INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Saint-Julien-de-Vouvantes

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Saint-Julien-de-Vouvantes
Période d'activité :
XIVe siècle - 2018
Commune :
Saint-Julien-de-Vouvantes
Département :
Loire Atlantique
Enseigne de p�lerinage de Saint-Julien-de-Vouvantes (XVIe si�cle) retrouv�e dans la Seine.

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Saint-Julien-de-Vouvantes
Hameau/Lieu-dit :
Diocèse :
Actuel: Nantes (XIVe siècle - 2018)
Ancien:
Paroisse :
Actuelle: Saint-Joseph-du-Don (2003 - 2018)
Ancienne: Saint-Herblon (XIVe siècle - ?)

Site

Type de site :
Plaine
Altitude :
66 m

Paysage

Type de couvert végétal :
Espace cultivé
Type de l'habitat :
Bourg
Type de proximités :
Compléments :
Le site de Saint-Julien-de-Vouvantes est à peu près à mi-chemin sur la route qui va de Châteaubriant (au nord-ouest) à Candé (au sud-est). Il se situe au bord du Don, à trente kilomètres au nord de la Loire.

LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Saint-Julien-de-Vouvantes (XIVe siècle - 2018)
Compléments :
Le vocable de saint Julien de Vouvantes (en latin Sancti Iuliani de Voantis) est attesté pour la première fois en 1054, lors de la confirmation de l’appartenance de la chapelle à l’abbaye Saint-Florent de Saumur.
Type de lieu de culte :
Chapelle
Nom du lieu de culte :
Saint-Julien-de-Vouvantes
Saints patrons :
  • Julien (XIe siècle - 2018)
Compléments :
La chapelle Saint-Julien-de-Vouvantes, appartenant à la paroisse de Saint-Herblon, est mentionnée pour la première fois en 1054, lors de la confirmation de son appartenance à l’abbaye Saint-Florent de Saumur (reconfirmée en 1104). En 1311, elle passe sous le contrôle du prieuré de Moisdon, dépendant de la même abbaye. C’est à partir du XVe siècle que le pèlerinage de saint Julien prend son essor grâce aux dons des ducs de Bretagne et à l’engagement des prieurs de Moisdon. Pendant la Révolution, le sanctuaire fut fermé. La chapelle dut acquérir le statut d’église paroissiale après la Révolution. En 2003, l’église a été intégrée à la paroisse Saint-Joseph-du-Don, qui regroupe douze églises paroissiales originellement indépendantes.

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Statue de saint Julien de Brioude
Nature de l'objet :
Statue
Matériau de l'objet :
Bois
Dimensions de l'objet :
H : 150; l : 80 cm; pr. 40 cm
Emplacement :
Église Saint-Julien
Datation de l'objet :
XIXe siècle
Compléments :
L’ancienne statue de saint Julien fut perdue ou détruite à la Révolution. La statue actuelle est en bois peint et date du début du XIXe siècle. Elle représente saint Julien debout, tenant une lance et un bouclier sur lequel est représentée une gloire. Le nom « Saint Julien » est inscrit sur son socle. La statue a été inscrite au titre des objets en 1984. En 1631, des pèlerins originaires du Vannetais tentèrent d’enlever l’ancienne statue pour la ramener chez eux. Ceux-ci échouèrent dans leur tentative et la statue fut brisée, puis réparée.

LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :
Le saint adoré à Saint-Julien-de-Vouvantes est saint Julien de Brioude, soldat romain qui mourut martyr à la fin du règne de l’empereur Dioclétien (303 ou 304). Le récit de son martyre a été repris par Jacques de Voragine dans la Légende dorée (1261-1266).
Miracles :

Selon la légende rapportée par Ogée (1778), un galérien aurait été autorisé à quitter momentanément la chaîne (file indienne de galériens enchaînés) pour aller prier dans l’église de Vouvantes. Il aurait prié saint Julien de le délivrer. Plusieurs fois, ses chaînes se seraient déliées d’elles-mêmes et lui auraient été remises. Devant l’insistance du prodige, il aurait été libéré. Ogée situe les faits vers 1650. En effet, selon Georges Provost, le passage de galériens à Vouvantes fut attesté depuis la création du bagne de Brest (1749) jusqu’au milieu du XIXe siècle.

