INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Notre-Dame-de-Toute-Aide-de-Querrien-en-La-Prénessaye

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Notre-Dame-de-Toute-Aide-de-Querrien-en-La-Prénessaye
Période d'activité :
1652 - 2018
Commune :
La Prénessaye
Département :
Côte d'Armor
Localisation de Notre-Dame de Toute-Aide dans la Bretagne ecclésiastique

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
La Prénessaye
Hameau/Lieu-dit :
Querrien
Diocèse :
Actuel: Saint-Brieuc-Tréguier (1791 - 2018)
Ancien: Saint-Brieuc (1652 - 1791)
Paroisse :
Actuelle: La Prénessaye (1652 - 2018)
Ancienne:
Compléments :
La paroisse de La Prénessaye resta attachée au siège de Saint-Brieuc (depuis 1852 nommé « Saint-Brieuc et Tréguier ») lors du redécoupage de 1791.

Site

Type de site :
Colline
Altitude :
150 m

Paysage

Type de couvert végétal :
Espace cultivé
Type de l'habitat :
Hameau
Type de proximités :
Axe de circulation
Carrefour
Cours d'eau
Compléments :
Le hameau de Querrien fait partie de la paroisse de La Prénessaye et est situé sur le revers sud-ouest d’une petite colline qui culmine à 202 m, directement accolée à l’est à la forêt de Loudéac. Le ruisseau de Querrien, qui donne son nom au lieu-dit, passe à cent mètres au sud du sanctuaire. Le tronçon de la route Loudéac-Plémet (est-ouest) passe à envrion 1500 m au sud du hameau. Saint-Brieuc, et donc le littoral le plus proche, se trouvent à quarante kilomètres au nord.

LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Notre-Dame-de-Toute-Aide-de-Querrien-en-La-Prénessaye (1652 - 2018)
Compléments :
Le vocable de Notre-Dame de « Toutes Aydes » apparut pour la première fois en mai 1653 sous la plume du recteur de La Prénessaye. Peut-être a-t-il été donné par l’évêque de Saint-Brieuc Mgr de la Barde (1641-1675) qui était attaché à la figure du réformateur saint François de Sales (1567-1622). Ce dernier avait fondé le couvent des Filles-Dieu de Paris en 1618, dont le vocable était aussi Notre-Dame de Toute-Aide.
Type de lieu de culte :
Chapelle
Nom du lieu de culte :
Notre-Dame de Toute-Aide
Saints patrons :
  • Vierge Marie (1652 - 2018)
Compléments :
Le hameau de Querrien, et donc la chapelle Notre-Dame, dépendent de la paroisse de La Prénessaye, située à trois kilomètres. La construction de la chapelle débuta en septembre 1652 et sa consécration eut lieu en août 1656. Le sanctuaire fut administré par quatre prêtres nommés par l’évêque de Saint-Brieuc. Selon l’abbé De Couëssin (2007, p. 91), le sanctuaire aurait accueilli un séminaire à partir de 1666. Nous connaissons cependant peu d’éléments sur cette institution. Ce n’est qu’en 1937 que la Présence eucharistique permanente fut accordée à la chapelle. La statue de la Vierge fut couronnée en 1950. Les prêtres gérant le sanctuaire reçurent l’aide de religieuses de la Congrégation des Sœurs de la Divine Providence pendant une dizaine d’années (1956-1967). Le sanctuaire fut agrandi à partir des années 1960 (construction d’un podium et d’une salle multifonction) et fut directement joignable par la route à partir de 1979. En 2005, l’évêque de Saint-Brieuc-Tréguier, Mgr Fruchaud (1992-2010), accorda au sanctuaire le titre de « Sanctuaire Marial diocésain ».

