INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

Retour à la liste des sanctuaires

La-Chapelle-du-Pont

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
La-Chapelle-du-Pont
Période d'activité :
? - 1790
Commune :
Saint-Urbain-Maconcourt
Département :
Haute Marne
Vue générale de la chapelle

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Saint-Urbain-Maconcourt
Hameau/Lieu-dit :
Diocèse :
Actuel:
Ancien: Châlons-en-Champagne (XIIe siècle - 1790)
Paroisse :
Actuelle:
Ancienne: Saint-Étienne (Saint-Urbain) (XIIe siècle - ?)

Site

Type de site :
Vallée
Altitude :
192 m
Compléments :
Point de passage (Pont sur la Marne) ; limite de finage.

Paysage

Type de couvert végétal :
Espace cultivé
Type de l'habitat :
Lieu isolé
Type de proximités :
Abbaye
Axe de circulation
Cours d'eau
Compléments :
La chapelle est située à proximité d’un pont sur la Marne et distante d'environ 1500 m de l'(ancienne) abbaye Saint-Urbain, d’où sont issues les reliques.

LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • La-Chapelle-du-Pont (? - 1790)
Compléments :
L’appellation est attestée lors d’une visite pastorale de 1626. Saisi à la Révolution, l’édifice perd une première fois sa fonction, puis après une tentative de réaffectation au culte, la chapelle est définitivement vendue en 1886.
Type de lieu de culte :
Chapelle
Nom du lieu de culte :
La Chapelle du Pont
Saints patrons :
  • Saint Urbain (pape) (? - ?)
Compléments :

Les reliques de saint Urbain sont déposées dans l’abbaye éponyme dès sa fondation en 865. Un récit publié dans les Acta Sanctorum (25 mai) relate une suite de 42 miracles opérés en 1141 : les premiers servent à justifier l’installation de la châsse contenant les reliques de saint Urbain dans une chapelle construite pour l’occasion, près du pont sur la Marne, à quelque distance de l’abbaye. Et les autres illustrent la notoriété nouvelle du culte. Mais nous n’avons aucune autre information sur le culte que ce témoignage très limité dans le temps. La chapelle est transformée en prieuré dès la fin du XIIe siècle et les reliques retrouvent l’enceinte de l’abbaye avant 1324. L’abbaye est détruite à la Révolution, mais les reliques qui s’y trouvent alors sont sauvées par les habitants du village et déposées dans l’église paroissiale Saint-Étienne du village. En 1866, elles sont déposées dans un nouveau reliquaire en laiton (reliquaire actuel). En 1884, une procession autorisée par l’évêque de Langres, se déroule chaque année où la Saint-Urbain tombe un dimanche. Au début du XXe siècle, la procession emprunte un parcours qui va de l’église paroissiale à l’ancienne chapelle (devenue grange, et aujourd’hui maison d’habitation). De nos jours, la procession existe toujours mais se cantonne aux limites du village.


L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Châsse de Saint Urbain
Nature de l'objet :
Autre
Matériau de l'objet :
Bois
Dimensions de l'objet :
L : 120 cm ; l : l60 cm ; h : 75 cm
Emplacement :
Actuellement, la châsse de saint Urbain est déposée dans l’église paroissiale Saint-Etienne.
Datation de l'objet :
Compléments :

Le reliquaire médiéval maintenant disparu est connu par la description des Acta Sanctorum effectuée lors du travail d’édition du recueil des miracles, dans lequel apparaissent les conditions d’érection de la chapelle. La châsse est dite couverte d’or et d’argent, ornée « d’images » et de pierres précieuses.



Le reliquaire actuel, conservé dans l’église paroissiale Saint-Étienne, est en laiton doré et date de 1866. Notons qu’il existe également un buste reliquaire de saint Urbain, daté de 1698 et attribué au sculpteur Jean-Baptiste Bouchardon.


LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :
Tout ce que nous savons de ce pèlerinage provient du récit de 1141 composé des 42 miracles. Aucune information supplémentaire ne nous est parvenue jusqu’à la ré-activation du pèlerinage à la fin du XIXe siècle (voir plus haut les "compléments" sur le sanctuaire).
Miracles :
Parmi les miracles du corpus daté de 1141, les deux tiers concernent des guérisons, le tiers restant consistant en exorcisme, intervention favorable et délivrance de prisonniers.
Type(s) de motivation :
  • Action de grâce
  • Piété
  • Voeu
Recours :
  • Thérapie
  • Libération des prisonniers
  • Exorcisme
Jour(s) de fête :
    Type de fréquentation :
    Continu
    Pratiques individuelles :
    • Passer sous la relique
    • Incubation
    • Actions de grâce
    • Voeux
    • Jeûne
    Pratiques en présence du clergé :
    • Imposition de reliquaire
    • Vinage
    • Office liturgique
    Ex voto :
      Confrérie(s) :
        Indulgence(s) :
          Compléments sur le culte :
          À relever, la présence d’une statue (datable de la fin du XIXe siècle) sur la chapelle. Depuis le XIXe siècle, la « fête des châsses » est instituée chaque année où la saint Urbain tombe un dimanche. Le reliquaire de Saint-Urbain (et d’autres) sont alors sortis de l’église paroissiale (où ils se trouvent depuis la révolution) et donnent lieu à une procession.

