INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Notre-Dame-de-Callot-en-Carantec

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Notre-Dame-de-Callot-en-Carantec
Période d'activité :
? - 2018
Commune :
Carantec
Département :
Finistère
Localisation du sanctuaire de Notre-Dame de Callot

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Carantec
Hameau/Lieu-dit :
Ile Callot
Diocèse :
Actuel: Quimper-Léon (1791 - 2018)
Ancien: Saint-Pol-de-Léon (? - 1791)
Paroisse :
Actuelle: Saint-Paul Aurélien du Haut-Léon (1996 - 2018)
Ancienne: Carantec (? - 1996)
Compléments :
Le sanctuaire de Callot appartint au diocèse de Léon jusqu’en 1791, quand celui-ci fusionna avec le diocèse de Cornouaille (Quimper). Ce nouveau diocèse, dit de « Quimper-Léon », correspond à l’actuel département du Finistère et a son siège à Quimper. Depuis 1996, la paroisse de Carantec fait partie de la paroisse Saint-Paul Aurélien du Haut-Léon, qui regroupe dix-neuf paroisses originellement indépendantes et dont le chef-lieu est l’ancien siège épiscopal de Saint-Pol. À une époque indéterminée, le sanctuaire a appartenu à la paroisse de Carantec, puis de Taulé, avant de redevenir paroisse de Carantec jusqu'en 1996. 

Site

Type de site :
Côte maritime
Altitude :
20 m

Paysage

Type de couvert végétal :
Espace cultivé
Type de l'habitat :
Hameau
Type de proximités :
Cours d'eau
Compléments :
L’île Callot (prononcer « Callotte ») se situe dans la baie de Morlaix, à la limite du Haut-Léon et du Trégor occidental. Elle se situe à l’embouchure du Penzé. Saint-Pol-de-Léon ne se trouve qu’à quatre kilomètres à l’ouest (par bateau). La chapelle se trouve à la pointe nord de l’île, dont elle constitue le point culminant. À marée haute, l’île s’étire sur 2200 m du nord au sud. Sa largeur varie de 400 m à quelques dizaines de mètres par endroits. À marée basse, elle est accessible à pied depuis la terre ferme par la « passe aux moutons », longue de 700 m.

LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Notre-Dame-de-Callot-en-Carantec (? - 2018)
Compléments :
Selon la légende, le prince Riwallon Macmurzon aurait fondé la chapelle dédiée à la Vierge en 513, sous le vocable de « Notre-Dame de Toute-Puissance » (« Itron Varia ar Galloud »). Le mot « Galloud », signifiant « puissant » en breton, aurait évolué pour donner le nom actuel de l’île : Callot. Sur le socle de l’actuelle statue de la Vierge (qui date du XVIIe siècle) se trouvent gravés les mots « Virgo Potens » (« Vierge puissante »).
Type de lieu de culte :
Chapelle
Nom du lieu de culte :
Notre-Dame-de-Callot
Saints patrons :
  • Vierge Marie (? - 2018)
Compléments :
La chapelle de Callot faisait partie de la trève (succursale) de Carantec dépendant de la paroisse de Taulé. Lors de la Révolution, la chapelle fut reconvertie en caserne, ce qui n’empêcha pas le culte de continuer clandestinement. La chapelle fut rouverte au culte en 1801. À ce même moment, Carantec retrouva son statut de paroisse.

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Notre-Dame de Callot
Nature de l'objet :
Statue
Matériau de l'objet :
Bois
Dimensions de l'objet :
H : 135 cm ; l : 46 cm ; P : 30 cm
Emplacement :
Chœur de la chapelle
Datation de l'objet :
XVIIe siècle
Compléments :
La statue est polychrome et représente la Vierge tenant l’Enfant Jésus dans sa main gauche et un sceptre dans sa main droite. Elle est vêtue d’une tunique dorée recouverte par un drapé bleu parsemé d’étoiles dorées. Son voile est blanc. Sur son socle sont gravés les mots « Virgo Potens » (« Vierge puissante »). Exposée dans le chœur de la chapelle, elle fut classée Monument Historique au titre d’objet en 1994.

LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :
Selon Albert le Grand (1636), le légendaire prince Riwallon Murmaczon aurait vaincu le chef danois Korsold sur l’île Callot, après avoir invoqué la Vierge. En 513, le prince aurait alors fondé la chapelle dédiée à la Vierge sous le vocable de « Notre-Dame de Toute-Puissance » (« Itron Varia ar Galloud »). Selon la légende, la chapelle fut fondée à l’endroit-même où Korsold avait planté sa tente. La véracité de ce récit est des plus improbables, étant donné qu’il ne fut pas mentionné avant le XVIIe siècle, et que la présence de raids Danois au début du VIe siècle semble anachronique. En 1856, le recteur de Carantec mentionne un tableau relatant cette victoire. Selon le même Albert le Grand, un raid viking du IXe siècle aurait été repoussé grâce à une nouvelle intercession de la Vierge.
Miracles :
Type(s) de motivation :
  • Action de grâce
  • Piété
  • Voeu
Recours :
  • Voeu
  • Thérapie
  • Fécondité
  • Autre
Compléments :
Notre-Dame de Callot fut principalement la patronne des marins en détresse. En 1856, le recteur de Carantec mentionna le fait que les marins qui passaient au loin saluaient son clocher, tout en récitant un Ave Maria. Il mentionna également la présence dans le sanctuaire des nouveau-nés de cire, ce qui laisse penser à des visites pour une demande d’enfants.
Jour(s) de fête :
  • Assomption
Type de fréquentation :
Continu
Compléments sur les fréquentations :
L’année liturgique du sanctuaire de Callot est rythmée par trois fêtes : la présentation des vœux le premier janvier, le pardon muet du lundi de Pentecôte, ainsi que le grand pardon qui a lieu le dimanche qui suit l’Assomption (15 août). Selon Cyrille Le Pennec (1647), une partie de la procession du grand pardon se faisait de nuit, en bateau, autour de l’île. Une barque surchargée de fidèles sombra à la fin du mois de mai 1662, peut-être lors du pardon de la Pentecôte. Cette tradition disparut un temps puis fut ravivée en 1952. Lors du grand pardon se tient une procession où sont portées les reliques de saint Martin de Tours et de saint Sébastien. Son horaire varie chaque année en fonction des marées, car son trajet fait le tour de l’île à marée basse. La présentation des vœux du 1er janvier n’est mentionnée qu’à partir de 1904.
Pratiques individuelles :
  • Cire
  • Prières
  • Dons
  • Actions de grâce
  • Voeux
Pratiques en présence du clergé :
  • Bénédictions
  • Confessions
  • Processions
  • Messe
  • Chants
  • Pèlerinage
Ex voto :
  • Autre
    Selon la légende, la chapelle serait elle-même un ex-voto offert par le prince Riwallon en 513. Selon le recteur de Carantec (1856), les marins offraient parfois le ruban de leur chapeau en ex-voto. Plusieurs maquettes de navires sont également accrochées dans la nef de la chapelle. Plus surprenant, l’écrivain Anne Dumas considère son livre Ex-voto à Notre-Dame de Callot (2013) comme un ex-voto. Les photographies contemporaines montrent aussi des dessins d’enfants et des fleurs.