Après une mission diplomatique tendue lors du siège de Pouancé  (Maine-et-Loire), Guillaume de Saint-Aubin offrit un vitrail en ex-voto à l’église (1431). Le siège avait été mis devant la ville de Pouancé par le duc de Bretagne Jean V qui souhaitait libérer le cardinal-évêque de Nantes, Jean de Malestroit. Ce dernier avait été fait prisonnier par le duc Jean II d’Alençon à cause d’une dot non-payée par son beau-père le duc de Bretagne. Dans le cadre de la Guerre de Cent Ans, Bretons et Alençonnais menaçaient de faire intervenir leurs alliés respectifs (Anglais et Français), donnant à la querelle familiale une dimension internationale. Guillaume de Saint-Aubin fut appelé en négociateur par le connétable de Richemont, futur duc Arthur III de Bretagne. Finalement, le duc d’Alençon libéra l’évêque et Jean V paya le restant de la dot de sa fille. L’issue heureuse de l’événement ne constitue cependant pas un miracle au sens surnaturel.

Type(s) de motivation :
  • Action de grâce
  • Piété
  • Voeu
Recours :
  • Thérapie
  • Paix
  • Libération des prisonniers
  • Biens de la terre
Compléments :
Les paysans du Vannetais bretonnant amenaient chacun un petit sac de blé qu’ils vidaient un à un dans un grand tonneau au pied de la statue du saint, dans le but de demander de bonnes récoltes. Le rituel du collier (cf. « Complément au culte ») ou les ablutions aux fontaines visaient à se protéger de différents maux : la gale, les problèmes oculaires et surtout la fièvre. En 1430, Guillaume de Saint-Aubin eut recours à saint Julien en tant que négociateur lors du siège de Pouancé. Enfin, la légende du galérien (cf. « Miracles »), l’enseigne de pèlerinage du XVIe siècle et les ex-voto consistant en menottes et anneaux de chaînes montrent que de nombreuses personnes eurent recours à saint Julien pour demander une libération.
Jour(s) de fête :
  • 25 août
Type de fréquentation :
Continu
Compléments sur les fréquentations :
La principale manifestation du culte de saint Julien à Vouvantes était la fête annuelle du 25 août (la Saint-Louis), toute proche de la Saint-Julien, le 28 août. La Saint-Louis étant associée à la Royauté française, il est possible que le basculement de trois jours avec la saint Julien (fêtée le 28 août) soit en lien avec la guérison du roi de France Charles V au sanctuaire de Brioude en 1370. La fréquentation du sanctuaire de Vouvantes en dehors des fêtes est mal connue.
Pratiques individuelles :
  • Prières
  • Toucher
  • Dons
  • Actions de grâce
  • Voeux
  • Aspersion ou ingestion d'eau
Pratiques en présence du clergé :
  • Confessions
  • Prières
  • Processions
  • Messe
Ex voto :
  • Chaines (?)
    Lors de la destruction de l’ancienne église Saint-Julien (1886), de nombreux ex-voto furent retrouvés dans les maçonneries ou le carrelage. La plupart consistaient en des anneaux de chaînes, offerts par des prisonniers libérés. Ceux-ci étaient parfois accompagnés de coquillages et de fers à cheval.
  • Vêtement (?)
    François Macé (1989) mentionne un suaire offert sans doute par un malade guéri d’une maladie mortelle.
  • Autre (XVe siècle)
    Après une mission diplomatique extrêmement tendue lors du siège de Pouancé, Guillaume de Saint-Aubin offrit un vitrail en ex-voto à l’église (1431).
  • Cire (XXe siècle)
    Bizeul (1858) mentionne de nombreux cierges brûlant au pied de la statue de saint Julien.
Confrérie(s) :
    Indulgence(s) :
      Compléments sur le culte :
      La principale fête de Saint-Julien-de-Vouvantes avait lieu à la Saint-Louis (25 août). De l’époque moderne au XIXe siècle, la plupart des participants étaient des Vannetais bretonnants. Ceux-ci se rassemblaient devant la croix, à l’entrée du village, le 24 août au soir et faisaient une enchère pour savoir qui paierait la messe du lendemain. Chacun passait ensuite devant la statue de saint Julien exposée dans l’église et versait un petit sac de blé (issu de sa propre terre) dans un tonneau prévu à cet effet. La statue étant trop haute pour être embrassée, le pèlerin mettait son chapeau à bout de bâton et le faisait baiser par la statue. Enfin, il enfilait pendant quelques secondes un collier de chaînes censé le protéger des fièvres. Les pèlerins se rendaient également aux trois fontaines de saint Julien, à la sortie du village. La principale, au milieu, était censée guérir des fièvres. Les pèlerins buvaient de son eau et y trempaient les chemises de leurs enfants pour que ceux-ci soient protégés des fièvres en les revêtant une fois au pays. Les deux fontaines latérales étaient censées guérir des maux d’yeux et de la gale (ou de la goutte, selon Bizeul, 1858). La tradition voulait que l’on dépose une pièce, une épingle, un tesson de faïence colorée ou un caillou au pied de la statue de saint Julien (usage encore observé aujourd’hui). Quand avait lieu la procession d’entrée dans l’église précédant la messe, les hommes se relayaient (se disputant parfois) pour porter la bannière. À la fin de la fête, avait lieu un tournoi de lutte entre les pèlerins. Le vainqueur recevait du seigneur de la Motte-Glain une montre, un écu d’or et une exemption d’impôts d’un an à présenter à son seigneur une fois de retour au pays. Couronné, coiffé au catogan avec des rubans colorés dans les cheveux, il devait prendre la tête du cortège sur le chemin du retour.

