INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Saint-Léonard

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Saint-Léonard
Période d'activité :
XVIe siècle - 1860
Commune :
Râches
Département :
Nord

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Râches
Hameau/Lieu-dit :
Pont-à-Râches
Diocèse :
Actuel:
Ancien: Cambrai (1801 - 1860)
Paroisse :
Actuelle:
Ancienne:
Compléments :
Entre le XVIe s. et 1801, le diocèse ressortissait au diocèse d'Arras.

Site

Type de site :
Plaine
Altitude :
20 m

Paysage

Type de couvert végétal :
Espace cultivé
Type de l'habitat :
Village
Type de proximités :
Château

LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Saint-Léonard (XVIe siècle - 1860)
Compléments :
Le culte se développa au XVIe siècle dans la chapelle Saint-Léonard de Râches. Il fut transféré dans l’église paroissiale du village en 1860 (voir la fiche Saint-Léonard n°2).
Type de lieu de culte :
Chapelle
Nom du lieu de culte :
Saint-Léonard
Saints patrons :
  • Léonard (XVIe siècle - 2018)

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Saint Léonard
Nature de l'objet :
Relique (= fragment)
Matériau de l'objet :
Vestige corporel
Dimensions de l'objet :
Emplacement :
Sur l’autel de la chapelle
Datation de l'objet :
Compléments :
Les reliques furent d’abord conservées dans une châsse en cuivre. À la fin du XVIIIe siècle, elles furent transférées dans une châsse en cristal, fermée aux extrémités par deux plaques en argent. La mâchoire du saint était conservée dans un autre reliquaire, en forme de tour. Une partie des reliques aurait été sauvée à la Révolution.

LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :

D’après sa légende, saint Léonard naquit à la fin du Ve siècle, dans une famille de l’aristocratie franque. Filleul de saint Remi et proche de Clovis, il obtint du roi le droit de visiter les prisonniers et de gracier tous ceux qu’il jugerait dignes de l’être. Lorsque le roi lui proposa la charge d’évêque, Léonard refusa et se fit moine à Micy, près d'Orléans. Il partit ensuite évangéliser en Aquitaine, où il installa son ermitage dans la forêt de Pauvain, près de Limoges. Un jour, alors que le roi d’Aquitaine vint chasser en cette forêt, celui-ci demanda son aide à Léonard : la reine, arrivée au terme de sa grossesse, n’arrivait pas à accoucher. L’ermite, par ses prières, intercéda alors pour la parturiente, qui put ainsi donner naissance et retrouver la santé.

Le roi voulut remercier le saint par de nombreuses largesses, mais Léonard n’accepta qu’un petit territoire au sein de la forêt ; celui que son âne pourrait délimiter en une journée. Il nomma ce domaine « Noblac », en référence à l’origine royale de ce présent.

