INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Marteaux-de-Saint-Éloi

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Marteaux-de-Saint-Éloi
Période d'activité :
XVIe siècle - 1770
Commune :
Douai
Département :
Nord

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Douai
Hameau/Lieu-dit :
64 rue Saint-Christophe
Diocèse :
Actuel:
Ancien: Arras (XVIe siècle - 1770)
Paroisse :
Actuelle:
Ancienne:

Site

Type de site :
Plaine
Altitude :
28 m

Paysage

Type de couvert végétal :
Espace cultivé
Type de l'habitat :
Ville
Type de proximités :
Collégiale

LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Marteaux-de-Saint-Éloi (XVIe siècle - 1770)
Type de lieu de culte :
Chapelle
Nom du lieu de culte :
Chapelle de la Madeleine
Saints patrons :
  • Marie-Madeleine (? - ?)
Compléments :
D’après Jean Buzelin, la chapelle de la Madeleine se situait dans le cimetière de la collégiale Saint-Pierre, à Douai.

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Marteaux de saint Éloi
Nature de l'objet :
Relique indirecte
Matériau de l'objet :
Métal
Dimensions de l'objet :
Emplacement :
Datation de l'objet :
Compléments :
La chapelle de la Madeleine possédait deux marteaux en fer, qui auraient appartenu à saint Éloi et dont le saint se serait servi pour sculpter plusieurs reliquaires. Une enclume de saint Éloi était également conservée dans la collégiale.

LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :
Issu d’une d'une famille gallo-romaine du Limousin, Éloi apprit l’art de l’orfèvrerie à Limoges, puis travailla pour le Trésor royal, à Paris. C’est dans ce contexte qu’il fut chargé de réaliser pour le roi Clotaire II un magnifique trône d'or orné de pierres précieuses. Profondément sage et talentueux, il ne façonna pas un mais deux trônes avec l’or qui lui avait été fourni. Impressionné par ses vertus, le roi le nomma fonctionnaire de la Trésorerie et conseiller à la cour, fonctions qu’il conserva jusqu’à la mort de Dagobert en 639. Éloi profita par ailleurs de son haut rang pour mettre sa piété en œuvre : il rachetait et  libérait régulièrement des otages de l’armée franque, et fonda les monastères de Solignac près de Limoges, et de Saint-Paul à Paris.
À la mort de Dagobert, il quitta la cour pour devenir prêtre. Il fut ensuite consacré évêque de Noyon et Tournai en 641. Il évangélisa la région encore fortement païenne et y encouragea activement le culte des saints. Mort le 1er décembre 660, il fut inhumé dans l'abbaye qui prit son nom.
En tant qu’orfèvre, saint Éloi fut rapidement considéré comme le protecteur des métiers de la métallurgie,  en particulier des maréchaux-ferrants. Par extension, il est invoqué pour la protection des chevaux et des agriculteurs.
Miracles :
D’après le religieux Arnoul Vuion : « s’il n’y a aucun cheval travaillé de quelque phrenesie ou rage, tout aussi tost qu’il a receu le signe de la croix et de l’eau benite, il en est delivré ; que s’il est exempt de tel mal il en est preservé toute l’année ». Il ajoute que, si l’intercession de saint Éloi est efficace pour soigner les bêtes, elle est encore plus efficace dans la guérison des hommes (op. cit).
Type(s) de motivation :
  • Piété
  • Voeu
Recours :
  • Thérapie
  • Epizootie
Jour(s) de fête :
  • Eloi (d'hiver)
Type de fréquentation :
Continu
Compléments sur les fréquentations :
Durant l’année, les reliques étaient conservées dans la chapelle de la Madeleine. Durant la Saint-Éloi d’hiver (1er décembre), la cérémonie des « marteaux de saint Éloi » se déroulait devant la collégiale Saint-Pierre.
Pratiques individuelles :
  • Cire
  • Prières
Pratiques en présence du clergé :
  • Bénédictions
Ex voto :
    Confrérie(s) :
      Indulgence(s) :
        Compléments sur le culte :
        Durant l’année, les reliques étaient vénérées dans la chapelle de la Madeleine. Durant la Saint-Éloi d’hiver, les paysans et cavaliers approchaient leurs chevaux de l’église Saint-Pierre, toute proche, pour leur en faire baiser la muraille (Le Vasseur, p. 274). Les animaux étaient ensuite amenés devant le portail de l’église, où le prêtre les bénissait en faisant devant eux le signe de croix avec les marteaux, puis leur jetait de l’eau bénite (Plouvain, p. 552). Au retour du pèlerinage, on ornait les chevaux d’écharpes, de signes et de colliers de saint Éloi, faits « de bouts de plumes et de petites febves enfilées ensemble, que l’on nommait cacliques ou caclittres » (Plouvain, p. 434).
        Le cérémonial des « marteaux de saint Éloi » à Douai comme à Wavrin et Bachy semble avoir été entouré de croyances superstitieuses, régulièrement dénoncées : au début du XVIe siècle, un religieux de Loos (près de Lille) prêchait : « Aussy, ceulz qui vont au marteau de sainct Eloy en cuidant qu’il vous guerisse de quelque malladie, vous estes ydolatres. […] [Dieu] vœult bien que nous servons la Vierge Marie et les benoitz saincts en les priant qu’ilz soient nos intercesseurs envers Dieu pour avoir pardon ou grace ou aultre chose que nous vollons de Dieu, mais nous debvons cognoistre qu’il vient de Dieu, non pas de eulx. » (BmL, Ms 131, f°126). À propos du culte douaisien, le père Buzelin affirmait : « Il est vrai que la superstition s’est quelquefois glissé et fourré bien haut parmi sa vénération. Car les simples ayant baisé [l’enclume de saint Éloi], la soulevaient sur la tête, la reposaient sur la poitrine ou sur les genoux ; comme si elle se fut rendue plus légère et soulevée d’elle même entre les mains de ceux qui étaient en état de grâce » (op. cit.).

