INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Sainte-Anne-d'Auray

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Sainte-Anne-d'Auray
Période d'activité :
1625 - 2018
Commune :
Sainte-Anne-d'Auray
Département :
Morbihan
Carte localisant Saint-Anne d\'Auray sur la carte des diocèses bretons

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Sainte-Anne-d'Auray
Hameau/Lieu-dit :
Keranna
Diocèse :
Actuel: Vannes (1625 - 2018)
Ancien:
Paroisse :
Actuelle: Sainte-Anne-d?Auray (1937 - 2018)
Ancienne: Pluneret (1625 - 1937)
Compléments :
Le site de Keranna, qui était à l’origine un hameau, dépendait de la paroisse de Pluneret. Le sanctuaire est resté attaché au diocèse de Vannes lors du redécoupage territorial ecclésiastique de 1802. De même que la paroisse de Sainte-Anne-d’Auray devint indépendante de celle de Pluneret le 1er août 1937, la commune de Sainte-Anne-d’Auray fut détachée de celle de Pluneret pour devenir une commune indépendante (1950).

Site

Type de site :
Plaine
Altitude :
48 m

Paysage

Type de couvert végétal :
Espace cultivé
Type de l'habitat :
Hameau
Type de proximités :
Axe de circulation
Cours d'eau
Compléments :
L’actuelle commune de Sainte-Anne-d’Auray se trouve à quinze kilomètres au nord-ouest de Vannes, et à environ dix kilomètres de l’Océan Atlantique (au sud). L’axe Hennebont-Vannes, déjà attesté à l’époque romaine, passe à deux kilomètres de la commune. Le site sur lequel s’est implanté le sanctuaire, Keranna, était à l’origine un hameau paysan comptant sept maisons. Le pèlerinage étant confié aux Carmes (1627), ceux-ci y construisirent un monastère et le sanctuaire s’agrandit peu à peu, pour devenir un véritable village pérégrin. Un village marchand (avec boutiques et auberges) se constitua peu à peu à la sortie du sanctuaire. La commune de Sainte-Anne-d’Auray, qui vit principalement du pèlerinage, comptait 2 614 habitants en 2014.

LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Sainte-Anne-d'Auray (1625 - 2018)
Type de lieu de culte :
Basilique
Nom du lieu de culte :
Sainte-Anne-d’Auray
Saints patrons :
  • Anne (1625 - 2018)
Compléments :
Un paysan aisé nommé Yves Nicolazic fit construire (ou reconstruire) la première chapelle du sanctuaire entre 1625 et 1628, à la demande de sainte Anne, qu’il aurait vue lors de plusieurs apparitions dans les années 1623-1625, et dont il découvrit la statue en terre dans la nuit du 7 au 8 mars 1625. La gestion du pèlerinage fut confiée aux Capucins d’Auray (1625-1627), puis aux Carmes à partir de 1627. Ils y construisirent un monastère et de nombreux aménagements destinés à accueillir un grand nombre de pèlerins. La communauté abritait une quarantaine de frères au XVIIe siècle, vingt-cinq en 1740, et dix-sept en 1768. À la Révolution, les Carmes furent chassés (1794) et le monastère vendu (1796) à un particulier. Ces épisodes n’arrêtèrent pas l’afflux des pèlerins, malgré la fermeture de la chapelle. Le diocèse de Vannes loua, puis racheta le sanctuaire pour y loger des prêtres à partir de 1810. Une communauté de Jésuites s’installa en 1815, puis fut remplacée par des prêtres séculiers (1828). Le sanctuaire est aujourd’hui géré par des prêtres diocésains. Un petit séminaire fut ouvert en 1815. Il connut une brève interruption (1906-1921), puis ferma définitivement en 1982. Au début du XXe siècle, il accueillait environ quatre cents élèves, son plus gros effectif.

