INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Fontaine-Saint-Pierre

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Fontaine-Saint-Pierre
Période d'activité :
XVIIe siècle - 1974
Commune :
Bouvines
Département :
Nord
Fontaine Saint-Pierre

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Bouvines
Hameau/Lieu-dit :
Rue de la Fontaine Saint-Pierre
Diocèse :
Actuel: Lille (1913 - 1974)
Ancien: Tournai (XVIIe siècle - 1790)
Paroisse :
Actuelle: Saint-Pierre (? - 1974)
Ancienne:

Site

Type de site :
Plaine
Altitude :
31 m

Paysage

Type de couvert végétal :
Espace cultivé
Type de l'habitat :
Village
Type de proximités :
Axe de circulation
Cours d'eau
Prieuré

LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Fontaine-Saint-Pierre (XVIIe siècle - 1974)
Compléments :
On ne trouve aucune trace écrite de la fontaine avant le XIXe siècle ; seule l’appropriation de la fontaine par les moines de Bouvines au XVIIsiècle laisse penser que le culte puisse dater de cette époque.
Type de lieu de culte :
Oratoire
Nom du lieu de culte :
Saint-Pierre
Saints patrons :
  • Pierre (XVIIe siècle - 2018)

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Fontaine Saint-Pierre
Nature de l'objet :
Autre
Matériau de l'objet :
Dimensions de l'objet :
Emplacement :
La source est contenue dans une vasque circulaire en briques, située dans le fond du petit oratoire.
Datation de l'objet :
XIXe siècle
Compléments :
L’eau est d’une étonnante limpidité. La source ne fut, d’après les références, jamais tarie.

LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :

Dans La Philippide, le chroniqueur Guillaume le Breton écrit : « Tout près d’une église consacrée sous l’invocation de Pierre, le roi, brûlé par le soleil, se reposait sous l’ombre d’un frêne, non loin du dit pont, que déjà la majeure partie de l'armée avait franchi, espérant que la bataille serait remise au lendemain » (op. cit., p. 318). D’après la légende, Philippe Auguste choisit cet endroit précis pour se reposer avant la bataille du dimanche 27 juillet 1214, en raison de la présence de la source. On ajouta même qu’il s’y serait abreuvé et reposé en attendant le lendemain pour combattre, le dimanche étant un jour sacré. La première attestation écrite de cette légende semble dater de 1883 (Dehau, p. 2).

Miracles :
Des guérisons sont signalées.
Type(s) de motivation :
  • Piété
  • Voeu
Recours :
  • Thérapie
Compléments :
L’eau de la fontaine était censément efficace contre la fièvre et les problèmes d’yeux. Anciennement couverte par les marais, la Pévèle est une région humide, d’où la présence dans ses traditions religieuses de plusieurs cultes liés à la guérison de la peste ou des fièvres.
Jour(s) de fête :
  • Paul
  • Pierre
Type de fréquentation :
Continu
Compléments sur les fréquentations :
La fréquentation du sanctuaire était continue entre le XVIIe s. et 1792, puis annuelle entre 1883-1974.
Pratiques individuelles :
  • Cire
  • Prières
  • Aspersion ou ingestion d'eau
Pratiques en présence du clergé :
  • Prières
  • Processions
  • Imposition des évangiles
Ex voto :
    Confrérie(s) :
      Indulgence(s) :
        Compléments sur le culte :
        D’après Félix Dehau, les pèlerins s’agenouillaient au pied de l’autel de l’église Saint-Pierre, où on leur imposait les Évangiles, puis ils partaient en procession jusqu’à la fontaine (op. cit.). D’après une lettre anonyme du XIXe siècle, c’est après avoir déposé un cierge dans une petite chapelle axiale de l’église que les pèlerins partaient en pèlerinage à la fontaine (Rémy, p. 31). En 2000, un article du Bulletin paroissial proposait aux fidèles de relier à pied les sept chapelles de Bouvines et la fontaine Saint-Pierre, en guise de « parcours de procession, pour des pèlerins qui auraient juste le temps d'une dizaine de chapelet entre chaque étape » (op. cit.).