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Statue de Notre-Dame-de-Toute-Aide
Nature de l'objet :
Statue
Matériau de l'objet :
Bois
Dimensions de l'objet :
Emplacement :
Chœur de la chapelle Notre-Dame.
Datation de l'objet :
?
Compléments :
Selon la légende, la statue récupérée dans la mare aurait fait partie d’un oratoire fondé par le missionnaire irlandais Cellagh de Bangor (saint Gall) alors qu’il suivait son maître saint Colomban au début de sa période d’exil (610-611). Elle fut resculptée et repeinte, puis exposée dans le chœur de l’église. D’après la tradition orale, la statue n’aurait pas été détruite lors de la Révolution française ; la statue actuellement visible serait donc celle des origines (Le Texier, éd. 2003, p. 109). Elle consiste en une Vierge debout tenant l’Enfant Jésus nu à sa gauche, et un sceptre dans sa main droite. Elle est vêtue d’une tunique blanche entourée d’un drapé bleu. Elle est couronnée (depuis 1950) et recouverte d’un manteau blanc. Sur son socle sont gravées les initiales de Notre-Dame de Toute-Aide : « NDTA ». Elle est actuellement exposée dans le chœur de la chapelle de Querrien.

LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :
La légende dit que le moine irlandais saint Gall (v. 550-646), disciple de saint Colomban (v. 540-615), aurait fait jaillir une source et fondé un oratoire à Querrien au début de l’exil de son maître (610-611). Il aurait sculpté une Vierge à l’Enfant pour cet oratoire. Avec le temps, celui-ci aurait été abandonné, puis oublié. Le 15 août 1652, la Vierge serait apparue à une jeune bergère sourde et muette, Jeanne Courtel (1641-1703), alors que celle-ci gardait ses moutons. Elle aurait dit à la jeune fille qu’elle était la Vierge Marie et lui aurait demandé un mouton. Puis elle lui demanda de rechercher sa statue et de reconstruire sa chapelle. Jeanne alla demander la permission à ses parents, qui, voyant leur fille guérie, acceptèrent sans hésiter, proposant même de donner leur troupeau entier à la Vierge. Le 20 août, la statue fut trouvée dans une mare toute proche. Malgré l’opposition du recteur (non attestée par des sources contemporaines), l’évêque de Saint-Brieuc, Denis de la Barde (1641-1675), reconnut la véracité des déclarations de Jeanne Courtel dès le 11 septembre 1652. Le 20 septembre, la première pierre de la chapelle était posée et un cahier des miracles fut ouvert. Vingt-deux miracles furent ainsi enregistrés entre septembre 1652 et mai 1653. D’après Georges Provost, ce pèlerinage fait partie d’une série de vingt-et-un pèlerinages spontanés apparus en Bretagne entre 1625 et 1706. Il est une sorte de redoublement marial, à échelle plus réduite, des apparitions de Sainte-Anne-d’Auray (Morbihan) qui eurent lieu entre 1623 et 1625. Le fermier Yves Nicolazic avait assisté à plusieurs apparitions de sainte Anne lui demandant de reconstruire son ancienne chapelle en ruine. Georges Provost note encore que l’opposition du recteur de La Prénessaye n’est pas attestée à l’époque où se déroulent les faits. Elle a probablement été inventée tardivement en imitation du modèle de Sainte-Anne-d’Auray, où le recteur de Pluneret avait été – cette fois preuves à l’appui – le plus farouche opposant de la thèse des apparitions de sainte Anne à Nicolazic. De plus, comme sainte Anne apparut à Nicolazic la veille de la Sainte-Anne (26 juillet), la Vierge apparut à Jeanne Courtel le jour de l’Assomption (15 août). La plupart des apparitions se déroulaient ainsi souvent le jour de la fête du saint concerné (coïncidence ?). Malgré la grande réactivité de l’évêque de Saint-Brieuc (à peine un mois) à suivre un modèle devenu presque routinier, et malgré la tenue quasi-immédiate d’un registre des miracles, le sanctuaire ne demeura attractif qu’à l’échelle locale. C’est un pèlerinage « gallo »,  dont le rayonnement ne va pas au-delà de la frontière linguistique du pays bretonnant.
Miracles :