      L'ÉDIFICE

      Description :
      L’ancienne église Saint-Julien datait de la fin du XIVe siècle. Lors de sa destruction, en 1886, de nombreux ex-voto modernes furent retrouvés ; ils avaient été volontairement cachés dans le sol ou les maçonneries. L’église a été entièrement reconstruite entre 1886 et 1889 dans le style néogothique, avec quelques rappels à l’église précédente. L’édifice mesure au total cinquante-et-un mètres de long sur vingt-huit de large. Sa longue nef sans transept est constituée de trois vaisseaux et se termine à l’est par un chevet plat. Au sud de la nef se trouve un clocher porche à toiture pyramidale. En raison du dénivelé, une crypte a été érigée pour soutenir le chœur. Des fragments de lapidaire et de statuaire de l’ancienne église y sont exposés. L’église est inscrite en tant que Monument Historique depuis 2007. Il s’agit de la plus grande église du diocèse, après la cathédrale de Nantes.
      Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
      • Maisons de pèlerins (?)
        Bizeul (1858) mentionne la présence de plusieurs hôtelleries dans le village de Saint-Julien, qui ne suffisaient cependant pas à accueillir l’ensemble des pèlerins bas-bretons lors de la grande fête annuelle.
      • Fontaines (XVIIIe siècle)
        À la sortie du bourg de Saint-Julien se trouvent les trois fontaines dites « de Girouy » ou de saint Julien. Deux d’entre elles ont été refaites au XVIIIe siècle. La principale, au milieu, était censée guérir des fièvres. Les pèlerins buvaient de son eau et y trempaient les chemises de leurs enfants pour que ceux-ci soient protégés des fièvres en les revêtant, une fois revenus au pays. Elle abrite une statue de saint Julien. Un petit porche a accolade lui a été ajouté dans les années 1940, ce dernier provenant des vestiges de l’ancienne église Saint-Julien détruite en 1886. Les deux fontaines latérales étaient censées guérir des maux d’yeux et de la gale (ou de la goutte, selon Bizeul, 1858). La tradition voulait que l’on dépose une pièce, une épingle, un caillou ou un tesson de faïence colorée au pied de la statue de saint Julien (usage encore observé aujourd’hui).
      Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :

        HISTOIRE DU SANCTUAIRE

        Origines :
        Date de première mention : 1428
        Initiative de la fondation :
        • Seigneur laïc
        Environnement institutionnel, politique et religieux :
        Le roi de France Charles V (1365-1380) fut guéri après avoir invoqué saint Julien au sanctuaire de Brioude (Haute-Loire) en 1370. Il est possible que cette guérison ait encouragé les ducs de Bretagne Jean IV et Jean V à promouvoir le culte de saint Julien de Brioude sur leur territoire, au sanctuaire Saint-Julien-de-Vouvantes.
        Phases d'évolution :
        Il n’est pas de mention écrite du pèlerinage de Saint-Julien-de-Vouvantes avant le début du XVe siècle. Cependant, le seigneur Jean de la Rivière finança la reconstruction de l’église Saint-Julien dès la fin du XIVe siècle. Il est donc possible que le culte ait été encouragé dès le règne du duc Jean IV (1365-1399). Le pèlerinage de Saint-Julien fut encouragé par les ducs de Bretagne, qui y vinrent à deux reprises : Jean V (1428) et Pierre II (1454). Jean V fit un don de trente écus d’or au sanctuaire en 1433. Balby de Vernon (1894) mentionne que, en plus de l’appui ducal, les prieurs de Moidson, Pierre Corvin (mort en 1470) et Guy Gaudière (1470-1500), s’attachèrent à développer le pèlerinage. Le partage des dons des pèlerins entre le recteur de la paroisse et l’abbé de Saint-Florent de Saumur (1475) est encore un témoignage de la vivacité du pèlerinage à cette époque, tout comme une enseigne métallique de pèlerinage du XVIe siècle retrouvée dans la Seine (cf. « Images »). À l’époque moderne, le pèlerinage eut la particularité d’accueillir un grand nombre de Bas-Bretons, bien qu’il soit situé à la limite orientale du diocèse de Nantes. De nombreux pèlerins originaires du Vannetais bretonnant venaient pour la fête annuelle qui avait lieu à la Saint-Louis (25 août). Le pèlerinage se maintint au XVIIIe siècle grâce à l’obtention en 1710 d’une relique donnée par le sanctuaire de Brioude (Haute-Loire), où serait mort saint Julien. Au cours du XVIIIe siècle, les autorités religieuses remirent en cause certaines pratiques des pèlerins du Vannetais qu’elles jugèrent superstitieuses. Ainsi, le fait de faire bénir son grain, enfiler un collier de chaînes pour se protéger des fièvres ou faire baiser son chapeau par la statue. L’échange de grains, abrogé par le Parlement de Bretagne en 1771 et 1775, continua d’être pratiqué dans les faits. Ogée (1778) estimait que huit à neuf cents pèlerins du Vannetais s’y rendaient chaque année (cinq à six cents selon Bizeul, 1858). Ils étaient encore plusieurs centaines au début du XIXe siècle. Le pèlerinage amorça son déclin définitif dans la seconde moitié du XIXe siècle, sans toutefois disparaître totalement. Selon Bizeul, le pèlerinage attirait encore des fidèles venus « de dix à quinze lieues à la ronde » à son époque (1858). Bien que les Vannetais ne viennent plus en masse à la fête annuelle de Saint-Julien-de-Vouvantes, un culte modeste continue d’exister ; en témoignent les nombreuses pièces laissées par les visiteurs (pèlerins ?) dans les trois fontaines de saint Julien.
        Evénements marquants :
        • Reconstruction (1400)
          La chapelle Saint-Julien fut entièrement rebâtie entre la fin du XIVe siècle et le début du XVe siècle, grâce aux dons du seigneur Jean de la Rivière, mais aussi des ducs de Bretagne Jean IV et Jean V.
        • Voeu (1420)
          Prisonnier des Penthièvre, le duc Jean V invoqua saint Julien de Vouvantes ainsi que d’autres saints bretons comme Notre-Dame du Folgoët ou saint Yves de Tréguier. Il fut libéré peu après.
        • Visite exceptionnelle (1428)
          Le duc de Bretagne Jean V vint en pèlerinage à Saint-Julien-de-Vouvantes.
        • Visite exceptionnelle (1454)
          Le duc de Bretagne Pierre II vint en pèlerinage à Saint-Julien-de-Vouvantes.
        • Disparition de l'objet de dévotion (1631)
          Après la fête annuelle du 25 août, des pèlerins bas-bretons tentèrent de subtiliser la statue de saint Julien pour la ramener chez eux. Après qu’ils eurent été rattrapés par les autorités, la statue tomba et se brisa dans la confusion. Elle fut ensuite rendue à Saint-Julien, réparée.
        • Miracle (1650)
          Selon la légende rapportée par Ogée (1778), un galérien aurait été autorisé à quitter momentanément la chaîne (file indienne de galériens enchaînés) pour aller prier dans l’église Saint-Julien. Il aurait prié le saint de le délivrer. Plusieurs fois, ses chaînes se seraient déliées et lui auraient été remises. Devant l’insistance du prodige, il aurait été libéré. Ogée situe les faits vers 1650, mais Bizeul les date du XVe siècle au plus tard.
        • Transfert (1710)
          Le recteur Alain Desprez (1709-1728) réussit à obtenir le transfert d’une relique de saint Julien depuis le sanctuaire de Brioude (Haute-Loire), ce qui contribua à relancer le pèlerinage.
        • Abandon d'une pratique (1775)
          Certaines pratiques, comme le fait d’apporter une partie de son grain pour le faire bénir, enfiler un collier de chaînes pour se protéger des fièvres ou faire baiser son chapeau à la statue, furent considérées comme de la superstition. Très lucratif pour le recteur de Saint-Julien, l’offrande de grain fut interdite par le Parlement de Bretagne en 1771, puis en août 1775. Cependant, ces pratiques ne furent pas totalement abandonnées.
        • Fabrication de l'objet de dévotion (XIXe siècle)
          L’actuelle statue de Saint-Julien date du début du XIXe siècle. L’ancienne a donc dû être perdue pendant la Révolution.
        Rayonnement(s) :
        • Régional (XIVe siècle -> XIXe siècle)
          Le pèlerinage de Saint-Julien-de-Vouvantes fut encouragé par les ducs de Bretagne, qui y vinrent en pèlerinage à deux reprises : Jean V (1428) et Pierre II (1454). Le seigneur Jean de la Rivière finança la reconstruction de l’église à la fin du XIVe siècle. À l’époque moderne, de nombreux pèlerins originaires du Vannetais bretonnant y vinrent pour la fête annuelle qui avait lieu le 25 août. François Macé parle également de pèlerins venus de l’Anjou et de la Normandie. De nombreux galériens appartenant aux « chaînes » allant de la Bretagne à Marseille venaient également demander par vœu leur libération. Le pèlerinage se maintint au XVIIIe siècle grâce à l’obtention d’une relique donnée par le sanctuaire de Brioude. Ogée (1778) estimait que huit à neuf cents pèlerins du Vannetais se rendaient chaque année à Saint-Julien (cinq à six cents selon Bizeul, 1858). Ils étaient encore plusieurs centaines au début du XIXe siècle. Le pèlerinage amorça son déclin définitif dans la seconde moitié du XIXe siècle, sans toutefois disparaître totalement.
        • Local (XIXe siècle -> 2018)
          Bien que les Vannetais ne viennent plus en masse à la fête annuelle de Saint-Julien-de-Vouvantes, le pèlerinage continue d’exister ; en témoignent les nombreuses pièces laissées par les visiteurs (pèlerins ?) dans les trois fontaines de saint Julien. Selon Bizeul, le pèlerinage attirait encore des fidèles venus « de dix à quinze lieues à la ronde » à son époque (1858).

