INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Notre-Dame-de-Bonne-Fin

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Notre-Dame-de-Bonne-Fin
Période d'activité :
XVIIIe siècle - 2018
Commune :
Cysoing
Département :
Nord

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Cysoing
Hameau/Lieu-dit :
Les Arbres à Puisiau
Diocèse :
Actuel: Lille (1913 - 2018)
Ancien: Tournai (XVIIIe siècle - 1801)
Paroisse :
Actuelle: Paroisse de l?Alliance Nouvelle (? - 2018)
Ancienne:
Compléments :
Entre 1801 et 1913, le sanctuaire ressortissait au diocèse de Cambrai.

Site

Type de site :
Colline
Altitude :
49 m
Compléments :
La chapelle est en hauteur, sur une petite colline boisée. Elle surplombe la plaine de Cysoing et plusieurs villages alentours.

Paysage

Type de couvert végétal :
Espace cultivé
Type de l'habitat :
Village
Type de proximités :
Abbaye
Axe de circulation
Compléments :
La chapelle aux Arbres tient son nom des quelques platanes qui l’entourent.

LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Notre-Dame-de-Bonne-Fin (XVIIIe siècle - 2018)
Compléments :
Notre-Dame de Bonne-Fin fut peut-être dès le XVIIIe siècle l’objet d’un pèlerinage, dont nous ne savons rien. Interrompu à la Révolution, le pèlerinage fut restauré dans l’église paroissiale de Cysoing en 1901, avant d’être transféré dans la nouvelle chapelle aux Arbres, construite pour l’occasion en 1934.
Type de lieu de culte :
Chapelle
Nom du lieu de culte :
Chapelle aux Arbres
Saints patrons :
  • Vierge Marie (1934 - 2018)
Compléments :
La première chapelle aux Arbres, fondée semble-t-il autour du XVe siècle, fut détruite pendant la Révolution. Elle fut reconstruite en 1934, à la demande de l’abbé Vandermarlière et grâce aux dons des fidèles.

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Notre-Dame de Bonne-Fin
Nature de l'objet :
Statue
Matériau de l'objet :
Autre
Dimensions de l'objet :
Emplacement :
Sur l’autel de la chapelle
Datation de l'objet :
1997
Compléments :
La sculpture découverte (?) en 1900 représentait la Vierge debout, portant l’Enfant Jésus sur son bras gauche. Drapée, la Vierge tenait un sceptre dans sa main droite et une couronne sur la tête, comme son jeune fils. Pour Alain Plateaux, au vu de son style, la statue pourrait dater des XIVe-XVe siècles.

Entre 1950 et 1997, la statue disparut et se vit remplacée par une statue de Notre-Dame de Lourdes, sans que les fidèles en soient perturbés : bien que possédant les traits de Notre-Dame de Lourdes, la statue était toujours vénérée sous le vocable de Notre-Dame de Bonne-Fin. En août 1997, la chapelle fut vandalisée et la statue brisée.

À cette occasion, une nouvelle statue en résine, très colorée, fut installée sur l’autel (cf. Plateaux, 2016).

LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :
On ignore tout de l’origine de la dévotion à Notre-Dame de Bonne-Fin. Peut-être fut-elle ainsi nommée en raison de sa présence près d’une frontière ? Sous la Troisième République, une légende se développa sur les bases d’un mythe fondé sous la Monarchie de Juillet ; on raconta que le nom initial de l’édifice n’était pas Notre-Dame aux Arbres mais Notre-Dame aux Armes « parce que ce serait sur l’autel de Marie que Philippe-Auguste, avant la bataille de Bouvines, aurait déposé sa couronne en déclarant qu’il l’offrait au plus digne » (Semaine religieuse de Cambrai, p. 237).
Miracles :
Des guérisons sont signalées.
Type(s) de motivation :
  • Piété
  • Voeu
Recours :
  • Thérapie
  • Paix
  • Autre
Jour(s) de fête :
  • Pentecôte
  • Assomption
Type de fréquentation :
Continu
Compléments sur les fréquentations :
Notre-Dame de Bonne-Fin est particulièrement invoquée pour la protection des jeunes mères, la paix dans les ménages et la guérison des enfants. Durant la Seconde Guerre mondiale, on l’invoquait plus spécialement pour la protection des soldats et leur retour auprès de leurs familles.
Pratiques individuelles :
  • Prières
Pratiques en présence du clergé :
  • Messe
Ex voto :
  • Texte gravé (1934)
    Un ancien soldat de la Première Guerre mondiale attribuait sa protection à Notre-Dame de Bonne-Fin, qu’il avait souvent invoquée durant le conflit. En 1934, il offrit une plaque ex-voto en marbre au sanctuaire et finança une reproduction de la statue pour l’installer dans l’église paroissiale de Cysoing, où elle avait été vénérée de 1901 à 1934.
Confrérie(s) :
    Indulgence(s) :
      Compléments sur le culte :
      En 1835, dans ses Mémoires sur la Bataille de Bouvines, Philippe-Maurice Lebon, s’appuyant sur les propos d’un ancien religieux de Cysoing – toujours vivant à cette date – écrivait : « L’abbé de Cysoing, avant la suppression de son abbaye, faisait célébrer la messe dans cette chapelle aux fêtes de la Vierge en été. » (op. cit., p. 110). Ces fêtes se résumaient probablement à l’Assomption (15 août) et la Nativité de la Vierge (8 septembre) ; peut-être doit-on y ajouter la fête de la Visitation (31 mai) ?