  • Texte gravé
    Quelques plaques de marbre gravées, des XIXe et XXe siècles, sont apposées à l’entrée du chœur.
  • Béquille (XIXe siècle)
    Le recteur de Carantec mentionna plusieurs béquilles en 1856.
  • Tableau (XIXe siècle)
    En 1856, le recteur de Carantec mentionna plusieurs tableaux offerts par des marins, montrant des scènes de navires en détresse.
  • Autre (1818)
    La croix du salut qui se trouve rue Foch à Carantec aurait été offerte par seize pèlerins ayant survécu à un naufrage en 1818, en rentrant d’un pèlerinage à Saint-Jean-du-Doigt (dans le Trégor finistérien, tout proche). Elle fut remplacée en 1968.
Confrérie(s) :
  • Saint-Rosaire (1844)
    En 1856, le recteur de Carantec mentionna deux confréries à Carantec, dont celle du Saint-Rosaire, fondée en 1844. Il est possible que cette confrérie soit liée au culte de Notre-Dame de Callot, et à l’indulgence plénière obtenue par le sanctuaire quatre ans plus tôt.
Indulgence(s) :
  • Partielle (1660)
    Les comptes de la chapelle Notre-Dame de Callot mentionnent une indulgence octroyée vers la fin des années 1660. Cette indulgence contribua à la relance du pèlerinage au XVIIe siècle.
  • Partielle (1745)
    Les comptes de la chapelle Notre-Dame de Callot mentionnent une indulgence octroyée vers 1745.
  • Partielle (1752)
    Les comptes de la chapelle Notre-Dame de Callot mentionnent une indulgence octroyée vers 1752.
  • Plénière (1841)
    En 1840, le pape Grégoire XVI (1831-1846) accorda au sanctuaire de Callot une indulgence plénière perpétuelle. Celle-ci pouvait être reçue lors des trois pardons (1er janvier, lundi de Pentecôte ou dimanche suivant le 15 août) à condition de s’être confessé, d’avoir communié et prié pour le pape.
Compléments sur le culte :
À l’époque moderne, et encore en 1856, il était d’usage pour les pèlerins bretons de saluer le clocher de la chapelle dès que celui-ci entrait dans leur champ de vision : « le marin ôte son chapeau, se signe et récite son Ave Maria. Les pèlerins de terre font de même à son aspect » (recteur de Carentec). À l’époque moderne, ce geste se retrouve dans quelques grands pèlerinages (Le Mont-Saint-Michel, Compostelle, Vézelay) et dix-neuf sites bas-bretons. Dans la zone gallo, on ne le retrouve que pour les pèlerinages de Rohan et Moncontour (Georges Provost, 1998, p. 95-96), pratiqué seulement par les Bas-Bretons. Concernant le sanctuaire de Callot, une croix du salut se trouve rue Foch à Carantec. En 1856, le recteur de Carantec mentionna que les marins qui passaient au loin saluaient son clocher, tout en récitant un Ave Maria. Un autre usage voulait que, dans certains pardons, le porteur de la statue de procession (honneur prestigieux) soit tiré aux enchères. Pour Callot, il fut mentionné que les porteurs du pardon de 1782 acquittèrent la somme très élevée de cent trente-sept livres pour obtenir ce privilège.