Léonard partagea progressivement son nouveau domaine ; il offrit des terres aux anciens prisonniers notamment, afin qu’ils puissent vivre de leur travail et non plus de larcins.
Il mourut un 6 novembre et fut inhumé dans son ermitage (Vita sancti Leonardi, 1030).
Miracles :
On conserve aujourd’hui de nombreux témoignages du XVIIe siècle. Beaucoup de pèlerins guérirent de paralysie : ce fut par exemple le cas de la princesse Louise de Lorraine, de plusieurs religieuses de Marquette, d’un greffier de Marchiennes en 1611, d’une religieuse d’Arras en 1653 ou encore des enfants d’un certain sieur Berthe en 1676. D’autres guérirent d’une simple boiterie, comme une religieuse de Marquette en 1607 ou un jeune accidenté lillois en 1659. On peut aussi citer le cas de sœur Marie-Monique L’Avechinet, qui guérit d’un gros ulcère, de la marquise de Carensy, qui consacra tous ses enfants au saint, après la guérison d’un de ses fils (cf. Possoz) ou encore de Thérèse Ledrue, qui, en 1705, retrouva l’usage de sa langue, qui s’était recroquevillée dans le fond de son palais (Hautcœur, p. 260). Des ex-voto étaient encore offerts au XIXe siècle (cf. Possoz).
Type(s) de motivation :
  • Piété
  • Voeu
Recours :
  • Thérapie
Compléments :
À Râches, saint Léonard était invoqué contre la boiterie, le feu de Saint-Antoine, les convulsions, les suffocations, l’apoplexie, la paralysie, la surdité, la cécité, les névralgies et les migraines (Coussée, p. 28). Il favorisait également les premiers pas des tout-petits (Possoz).
Jour(s) de fête :
  • Léonard (d'été)
Type de fréquentation :
Continu
Compléments sur les fréquentations :
Deux pèlerinages collectifs étaient semble-t-il suivis : l’un à la Saint-Éloi d’été, en avril (Coussée, p. 28) ; l’autre à la Saint-Éloi d’hiver, le 6 novembre (Legroux, p. 372).
Pratiques individuelles :
  • Prières
Pratiques en présence du clergé :
  • Messe
Ex voto :
  • Autre (XVIIe siècle)
    Guérie de paralysie, la princesse de Ligne, Louise de Lorraine-Chaligny, fit don à la chapelle d’une grande table d’autel richement travaillée et ornée des armes de sa maison. L’autel fut perdu à la Révolution.
  • Autre (1801-1840)
    La chapelle fut pillée à la Révolution, mais, à la restauration du culte au début du XIXe siècle, les pèlerins revinrent en nombre et recommencèrent à remercier le saint de ses grâces. Parmi les ex-voto, l’on trouvait des tableaux, des cœurs d’or et d’argent, des statuettes représentant des membres guéris, des béquilles, etc. Au début des années 1840 toutefois, afin de gagner de la place dans cette petite chapelle, le curé de la paroisse décida de les faire disparaître (cf. Possoz).
Confrérie(s) :
  • Saint-Léonard (1837)
    La confrérie fut érigé à Pont-à-Râches, par un bref du pape Grégoire XVI du 23 septembre 1837. Elle n’est plus active aujourd’hui.
Indulgence(s) :
  • Plénière (1837)
    L’indulgence concernait les confrères le jour de leur entrée dans l’association et à l’article de la mort. Elle était également octroyée à ceux d’entre eux qui visiteraient les reliques pendant la fête de la confrérie (dimanche de la solennité de la Saint-Léonard), et prieraient des premières vêpres jusqu’à la fin du jour pour « la concorde entre les princes chrétiens, l’extirpation des hérésies et l’exaltation de Notre Mère la Sainte Église ». Sept années et sept quarantaines d’indulgence étaient également offertes aux confrères et consœurs qui agiraient de la même manière durant les quatre fêtes secondaires de la confrérie (dimanche de la solennité de l’Épiphanie, dimanche de la Quinquagésime, Ascension, Assomption). Enfin, soixante jours d’indulgence leur étaient donnés à chaque fois qu’ils prenaient part à la messe ou agissaient pieusement (cf. Possoz). 
Compléments sur le culte :

L'ÉDIFICE

Description :
La chapelle Saint-Léonard fut bâtie autour du XVIe siècle. C’était un édifice en brique et en pierre, de 15 m de long sur 7 m de large environ. La tour, ajoutée au XVIII-XIXe siècle, coiffée d’une flèche en ardoises, était une tour circulaire. D’après Alain Plateaux, c’était  « plutôt rare et même exceptionnel en notre région » (op. cit., p. 1). Lorsque l’église Saint-Vaast de Râches fut détruite par les révolutionnaires à la fin du XVIIIe siècle, c’est la chapelle Saint-Léonard qui devint église paroissiale. Elle fut abandonnée vers 1860, après la construction de la nouvelle église Saint-Léonard, plus au centre du village.
Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
    Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :

      HISTOIRE DU SANCTUAIRE

      Origines :
      Date de première mention : 1628
      Initiative de la fondation :
      • Seigneur laïc
      Environnement institutionnel, politique et religieux :
      Phases d'évolution :
      Dans la seconde moitié du XVIe siècle, les seigneurs de Saint-Léger, barons de Râches, accommodèrent une ancienne chapelle près du pont de Râches pour y abriter des reliques de saint Léonard (cf. Possoz). Comme le démontra Mgr Hautcœur, ces reliques étaient auparavant vénérées à Flines, mais furent déplacées sur le désir des religieuses de l’abbaye (op. cit., p. 258).
      En 1595, les barons de Râches vendirent leurs terres et seigneurie à Philippe de Berghe Saint Winoch, qui promit d’entretenir le sanctuaire. Les miracles furent nombreux tout au long du XVIIe siècle, et la dévotion fervente. Elle ne semble pas avoir décliné au XVIIIe siècle. À la Révolution, la chapelle fut profanée et les objets de valeur pillés : seules quelques reliques auraient été sauvées du carnage.
      Dès le début des années 1800, le culte fut toutefois rétabli et retrouva en partie son attractivité. La chapelle fut rapidement jugée vétuste et trop petite pour accueillir tous les fidèles ; il faut dire qu’elle devint à cette époque église paroissiale, en remplacement de l’église Saint-Vaast, détruite durant la Révolution.
      En 1855, une nouvelle église paroissiale fut construire au centre du village, à l’instigation de l’abbé Gadenne, curé de la paroisse. Elle fut consacrée le 26 juin 1860 par Mgr Régnier, archevêque de Cambrai. La chapelle Saint-Léonard fut alors abandonnée et le culte transféré dans une chapelle latérale de la nouvelle église, également dédiée à saint Léonard (voir la fiche dédiée).
      Evénements marquants :
      • Translation (1860)
        En 1860, la chapelle Saint-Léonard fut abandonnée et le culte transféré dans une chapelle latérale de la nouvelle église paroissiale, également dédiée à saint Léonard.
      Rayonnement(s) :
      • Local (XVIe siècle -> 1860)
        Le culte était essentiellement le fait des fidèles de la paroisse et des paroisses voisines.

      RÉFÉRENCES

      Source(s) :
      • Site internet
        PONCELET, A., « St. Leonard of Limousin » dans The Catholic Encyclopedia, New York, Robert Appleton Company, 1910, url : http://www.newadvent.org/cathen/09178b.htm (consulté le 16 mars 2018).
      • Site internet
        PLATEAUX, A., « L’église et la chapelle Saint-Léonard », url : https://www.paysdepevele.com/pdf_actualite/Raches.eglise.pdf (consulté le 15 mars 2018).
      • Site internet
        « La légende de saint Léonard » sur le site officiel du Comité des Ostensions de Saint Léonard, 2009, url : http://www.ostensions-saint-leonard.fr/?page_id=62 (consulté le 16 mars 2018).
      • Livret de pèlerinage
        POSSOZ, A., Saint Le?onard : ses miracles, son culte, son pe?lerinage a? Pont-a?-Raches, et quelques pratiques de pie?te? en son honneur, Douai, impr. Dechriste?, 1871.
      • Livres manuscrits
        Bibliothèque municipal de Lille : Fonds Godefroy,  Ms. 475 : LEGROUX (Jacques), Mémoires pour servir à l’histoire universelle de Flandre (XVIIIe siècle).

         

         

      • Archives
        Archives diocésaines de Lille (AdL) :  42G2 : Enquête Lestienne, 1939-1943.
      Bibliographie :
      Etude(s) universitaire(s) :

      PHOTOGRAPHIES LIÉES

      Objet de dévotion :
      Edifice :
      Autre :

      À PROPOS DE L'ENQUÊTE

      Enquêteur :
      • VANOOTEGHEM Florent
      Rédacteur :
      • VANOOTEGHEM Florent
      Date de l'enquête :
      2017
      Date de rédaction de la fiche :
      2017
      Etat de l'enquête :
      En cours
      Pour citer cette ficheVANOOTEGHEM Florent, « Saint-Léonard », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
      url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/746/saint-leonard, version du 28/04/2018, consulté le 21/11/2018