INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Saint-Sébastien-de-Jâlons

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Saint-Sébastien-de-Jâlons
Période d'activité :
XVe siècle - 2018
Commune :
Jâlons
Département :
Marne
Statue de saint S�bastien, �glise de J�lons

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Jâlons
Hameau/Lieu-dit :
Diocèse :
Actuel: Châlons-en-Champagne (XVe siècle - 2018)
Ancien:
Paroisse :
Actuelle: Saint-Ephrem (1997 - 2018)
Ancienne: Jâlons-les-Vignes (XVe siècle - 1997)
Compléments :
Le sanctuaire a brièvement dépendu du diocèse de Meaux, entre 1801 et 1821, puis de celui de Reims, entre 1821 et 1825.

Site

Type de site :
Vallée
Altitude :
79 m
Compléments :
Jâlons se situe dans la vallée de la Marne. Le village se trouve sur la route de Châlons-en-Champagne à Epernay, peu au sud du confluent entre la Somme-Soude et la Marne. Un autre cours d’eau, les Tarnauds, passe près du village à proximité de plusieurs étangs.

Paysage

Type de couvert végétal :
Type de l'habitat :
Village
Type de proximités :
Axe de circulation
Cours d'eau

LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Saint-Sébastien-de-Jâlons (XVe siècle - 2018)
Compléments :
Le pèlerinage à Jâlons-les-Vignes est documenté à partir de 1421 avec la première mention de la présence d’une relique de saint Sébastien.
Type de lieu de culte :
Eglise paroissiale
Nom du lieu de culte :
Saint-Ephrem
Saints patrons :
  • Ephrem (XIe siècle - 2018)
Compléments :

Depuis le XIXe siècle au moins, on reconnaît dans le saint vénéré à Jâlons le diacre d’Édesse du IVe siècle, fêté le 9 juillet (Bréviaire châlonnais de 1840). Cependant, il se pourrait que l’on ait d’abord vénéré un saint local mentionné dans la Vie de saint Gibrien, saint Abranus, dont le dérivé serait Evrain qui aurait pu donner Ephrem par corruption (comme le propose J.-P. Ravaux, 2006).


Jâlons est une possession ancienne de l’Église de Châlons qui provient d’un legs de saint Remi, spécifiant, dans son testament qu’il tenait la villa Gelonis du roi Clovis. La confirmation des biens du chapitre de Saint-Étienne par Pascal II en 1107, nous apprend qu’ils détiennent alors la moitié de la villa et que l’évêque Roger III, à la fin du XIe siècle, leur avait donné l’autel de Jâlons

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Sébastien
Nature de l'objet :
Relique (= fragment)
Matériau de l'objet :
Vestige corporel
Dimensions de l'objet :
Emplacement :
Datation de l'objet :
Compléments :
La relique consiste en une moitié de crâne.

LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :
Martyr romain sous Dioclétien, Sébastien a connu un culte très important à la fin du Moyen Âge, où il était notamment invoqué contre la peste. On racontait au XIXe siècle que les chanoines de Châlons auraient voulu faire transférer les reliques de saint Sébastien en leur cathédrale, mais au moment de partir avec, ils ne purent avancer, les reliques inamovibles refusant le transfert. Cette légende est sans doute née des suites de l’absence effective des reliques, qui furent transférées à Châlons entre 1421 et 1425.
Miracles :
Type(s) de motivation :
  • Piété
  • Voeu
Recours :
  • Incendie
  • Grêle
Jour(s) de fête :
  • Lundi de Pentecôte
  • Sébastien
Type de fréquentation :
Irrégulier
Compléments sur les fréquentations :
La première moitié du XVe siècle connaissant des épisodes de peste, on pourrait supposer que le culte a été favorisé par la réputation de l’efficacité de saint Sébastien contre celle-ci. Si, depuis le XVe siècle, le culte concerne principalement saint Sébastien, l’octroi des indulgences en 1664 mentionne également la fête de saint Ephrem parmi les jours où les confrères doivent visiter le sanctuaire. Au XIXe siècle, on prie saint Sébastien pour être protégé de la grêle et des incendies (tandis que la dévotion à saint Ephrem est liée à la demande de guérison des croûtes de lait des enfants, dites « cuirée », voir fiche Saint-Ephrem-de-Jâlons).
Pratiques individuelles :
    Pratiques en présence du clergé :
      Ex voto :
        Confrérie(s) :
        • Saint-Sébastien (1664)
          Érigée canoniquement par une bulle d’Alexandre VII (15 octobre 1664), confirmée par Mgr Vialart, évêque de Châlons, en 1665.
        Indulgence(s) :
        • Partielle 2835 j. (1664)
          Sous les mêmes conditions que pour l'indulgence plénière, les membres « […] peuvent gagner sept ans et sept quarantaines d’indulgences, savoir : le lendemain de Pâques, le dimanche dans l’octave de saint Ephrem, premier patron de l’église de Jâlons, le jour de la Nativité de la Sainte Vierge et le dimanche pendant l’octave de saint Sébastien ».