L'ÉDIFICE

Description :
La chapelle actuelle date en grande partie du XVIe siècle. Elle fut restaurée entre 1801 et 1808 à l’initiative du recteur de Carantec. Elle était constituée à l’origine d’une nef unique, longue de dix-huit mètres et terminée par un chevet polygonal à trois pans. Un transept très saillant de seize mètres de large lui fut ajouté postérieurement. Surplombant le pignon du portail, le clocher porte le millésime « 1672 ». Il consiste en une tour principale rectangulaire flanquée au sud d’une tour ronde (l’escalier). Le tout est coiffé d’une terrasse et d’un clocheton triangulaire. La chapelle a été classée Monument Historique en 1914 et entièrement restaurée dans les années 1990-2000.
Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
    Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :

      HISTOIRE DU SANCTUAIRE

      Origines :
      Date de première mention : 1516
      Initiative de la fondation :
      • ?
      Environnement institutionnel, politique et religieux :
      Phases d'évolution :
      Les origines du culte de la Vierge de Callot sont mal connues, notamment en raison d’un grand vide documentaire avant le XVIIe siècle. Avant cette date, le sanctuaire dut avoir un rayonnement local. Cependant, le site fut paré d’origines légendaires grâce au récit d’Albert le Grand (1636) et, en 1647, le carme Cyrille Le Pennec écrivait que le pèlerinage attirait de nombreux fidèles de toutes conditions. Le culte reçut une nouvelle impulsion grâce à une indulgence reçue vers 1670 et renouvelée à trois reprises, entre 1735 et 1752. Dès la fin des années 1670, le recteur de Carantec réclama le tiers conventionnel des revenus de la chapelle et nomma lui-même un nouveau trésorier. Ce genre de comportement est témoin d’une augmentation sensible des revenus engendrés par les dons des fidèles. Au XVIIe siècle, le sanctuaire rayonne largement sur le Haut-Léon et l’ouest du Trégor. De plus, le déclin relatif que subirent de grands sanctuaires régionaux, comme Le Folgoët ou Sainte-Anne-d’Auray, dans la seconde moitié du XVIIe siècle, profita aux sanctuaires de rang intermédiaire ou local comme celui de Callot. En 1840, le lieu bénéficia d’une indulgence plénière perpétuelle, ce qui prouve que le culte y était encore actif, notamment chez les marins. Selon Ouest France (10.08.2014), son pardon attire quelques centaines de pèlerins et visiteurs par an aujourd’hui.
      Evénements marquants :
      • Création d'une légende (1636)
        En 1636, Albert le Grand fit publier la Vie des saincts de la Bretagne Armorique qui contient le récit de la fondation de la chapelle par le prince Riwallon au début du VIe siècle.
      • Fermeture (XVIIIe siècle)
        Lors de la Révolution française, la chapelle fut fermée et reconvertie en caserne.
      • Réouverture (1801)
        La chapelle fut rendue au culte catholique.
      Rayonnement(s) :
      • Local (? -> XVIIe siècle)
        Les origines du culte de la Vierge de Callot sont mal connues, notamment en raison d’un grand vide documentaire avant le XVIIe siècle. Avant cette date, le sanctuaire devait avoir un rayonnement local.
      • Diocésain (XVIIe siècle -> 2018)
        Le culte reçut une nouvelle impulsion grâce à une indulgence reçue vers 1670 et renouvelée à trois reprises entre 1735 et 1752. Au XVIIe siècle, le sanctuaire rayonna largement sur le Haut-Léon et l’ouest du Trégor, comme l’indiquent le carme Cyrille Le Pennec et le relevé des donations testamentaires dans cette région (G. Provost, 1998, carte p. 281). Le déclin relatif que subirent de grands sanctuaires régionaux, comme Le Folgoët ou Sainte-Anne-d’Auray, dans la seconde moitié du XVIIe siècle profita aux sanctuaires de rang intermédiaire ou local comme celui de Callot. Le pèlerinage de Callot connaît un recul relatif aux XIXe et XXe siècles, la Vierge de Callot ne prenant pas rang parmi les Vierges couronnées du Finistère. L’essor balnéaire de Carantec contribue toutefois à raviver sa notoriété. Selon Ouest France (10.08.2014), son pardon attire quelques centaines de pèlerins et visiteurs par an.

      RÉFÉRENCES

      Source(s) :
      Bibliographie :
      • DUMAS, A., Ex-voto à Notre-Dame de Callot, Trovidec, Carantec, 2013.
      • PROVOST, G., La fête et le sacré. Pardons et pèlerinages en Bretagne aux XVIIe et XVIIIe siècles, Paris, Le Cerf, 1998.
      • BOSSON, E., Carantec (Finistère), côte des enchantements, Notre-Dame de Callot, Châteaulin, Jos le Doaré, 1956.
      • «Carantec  », in Bulletin de la Commission Diocésaine d'Architecture et d'Archéologie [Evêché de Quimper], 4, 1904, p. 297-304.
      Etude(s) universitaire(s) :
      • PROVOST, G., Le pèlerinage en Bretagne aux XVIIe-XVIIIe siècles, Thèse de doctorat, ss. dir de J. QUENIART, Rennes II, 1995.

      PHOTOGRAPHIES LIÉES

      Objet de dévotion :
      Edifice :
      Autre :
      • Localisation du sanctuaire de Notre-Dame de Callot - Maxime Bolard - 2018

      À PROPOS DE L'ENQUÊTE

      Enquêteur :
      • BOLARD / PROVOST Maxime / Georges
      Rédacteur :
      • BOLARD Maxime
      Date de l'enquête :
      1995/2018
      Date de rédaction de la fiche :
      2018
      Etat de l'enquête :
      En cours
      Pour citer cette ficheBOLARD Maxime, « Notre-Dame-de-Callot-en-Carantec », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
      url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/726/notre-dame-de-callot-en-carantec, version du 22/02/2018, consulté le 24/09/2018