INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Sainte-Barbe-du-Faouët

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Sainte-Barbe-du-Faouët
Période d'activité :
1489 - 2018
Commune :
Le Faouët
Département :
Morbihan
Localisation du Faouët dans la topographie ecclésiastique bretonne

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Le Faouët
Hameau/Lieu-dit :
Chapelle Sainte-Barbe
Diocèse :
Actuel: Vannes (1791 - 2018)
Ancien: Quimper (1489 - 1791)
Paroisse :
Actuelle: Le Faouët (1489 - 2018)
Ancienne:
Compléments :
Le Faouët se trouvait autrefois à l’extrémité orientale du diocèse de Quimper (Cornouaille). Lors du redécoupage révolutionnaire, ce territoire fut intégré au diocèse de Vannes, correspondant au département du Morbihan. La chapelle Sainte-Barbe a toujours dépendu de la paroisse du Faouët.

Site

Type de site :
Vallée
Altitude :
163 m

Paysage

Type de couvert végétal :
Forêt
Type de l'habitat :
Lieu isolé
Type de proximités :
Axe de circulation
Carrefour
Cours d'eau
Source
Compléments :
La chapelle Sainte-Barbe se trouve au sommet d’une colline escarpée culminant à 178 m l’altitude, qui surplombe la vallée de l’Ellé. Le sanctuaire se trouve à 1500 m au nord-est du bourg du Faouët. Le littoral le plus proche se trouve à quarante kilomètres au sud. Le Faouët se trouve au carrefour de plusieurs routes : celle de Gourin au nord, Guémené à l’est, Plouay, Hennebont, Quimperlé et Lorient au sud, Rosporden et Quimper à l’ouest.

LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Sainte-Barbe-du-Faouët (1489 - 2018)
Compléments :
La chapelle elle-même est un ex-voto du seigneur Jean de Toulbodou, qui aurait invoqué sainte Barbe en 1489 lors d’un violent orage. Les travaux de construction furent entrepris en juillet 1489 et terminés vers 1512.
Type de lieu de culte :
Chapelle
Nom du lieu de culte :
Sainte-Barbe
Saints patrons :
  • Barbe (1489 - 2018)
Compléments :
Sanctuaire isolé et difficilement accessible, la chapelle Sainte-Barbe a toujours dépendu de la paroisse du Faouët, dont le bourg se trouve à 1500 m au sud-ouest. Georges Provost mentionne que celle-ci avait sa fabrique dès la fin du XVe siècle. Le sanctuaire fut fermé à la Révolution, et les trois cloches de son campanile confisquées pour être fondues. Une nouvelle cloche fut installée en 1809. Le sanctuaire est composé de la chapelle Sainte-Barbe (1489-1512), de dimension modeste en raison de la topographie des lieux. Celle-ci est accompagnée de plusieurs bâtiments du XVIIe siècle : l’oratoire Saint-Michel, la maison du gardien, l’« ossuaire » (pièce à la fonction mal définie) et le campanile. Tous ces bâtiments sont reliés les uns aux autres par un jeu d’escaliers aménagé au début du XVIIIe siècle.

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Statue de sainte Barbe
Nature de l'objet :
Statue
Matériau de l'objet :
Pierre
Dimensions de l'objet :
H : 83 cm
Emplacement :
Choeur de l'église
Datation de l'objet :
XVIIe siècle
Compléments :
La statue de sainte Barbe est exposée dans le chœur de la chapelle sur une console à gauche du maître-autel. Une Vierge à l’Enfant lui fait pendant de l’autre côté de l’autel. La statue de sainte Barbe est en pierre recouverte de plâtre ou de terre cuite peinte. Elle est vêtue d’un haut pourpre et d’une tunique blanche recouverts par un drapé doré. Se tenant debout, elle tient la palme du martyre dans sa main droite. Une tour miniature à trois meurtrières, son attribut habituel, est posée à sa gauche. Cinq œufs d’autruches sont actuellement accrochés à la statue. Cette statue a été inscrite en 1989. Au pied du maître-autel, se trouve également un gisant de sainte Barbe, en forme de mannequin de cire (XIXe siècle). Certains ex-voto actuels sont déposés au pied du gisant et montrent que les pèlerins d’aujourd’hui pourraient avoir une plus grande considération pour celui-ci que la statue.

LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :
Sainte Barbe serait une jeune martyre du début du IIIe siècle ap. J. C. Elle aurait été exécutée en 235 par son propre père sur ordre du gouverneur de Nicomédie (Asie mineure) pour avoir refusé d’abjurer sa foi chrétienne et d’épouser un homme adepte de la religion romaine traditionnelle. Son culte se répandit rapidement dans l’Empire romain d’Orient, puis en Europe occidentale « grâce » aux Croisades. Elle était souvent invoquée pour protéger des incendies, de la foudre ou d’une mort violente. Concernant les origines du culte de sainte Barbe au Faouët, la légende veut qu’en 1489, Jean de Toulbodou, fils cadet du seigneur de Locmalo, ait été surpris par un violent orage alors qu’il chassait sur la colline de Roc’h ar Marc’h Bran (« Le rocher du corbeau mâle », en breton). La foudre aurait provoqué un éboulement. Jean de Toulbodou aurait alors invoqué sainte Barbe et s’en serait sorti indemne. En remerciement, il fit construire la chapelle Sainte-Barbe, dont la première pierre fut posée le 6 juillet 1489, d’après l’inscription qui se trouve sur le bras sud du transept. Pour ce faire, il acheta d’abord la pièce de terre au seigneur de Bouteville, qui en était alors propriétaire. D’après une inscription qui se trouve sur une clé de voûte, la chapelle était presque terminée en 1512. Selon la même légende, il n’y aurait pas eu besoin de monter les blocs de pierre en haut de la colline escarpée, car « deux grands bœufs roux guidés par une main invisible » les auraient d’eux-mêmes montés. L’acte de vente de la pièce de terre nous est connu. Mis à part l’épisode des bœufs roux, il s’agit d’un récit relativement crédible dans la mesure où il est attesté par des documents contemporains.
Miracles :
En mars 1683, une jeune femme enceinte nommée Jacquette Guégant, fille du seigneur de Kerbiquet, se rendit au Faoüet pour demander à sainte Barbe que l’enfantement se passe bien. Sur le chemin tortueux, elle tomba du carrosse et celui-ci roula sur son corps. Malgré cela, elle s’en sortit indemne et accoucha d’une fille trois mois plus tard. Ce miracle ne fut mis par écrit qu’en 1697 (édité par la comtesse du Laz en 1892 dans La Baronnie du Faouët, p. 31-32). Les ex-voto du XIXe siècle font état de personnes ayant échappé à la noyade, à des tempêtes ou à des incendies de fermes.
Type(s) de motivation :
  • Action de grâce
  • Piété
  • Voeu
Recours :
  • Incendie
  • Folie
  • Délivrance
Compléments :
Sainte Barbe était réputée protéger des incendies, de la foudre ou d’une mort violente. Elle était pour cela la patronne des mineurs, artilleurs et marins. Dans cet esprit, la réserve de poudre des navires de guerre était nommée la « Sainte-Barbe ». Elle était aussi réputée guérir les maladies neurologiques (peurs et angoisses). En ce qui concerne sainte Barbe du Faouët, un cas de recours pour délivrance est connu (1683). Quant aux ex-voto du XIXe siècle, ils font état de personnes ayant échappé à la noyade (un cas), à une tempête (un cas) ou à des incendies de ferme (deux cas). Les vœux n’étaient donc pas souvent formulés au sanctuaire-même, mais sur le vif, au moment du péril. Les miraculés venaient ensuite au sanctuaire pour une action de grâce (« rendre leurs vœux »).
Jour(s) de fête :
  • Barbe
Type de fréquentation :
Continu
Compléments sur les fréquentations :
L’affluence des fidèles venus individuellement est difficile à quantifier. Cependant, l’année était rythmée par deux fêtes principales. Le pardon de sainte Barbe a lieu le dernier dimanche de juin et est la fête la plus importante. Cependant, il n’a jamais drainé plus de trente paroisses des environs. La fête de la Sainte-Barbe (4 décembre) donnait lieu à une cérémonie beaucoup plus modeste, attirant principalement les locaux.
Pratiques individuelles :
  • Prières
  • Ficher une épingle
  • Dons
  • Boire
  • Actions de grâce
Pratiques en présence du clergé :
  • Confessions
  • Processions
  • Messe
  • Chants
  • Sonner les cloches
Ex voto :
  • Autre (1683-2000)
    Outre une chasuble et un tableau, la famille de Jacquette Guégant offrit au sanctuaire un vitrail représentant le miracle. Celui-ci se trouve sur le mur est du transept sud. Quatre marins de la marine royale avaient déposé une maquette de leur bateau. Une photographie actuelle montre également six bouquets de fleurs, dont un placé dans les mains du gisant de sainte Barbe. Les ex-voto suivants sont plus insolites. Au XIXe siècle, un os de baleine fut offert par des marins dont le bateau s’était retourné alors qu’ils pêchaient. En 1931, cinq œufs d’autruche furent offerts par Jean-Marie Le Moing, artilleur au Congo qui survécut à un violent orage. Il aurait fait le vœu de ramener à sainte Barbe les premiers objets qu’il trouverait. Ces œufs sont accrochés à la statue de sainte Barbe au moyen d’un filet, et la fille de Jean-Marie Le Moing entretient encore aujourd’hui le souvenir de son père dans la chapelle. Le dernier ex-voto remarquable consiste en une série de tapis de prière musulmans offerts dans les années 1990 par un ancien combattant des guerres de Yougoslavie (Ouest France, 20.09.2015).

