INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Puits-de-Saint-Thomas-de-Cantorbéry

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Puits-de-Saint-Thomas-de-Cantorbéry
Période d'activité :
XVIe siècle - 1915
Commune :
Beaucamps-Ligny
Département :
Nord

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Beaucamps-Ligny
Hameau/Lieu-dit :
Croix du Fau
Diocèse :
Actuel: Lille (1913 - 1915)
Ancien: Tournai (XVIe siècle - 1801)
Paroisse :
Actuelle: Saint-Pierre (XVIe siècle - 1915)
Ancienne:
Compléments :
Entre 1801 et 1913, le sanctuaire ressortissait au diocèse de Cambrai.

Site

Type de site :
Plaine
Altitude :
33 m

Paysage

Type de couvert végétal :
Espace cultivé
Type de l'habitat :
Hameau
Type de proximités :
Axe de circulation
Château
Compléments :
Le culte se développa autour du puits de saint Thomas Becket, près d’une ferme, dans l’enceinte du château des seigneurs de Bruay et de Ligny (Carmier, p. 371 ; Hanscotte, p. 62-65).

LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Puits-de-Saint-Thomas-de-Cantorbéry (XVIe siècle - 1915)
Compléments :
Le pèlerinage de saint Thomas Becket se développa sans doute entre le début du XVe siècle et celui du XVIIe siècle. En effet, le château des seigneurs de Ligny – près duquel se développa le pèlerinage qui lui semble lié – daterait d’avant 1415, tandis que le Chronicon Belgicum, première trace écrite de ce même pèlerinage, date de 1616. Peut-être se développa-t-il au XVIe siècle ?
Type de lieu de culte :
Chapelle
Nom du lieu de culte :
Chapelle de Saint-Thomas-de-Cantorbéry
Saints patrons :
  • Thomas de Cantorbéry (XVIe siècle - 1915)
Compléments :
Le culte se concentrait autour du puits de Saint-Thomas-de-Cantorbéry et de la chapelle toute proche, qui contenait par ailleurs une relique indirecte de saint Thomas Becket.

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Puits de saint Thomas de Cantorbéry
Nature de l'objet :
Autre
Matériau de l'objet :
Autre
Dimensions de l'objet :
Emplacement :
Le puits se situait près de la ferme du château des seigneurs de Ligny (celle-là même où, d’après la tradition, un paysan aurait accueilli saint Thomas Becket). En 1863, le puits était toujours présent dans l’enceinte de la ferme du Faux, dernier vestige du château et propriété du comte Billé de La Grandville. Il fut détruit en 1915.
Datation de l'objet :
Compléments :
À proximité du puits, une petite chapelle dédiée à saint Thomas de Cantorbéry conservait  une écuelle en bois, qui aurait permit au prélat de s’abreuver au XIIe siècle (Locre, p. 321-322). Les pèlerins vénéraient sans doute la relique après ou avant de se rendre à la fontaine. L’écuelle fut, semble-t-il, sauvée à la Révolution par les seigneurs de Ligny (?), puis transmise de génération en génération jusqu’au comte Billé de La Grandville, qui fit construire en 1860 l’église paroissiale de Beaucamps, où la relique fut à nouveau exposée dès après 1863, à l’instigation du comte lui-même. À cette date, Jean-Jacques Carmier écrivait : « De pieux mais regrettables larcins ont réduit cette relique à cinq centimètres carrés environ ; encore se compose-t-elle de plusieurs morceaux rattachés par des agrafes en argent, noirci par l’action du temps » (Carmier, p. 371).

LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :
Né dans une famille londonienne d'origine normande, Thomas Becket suivit ses études à Paris. De retour en Angleterre, il devint clerc auprès de Thibaut du Bec, archevêque de Cantorbéry, qui le nomma archidiacre. En 1154, il fut nommé chancelier du royaume par Henri II. En 1162, il fut élevé sur le siège de Cantorbéry : il fut ordonné prêtre le 2 juin, puis évêque le lendemain. Grand défenseur des libertés de l’Église, il n’hésita pas à s’opposer au roi, au point que ce dernier le fit juger par une assemblée en octobre 1164. Condamné, le prélat s'enfuit en Normandie, puis rejoignit la Flandre, où il vécut, tout en revendiquant son titre d’archevêque. Protégé par le roi de France Louis VII et le comte de Flandre Philippe d’Alsace, l’évêque demeura six ans en Flandre maritime, où il se fit frère au monastère de Clairmarais (Piers, p. 192-203). Durant son séjour, il aurait visité nombre de villes et villages flamands : un jour, à Ligny, alors qu’il était assoiffé, un paysan l’accueillit chez lui et lui offrit une écuelle remplie de l’eau de son puits, aujourd’hui connu comme le puits de saint Thomas de Cantorbéry (Locre, p. 321-322).
Le religieux rentra sur son île natale en novembre 1170. Malgré l’intervention du pape et du roi de France, l’apparente réconciliation du roi d’Angleterre avec l’archevêque ne dura guère. Saint Thomas fut assassiné par quatre chevaliers le 29 décembre 1170, au sein même de sa cathédrale.
Miracles :
Des guérisons sont signalées.
Type(s) de motivation :
  • Piété
  • Voeu
Recours :
  • Thérapie
Jour(s) de fête :
  • Thomas Becket
Type de fréquentation :
Continu
Pratiques individuelles :
  • Prières
  • Aspersion ou ingestion d'eau
Pratiques en présence du clergé :
  • Messe
Ex voto :
    Confrérie(s) :
      Indulgence(s) :
        Compléments sur le culte :