      L'ÉDIFICE

      Description :

      D’après un croquis du début du XVIIIe siècle (avant 1705), la chapelle originelle était petite et sa façade percée d’un portail en plein. La chapelle comportait également un oculus au dessus du cintre, et deux fenêtres latérales. L’abside était à pans coupés. Alain Plateaux ajoute : « bien que maladroit, le croquis semble signaler un soubassement en pierre » (op. cit., p. 7). Elle se situait au bord de la route qu’aurait empruntée saint Piat depuis Tournai – où il fut décapité – jusqu’à Seclin, avec le haut de son crâne entre les mains.

      La chapelle aux Arbres de 1934, fut bâtie au même endroit dans le style Art déco, selon les plans de l’architecte Joseph Philippe (1905-2000). Construite en brique, elle adopte un arc en mitre aux remplages en treillis. Elle mesure 3,15 m de longueur sur 2,86 m de largeur et 4,26 m de haut. L’autel est en pierre de Soignies et en briques émaillées.

      Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
        Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :

          HISTOIRE DU SANCTUAIRE

          Origines :
          Date de première mention : 1835
          Initiative de la fondation :
          • Religieux
          Environnement institutionnel, politique et religieux :
          L’abbaye de Cysoing était très puissante au niveau locale ; elle possédait notamment plusieurs dépendance dans les villages alentours. La paroisse de Cysoing était sous sa direction et le curé nommé par l’abbé. Il n’est pas possible que la chapelle aux Arbres n’ait pas été construite par les moines de l’abbaye ou avec leur soutien actif (cf. Bataille).
          Phases d'évolution :

          On ignore tout de la fondation de la chapelle aux Arbres. La tradition l’attribue toutefois au comte de Flandre et la fait remonter à l’an 1200 environ. Si nous croyons les dires de l’abbé Bataille, il est plus probable que la chapelle date en fait du début du XVe siècle. Il semble d’autre part qu’une dévotion particulière à la Vierge – sous le vocable de Notre-Dame de Cysoing – ait existé avant le développement du culte de Notre-Dame de Bonne-Fin. Le culte de Notre-Dame de Bonne-Fin date-t-il lui aussi du XVe siècle ? Nous n’en savons rien ; mais c’est peu probable : en effet, aucun grand chroniqueur flamand du XVIIe siècle ne semble avoir eu connaissance de cette dévotion : ni Vincart, ni L’Hermite, ni Buzelin… Les premières sources écrites datent par ailleurs du XIXe siècle. Le culte date peut-être du XVIIe ou du XVIIIe siècle ?

          La tradition rapporte qu’en 1794, la statue aurait été la cible des violences révolutionnaires : les bleus auraient décapité la Vierge et l’Enfant Jésus à coup de hache, puis jeté le corps de la statue dans un fossé. Malgré les risques encourus, un paroissien aurait recueilli les débris, pour les conserver secrètement. Seules les deux têtes n’auraient jamais été retrouvées. Toujours est-il que la chapelle fut bien détruite à cette date. Le terrain fut ensuite nationalisé puis vendu à un particulier et revint enfin en héritage à Marie-Angélique Vigneron-Sigié, qui le rendit à la paroisse durant l’été 1818. Dès lors, on y érigea un grand calvaire, dit « aux Arbres ».