     

  • Tableau (1683-1900)
    Outre le tableau offert par la famille de Jacquette Guégant à la suite de sa survie dans un accident de carrosse sur le chemin du Faouët, Laurent Léna (1989, p. 41) mentionne quatre autres tableaux du XIXe siècle. Deux d’entre eux représentent des incendies de ferme, et les deux autres des épisodes de noyade et de tempête.
  • Vêtement (1683-2000)
    Outre un vitrail et un tableau, la famille de Jacquette Guégant offrit au sanctuaire une chasuble. Un ancien commandant des troupes coloniales françaises offrit son képi, ses épaulettes et son sabre d’officier, qui, en 1989, étaient encore exposés dans une vitrine.
  • Cire (XXe siècle)
    De nombreux cierges brûlent à l’endroit réservé aux ex-voto.
  • Texte gravé (XXe siècle)
    Le mur derrière la statue de sainte Barbe affiche au moins une plaque de marbre gravé.
Confrérie(s) :
    Indulgence(s) :
      Compléments sur le culte :
      La principale manifestation du culte de sainte Barbe au Faouët est le pardon, qui a lieu le dernier dimanche de juin. Les fidèles arrivaient tôt pour assister à une messe matinale, puis avait lieu la grand-messe vers 10h. La procession partait ensuite de la chapelle et cheminait dans le sanctuaire au moyen des escaliers. Une fête plus modeste avait également lieu pour la fête de la Sainte-Barbe (4 décembre). Elle n’attirait que les fidèles locaux et ne donnait pas lieu à une procession. En marge des cérémonies religieuses, les jeunes hommes et femmes désirant se marier dans l’année avaient chacun leurs « rites » respectifs. Les hommes faisaient tour à tour sonner la cloche du campanile. Il fallait faire en sorte que le battant touche les deux bords opposés de la cloche trois fois d’affilée (exercice très physique). De fait, cette cloche sonnait presque sans interruption le jour du pardon. Aujourd’hui, les visiteurs la font sonner par plaisir ou curiosité. Un autre exercice difficile et même dangereux consistait à faire le tour de l’oratoire Saint-Michel, construit sur un piton rocheux. Les hommes s’aidaient pour cela d’une corde fixée autour du piton au moyen d’anneaux métalliques plantés dans la roche. La corde n’existait déjà plus en 1927, et l’abbé Moren mentionne que quelques téméraires tentaient encore l’expérience sans celle-ci. Quant aux jeunes filles, elles devaient laisser tomber une épingle ou une pièce de monnaie dans la fontaine qui se trouve à cinq cents mètres au nord de la chapelle. Il fallait que l’épingle ou la monnaie pénètre dans l’orifice du fond de la cuve de la fontaine. L’exercice déjà difficile en soi était rendu plus dur encore par les remous de la fontaine.