Les miraculés furent essentiellement originaires des paroisses limitrophes, ne provenant pas de plus de trente kilomètres à la ronde. De plus, les miracles consignés à Querrien furent d’ordre « secondaire » par rapport à ceux qui se réalisèrent dans des sanctuaires plus importants, comme Sainte-Anne-d’Auray. Ainsi, on a par exemple le cas de parents venus remercier la Vierge pour leur enfant qui avait arrêté de pleurer la nuit, type de moindre guérison qui, selon Georges Provost, n’aurait pas été classé au rang de miracle à Auray. Un cas d’« aboyeuse » fut également consigné en 1652. Ce terme péjoratif désignait les malades qui arrivaient au sanctuaire en se tordant de douleur et se calmaient tout d’un coup après avoir touché l’objet de dévotion. Certains membres du clergé soupçonnaient une simulation de leur part. De plus, la ferveur des origines s’éteignit vite car, dès mai 1653, les miracles ne furent plus consignés et les dons faits au sanctuaire avaient déjà diminué de moitié entre 1653 et 1656 (mais ces derniers sont peut-être liés à la construction de la chapelle).
Type(s) de motivation :
  • Piété
  • Voeu
Recours :
  • Victoire
  • Thérapie
Compléments :
La quasi-totalité des miraculés connus vinrent pour des thérapies (maladies, blessures). Néanmoins, deux vœux collectifs eurent lieu en contexte guerrier. Le premier, en 1915, réclamait la fin des combats, alors que vingt-trois poilus de la Prénessaye étaient déjà morts au combat au cours de l’année 1914. Le second, en 1944, demandait la sauvegarde du village lors des combats de la Libération.
Jour(s) de fête :
  • 2e dimanche de septembre
Type de fréquentation :
Continu
Compléments sur les fréquentations :
En ce qui concerne la situation actuelle, la saison des pèlerinages débute le premier dimanche de mai. Après l’Assomption (15 août) et la Nativité de la Vierge (8 septembre) a lieu la fête la plus importante du sanctuaire : le grand pardon (deuxième dimanche de septembre). En 1842, il était mentionné qu’il accueillait environ six mille fidèles chaque année (Dictionnaire d’Ogée, I, p. 459). Après la fête du Rosaire (7 octobre), la saison est clôturée par la Fête de l’Immaculée Conception (8 décembre).
Pratiques individuelles :
  • Prières
  • Voeux
Pratiques en présence du clergé :
  • Processions
  • Messe
  • Office liturgique
  • Chants
Ex voto :
  • Autre (1655)
    En 1996, on se rendit compte que la croix dite « Mainguy », localisée à Querrien, avait été réalisée en 1655 à l’initiative d’Ian Vrot, dont la fille de dix-sept mois avait été guérie de paralysie en septembre 1652.
  • Texte gravé (XXe siècle)
    En dehors des traditionnelles plaques de marbre que l’on recense dans la chapelle, les indices d’autres ex-voto sont inexistants.
Confrérie(s) :
    Indulgence(s) :
      Compléments sur le culte :
      En ce qui concerne la situation actuelle, la saison des pèlerinages débute le premier dimanche de mai. Après l’Assomption (15 août) et la Nativité de la Vierge (8 septembre) a lieu la fête la plus importante du sanctuaire : le grand pardon (deuxième dimanche de septembre). Après la fête du Rosaire (7 octobre), la saison est clôturée par la Fête de l’Immaculée Conception (8 décembre). Il fut écrit en 1842 que le grand pardon accueillait environ six mille fidèles chaque année (Dictionnaire d’Ogée, I, p. 459). Selon l’abbé Le Texier, de nombreux hommes se succédaient pour porter la statue de la Vierge lors du pardon. Il en recensait ainsi cent soixante-douze en 1911, quatre cent douze en 1919, et six cents en 1944. Lors des fêtes de l’Assomption et du Rosaire, seules les femmes pouvaient porter la statue. Ces porteurs étaient reliés au brancard de la statue par un brassard noué autour de leur bras gauche. Aujourd’hui, ce pardon consiste en une célébration pénitentielle (10 h du matin) suivie d’une messe (11 h). Après le repas de midi, le chapelet débute à 14 h 30, suivi de la procession. La journée se termine avec le salut du Saint-Sacrement. Nous avons peu d’informations sur le déroulement du pardon à l’époque moderne, de même sur la façon dont les gens venaient faire leur vœu. Les principaux témoins de la ferveur contemporaine sont les ex-voto de marbre, qui restent cependant très concis : « Merci », « Merci pour lui/elle », « Merci Marie », etc. Un usage particulier est cependant attesté au XIXe siècle : celui de prélever et d’emmener chez soi un tison du feu de joie. Au XXe siècle, et aujourd’hui encore, la procession comprend des petites filles portant un costume ancien qui évoque la figure de Jeanne Courtel.

