INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Puits-de-saint-Mauront

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Puits-de-saint-Mauront
Période d'activité :
VIIIe siècle - XIe siècle
Commune :
Marchiennes
Département :
Nord

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Marchiennes
Hameau/Lieu-dit :
Diocèse :
Actuel:
Ancien: Tournai (VIIIe siècle - XIe siècle)
Paroisse :
Actuelle:
Ancienne:

Site

Type de site :
Plaine
Altitude :
15 m

Paysage

Type de couvert végétal :
Type de l'habitat :
Village
Type de proximités :
Abbaye
Cours d'eau
Compléments :

L’abbaye est à l’origine du village de Marchiennes. Celui-ci se situe sur la Scarpe, un affluent de l’Escaut. L’abbaye fut fondée tout près de la rivière et des marais et à proximité de la forêt de Marchiennes, qui fit partie de son domaine jusqu’à la Révolution française.

LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Puits-de-saint-Mauront (VIIIe siècle - XIe siècle)
Type de lieu de culte :
Autre
Nom du lieu de culte :
Puits de saint Mauront
Saints patrons :

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Eau de saint Mauront
Nature de l'objet :
Autre
Matériau de l'objet :
Autre
Dimensions de l'objet :
Emplacement :
Tout près de l’église abbatiale, où reposait saint Mauront et sa mère.
Datation de l'objet :
Compléments :
Dans son Histoire de Hainaut (XIVe siècle), Jacques de Guyse souligne que le puits existait toujours à son époque. On ne peut malheureusement pas faire confiance à ce témoignage : il affirme dans le même paragraphe que saint Mauront reposait toujours à Marchiennes, or nous savons que cela n’était plus le cas dès avant 1025. Ce puits daterait, d'après la tradition, de la fin du VIIe-début du VIIIe s.

LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :
Fils du duc saint Adalbad d’Ostrevent et de son épouse sainte Rictrude, Mauront refusa de se marier pour se consacrer à Dieu. Il fonda sur ses terres le monastère de Breuil, où il devint moine. Il en laissa la direction à son ami saint Aimé de Sion, avant d’en devenir lui-même l’abbé. Il devint en même temps le directeur spirituel des moines de Marchiennes. Il aurait creusé le puits de ses propres mains, près de son futur tombeau, avant d’être enseveli dans l’église du monastère auprès d’une partie de sa famille.
Miracles :
Galbert de Marchiennes recense deux séries de miracles : de nombreux malades auraient été guéris du « mal des ardents », puis ce fut au tour de nombreux scrofuleux. Il ne donne aucun détail. Dans son Histoire de Hainaut, soit deux siècles plus tard, Jacques de Guyse précise : « les personnes affligées des écrouelles n’avaient qu’à boire de l’eau de ce puits et s’en laver les plaies ; sur-le-champ, les vers tombaient des ulcères et le mal disparaissait ».
Type(s) de motivation :
  • Voeu
Recours :
  • Thérapie
Compléments :
La guérison des écrouelles et de l’ergotisme
 était recherchée.
Jour(s) de fête :
    Type de fréquentation :
    Irrégulier
    Compléments sur les fréquentations :
    Il semble que ce puits n’ait fait l’objet de pèlerinages que lors d’épidémies.
    Pratiques individuelles :
    • Aspersion ou ingestion d'eau
    Pratiques en présence du clergé :
      Ex voto :
        Confrérie(s) :
          Indulgence(s) :
            Compléments sur le culte :

            L'ÉDIFICE

            Description :
            Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
              Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :

                HISTOIRE DU SANCTUAIRE

                Origines :
                Date de première mention : 1130
                Initiative de la fondation :
                • Abbé
                Environnement institutionnel, politique et religieux :
                Le puits se situait près de l’église abbatiale de Sainte-Rictrude, dédiée à la mère de Mauront, qui y fut religieuse. Les terres de l’abbaye avaient probablement été offertes par Adalbad, son père, et lui-même avait été le directeur spirituel des religieux du monastère. Le puits aurait été creusé par saint Mauront lui-même, dans le but d’y laver linges, vêtements et objets liturgiques. La dévotion y était sans doute spontanée.
                Phases d'évolution :
                Selon la Tradition de l’Église, le pèlerinage se serait mis en place à la mort du saint. Sa première mention date du Recueil en deux livres de Galbert de Marchiennes, écrit vers 1130. 
Dans son Histoire de Hainaut (XIVe siècle), Jacques de Guyse semble parler d’un ancien pèlerinage, d’un pèlerinage qui n’a plus lieu. Galbert lui-même fait référence à ces miracles de manière « générale et lointaine », comme le note le chanoine Platelle : il semble donc que les pèlerinages n’avaient plus lieu pendant la grande épidémie de « feu sacré » en 1129, qui se propagea peu de temps avant la rédaction de son récit. Nous savons par ailleurs que le corps de saint Mauront fut dérobé avant 1025 par les clercs de la collégiale Saint-Amé de Douai, où il repose depuis cette date. Les pèlerinages ont peut-être pris fin à cette époque, avec la disparition de la relique.
                Evénements marquants :
                • Disparition de l'objet de dévotion (XIe siècle)
                  Les clercs de Saint-Amé de Douai enlevèrent, avant 1025, le corps de saint Mauront pour le déposer dans leur collégiale, auprès de son ami saint Amé. Devant le succès de cette opération et les célébrations qui suivirent, les chroniqueurs (y compris les moines de Marchiennes) y virent la réalisation d’une volonté divine.
                Rayonnement(s) :
                • Local (VIIIe siècle -> XIe siècle)
                  En ce qui concerne le tombeau de sainte Rictrude, également vénérée à Marchiennes, les pèlerins étaient très majoritairement issus du domaine abbatial et, dans une moindre mesure, du reste de la région. Les malades venus de loin n’affluaient que lors de circonstances exceptionnelles. Le chanoine Platelle estime qu’« [il en était] peut être de même pour les scrofuleux qui venaient chercher la guérison au puits de saint Mauront » (Platelle, p. 373). Dans le cas des deux séries de miracles recensées, Galbert précise toutefois que les malades venaient « de partout ».

                RÉFÉRENCES

                Source(s) :
                • Source publiée
                  GUYSE, Jacques de, Histoire de Hainaut : traduite en français avec le texte latin en regard, vol. 8, Sautelet et cie, 1830, p. 36-37.
                • Images
                  Robaut, F., Copie d'un ancien plan de la ville et de l'abbaye de Marchiennes, 1635, BnF, GED 3078.
                • Chronique
                  MARCHIENNES, Galbert de, Recueil en deux livres, AS t. 3, p. 117-139.
                • Acta sanctorum
                  Acta Santorum maii (AS).
                Bibliographie :
                • PLATELLE, H., «La religion populaire entre la Scarpe et la Lys d'après les Miracles de Saint Rictrude de Marchiennes », in Alain de Lille, Gauthier de Châtillon, Jakemart Giélée et leur temps, Villeneuve-d'Ascq, PUL, 1991, p. 265-302.
                Etude(s) universitaire(s) :

                PHOTOGRAPHIES LIÉES

                Objet de dévotion :
                Edifice :
                Autre :

                À PROPOS DE L'ENQUÊTE

                Enquêteur :
                • VANOOTEGHEM Florent
                Rédacteur :
                • VANOOTEGHEM Florent
                Date de l'enquête :
                2017
                Date de rédaction de la fiche :
                2017
                Etat de l'enquête :
                En cours
                Pour citer cette ficheVANOOTEGHEM Florent, « Puits-de-saint-Mauront », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
                url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/741/puits-de-saint-mauront, version du 26/04/2018, consulté le 24/09/2018