      L'ÉDIFICE

      Description :
      Les contraintes topographiques du lieu (escarpement et étroitesse) n’ont pas permis d’installer la chapelle tout au somment de la colline de Roc’h ar Marc’h Bran, ni de la construire de façon conventionnelle. Elle est ainsi constituée d’un vaisseau unique divisé en trois travées et orienté nord-ouest sud-est. Ce vaisseau constitue en fait le transept d’une église sans nef. Il est prolongé à l’est de la travée centrale par un chœur polygonal à trois pans, profond de seulement trois mètres. L’angle nord-ouest du bâtiment est flanqué d’une tour hexagonale dont l’une des faces présente trois meurtrières, en hommage à sainte Barbe. L’édifice mesure au total vingt-quatre mètres de long sur huit de large. Construit de 1489 à 1512, il fut restauré en 1743 et 1927. Quatre de ses vitraux sont contemporains de la construction de la chapelle ; la plupart des spécialistes les datent du premier quart du XVIe siècle. Il s’agit de vitraux représentant la Transfiguration de Jésus, la Pentecôte et l’Ascension, la vie de sainte Barbe et son martyre. Ils furent restaurés à quatre reprises entre 1870 et 1956. Le vitrail du maître-autel a été créé pour le quatrième centenaire de la chapelle (1889). Les ex-voto sont exposés dans le transept nord-ouest, avec la tribune des seigneurs de Bouteville. La chapelle a été classée Monument Historique en 1906.
      Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
      • Autre (XVIIe siècle)
        À environ vingt mètres en contrebas de la chapelle se trouve un beffroi-campanile à la toiture pyramidale soutenue par quatre piliers de granite. Il abritait à l’origine trois cloches, qui furent saisies à la Révolution. Une nouvelle cloche fut fondue et installée en 1809. Les hommes désirant se marier dans l’année faisaient tour à tour sonner cette cloche. Il fallait faire en sorte que le battant touche les deux bords opposés de la cloche trois fois d’affilé (exercice très physique). De fait, cette cloche sonnait presque sans interruption le jour du pardon. Aujourd’hui, les visiteurs la font sonner par plaisir ou curiosité.
      • Autre (XVIIe siècle)
        La maison du gardien fut construite à peu près en même temps que l’oratoire Saint-Michel. Inscrite au titre des monuments historiques en 1928, elle sert aujourd’hui de buvette et de boutique-souvenirs.
      • Autre (XVIIe siècle)
        Le long de l’escalier qui mène à l’entrée de la chapelle se trouve un renfoncement taillé dans la roche. Cette pièce donne sur l’escalier par une porte et trois fenêtres à baies légèrement surbaissées. La fonction de cette pièce nous est mal connue. L’hypothèse d’un ossuaire a longtemps été avancée, mais elle paraît peu crédible étant donnée l’absence de cimetière à proximité.
      • Oratoire (XVIIe siècle)
        Un oratoire dédié à saint Michel se trouve à huit mètres au sud-est de la chapelle Sainte-Barbe, construit sur un piton rocheux. On y accède par un jeu d’escaliers construit vers 1700. Un exercice difficile pour les jeunes hommes consistait à faire le tour de cet oratoire. Ils s’aidaient pour cela d’une corde fixée autour du piton au moyen d’anneaux métalliques plantés dans la roche. La corde n’existait déjà plus en 1927, et l’abbé Moren mentionne encore quelques téméraires qui tentaient l’expérience sans celle-ci.
      • Autre (1700)
        Les différents bâtiments du sanctuaire furent reliés par un jeu d’escaliers monumentaux à balustres de style Louis XIII. L’un d’eux porte le millésime 1700. Selon Georges Provost, ils auraient été aménagés dans le but de faciliter la procession du pardon rendue dangereuse par l’escarpement de la colline.
      • Fontaines (1708)
        À environ cinq cents mètres au nord de la chapelle se trouve la fontaine de Sainte-Barbe. Reconstruite en 1708, elle devait déjà exister auparavant. Les pèlerins pouvaient boire de son eau. La dalle du fond de la cuve de la fontaine présentait un orifice en son centre. Les jeunes filles désirant se marier dans l’année devaient laisser tomber une épingle ou une pièce de monnaie pour qu’elle pénètre verticalement dans cet orifice. L’exercice déjà difficile en soi était rendu plus dur encore par les remous de la fontaine.
      • Autre (1845)
        Proche du campanile et de la maison du gardien se trouve la tombe de Claude-René Bellanger (1768-1845). Grognard et chef de bataillon lors des Guerres napoléoniennes, maire de la commune du Faouët (1830-1835), il avait demandé à être enterré au sanctuaire en raison de sa dévotion à sainte Barbe. Cette tombe a été restaurée en 2005.
      Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :

        HISTOIRE DU SANCTUAIRE

        Origines :
        Date de première mention : 1489
        Initiative de la fondation :
        • Laïc isolé
        Environnement institutionnel, politique et religieux :
        Le développement du pèlerinage de sainte Barbe au Faouët survint durant la période que Georges Provost nomme l’« efflorescence bas-médiévale » (XIVe-XVIe s.), caractérisée par l’apparition de nouveaux pèlerinages attractifs favorisés par la papauté, les ducs de Bretagne ou la petite et grande noblesse. Ainsi Saint-Yves de Tréguier, Notre-Dame de Bonne-Nouvelle de Rennes ou Saint-Jean-du-Doigt près de Morlaix. La fondation de Sainte-Barbe du Faouët fut l’initiative de la petite noblesse bretonne, essentiellement les familles de Toulbodou et de Bouteville.
        Phases d'évolution :
        Entretenu par les seigneurs de Toulbodou, de Bouteville, et quelques autres familles de la petite noblesse bretonne, le pèlerinage de Sainte-Barbe du Faouët semble avoir eu un retentissement réel, mais relativement limité. L’appui des ducs de Bretagne ou des rois de France ne fut jamais mentionné. Toutefois, il convient de relativiser, car les sources concernant ce sanctuaire sont lacunaires ; aucun compte de fabrique ne nous est parvenu. On peut cependant deviner qu’au XVIIe siècle, le pèlerinage fut suffisamment florissant pour que le complexe soit presque entièrement reconstruit : maison du gardien, oratoire Saint-Michel, campanile. Il fut doté d’escaliers monumentaux vers 1700 pour faciliter les déplacements et processions, et sa fontaine fut rénovée en 1708. En ce qui concerne l’affluence, Sainte-Barbe du Faouët a toujours été, selon Georges Provost, un « pèlerinage de pays ». Ce terme désigne un pèlerinage au rayonnement inférieur au diocèse, attirant essentiellement les habitants de sa paroisse et de quelques paroisses limitrophes. Cependant, on sait que de nombreux marins fréquentaient encore le sanctuaire au XIXe siècle. De plus, la rareté des sources pour l’époque moderne doit également être prise en compte. Lors du pardon de l’année 1889, quatrième centenaire de la fondation de la chapelle, des fidèles vinrent d’environ trente paroisses environnantes, en tout vingt mille personnes. Aujourd’hui, le sanctuaire attire encore des fidèles et touristes, mais son affluence est difficile à quantifier. En 2009, il était indiqué que seulement mille à mille cinq cents visiteurs y passaient chaque été (Le Télégramme, 20.07.2009). Un article de 2015 avance le nombre beaucoup plus important de quatre cents personnes par jour (Ouest France, 20.09.2015). L’affluence de son pardon semble être inférieure au millier de personnes, peut-être à cause de l’absence de clergé affecté au sanctuaire, ou même d’un comité de chapelle. L’entretien et l’ajout d’ex-voto semblent pourtant témoigner d’une modeste dynamique.
        Evénements marquants :
        • Construction (1489-1512)
          Pour respecter son vœu et construire la chapelle Sainte-Barbe, Jean de Toulbodou acheta la parcelle de terre au seigneur de Bouteville qui la possédait. L’achat eut lieu le 6 juillet 1489. En 1512, la chapelle était presque terminée.
        • Voeu (1489)
          Alors que Jean de Toulbodou chassait sur la colline Roc’h ar Marc’h Bran, il fut surpris par un violent orage et fit le vœu de construire une chapelle dédiée à sainte Barbe s’il en réchappait, ce qui fut le cas.
        • Fermeture (XVIIIe siècle)
          Lors de la Révolution française, le sanctuaire fut fermé, et les trois cloches du campanile envoyées à la fonte.
        • Réouverture (XIXe siècle)
          Après la restauration du culte catholique par Napoléon Bonaparte (1802), la chapelle du Faouët fut rouverte au culte. Une nouvelle cloche (unique cette fois) fut installée sur le campanile en 1809.
        • Pèlerinage (1874)
          Le pardon de 1874 attira quinze mille fidèles à la chapelle Sainte-Barbe, dans le contexte de la vague pèlerine contemporaine de l’Ordre moral (créé un an plus tôt).
        • Pèlerinage (1889)
          À l’occasion du quatrième centenaire du vœu formulé par Jean de Toulbodou, à l’origine de la fondation du sanctuaire, le pardon de 1889 attira environ vingt mille fidèles venus de trente paroisses, sa meilleure audience connue.
        Rayonnement(s) :
        • Local (1489 -> 2018)
          Sainte-Barbe du Faouët a toujours été, selon les termes de Georges Provost, un « pèlerinage de pays », c’est-à-dire un pèlerinage au rayonnement inférieur au diocèse, attirant essentiellement les habitants de sa paroisse et de quelques paroisses limitrophes. Cependant, on sait que de nombreux marins fréquentaient encore le sanctuaire au XIXe siècle. De plus, la rareté des sources pour l’époque moderne doit également être prise en compte. Lors du pardon de l’année 1889, quatrième centenaire de la fondation de la chapelle, des fidèles vinrent d’environ trente paroisses environnantes, soit en tout vingt mille personnes.