        L'ÉDIFICE

        Description :
        La chapelle de la Madeleine se situait dans le cimetière de la collégiale Saint-Pierre de Douai. Elle est aujourd’hui détruite.
        Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
          Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :

            HISTOIRE DU SANCTUAIRE

            Origines :
            Date de première mention : XVIIe siècle
            Initiative de la fondation :
            • Religieux
            Environnement institutionnel, politique et religieux :
            Phases d'évolution :

            Le pèlerinage date peut-être de la première partie du XVIe siècle : selon Éric Baratay, les rites de bénédiction envers les animaux se multiplièrent au cours de ce XVIe siècle (op. cit., p. 44-45) ; de plus, les premières traces écrites des différentes cérémonies du « marteau de saint Éloi » datent de cette époque (BmL, Ms 131, f°126). Les premières mentions du culte douaisien datent, quant à elles, du premier quart du XVIIe siècle (Buzelin).

            Le culte fut sans aucun doute très populaire, auprès des paysans du Douaisis en particulier. Plouvain le décrit comme une « petite cérémonie observée de temps immémorial, parvenue iusques à nous, par le consentement des évêques precedents, depuis l’elevation de ce sainct prelat : contre laquelle neanmoins on a plusieurs fois declamé, et y cherché de l’abus » (Plouvain, p. 435). Comme le soulignait déjà Buzelin en 1625, le culte, dans sa ferveur, fut effectivement marqué par les pratiques superstitieuses. Pour Plouvain, cela ne justifiait en aucun cas les attaques contre le pèlerinage, mais l’enseignement religieux devait y être régulièrement approfondi pour éloigner les croyances hétérodoxes (Plouvain, p. 435).
            Les détracteurs du culte semblent néanmoins avoir atteint leur objectif : la célébration fut proscrite en 1770, par Monseigneur de Conzié, évêque d’Arras (Plouvain, p. 552).
            Evénements marquants :
            • Abandon du pèlerinage (1770)
              La célébration fut définitivement interrompue en 1770, par Mgr Louis-Hilaire de Conzié, évêque d’Arras. Les accusations de superstition n’y furent probablement pas pour rien.
            Rayonnement(s) :
            • Local (XVIe siècle -> 1770)
              La fête des « marteaux de saint Éloi » est une tradition typiquement originaire de Flandre et d’Artois. On la retrouve dans les villes et villages de Fleurbaix (dans l’actuel Pas-de-Calais), Wavrin, Bachy et Douai. À Douai, elle fut sans aucun doute très populaire auprès des paysans et villageois du Douaisis.

            RÉFÉRENCES

            Source(s) :
            • Site internet
              DUBOIS (J.), « ÉLOI saint (588 env.-660) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 février 2018, url : http://www.universalis-edu.com/encyclopedie/eloi/
            • Martyrologe
              VUION, A., Martyrologe Benedict, Frizon, Gall. purpur., XVIIe siècle, cité par Barthélémy (1847), p. 434.
            • Chronique
              BUZELIN, Jean, Gallo-Flandria, Douai, Chez Wyon, 1625.
            • Archives
              Bibliothèque municipale de Lille (BmL) : Abbaye de LoosMs 131, f°126 : sermon en français, abbaye de Loos, 1ère moitié du XVIe siècle.
            • Annales
              LE VASSEUR, J., Annale de l’église cathédrale de Noyon, Paris, chez Sara, 1631.
            Bibliographie :
            • BARATAY, E., L'église et l'animal, Paris, Cerf, 1996.
            • BARTHÉLÉMY, C., Vie de Saint Éloi, par Saint Ouen, traduite par Charles Barthélemy... Précédée d'une introduction, et suivie d'un grand nombre de notes historiques sur le VIIe siècle, etc., Paris, Poussielgue-Rusand, 1847.
            • PLOUVAIN, P.-A., Souvenirs à l'usage des habitans de Douai, ou notes pour servir à l'histoire de cette ville, Douai, Deregnaucourt, 1822.
            Etude(s) universitaire(s) :

            PHOTOGRAPHIES LIÉES

            Objet de dévotion :
            Edifice :
            Autre :

            À PROPOS DE L'ENQUÊTE

            Enquêteur :
            • VANOOTEGHEM Florent
            Rédacteur :
            • VANOOTEGHEM Florent
            Date de l'enquête :
            2018
            Date de rédaction de la fiche :
            2018
            Etat de l'enquête :
            En cours
            Pour citer cette ficheVANOOTEGHEM Florent, « Marteaux-de-Saint-Éloi », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
            url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/738/marteaux-de-saint-eloi, version du 24/04/2018, consulté le 27/05/2018