      L'ÉDIFICE

      Description :
      La chapelle Notre-Dame de Toute-Aide fut construite entre 1652 et 1656. Elle consiste en une nef unique à abside polygonale et transept saillant. Le portail ouest est constitué d’un porche supportant le clocher. La croisée du transept est surmontée d’un clocheton. Cette chapelle connut une importante phase de rénovation entre 1776 et 1792. Le clocher-porche fut construit lors de cette phase, avec deux sacristies prolongeant chaque bras du transept à l’est. L’intérieur de l’église a été restauré à deux reprises en 1885 et 1984-1985. En 1912, un vitrail représentant l’apparition de la Vierge à Jeanne Courtel fut installé dans le transept sud. En 1925, un second vitrail fut installé dans le transept nord en pendant au précédent ; il représente saint Gall et sa fontaine. La tombe de Jeanne Courtel, qui se trouve au pied de l’autel, a été fouillée en 1934. Elle porte depuis une plaque commémorative. La statue de Notre-Dame de Toute-Aide se trouve au fond de l’abside.
      Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
      • Autre (?)
        C’est dans un champ, situé au sud du sanctuaire, que Jeanne Courtel aurait vu la Vierge Marie le 15 août 1652. Ce pré a été entouré d’une clôture en 1973. La même année, un calvaire y a été installé pour en marquer l’entrée depuis le sanctuaire.
      • Fontaines (?)
        Cette fontaine existait déjà au moment des apparitions de 1652. Elle faisait déjà peut-être l’objet d’un culte modeste avant celles-ci. Selon la légende, elle aurait été construite vers 610 par saint Gall alors qu’il suivait saint Colomban dans son exil. Elle fut réaménagée en 1963 avec des blocs venant de l’église voisine Saint-Sauveur, alors en ruine.
      • Autre (1963-2000)
        Un espace d’abord appelé le « Podium » fut construit de 1963 à 1968. Son but était d’accueillir plusieurs milliers de fidèles dans le cadre de messes en plein air. Il fut réaménagé entre 1996 et 2000 et porte désormais le nom d’« Espace Jean-Paul II », en hommage au pape qui a béni la maquette du projet lors de sa visite à Sainte-Anne-d’Auray en 1996.
      • Autre (1996-2000)
        En marge de l’espace Jean-Paul II fut installée une salle multifonction avec une capacité de mille places assises : la salle Jeanne Courtel. La maquette de son projet fut bénie par Jean-Paul II en 1996, en même temps que celle du Podium, futur « Espace Jean-Paul II ».
      Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :

        HISTOIRE DU SANCTUAIRE

        Origines :
        Date de première mention : 1652
        Initiative de la fondation :
        • ?
        Environnement institutionnel, politique et religieux :
        Le pèlerinage de Querrien fait partie d’une série de vingt-et-un pèlerinages spontanés qui virent le jour en Bretagne entre 1625 et 1706, la série étant inaugurée par Sainte-Anne-d’Auray, le plus prestigieux d’entre eux. Il est remarquable par la rapidité avec laquelle l’évêque de Saint-Brieuc l’a reconnu ; il est aussi aujourd’hui, en Bretagne, la seule apparition de la Vierge qui ait été reconnue par l’Eglise catholique. Cette validation institutionnelle entraîna notamment la tenue de procès-verbaux de miracles, en vue de retenir une sélection « incontestable ». Comme à Sainte-Anne-d’Auray, le pèlerinage de Querrien eut son registre dès ses origines. Les miracles consignés furent cependant moins spectaculaires qu’à Auray, et le registre cessa d’être tenu. Le sanctuaire ne fit l’objet d’aucun ouvrage imprimé aux XVIIe-XVIIIe siècles.
        Phases d'évolution :
        Le vocable de Notre-Dame de « Toutes Aydes » apparut pour la première fois en mai 1653 sous la plume du recteur de La Prénessaye. Peut-être est-il dû au fait que l’évêque de Saint-Brieuc, Mgr de la Barde (1641-1675), était attaché à la figure du réformateur saint François de Sales (1567-1622). Ce dernier avait fondé le couvent des Filles-Dieu de Paris en 1618, dont le vocable était Notre-Dame de Toute-Aide. Malgré l’investissement immédiat de l’évêque de Saint-Brieuc pour la promotion du pèlerinage, celui-ci attira essentiellement des fidèles des paroisses voisines. Les pèlerins ne venaient pas de plus de trente kilomètres. La totalité des miraculés connus étaient d’origine populaire, Georges Provost n’ayant en tout cas recensé aucun visiteur bourgeois ou noble pour les XVIIe-XVIIIe siècles (Provost, 1998, p. 211). Malgré la localisation du sanctuaire à la limite linguistique breton (à l’ouest) – français (à l’est), l’essentiel des pèlerins modernes était de culture francophone. Le culte de Notre-Dame de Toute-Aide provoqua une petite émulation dans la première moitié du XXe siècle. L’évêque de Saint-Brieuc-Tréguier, Mgr Serrand (1923-1949), vint à Querrien en 1924. Il s’agissait de la première visite d’un évêque au sanctuaire depuis les origines du pèlerinage en 1652. Six ouvrages ou articles sur l’histoire du sanctuaire furent publiés entre 1888 et 1927, dont l’ouvrage de l’abbé Texier, édité sept fois entre 1927 et 2003. En 1950, la statue de la Vierge fut couronnée. Quelques miraculés des années 1960 étaient originaires du reste de la Bretagne, et l'un – une femme – venait même de Montpellier. Les maquettes de projets de bâtiments du sanctuaire furent bénies par le pape Jean-Paul II lors de son passage à Sainte-Anne-d’Auray en 1996. Enfin, en 2005, Mgr Fruchaud accorda au sanctuaire le titre de Sanctuaire Marial du diocèse de Saint-Brieuc-Tréguier. Selon le père de Couëssin, qui dirigeait le sanctuaire en 2007, quatre-vingts à cent mille pèlerins viendraient chaque année (soixante-dix mille selon Ouest France, 13.08.2016).
        Evénements marquants :
        • Apparition (1652)
          Jeanne Courtel, bergère muette âgée de onze ans et vivant au hameau de Querrien, aurait assisté à une apparition de la Vierge alors qu’elle gardait ses moutons. La Vierge lui aurait demandé de l’aider à retrouver sa statue perdue au fond d’une mare, de lui donner l’un de ses moutons et de construire une chapelle. La fillette retrouva l’usage de la parole ce jour-là.
        • Construction (1652-1656)
          À peine un mois après les apparitions de la Vierge à Jeanne Courtel, la construction de la chapelle fut autorisée, et même encouragée, par l’évêque de Saint-Brieuc. La première pierre fut posée le 11 septembre 1652 ; les travaux étaient presque terminés en août 1656.
        • Découverte (1652)
          Les hommes du hameau de Querrien découvrirent la statue de la Vierge dans une mare voisine du champ dit « des Apparitions », après avoir à peine commencé à chercher.
        • Inhumation (1703)