        L'ÉDIFICE

        Description :
        La chapelle, à proximité du puits, était probablement très modeste et avait pour but d’abriter la sainte écuelle de Thomas Becket. Elle fut sans doute détruite durant la Révolution, certainement avant les années 1860. Elle fut reconstruite au milieu du XIXe siècle par le comte Billé de La Grandville, refondateur du culte, qui y fit par ailleurs installer une statue du saint (Carmier, p. 371-372). La chapelle fut à nouveau détruite en 1915, en même temps que le château, probablement par une troupe allemande (Hanscotte, p. 62-65).
        Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
          Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :

            HISTOIRE DU SANCTUAIRE

            Origines :
            Date de première mention : 1616
            Initiative de la fondation :
            • Seigneur laïc
            Environnement institutionnel, politique et religieux :
            Phases d'évolution :

            De quand date le culte de saint Thomas Becket à Beaucamps ? Le château des seigneurs de Bruay et de Ligny – dans l’enceinte duquel se trouvaient la fontaine et la chapelle – fut construit autour du XVe (Hanscotte, p. 62-65). Les premières mentions du culte datent du début du XVIIe siècle (Locre). Le culte se développa donc plausiblement entre le début du XVe siècle et celui du XVIIe siècle. Les documents écrits n’étant pas rares à cette époque, le culte existait probablement depuis relativement peu de temps au début du XVIIe siècle. On peut supposer que le culte date du XVIe siècle.

            La chapelle de saint Thomas Becket fut probablement détruite à la Révolution. Quoi qu’il en soit, au milieu du XIXe siècle, la chapelle n’existait plus et la fontaine n’attirait plus les pèlerins. Peu de temps avant les années 1860, le comte de La Grandville travailla à la renaissance du culte : il finança la reconstruction de la chapelle et l’érection d’une église paroissiale, où il fit exposer la sainte écuelle. Dans le même temps, il ordonna qu’une messe chantée soit dite chaque 29 décembre (Saint-Thomas-Becket) dans la chapelle, près de sa ferme, qui aurait accueilli saint Thomas sept siècles plus tôt (Carmier, p. 380).

            En 1915, le village fut entièrement détruit, avec son château, sa chapelle et son puits miraculeux. Le fait est imputé à des troupes du XXe régiment de Nuremberg mais, d’après François Hanscotte, rien ne le prouverait : d’autres imputeraient un bombardement d’artillerie anglais (op. cit., p. 62-65).
            Evénements marquants :
            • Visite pastorale (1842)
              Le futur cardinal Giraud, archevêque de Cambrai, fit une visite pastorale à Beaucamps-en-Weppes, où il put notamment visiter les lieux saints liés à Thomas Becket (Carmier, p. 380).
            Rayonnement(s) :
            • Local (XVIe siècle -> 1915)
              Le pèlerinage fut sans doute essentiellement le fait des fidèles de la paroisse et des paroisses voisines. Il fut par ailleurs interrompu entre le XVIIIe et le milieu du XIXe siècle.

            RÉFÉRENCES

            Source(s) :
            • Chronique
              LOCRE, Ferri de, Chronicon Belgicum, Arras, ex officina Guilielmi Riverii, 3 t., 1616.
            • Chronique
              BUZELIN, Jean, Gallo-Flandria, Douai, Chez Wyon, 1625.
            Bibliographie :
            • VAN GENNEP, A., Folklore de Flandre et du Hainaut français, Paris, Brionne-Monfort, 1935.
            • CARMIER, J.-J., «Souvenirs de saint Thomas de Canterbury : étude hagiographique », in Annales du Comité flamand de France, t. 7, 1863, p. 319-381.
            • LE GLAY, A., Cameracum Christianum ou histoire ecclésiastique du diocèse de Cambrai, extraite du Gallia Christiana et d'autres ouvrages, avec des additions considerables et une continuation jusqu'à nos jours, Lille, L. Lefort, 1849.
            • PIERS, H., «Saint Thomas de Cantorbéry dans la Morinie  », in Histoire des flamands du Haut-Pont et de Lyzel ? Îles flottantes ? Portus Itius, etc., Saint-Omer, Lemaire, 1836, p. 192-203.
            Etude(s) universitaire(s) :
            • HANSCOTTE, F., Mottes castrales et maisons fortes de Flandre gallicane : châtellenies de Lille et d'Orchies, Thèse de doctorat en histoire, ss. dir de Michel Rouche, Paris-Sorbonne, 2009.

            PHOTOGRAPHIES LIÉES

            Objet de dévotion :
            Edifice :
            Autre :

            À PROPOS DE L'ENQUÊTE

            Enquêteur :
            • VANOOTEGHEM Florent
            Rédacteur :
            • VANOOTEGHEM Florent
            Date de l'enquête :
            2017
            Date de rédaction de la fiche :
            2017
            Etat de l'enquête :
            En cours
            Pour citer cette ficheVANOOTEGHEM Florent, « Puits-de-Saint-Thomas-de-Cantorbéry », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
            url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/735/puits-de-saint-thomas-de-cantorbery, version du 21/04/2018, consulté le 24/09/2018