        RÉFÉRENCES

        Source(s) :
        Bibliographie :
        • SAINT-FORT-RONDELOU, J., Paroisse de Saint-Julien-de-Vouvantes , Paris (2e éd.), Monographie, Le Livre d'Histoire, 2005.
        • PROVOST, G., La fête et le sacré. Pardons et pèlerinages en Bretagne aux XVIIe et XVIIIe siècles, Paris, Le Cerf, 1998.
        • MACÉ, F., VITAL, M., Les pèlerinages en Loire-Atlantique, Nantes, CRDP, 1989.
        • SAINT-FORT-RONDELOU, J., «Le général de la paroisse de Saint-Julien-de-Vouvantes  », in Revue Historique de l'Ouest, 11, 1895, p. 420-448.
        • BALBY DE VERNON, G., Saint-Julien-de-Vouvantes. Son ancienne église, son pèlerinage, Châteaubriant, Bourgeois, 1894.
        • SAINT-FORT-RONDELOU, J., «Mémoire de Messire Alain Desprez recteur de Saint-Julien-de-Vouvantes », in Revue Historique de l'Ouest, 8, 1892, p. 485, 629, 767.
        • BALBY DE VERNON, G., «Aperçu historique sur l'ancienne église de Saint-Julien-de-Vouvantes  », in Société Archéologique de Nantes, 29 , 1889-1890, p. 91-145.
        • BIZEUL, «De pèlerinage de Saint-Julien-de-Vouvantes au diocèse de Nantes », in Revue des provinces de l'Ouest, 6 , 1858-1859, p. 5-16.
        • ESTIENNE, C., Les voyages de plusieurs endroits de France & encores de la terre Saincte, d'Espaigne, Italie & autres pays, Paris, 1553.
        Etude(s) universitaire(s) :
        • PROVOST, G., Le pèlerinage en Bretagne aux XVIIe-XVIIIe siècles, Thèse de doctorat, ss. dir de J. QUENIART, Rennes II, 1995.

        PHOTOGRAPHIES LIÉES

        Objet de dévotion :
        Edifice :
        Autre :
        • Enseigne de p�lerinage de Saint-Julien-de-Vouvantes (XVIe si�cle) retrouv�e dans la Seine. - Armand GU�RAUD (Revue des provinces de l'Ouest, 6 (1858-1859), p. 16). - 1858
        • Localisation du sanctuaire de Vouvantes - Maxime Bolard - 2017

        À PROPOS DE L'ENQUÊTE

        Enquêteur :
        • BOLARD / PROVOST Maxime / Georges
        Rédacteur :
        • BOLARD Maxime
        Date de l'enquête :
        1995/2017
        Date de rédaction de la fiche :
        2018
        Etat de l'enquête :
        En cours
        Pour citer cette ficheBOLARD Maxime, « Saint-Julien-de-Vouvantes », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
        url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/723/saint-julien-de-vouvantes, version du 26/01/2018, consulté le 14/12/2018