        L'ÉDIFICE

        Description :
        Enclavé dans une propriété privée, l’oratoire est accessible des deux côtés : par un tout petit escalier depuis le parc privé et par un escalier d’une douzaine de marches depuis la voyette, publique. Souterrain, il est séparé de celle-ci par un petit tunnel, dont l’entrée se situe dans le mur entourant le domaine de l’ancien prieuré. L’édifice fut probablement construit au XVIIe siècle par les moines de Bouvines, puis restauré au début des années 1880, à l’instigation du maire Félix Dehau (1872-1934), qui y fit également construire le tunnel. Depuis le milieu du XIXe siècle, un buste de saint Pierre est installé dans la niche axiale au-dessus du bassin, pour « donner à ces lieux vénérables un caractère plus religieux » (Dehau, p. 6). Extrêmement sobre esthétiquement, toute faite de briques, la crypte rectangulaire mesure une dizaine de mètres carrés. Elle est couverte d’une voûte en berceau percée par trois oculi, laissant pénétrer la lumière du soleil. Dégradée par le temps, elle fut réhabilitée en 2012.
        Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
        • Oratoire (XVIIe siècle)
          Celui-ci fut probablement bâti au XVIIe siècle.
        • Autre (1883)
          À la fin du XIXe siècle, le maire Félix Dehau conclut un accord avec Pierre-François Deffontaines, le propriétaire de l’ancien prieuré. L’objectif était alors de créer un accès à la fontaine pour les croyants, tout en respectant la tranquillité et le droit de propriété de M. Deffontaines et de sa famille. Avec l’accord de la préfecture, un tunnel fut bâti en 1883, sous la supervision de l’architecte Auguste Normant.
        Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :
        • Autre (XVIIe siècle)
          Simple bouillonnement dans un fossé inondé, la source fut probablement mise en valeur par les moines du prieuré de Bouvines au XVIIe siècle, qui firent sans doute installer une pompe à eau. La fontaine prit sa forme actuelle au XIXe siècle (cf. Pelon). Celle-ci est visible dans le troisième vitrail de l’église de Bouvines, offert à la paroisse vers 1890 par la famille Deffontaines.

        HISTOIRE DU SANCTUAIRE

        Origines :
        Date de première mention : 1883
        Initiative de la fondation :
        • Religieux
        Environnement institutionnel, politique et religieux :

        Le prieuré de Bouvines fut fondé autour de 1627, par les moines de l’abbaye de Cysoing, dont il dépendit jusqu’à sa spoliation à la Révolution. Félix Dehau (1946-1934), refondateur du pèlerinage en 1883, était un riche bourgeois originaire de Lille. Personnalité centrale de la Pévèle, il fut maire de Bouvines pendant soixante-deux ans, de 1872 à 1934. Légitimiste, profondément catholique, il fonda plusieurs orphelinats, participa à la restauration de plusieurs églises, créa en 1894 l’Institut catholique de Genech dans l’ancien château des seigneurs de Sainte-Aldegonde, organisa de grandes fêtes pour le septième centenaire de la bataille de Bouvines, fit reconstruire pour l’occasion l’église Saint-Pierre et donna plusieurs de ses enfants et petits-enfants à l’Église. Une dizaine d’années après sa mort, on érigea le monastère des dominicaines de Bouvines dans son ancienne demeure familiale.