           

        • Plénière (1664)
          Indulgence plénière accordée en 1664 aux membres de la confrérie de Saint-Sébastien, le jour de leur entrée dans cette confrérie, à l’article de la mort et le jour de la fête du saint, « pourvu qu’ils se soient confessés, qu’ils aient reçu la sainte communion et qu’ils soient allés prier dans l’église du lieu, aux intentions ordinaires.
        Compléments sur le culte :
        Au XIXe siècle, le curé Chapusot restaura également un pèlerinage à Saint-Ephrem, patron de l’église, saint qui était invoqué pour la guérison de la « cuirée » des enfants (voir fiche Saint-Ephrem-de-Jâlons).

        L'ÉDIFICE

        Description :
        L’église comporte un chevet plat roman édifié sur une crypte de plan rectangulaire, une tour de croisée romane, un porche-galerie. L’église a été fortement reprise à l’époque flamboyante.
        Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
          Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :
          • Autel (XVIIe siècle)
            L’autel latéral Saint-Sébastien est doté d’une statue du saint. Son installation, sans doute au XVIIe siècle, pourrait être liée à la création d’une confrérie.

          HISTOIRE DU SANCTUAIRE

          Origines :
          Date de première mention : 1425
          Initiative de la fondation :
          • ?
          Environnement institutionnel, politique et religieux :
          Phases d'évolution :
          La construction d’une crypte, comme le soin apporté à la construction romane (porche-galerie, clocher…) permet d’envisager que cette église abritait dès le XIIe siècle des reliques particulièrement vénérées. L’abbé Chapusot a cru pouvoir y reconnaître des reliques de saint Ephrem, diacre d’Édesse, qu’un seigneur de Jâlons aurait rapporté de croisade (voir fiche Saint-Ephrem-de-Jâlons). Au XVe siècle, le pèlerinage naît de la vénération d’une relique de saint Sébastien, dont la présence est attestée à Jâlons, depuis 1421, à l’occasion d’une incendie de l’église. Un nouveau reliquaire, sans doute en forme de buste étant réalisé en 1468. Au XVIIe siècle, la fondation d’une confrérie approuvée par le pape (1664) laisse supposer que le pèlerinage connaît un réveil. Le sauvetage des reliques en 1793 indique un attachement des habitants pour cette relique. De même, la défense farouche des reliques par les habitants, en 1824, contre l’intervention de l’évêque, indique bien un attachement certain à celle-ci. Au début du XIXe siècle, la confrérie avait disparu mais le pèlerinage était suivi, notamment la procession le jour de la fête de saint Sébastien et le lundi de Pâques. La procession aurait été supprimée vers 1826 et le pèlerinage abandonné vers 1832 (d’après l’abbé Chapusot) à cause du transfert de la fête communale du lundi de Pâques au premier dimanche de septembre. Dans les années 1860, des efforts pour restaurer la crypte et l’église, et des recherches historiques menées par l’abbé Chapusot, conduisent à restaurer le pèlerinage à saint Sébastien dont la relique est réhabilitée. Une enquête informelle menée à Rome en 1862 révèle que seule une partie du chef est conservée à l’église des Quatre-Saints-Couronnés ; l’évêque encourage ensuite le culte, sans que l’on procède toutefois à une reconnaissance officielle des reliques. C’est ensuite que le même curé restaure un pèlerinage à saint Ephrem, qui était traditionnellement vénéré à Jâlons et invoqué pour la guérison des croûtes de lait des enfants.
          Evénements marquants :
          • Incendie (1421)
            Incendie de l’église, où s’étaient établis des Armagnacs, par les Châlonnais. Les reliques de saint Sébastien sont alors transférées à l’église Saint-Germain de Châlons.
          • Restitution de l'objet de dévotion (1425)
            Le 28 décembre 1425, les reliques sont en partie restituées à Jâlons.
          • Reconnaissance de reliques (1442)
            Visite de la relique du chef de saint Sébastien par le grand vicaire et l’official de l’évêché, député avec deux chanoines par le chapitre cathédral le 1er mai 1442.
          • Reconnaissance de reliques (1468)
            Visite de la relique du chef de saint Sébastien le 2e dimanche de septembre, en présence de Jean Ledigoix abbé de Toussaint de Châlons, un procès-verbal étant dressé (selon E. de Barthélemy) ; les reliques sont alors transférées dans un nouveau reliquaire.
          • Confrérie (1664)
            Fondation d’une confrérie de saint Sébastien (bulle d’Alexandre VII) le 15 octobre 1664.
          • Visite pastorale (1724)
            Visite épiscopale le 10 mai 1724. La relique de saint Sébastien est mentionnée, mais l’évêque ne put l’examiner, le curé ayant déclaré qu’il n’avait pas la clé du reliquaire.
          • Destruction (1793)
            Le reliquaire de saint Sébastien, décrit comme un buste en cuivre, est envoyé à la fonte.
          • Transfert (1804)
            Transfert de la relique, qui avait été conservée par une femme pieuse du village, dans un reliquaire en bois fait sur le modèle du reliquaire de saint Alpin à la cathédrale de Châlons.
          • Emeute (1824)
            Incident du 27 décembre 1824 à l’occasion de la visite épiscopale de Mgr de Prilly qui, ayant examiné le reliquaire et n’y trouvant aucun titre, demanda d’enterrer le chef de saint Sébastien. Ayant voulu emmener le reliquaire au presbytère pour le faire remettre en état, l’évêque déclencha des huées, certains ayant même jeté des pierres (l’affaire fit grand bruit, dont se firent écho des articles dans Le Constitutionnel et dans L’Ami de la religion et du roi). Par la suite, l’évêque fit parvenir des reliques authentiques.
          • Transfert (1849)
            Transfert des reliques dans un nouveau reliquaire en cuivre offert par Jean-Nicolas Lemaire.
          • Inauguration (1862)
            Inauguration de la crypte Saint-Ephrem le 7 avril 1862, restaurée et dotée d’un nouvel autel.
          Rayonnement(s) :
          • Local (XVe siècle -> XIXe siècle)
            À la veille de la Révolution (selon les témoignages de vieillards recueillis par l’abbé Chapusot), les pèlerins venaient d’assez loin (Oger notamment, soit un peu plus d’une quinzaine de km).