          L'ÉDIFICE

          Description :

          Chapelle orientée, de plan quadrangulaire, à chevet plat et précédée d’un porche. Réaménagé en maison d’habitation, l’intérieur n’est pas visible : mais les contreforts extérieurs laissent penser qu'elle était voûtée.

          D'après le récit de miracles, ce sont les prodiges survenus par l'intermédiaire des reliques et de la châsse déposée sur des colonnes (reposoir?) qui auraient motivé la construction de cette chapelle.

          Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
            Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :
            • Autre (XIIe siècle)
              Reliquaire présenté sur des colonnes (d’après le recueil de miracles).

            HISTOIRE DU SANCTUAIRE

            Origines :
            Date de première mention : 1141
            Initiative de la fondation :
            • Abbé
            Environnement institutionnel, politique et religieux :

            Les reliques appartiennent à l’abbaye Saint-Urbain. Installées sur un reposoir lors d’une procession en 1141, elles ont opéré des miracles qui ont justifié la construction d’une chapelle au même endroit.

            L'acte de fondation de l'abbaye est un diplôme royal de Charles le Chauve daté de 862. L'abbaye nouvelle est expressément située dans le pagus du Perthois. L'évêque de Châlons-en-Champagne, Erchanraus, le co-fondateur, semble alors soucieux de fixer les limites définitives au sud de son diocèse dans une zone convoitée par les évêques voisins de Langres, de Toul et de Troyes. L'abbaye est fondée dans une zone déjà peuplée, comme l'attestent les premières donations. Les reliques de saint Urbain arrivent en 865, en provenance d'Auxerre ; après cela, le silence documentaire s’installe pour longtemps : aucune source ne fait connaître la situation de l’abbaye au Xe siècle. On sait simplement que Richard de Saint-Vanne en est l’abbé au XIe siècle. La pénurie de documents prend fin au milieu du XIIe siècle. Une bulle pontificale confirme les biens de l'abbaye en 1131, puis suit une confirmation épiscopale en 1140. Le recueil de miracles se place dans son contexte.

            Phases d'évolution :
            Le pèlerinage médiéval n'étant connu que par le recueil de miracles (qui n'est plus connu que par l'édition des Acta sanctorum), il n'est pas possible, en l'état actuel de notre connaissance des sources, d'en déterminer les phases d'évolution dans le temps.
            Evénements marquants :
            • Mise à l'abri de l'objet de dévotion
              Les reliques sont mises à l’abri en 1324 au baillage royal de Chaumont (52) après que l’abbaye eu été prise et pillée (GAUTIER Pierre, "Notice sur l'Abbaye de Saint-Urbain", Annales de la Société d'Histoire, d'Archéologie et des Beaux-Arts de Chaumont, vol. IV, fascicule 7, 1911-1920, p. 210). On ne sait pas d’où elles provenaient à ce moment là.
            Rayonnement(s) :
            • Local (? -> ?)
              Le culte est simplement attesté par un corpus de miracles, circonscrits à l’année 1141. Aucun élément ne vient documenter la suite. On sait simplement que la chapelle est transformée plus tard en prieuré dépendant de l’abbaye, on suppose que les reliques ont alors regagné l’abbaye d’où elles étaient issues.

            RÉFÉRENCES

            Source(s) :
            • Acta sanctorum
              Acta sanctorum mai VI, pp. 18-23
            Bibliographie :
            • GRIOT, François, «Les Miracles de saint Urbain, texte latin du XIIe siècle : traduction française moderne et étude de document », in Les Cahiers Haut-Marnais, n°283 (4e trimestre 2016), 2016, p. 5-56.
            Etude(s) universitaire(s) :

            PHOTOGRAPHIES LIÉES

            Objet de dévotion :
            • Carte postale montrant la pr�sentation de tous les reliquaires de paroisse � l'occasion de la "f�te des ch�sses" de 1913 - 1913
            Edifice :
            • Vue générale de la chapelle - Didier Vogel - 2016
            • Statue de saint Urbain dans une niche de la chapelle - Didier Vogel - 2016
            Autre :
            • Carte de localisation de la chapelle, de l'ancienne abbaye, et du village - François Griot - 2016

            À PROPOS DE L'ENQUÊTE

            Enquêteur :
            • GRIOT François
            Rédacteur :
            • GRIOT François
            Date de l'enquête :
            2015
            Date de rédaction de la fiche :
            2017
            Etat de l'enquête :
            En cours
            Pour citer cette ficheGRIOT François, « La-Chapelle-du-Pont », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
            url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/720/la-chapelle-du-pont, version du 03/01/2018, consulté le 23/07/2018