        Phases d'évolution :
        La source refluait initialement au fond d’un fossé, près du Pont-à-Bouvines. Autour de 1626, elle fut enclavée dans le domaine du prieuré, fondé à cette époque par les moines de l’abbaye de Cysoing. Elle fut alors « privatisée » à l’aide d’un mur en briques. C’est sans doute à cette époque qu’elle fut valorisée par les religieux et sacralisée par la vox populi.
        Durant la Révolution, le prieuré et ses terres furent spoliés par l’État. Ils furent ensuite vendus au citoyen Calixte Collette le 8 avril 1797, puis à la famille Deffontaines.
        En 1868, Félix Dehau tenta de racheter l’ancien monastère désormais connu sous le nom de « Petit Château ». Son objectif était entre autres de relancer le pèlerinage. Il échoua mais, devenu maire de Bouvines, il conclut un accord avec le propriétaire, Pierre-François Deffontaines, pour redonner aux pèlerins un accès à la fontaine, tout en respectant son droit de propriété : en 1883, Félix Dehau fit bâtir dans le mur d’enceinte une sorte de tunnel menant à l’oratoire qui abrite la source sacrée. Rapidement, une grille fut installée à l’entrée de ce tunnel pour prévenir toute profanation, dégradation ou pollution de l’eau par des visiteurs mal intentionnés (cf. Pelon).
        À partir de cette date, la fontaine était surtout visitée pendant la neuvaine qui se déroulait du 25 juin au 7 juillet, et ce jusqu’en 1974. La fontaine est à l’abandon depuis cette date. D’ordinaire inaccessible aux croyants, elle ne peut plus être visitée que sur demande faite à la mairie.
        Evénements marquants :
          Rayonnement(s) :
          • Local (XVIIe siècle -> 1974)
            Aux XVIIe et XVIIIe siècles, le pèlerinage était sans doute suivi par les fidèles du voisinage, spirituellement encadrés par les moines. Interrompu à la Révolution française, il fut restauré en 1883. Si le pèlerinage resta le fait des croyants de la paroisse et des paroisses voisines, la tradition voulait que ces pèlerins invitent leur famille et leurs amis à venir avec eux, puis les hébergeaient pendant quelques jours. Selon Félix Dehau, cette coutume donna naissance à la fête du village de Bouvines, organisée du dimanche matin au mardi soir, pendant l’octave de la solennité de saint Pierre.

          RÉFÉRENCES

          Source(s) :
          • Source publiée
            LE BRETON, Guillaume, La Philippide, Paris, J.-L.-J. Brière, 1825.
          • Archives
            Archives diocésaines de Lille (AdL) : Enquête Lestienne, 1939-1943, AdL 42G2.
          Bibliographie :
          • JEANSON, M., «Les chapelles de Bouvines », in Bulletin paroissial de l'Emmanuel, 2000.
          • RÉMY, J.-C., «Bouvines : note relative à la chapelle et à la fontaine St. Pierre », in Pays de Pévèle, n° 25, décembre, 1988, p. 31.
          • SALEMBIER, L., Bouvines , Lille, Imp. de la Croix du Nord, 1913.
          • DEHAU, F., Pèlerinage à saint Pierre de la commune de Bouvines, Lille, Imp. Lefebvre-Ducrocq, 1883.
          Etude(s) universitaire(s) :

          PHOTOGRAPHIES LIÉES

          Objet de dévotion :
          • Fontaine Saint-Pierre - Wikimédia Commons © Codepem - 2013
          • Le petit tunnel amenant à la fontaine Saint-Pierre  - Wikimédia Commons © Codepem  - 2013
          • vitrail de l'église Saint-Pierre de Bouvines - à droite, la fontaine Saint-Pierre et le frêne sous lequel le roi se serait assis - Wikimédia Commons © Copedem  - 2013
          Edifice :
          Autre :

          À PROPOS DE L'ENQUÊTE

          Enquêteur :
          • VANOOTEGHEM Florent
          Rédacteur :
          • VANOOTEGHEM Florent
          Date de l'enquête :
          2018
          Date de rédaction de la fiche :
          2018
          Etat de l'enquête :
          En cours
          Pour citer cette ficheVANOOTEGHEM Florent, « Fontaine-Saint-Pierre », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
          url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/736/fontaine-saint-pierre, version du 23/04/2018, consulté le 27/05/2018