          En 1900, la statue décapitée aurait été retrouvée dans un grenier de Cysoing, puis restaurée à l’instigation du curé Desbarbieux, qui redonna vie au culte dès janvier 1901, dans une chapelle latérale de son église paroissiale.

          En 1934, devant le succès du culte restauré dans l’église paroissiale, on remit sur pied la chapelle originelle, à l’instigation du curé, l’abbé Vandermarlière. Le 23 septembre, on transféra enfin la statue miraculeuse dans sa chapelle, lors d’une grande cérémonie processionnaire présidée par Mgr Jansoone, évêque auxiliaire de Lille.
          Le culte redevint alors très fervent. Durant la seconde guerre mondiale, les femmes priaient énormément Notre-Dame de Bonne-Fin, en particulier pour le retour des soldats. Durant la seconde partie du XXe siècle, le pèlerinage déclina lentement, même s’il resta très suivi durant pour la Pentecôte. Bien que devenue extrêmement modeste, la dévotion persiste aujourd’hui, en particulier durant l’Assomption (cf. Plateaux, 2016).
          Evénements marquants :
          • Construction (XVe siècle)

            On ignore tout de la fondation de la chapelle aux Arbres. La tradition rapporte qu’elle aurait été fondée par le comte de Flandre au tout début du XIIIe siècle. Il est plus probable qu’elle date en réalité du début du XVe siècle. Dans son Histoire de Cysoing (1934), l’abbé Bataille écrit en effet : « […] à la fin du XIVe siècle, plusieurs fondations de rentes furent faites en l’honneur de Notre-Dame de Cysoing pour le luminaire. Au XVe siècle, la confrérie de Notre-Dame avait ses administrateurs réunis en fabrique […] En 1455, Jean du Bus et Catherine de Calonne, son épouse, donnèrent à cette confrérie quatre cens de terre situés près des arbres à Puisiau. Quelques années plus tard, ce lieu serait devenu la chapelle aux Arbres » (op. cit., p. 134). Malheureusement, l’abbé Bataille ne cite pas ses sources, qui demeurent jusqu’ici perdues. Peut-on lui faire confiance ? Pourquoi le prêtre s’opposerait-il à la tradition locale, qui fait remonter la chapelle au début du XIIIe siècle, pour raconter une histoire sans fondement ? L’érection de la chapelle était-elle une volonté des époux du Bus ? Nous ne savons pas. Sur une pierre de la chapelle, on pouvait lire l’inscription en lettres gothiques : « Soyons en Paix », devise de Mathias de Barda, abbé de Cysoing de 1525 à 1564. Peut-être en fut-il le fondateur ? Il est néanmoins étonnant que le nom de la chapelle n’apparaisse pas dans la liste de ses fondations qui figure notamment sur sa pierre tombale (cf. Plateaux, 2015).  Le culte de Notre-Dame de Bonne-Fin semble toutefois plus tardif.

          • Abandon du pèlerinage (1794)
            En 1794, la chapelle aux Arbres fut détruite par les révolutionnaires. La tradition rapporte qu’ils s’acharnèrent sur la statue de Notre-Dame de Bonne-Fin : ils la décapitèrent à coup de hache, puis la jetèrent dans un fossé. Un paroissien aurait alors recueilli les débris pour les conserver secrètement. Seules les deux têtes n’auraient jamais été retrouvées.
            Aucune source d’avant la Révolution ne fait état de l’existence de cette statue miraculeuse ou du culte dont elle fut l’objet. On peut se demander si le culte existait réellement avant la Révolution… Toutefois, plusieurs sources datent du milieu du XIXe siècle : à cette époque, de nombreux témoins de la Révolution étaient encore en vie. Par ailleurs, les premières traces écrites de la tradition datent d’avant la restauration du culte au XXe siècle. Pourquoi aurait-on développé l’histoire d’un tel culte, qui n’existait plus et que personne n’avait encore pour ambition de restaurer s’il n’avait pas une base historique ?
          • Reprise du pèlerinage (1901)

            En 1900, la statue décapitée aurait été retrouvée dans un grenier de Cysoing, puis restaurée à l’instigation du curé Desbarbieux, qui redonna vie au culte dès janvier 1901, dans une chapelle latérale de son église paroissiale.