        RÉFÉRENCES

        Source(s) :
        Bibliographie :
        • PROVOST, G., La fête et le sacré. Pardons et pèlerinages en Bretagne aux XVIIe et XVIIIe siècles, Paris, Le Cerf, 1998.
        • LÉNA, L., Le Faouët : la chapelle Sainte-Barbe : son histoire (1489-1989, s.l., 1989.
        • MOREN, A.-H., Le pays du Faouët : Sainte-Barbe, Saint-Fiacre, Lafolye, Vannes, 1927.
        • GRAND, R., «Excursion au Faouët. Compte-rendu et causerie sur l'art breton », in Bulletin de la Société Polymathique du Morbihan, 84 , 1909, p. 7-24.
        • JÉGOU [Comtesse] DU LAZ, La baronnie du Faouët, Vannes, Impr. Galles, 1892.
        Etude(s) universitaire(s) :
        • MAZÉAS, M., Les chapelles Sainte-Barbe et Saint-Fiacre du Faouët, XVe-XVIe siècles : histoire, société, art , Mémoire d?Histoire, Bretagne Occidentale, 2002, volume 2.
        • PROVOST, G., Le pèlerinage en Bretagne aux XVIIe-XVIIIe siècles, Thèse de doctorat, ss. dir de J. QUENIART, Rennes II, 1995.

        PHOTOGRAPHIES LIÉES

        Objet de dévotion :
        Edifice :
        Autre :
        • Localisation du Faouët dans la topographie ecclésiastique bretonne - Maxime Bolard - 2017

        À PROPOS DE L'ENQUÊTE

        Enquêteur :
        • BOLARD / PROVOST Maxime / Georges
        Rédacteur :
        • BOLARD Maxime
        Date de l'enquête :
        1995/2017
        Date de rédaction de la fiche :
        2017
        Etat de l'enquête :
        En cours
        Pour citer cette ficheBOLARD Maxime, « Sainte-Barbe-du-Faouët », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
        url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/722/sainte-barbe-du-faouet, version du 25/01/2018, consulté le 11/12/2018