INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

Retour à la liste des sanctuaires

Notre-Dame-de-la-Barrière

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Notre-Dame-de-la-Barrière
Période d'activité :
1578 - 1793
Commune :
Lille
Département :
Nord

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Lille
Hameau/Lieu-dit :
Diocèse :
Actuel:
Ancien: Tournai (1578 - 1790)
Paroisse :
Actuelle:
Ancienne:
Compléments :
Entre 1790 et 1793, le sanctuaire ressortissait au diocèse de Cambrai.

Site

Type de site :
Plaine
Altitude :
43 m

Paysage

Type de couvert végétal :
Bois
Espace cultivé
Type de l'habitat :
Ville
Type de proximités :
Abbaye
Cours d'eau
Compléments :
À Marquette, la chapelle était située dans l’enceinte monastique, sur les rives de la Deûle. Un petit bois entourait par ailleurs l’abbaye.

LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Notre-Dame-de-la-Barrière (1578 - 1793)
Type de lieu de culte :
Chapelle
Nom du lieu de culte :
Notre-Dame de la Barrière
Saints patrons :
  • Vierge Marie (1622 - 1793)
Compléments :
En 1578, pour remercier la Vierge de sa protection, l’abbesse Marguerite d’Amiens de Bachimont (1559-1596) en fit placer une statue dans la muraille entourant le monastère cistercien du repos de Notre-Dame. La statue attira rapidement les pèlerins. Pour répondre à la ferveur populaire, une chapelle fut érigée en 1622 dans l’enceinte de l’abbaye, fondée à Marquette en 1226 par la comtesse Jeanne de Flandre. Le culte fut interrompu à la Révolution, puis restaurée en 1850, à Lomme (voir la fiche correspondante).

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Notre-Dame-de-la-Barrière
Nature de l'objet :
Statue
Matériau de l'objet :
Bois
Dimensions de l'objet :
Emplacement :
Datation de l'objet :
XVIe siècle
Compléments :
La statue est antérieure à 1578.

LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :
En 1578, au milieu de la guerre civile, l’armée huguenote, menée par le capitaine François de la Noue, dit Bras-de-Fer, attaqua le monastère par surprise. Seuls le capitaine Tincelle et huit de ses hommes gardaient alors l’édifice. Mais celui-ci « se sentant fortifié d’une vertu intérieure et toute extraordinaire [les] encouragea si bien par la parole et par son exemple, qu’ils le défendirent en lions, et couchèrent sur le carreau bon nombre d’ennemis ». Pendant ce temps, Bras-de-Fer ordonna à l’un de ses soldats d’escalader le mur de l’enclos pour se jeter dans l’enceinte monastique, « mais étant au bout de l’échelle, il s’écria qu’il voyoit le jardin tout inondé, & que la place étoit impénétrable ». Un soldat catholique tira sur le chef hérétique mais « n’emporta que le crin de son cheval ». À cette occasion, Dieu et la Vierge « [jetèrent] l’épouvante dans son cœur, & dans ceux de son parti » : humiliée, l’armée protestante s’enfuit avec ses morts et ses blessés. Pour remercier la Madone et convertir les Protestants du voisinage, l’abbesse en fit placer une représentation statuaire dans la muraille, près de la barrière du monastère, au niveau de sa première porte. Et « Dieu, qui ne peut pas autoriser l’erreur & le mensonge, a donné des preuves plus que convaincantes, qu’il approuve, & qu’il a pour agréable cette pratique de l’Église, par une infinité de guérisons miraculeuses » (Desqueux, p. 37-39).
Miracles :
Durant la seule année 1623, l’évêque de Tournai reconnut officiellement neuf miracles (Desqueux, p. 44-52). Parmi les miraculés, l’on peut citer le petit Alexis Guesquière, devenu aveugle après avoir été attaqué par une chienne allaitante, puis guéri après une neuvaine à Marquette ; Sœur Marie Paupelière, clarisse d’Ypres, boiteuse depuis trois ans, qui vint à la chapelle, « s’en retourna parfaitement guérie, & laissa son bâton dans la chapelle » ou encore Philippe de Jardin, pris d’une sciatique, alité pendant trois mois puis boitant les trois suivants, qui fut totalement guéri dès le deuxième jour de sa neuvaine.
Type(s) de motivation :
  • Piété
  • Voeu
Recours :
  • Thérapie
  • Répit
  • Conversion
Jour(s) de fête :
  • Nativité Vierge Marie
Type de fréquentation :
Continu
Compléments sur les fréquentations :
À Marquette, Notre-Dame de la Barrière était essentiellement invoquée pour la guérison de handicaps (surdité, aphasie, cécité, boiterie) et de maladies en tous genres. Elle avait également la réputation de ressusciter les enfants morts sans baptême, le temps qu’ils puissent être ondoyés (répit). On la priait enfin pour la conversion des protestants.
Pratiques individuelles :
  • Prières
Pratiques en présence du clergé :
  • Prières
Ex voto :
    Confrérie(s) :
    • Rosaire (1636)
      Le 30 mars 1636, le père Nicolas Raoult, prieur du couvent des Dominicains de Lille, donna l'autorisation à l'abbesse de fonder la Confrérie du Rosaire en la chapelle Notre-Dame-de-la-Barrière. Dom Jacques Bart, directeur spirituel du monastère, en fut nommé chapelain. Lui et ses successeurs avaient pour mission de bénir les chapelets, de recevoir les témoins de miracles, d'écrire leurs noms et d'en tenir registre.
    Indulgence(s) :
    • Partielle 40 j. (1662)
      Monseigneur François Villain de Gand, évêque de Tournai, octroya le 18 août 1662, ces indulgences aux fidèles qui visitaient la chapelle en état de grâce, en y récitant cinq oraisons pour les fins dernières et leurs intentions ordinaires pour l’Église catholique.
    Compléments sur le culte :