          RÉFÉRENCES

          Source(s) :
          • Livres manuscrits
            Châlons-en-Champagne, BM, ms. 249 Histoire du diocèse de Châlons-sur-Marne, par Dom François, religieux bénédictin de la congrégation de Saint-Vanne.
          Bibliographie :
          • VILLES, Alain, «De Saint-Etienne de Châlons à Saint-Martin de Vertus en passant par Saint-Ephrem de Jâlons-les-Vignes : trois cryptes, trois témoins remarquables de l'art roman en Champagne châlonnaise », in Bulletin des Amis de la cathédrale de Châlons-en-Champagne, n° 2 , 2010, p. 1-9.
          • ANONYME, «Saint Sébastien symbole », in Folklore de Champagne, n° 103 (février-mars 1987), 1987, p. 12-18.
          • VERGNOLLE, Éliane, «L'église de Jâlons », in Congrès Archéologique de France, 135e session, 1977, Champagne, Paris, Société française d'archéologie, 1980, p. 436-455.
          • RAVAUX, Jean-Pierre, Églises de la Marne, Paris, 1976.
          • RAVAUX, Jean-Pierre, «Jalons-les-Vignes (Marne) », in Dictionnaire des églises de France, t. V B, Paris, Robert Laffont, 1969, p. 66-67.
          • POINSIGNON, Maurice, Histoire générale de la Champagne et de la Brie, 3 vol. t. I, Châlons-sur-Marne, Martin frères, 1898, p. 412-413.
          • GRIGNON, Louis, Documents inédits pour servir à l'histoire de Châlons 1422-1430, Châlons-sur-Marne, T. Martin, 1880.
          • CHAPUSOT, Pierre-Joseph abbé, Saint Ephrem, sa vie, son pèlerinage, neuvaine en son honneur, description de sa chapelle souterraine, Châlons-sur-Marne, J.-L. Le Roy, 1867.
          • CHAPUSOT, Pierre-Joseph abbé, «Crypte Saint-Ephrem de Jâlons », in Revue de l'art chrétien, t. 11, 1867.
          • CHAPUSOT, Pierre-Joseph abbé, Notice sur la vie de saint Sébastien et sur la relique insigne de ce saint martyr conservée dans l'église de Jalons suivie d'un appendice sur la restauration de la crypte Saint-Ephrem, Châlons-sur-Marne, H. Laurent, 1863.
          • LOIRET, L. F. du, Histoire abrégée du sacrilège chez les différents peuples et particulièrement en France, avec des notes historiques sur les persécutions religieuses et leurs victimes, Paris, Chez l'auteur, 1825, p. 205-207.
          Etude(s) universitaire(s) :

          PHOTOGRAPHIES LIÉES

          Objet de dévotion :
          • Statue de saint S�bastien, �glise de J�lons - Photographie tirée de "Folklore de Champagne", n° 103 (1987)
          Edifice :
          Autre :

          À PROPOS DE L'ENQUÊTE

          Enquêteur :
          • RENAULT Jean-Baptiste
          Rédacteur :
          • RENAULT Jean-Baptiste
          Date de l'enquête :
          2017
          Date de rédaction de la fiche :
          2017
          Etat de l'enquête :
          En cours
          Pour citer cette ficheRENAULT Jean-Baptiste, « Saint-Sébastien-de-Jâlons », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
          url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/729/saint-sebastien-de-jalons, version du 23/02/2018, consulté le 20/11/2018