1855)
    Pour fêter le dogme de l’Immaculée Conception promulgué par le pape Pie IX en 1854, les habitants de Fougères organisèrent une procession exceptionnelle.
  • Couronnement de la statue (1923)
    En 1923, la statue de la Vierge Marais fut couronnée.
Rayonnement(s) :
  • Local (XIVe siècle -> 1696)
    Pour la période qui va du XIVe siècle au début du XVIe siècle, les sources laissent penser à un pèlerinage dynamique : fabrication et ornements de la statue, agrandissement permanent de l’église Saint-Sulpice avec de nombreuses chapelles, création puis restauration de la Confrérie de la Mi-Août (fin XVe s., puis 1511) et obtention d’une indulgence (1500). De plus, le sanctuaire dut de tout temps profiter de l’audience du pèlerinage du Mont-Saint-Michel en provenance du Maine et de sa tangente. Cependant, il est difficile d’estimer le rayonnement du pèlerinage à cette époque.
  • Régional (1696 -> XIXe siècle)
    À la suite d’une vague de miracles survenue en 1696, le pèlerinage de Notre-Dame des Marais connut un essor sans précédent. Vers 1700, le vicaire Lagogué parlait de quatre mille messes d’action de grâce dites en cinq ou six ans, et d’une vénération ininterrompue de la statue dans la chapelle du cimetière. Des pèlerins originaires de la Bretagne, de la Normandie, de l’Anjou et du Maine sont mentionnés, Fougères se trouvant au carrefour de ces régions. Selon Georges Provost (1998), la Haute-Bretagne gallo et francophone constituait en matière de pèlerinage un territoire moins dense en sanctuaires que la Basse-Bretagne, mais plus ouvert sur le reste du royaume de France.
  • Local (XIXe siècle -> 2018)
    Après un certain déclin dans la première moitié du XIXe siècle, le culte de Notre-Dame des Marais bénéficia du renouveau ultramontain et du dogme de l’Immaculée Conception promulgué par le pape Pie IX ; pèlerinage de 1855, réfection de la chapelle de la Vierge (1868-1872), couronnement de la statue (1923), puis instauration du « pardon » de Notre-Dame des Marais l’année suivante. Cependant, le vicomte Le Bouteiller avance qu’à cause du pèlerinage qui suivit les apparitions de 1871 à Pontmain (Mayenne), une partie des pèlerins de Fougères put être détournée par ce nouveau sanctuaire. L’audience du pèlerinage est toutefois difficile à quantifier pour l’époque contemporaine.

RÉFÉRENCES

Source(s) :
Bibliographie :
  • PROVOST, G., La fête et le sacré. Pardons et pèlerinages en Bretagne aux XVIIe et XVIIIe siècles, Paris, Le Cerf, 1998.
  • MARTIN, A., Fougères, église Notre-Dame des Marais, Rennes, 1955.
  • LE BOUTEILLER, H. [vicomte], Notice sur Notre-Dame des Marais vénérée en l'église Saint-Sulpice de Fougères, Rennes, Oberthur, 1923.
Etude(s) universitaire(s) :
  • PROVOST, G., Le pèlerinage en Bretagne aux XVIIe-XVIIIe siècles, Thèse de doctorat, ss. dir de J. QUENIART, Rennes II, 1995.

PHOTOGRAPHIES LIÉES

Objet de dévotion :
Edifice :
Autre :
  • Localisation de Fougères - Maxime Bolard - 2018

À PROPOS DE L'ENQUÊTE

Enquêteur :
  • BOLARD / PROVOST Maxime / Georges
Rédacteur :
  • BOLARD Maxime
Date de l'enquête :
1995/2018
Date de rédaction de la fiche :
2018
Etat de l'enquête :
Complète
Pour citer cette ficheBOLARD Maxime, « Notre-Dame-des-Marais-de-Fougères », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/759/notre-dame-des-marais-de-fougeres, version du 11/05/2018, consulté le 27/05/2018