    L'ÉDIFICE

    Description :
    Qualifiée de « belle » (1622) et de « supérieurement décorée en glace » (1790), la chapelle Notre-Dame-de-la-Barrière, à Marquette, possédait trois autels : le maître-autel en marbre consacré à la Vierge Marie, un second consacré à son saint époux et un troisième dédié aux saints Adrien et Martin. Adossé à la muraille, à l’intérieur de l’enclos monastique, l’édifice était notamment constitué d’un chœur en forme de lanterne, d’une nef rectangulaire d’environ 10 x 14 m, d’un transept hexagonal de 15 x 9 m et d’un clocheton surmonté d’une croix.
    Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
      Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :

        HISTOIRE DU SANCTUAIRE

        Origines :
        Date de première mention : 1623
        Initiative de la fondation :
        • Religieux
        Environnement institutionnel, politique et religieux :
        La révolte des Gueux éclata en Flandre en 1565, en opposition à Philippe II, roi d’Espagne et comte de Flandre. Des nobles calvinistes se liguèrent contre le roi et sa politique antiprotestante. Ils furent rejoints par une partie du peuple flamand, composée de réformés et de catholiques hostiles à la domination espagnole. La révolte fut accompagnée d’une véritable « crise iconoclaste » et de la dévastation de plusieurs centaines d’églises catholiques.
        Phases d'évolution :
        En 1578, pour remercier la Vierge de sa protection, l’abbesse Marguerite d’Amiens (1559-1596) fit placer une statue de Marie dans la partie extérieure de la clôture du monastère. La statue attira les pèlerins sans attendre. Pour répondre à la ferveur populaire, une chapelle fut érigée en 1622 dans l’enceinte de l’abbaye. La translation eût lieu le 3 septembre 1622, lors d’une procession solennelle menée par Dom Bart et l'abbesse du Chastel. La statue fut là l’objet d’un fervent pèlerinage et était toujours honorée en 1793. À cette date, la communauté fut spoliée et l’abbaye nationalisée mais la statue fut sauvée des révolutionnaires par Pélagie Josephe de Franqueville d’Abancourt, dernière abbesse du monastère (1766-1792). À l’heure de sa mort, celle-ci la remit à sa nièce, Madame de Waresquel, qui en fit don à l’église de Lomme. Le culte, interrompu, fut oublié jusqu’au 25 décembre 1850, date à laquelle il fut solennellement rétabli dans l’église Notre-Dame-de-la-Visitation.
        Evénements marquants :
        • Arrivée de l'objet de dévotion (1578)
          En 1578, pour remercier la Vierge d’avoir protégé le monastère durant la révolte des Gueux, l’abbesse Marguerite d’Amiens (1559-1596) fit placer une statue de Marie dans la partie extérieure de la clôture de l’abbaye.
        • Translation (1622)
          La statue attira rapidement les pèlerins. Face à cet afflux, l’abbesse Marguerite du Chastel de Blangelval (1617-1647) fit bâtir en 1622 une chapelle dédiée à Notre-Dame-de-la-Barrière, où elle put être mieux accueillie et vénérée. La translation eût lieu le 3 septembre 1622, lors d’une procession solennelle menée par Dom Bart et l'abbesse du Chastel. La statue fut là l’objet d’un fervent pèlerinage.
        • Abandon du pèlerinage (1793)
          En 1793, l’abbaye fut nationalisée et ses biens volés par les révolutionnaires. La statue fut toutefois sauvée par la dernière abbesse du monastère, Pélagie Josephe de Franqueville d’Abancourt (1766-1792). Le culte ne fut rétabli qu’en 1850, en l’église paroissiale de Lomme.
        Rayonnement(s) :
        • Local (1576 -> 1793)