          Jeanne Courtel mourut à l’âge de soixante-trois ans. Elle fut enterrée au pied du maître-autel de la chapelle Notre-Dame. Sa tombe a été découverte (mais non démontée) lors de fouilles archéologiques en 1934. Une plaque commémorative y a été apposée à cette occasion.
        • Fermeture (1794)
          Peu de temps après la confiscation de tous les objets de valeur du sanctuaire (février 1794), celui-ci fut fermé.
        • Reprise du culte (1811)
          Ce n’est qu’en 1811, soit neuf ans après le rétablissement officiel du culte catholique, que le sanctuaire de Querrien fut officiellement rouvert au culte par l’évêque de Saint-Brieuc.
        • Voeu collectif (1915)
          Les habitants du village eurent recours à Notre-Dame de Toute-Aide pour demander la fin des combats de la Grande Guerre (1914-1918). Ce vœu collectif rassembla environ six mille personnes. Il faut préciser que vingt-trois soldats originaires de La Prénessaye étaient déjà morts sur le front au cours de la seule année 1914.
        • Acte exceptionnel de dévotion (1937)
          L’évêque de Saint-Brieuc autorisa la Présence Eucharistique permanente dans la chapelle Notre-Dame de Querrien.
        • Voeu collectif (1944)
          Dans le contexte de la Libération, les habitants de Querrien eurent de nouveau recours à Notre-Dame de Toute-Aide pour demander que leur paroisse soit épargnée par les combats.
        • Couronnement de la statue (1950)
          La statue de la Vierge fut couronnée la veille de l’Assomption. La cérémonie fut présidée par Mgr Roques (1940-1964), cardinal-archevêque de Rennes-Dol-Saint-Malo.
        • Départ des religieux (1967)
          Les religieuses de la Divine Providence quittèrent le sanctuaire.
        • Visite exceptionnelle (1996)
          Lors de son passage en Bretagne, le pape Jean-Paul II (1978-2005) bénit personnellement les maquettes des futurs bâtiments qui allaient y être construits : la salle Jeanne Courtel et le podium construit en 1963 (rénové et renommé « Espace Jean-Paul II » à partir de 2000). Néanmoins, il ne vint pas personnellement à Querrien ; la bénédiction eut lieu à Sainte-Anne-d’Auray en présence l’évêque de Saint-Brieuc-Tréguier Mgr Fruchaud (1992-2010).
        • Acte exceptionnel de dévotion (2005)
          L’évêque de Saint-Brieuc-Tréguier, Mgr Fruchaud, accorda le titre de « Sanctuaire marial diocésain » au sanctuaire de Notre-Dame de Toute-Aide.
        • Installation des religieux (2015)
          En janvier 2015, trois sœurs de Sainte-Marie de la Présentation originaires de Broons (Côtes-d’Armor) ont été récemment installées au sanctuaire de Querrien dans le but d’aider à l’accueil des pèlerins.
        Rayonnement(s) :
        • Local (1652 -> 2000)
          Malgré l’investissement de l’évêque de Saint-Brieuc pour la promotion du pèlerinage en 1652, celui-ci attira essentiellement des fidèles des paroisses voisines. Les pèlerins les plus lointains étaient originaires du Penthièvre ou du diocèse de Vannes, au maximum à trente kilomètres à la ronde (Provost, 1998, p. 208). Le culte de Notre-Dame de Toute-Aide connut une certaine émulation à partir de la première moitié du XXe siècle. L’évêque de Saint-Brieuc-Tréguier, Mgr Serrand (1923-1949), vint à Querrien en 1924. Il s’agissait de la première visite d’un évêque au sanctuaire depuis les origines du pèlerinage en 1652. En 1950, la Vierge fut couronnée. Quelques miraculés des années 1960 étaient originaires du reste de la Bretagne, voire, pour l'une d'entre-elle, de Montpellier. Cependant, l’attraction du pèlerinage resta limitée au centre de la Bretagne jusqu’aux années 1990.
        • Diocésain (1990 -> 2018)
          Le sanctuaire de Querrien joue un rôle important dans le diocèse de Saint-Brieuc-Tréguier depuis l’épiscopat de Mgr Fruchaud (1992-2010). Celui-ci fit rénover le sanctuaire et y organisa plus d’événements. Les maquettes de projets de bâtiments furent bénies par le pape Jean-Paul II lors de son passage à Sainte-Anne-d’Auray en 1996. Enfin, en 2005, l’évêque accorda au sanctuaire le titre de Sanctuaire Marial du diocèse de Saint-Brieuc-Tréguier. Selon le père de Couëssin, qui dirigeait le sanctuaire en 2007, quatre-vingts à cent mille pèlerins y viendraient chaque année (soixante-dix mille selon Ouest-France, 13.08.2016).