            Alain Plateaux remet toutefois en doute la version de la redécouverte providentielle ; pour lui, l’image ne serait pas celle d’avant la Révolution, mais une nouvelle statuette, achetée par le curé : « […] Pas un mot sur le restaurateur talentueux qui lui rend beauté et intégrité. N’est-ce pas étrange ? […] Il a été remarqué que les têtes sont plus proches des œuvres de la fin du Moyen-Âge que de 1900 ; comment expliquer cela ? […] Peut-on imaginer un subterfuge, un achat d’une statue plus ou moins ancienne ? Ces mystères accréditeraient ce genre d’opération destinée à rétablir le culte de Notre-Dame de Bonne-Fin. » (op. cit., p. 4-5).
          • Création d'une chapelle (1934)
            En 1934, devant le succès du culte restauré dans l’église paroissiale, on déplaça le « calvaire aux Arbres » pour y refonder la chapelle originelle, à l’instigation de l’abbé Vandermarlière. Le 23 septembre, on transféra enfin la statue miraculeuse dans sa chapelle lors d’une grande cérémonie avec procession, présidée par Mgr Jansoone, évêque auxiliaire de Lille. Le culte devint alors très fervent.
          • Destruction (1997)
            Lors d’une nuit d’août 1997, la chapelle fut profanée et la statue brisée, jetant la consternation dans tout le village. C’est à cette occasion que fut remarquée l’anomalie : la statue exposée (et dorénavant détruite) n’était plus celle de Notre-Dame de Bonne-Fin mais une statue en plâtre représentant Notre-Dame de Lourdes. Une nouvelle statue en résine fut alors installée sur l’autel.
          Rayonnement(s) :
          • Local (XVIIIe siècle -> 2018)
            Le pèlerinage de Notre-Dame de Bonne-Fin était principalement le fait des fidèles français et belges des villes et villages alentours. Du XIXe au début du XXe siècle, les pèlerins honorant saint Piat venaient de Seclin d’un côté et de Tournai  de l’autre pour se rejoindre devant le « calvaire aux Arbres ». Pour cette raison peut-être (?), la chapelle conserva une certaine notoriété en Belgique.

          RÉFÉRENCES

          Source(s) :
          • Revue paroissiale
            Semaine religieuse de Cambrai, t. 6, 19 juillet 1871.
          • Journal régional
            « La chapelle aux Arbres à Cysoing », Nord Découverte, 18 juin 2016, url : http://nord-decouverte.fr/la-chapelle-aux-arbres-cysoing/ (consulté le 13 février 2018).
          • Archives
            Archives diocésaines de Lille (AdL) : 42G2, Enquête Lestienne, 1939-1943.
          • Archives
            Archives diocésaines de Lille (AdL) :  Annales religieuses de l’église paroissiale de St.-Calixte à Cysoing à partir du 1er juin 1851.
          Bibliographie :
          • PLATEAUX, A., «La chapelle aux arbres de Cysoing : un site exceptionnel (deuxième partie) », in Pays de Pévèle, n°80, juin, 2016, p. 4-9.
          • PLATEAUX, A., «La chapelle aux arbres de Cysoing : un site exceptionnel », in Pays de Pévèle, n°79, décembre, 2015, p. 4-10.
          • BATAILLE, J., Cysoing, les seigneurs, l'abbaye, la ville, la paroisse, Lille, 1934.
          • LEBON, P.-M., Mémoires sur la Bataille de Bouvines, Lille, Vanackère fils, 1835.
          Etude(s) universitaire(s) :

          PHOTOGRAPHIES LIÉES

          Objet de dévotion :
          Edifice :
          Autre :

          À PROPOS DE L'ENQUÊTE

          Enquêteur :
          • VANOOTEGHEM Florent
          Rédacteur :
          • VANOOTEGHEM Florent
          Date de l'enquête :
          2017
          Date de rédaction de la fiche :
          2017
          Etat de l'enquête :
          En cours
          Pour citer cette ficheVANOOTEGHEM Florent, « Notre-Dame-de-Bonne-Fin », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
          url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/737/notre-dame-de-bonne-fin, version du 23/04/2018, consulté le 23/07/2018