          D’après la liste des miracles donnée par l’Abrégé de l'histoire de la très illustre abbaye du Repos de N. D. (1743), les pèlerins venaient de toute la châtellenie de Lille et de ses environs. Certains vinrent même de Douai.

          Il est toutefois difficile d’estimer le prestige du culte : en 1623, Dame Marie Balique, pourtant religieuse du Repos de Notre-Dame, souhaitait rejoindre Loos pour y servir Notre-Dame de Grâce ; elle ne se tourna vers Notre-Dame de la Barrière que sur les conseils de sa supérieure, et fut guérie de son oppression d’estomac le quatrième jour de sa neuvaine. À l’inverse, toujours en 1623, une femme de Libercourt – où une autre statue de la Vierge est pourtant vénérée – vint trois fois en pèlerinage à Marquette pour la guérison de son jeune fils, incapable de marcher en raison d’une grosse fistule purulente installée derrière son genou... (op. cit.).
        Compléments :
        Le plus ancien document auquel nous ayons eu accès est l’Abrégé de l'histoire de la très illustre abbaye du Repos – écrit en 1698 et imprimé en 1743 – mais il cite lui-même une enquête épiscopale datant de 1623.

        RÉFÉRENCES

        Source(s) :
        • Livrets de dévotion
          DESQUEUX, François, Abrégé de l'histoire de la très illustre abbaye du Repos de N. D. de l'Ordre des Cisteaux, à Marquette, et de l'image miraculeuse de la Vierge, honorée dans la chapelle sous le nom de N. D. de la Barrière, Lille, 1743.
        • Livrets de dévotion
          Le Saint Pe?lerinage de Notre-Dame de Barrie?re, ou notice sur l'image miraculeuse de Notre-Dame de la Barrie?re : honore?e dans l'e?glise paroissiale de Lomme pre?s Lille : suivie de quelques prie?res et pratiques de pie?te? en l'honneur de la tre?s-Sainte-Vierge, Lille, Imprimerie de Lefebvre-Ducrocq, 1850.
        • Images
          Bibliothèque municipale de Lille (BmL) :  Carton 26, 10, Église de Lomme : Chapelle Notre-Dame de la Barrière, lith. Boldoduc frères, XIXe siècle.
        Bibliographie :
        • CHAUVIN, B., Marquette lez Lille à la redécouverte de l'abbaye de la Comtesse Jeanne, Marquette-lez-Lille, 2002.
        • PLATELLE, H., Les chrétiens face aux miracles : Lille au XVIIe siècle, Paris, Cerf, 1968.
        • SPRIET, C.-S.-J., Marquette et l'abbaye du réclinatoire ou Bon-repos de Notre-Dam, 1890.
        Etude(s) universitaire(s) :

        PHOTOGRAPHIES LIÉES

        Objet de dévotion :
        Edifice :
        Autre :

        À PROPOS DE L'ENQUÊTE

        Enquêteur :
        • VANOOTEGHEM Florent
        Rédacteur :
        • VANOOTEGHEM Florent
        Date de l'enquête :
        2018
        Date de rédaction de la fiche :
        2018
        Etat de l'enquête :
        En cours
        Pour citer cette ficheVANOOTEGHEM Florent, « Notre-Dame-de-la-Barrière », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
        url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/744/notre-dame-de-la-barriere, version du 28/04/2018, consulté le 27/05/2018