        RÉFÉRENCES

        Source(s) :
        Bibliographie :
        • DE COUËSSIN, P., Apparitions de Marie en Bretagne à Querrien. Notre-Dame de Toute-Aide, Paris, Salvator, 2007.
        • LE TEXIER, J., Histoire du pèlerinage de Notre-Dame-de-Toute-Aide de Querrien en La Prénessaye (Côtes d'Armor) - 22210, Rennes, Les Presses bretonnes, 2003.
        • PROVOST, G., La fête et le sacré. Pardons et pèlerinages en Bretagne aux XVIIe et XVIIIe siècles, Paris, Le Cerf, 1998.
        • MILON, A., «Notre-Dame de Toute-Aide, La Prénessaye », in Les Grandes Madones bretonnes. Mois de Marie historique, Rennes, Le Nouvelliste de Bretagne, 1922, p. 219-232.
        • ROULE, J.-L., Nouvelle notice de Notre-Dame de Toute-Aide, Rennes, Bahon-Rault, 1916.
        • VIÉMONT, C., Notice sur Notre-Dame de Toute-Aide de Querrien, paroisse de La Prénessaye, Saint-Brieuc, Saint-Guillaume, 1913.
        • DU BOIS DE LA VILLERABEL, F., «Apparitions de la Sainte Vierge à Querrien », in Semaine religieuse du diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier, 30.05.1913 et 13.06.1913, 1913.
        • GUILLOTIN DE CORSON, A., «Les pardons du pays de Moncontour », in Revue de Bretagne et de Vendée, 1888.
        Etude(s) universitaire(s) :
        • PROVOST, G., Le pèlerinage en Bretagne aux XVIIe-XVIIIe siècles, Thèse de doctorat, ss. dir de J. QUENIART, Rennes II, 1995.

        PHOTOGRAPHIES LIÉES

        Objet de dévotion :
        Edifice :
        Autre :
        • Localisation de Notre-Dame de Toute-Aide dans la Bretagne ecclésiastique - Maxime Bolard - 2017

        À PROPOS DE L'ENQUÊTE

        Enquêteur :
        • BOLARD / PROVOST Maxime / Georges
        Rédacteur :
        • BOLARD Maxime
        Date de l'enquête :
        1995/2017
        Date de rédaction de la fiche :
        2017
        Etat de l'enquête :
        En cours
        Pour citer cette ficheBOLARD Maxime, « Notre-Dame-de-Toute-Aide-de-Querrien-en-La-Prénessaye », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
        url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/721/notre-dame-de-toute-aide-de-querrien-en-la-prenessaye, version du 22/12/2017, consulté le 24/09/2018