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Statue de sainte Anne
Nature de l'objet :
Statue
Matériau de l'objet :
Bois
Dimensions de l'objet :
H : 90 cm
Emplacement :
Chœur de la basilique Sainte-Anne
Datation de l'objet :
1825
Compléments :
La statue de sainte Anne a été découverte par Yves Nicolazic et quatre autres compagnons dans la nuit du 7 au 8 mars 1625 dans le champ du Bocenno. Lors de sa première révélation à Nicolazic (25 juillet 1624), Anne lui aurait déclaré que sa statue venait de « la première chapelle de Bretagne lui étant consacrée », et que celle-ci aurait été abandonnée « neuf cent vingt-quatre ans et six mois » plus tôt, c'est-à-dire au début de l’an 700. Selon le père Hugues de Saint-François (prieur des Carmes de Sainte-Anne d’Auray et principale source contemporaine), la statue semblait présenter des traces de polychromie bleues et blanches, et son bois était très dur. Elle mesurait « environ trois pieds de haut » (près de 90 cm). Dès le 9 mars, elle fut l’objet de la vénération spontanée de la part des fidèles des environs, puis de provenances beaucoup plus éloignées. Il fallut même songer à vite la protéger car de nombreux pèlerins en prélevèrent des fragments en guise de souvenir. Elle fut ensuite nettoyée, resculptée et repeinte. En mars 1794, cette statue fut enlevée du sanctuaire et brûlée à Vannes. Un fragment de son visage fut sauvé des flammes in extremis à l’insu des autorités. En 1815, une nouvelle statue fut installée dans le sanctuaire. Réalisée en granite, elle était très difficilement transportable lors des processions. C’est pourquoi une troisième statue (en bois) fut sculptée et consacrée le 7 mars 1825. Le fragment du visage de la première statue, qui avait pu être sauvé, fut enchâssé dans son socle. Louis Réau (1958) a émis l’hypothèse que la statue d’origine était en fait une représentation de la déesse païenne Bona Dea retaillée en sainte Anne trinitaire par les Capucins pour en faire un objet de dévotion populaire. Cette thèse est invérifiable, dans la mesure où seul le visage de cette statue existe encore.

LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :
Yves (ou Yvon) Nicolazic (1591-1645), paysan aisé du hameau de Keranna (paroisse de Pluneret), assista à plusieurs manifestations ou apparitions de sainte Anne entre août 1623 et mars 1625. Il ne vit d’abord qu’une main suspendue en l’air, tenant un cierge. La première révélation de sainte Anne eut lieu le 25 juillet 1624 : elle demandait à Nicolazic de retrouver une statue à son effigie et de rebâtir l’ancienne chapelle qui lui était dédiée sur la colline dite le « Bocenno », alors utilisée comme champ cultivé. La chapelle serait, selon sainte Anne, la première chapelle de Bretagne lui étant dédiée. Elle dit à Nicolazic qu’elle aurait été abandonnée « neuf cent vingt-quatre ans et six mois plus tôt », soit en l’an 700. Nicolazic prit d’abord peur. Ayant entendu sa confession, le recteur de Pluneret montra le plus grand scepticisme et ordonna à Nicolazic de cesser immédiatement de raconter cette histoire. Découragé, Nicolazic abandonna le projet, mais sainte Anne lui réapparut plusieurs fois en insistant de plus en plus. Dans la nuit du 7 au 8 mars 1625, elle l’empressa de se lever et d’aller déterrer sa statue, le guidant sous forme de cierge flottant dans le vide. Nicolazic prit soin de prendre quatre autres paysans de Keranna pour l’aider à chercher la statue, et surtout pour avoir leurs témoignages. Et en effet, deux témoins sur quatre déclarèrent avoir vu le cierge. Ayant à peine commencé à creuser, ils trouvèrent la statue de bois. Cette statue donna lieu, dès le 9 mars, à un pèlerinage spontané attirant la population des paroisses des alentours. Une enquête fut alors successivement menée par le recteur voisin de Moréac, l’évêque, puis les Capucins de Vannes. Convaincus de la bonne foi de Nicolazic et malgré la farouche opposition du recteur de Pluneret, ils adhérèrent au récit du paysan et lui donnèrent l’autorisation de faire reconstruire la chapelle. Peu après, le recteur de Pluneret fut guéri d’une paralysie soudaine en s’immergeant dans la fontaine du Bocenno. Considérant cela comme un miracle, il devint un zélé défenseur de la cause de Nicolazic. La première fête de grande ampleur eut lieu le 25 juillet 1625, premier « pardon » de Sainte-Anne-d’Auray. N’étant pas officiellement autorisés à célébrer la messe, les Capucins dépêchèrent un messager à l’évêque de Vannes et obtinrent ainsi l’autorisation in extremis. Les Capucins d’Auray furent dès le début d’un grand soutien à Nicolazic, celui-ci les ayant certainement fréquentés auparavant. La principale source dont nous disposons est le livre du Père carme Hugues de Saint-François (édité quatre fois entre 1634 et 1657). Paysan aisé et d’une piété presque mystique, Nicolazic reste un personnage mal connu.
Miracles :
Sainte-Anne-d’Auray est sans conteste le pèlerinage breton où l’on enregistra le plus de miracles. Et pour cause, des Livres des miracles furent tenus dès les origines par les Carmes, qui géraient le sanctuaire. Environ deux mille miracles furent enregistrés entre 1625 et 1713, et sans aucune interruption de 1625 à 1684 (mille deux cent quatre-vingt-douze procès-verbaux pour cette seule période). À part une exception en 1769, il n’y eut plus d’enquêtes sur les miracles après 1713, ceux-ci continuant pourtant à se produire. L’ampleur immédiate du pèlerinage donna lieu à la naissance d’un processus administratif particulier : le procès-verbal de miracle. Le soi-disant miraculé était l’objet d’une enquête faisant intervenir différents acteurs ecclésiastiques, qui, après délibération, validaient ou non la véracité du miracle. Le but de cette procédure, dans l’esprit de la réforme tridentine, était de faire un « tri » dans les miracles, afin de ne garder que les cas les plus concrets, excluant ainsi les améliorations légères de la santé ou les « merveilles » (phénomènes météorologiques extraordinaires). Ainsi, seuls 20,4% des cas de procès-verbaux de l’année 1634 ont été utilisés par les Carmes dans les livres diffusés au XVIIe siècle. Les gérants de pèlerinages apparus postérieurement, comme celui de Notre-Dame de Querrien ou de Plancoët (Côtes d’Armor), utilisèrent cette même démarche. De nombreux miraculés d’origine populaire trouvant cette procédure inutile ou superflue, ces procès-verbaux surreprésentent la part des élites lettrées, pour qui elle était au contraire indispensable. La grande majorité des miraculés venait pour être soigné d’une maladie ou d’une infirmité, mais on trouve aussi des libérations de prisonniers ou des recours météorologiques. D’autres recours, plus rares, se rapportaient à des personnes ayant échappé à des accidents, comme une petite fille sauvée d’une fosse à purin (1889), une autre ayant avalé une épingle (1895), ou encore un garçon sorti indemne après avoir été écrasé par une charrette (1928). En 1940, un habitant de Lochrist remercia sainte Anne d’avoir été épargné par les bombes.
Type(s) de motivation :
  • Action de grâce
  • Pèlerinage judiciaire
  • Piété
  • Voeu
Recours :
  • Voeu
  • Thérapie
  • Pluie
  • Libération des prisonniers
  • Folie
  • Fécondité
  • Epidémie
Compléments :
La grande majorité des miraculés venait pour être guérie d’une maladie ou d’une infirmité, mais on trouve aussi des libérations de prisonniers ou des recours météorologiques. Enfin, on trouve des personnes ayant échappé à des accidents. Certaines paroisses effectuaient le pèlerinage de façon collective. L’exemple le plus spectaculaire est celui de la paroisse de Pont-l’Abbé (Finistère), qui fit en 1632 une procession de plus de cent kilomètres jusqu’à Sainte-Anne-d’Auray, afin de demander à sainte Anne qu’une épidémie de peste les épargne. Seules les paroisses les plus proches du sanctuaire, comme Auray ou Plumergat, purent faire le pèlerinage général de façon régulière. Un autre recours propre à Sainte-Anne-d’Auray fut la demande par les rois et reines de France d’obtenir la naissance d’un héritier. Anne d’Autriche fut la première, faisant un vœu pour avoir un enfant dès 1628 : elle ne fut exaucée que dix ans plus tard, avec la naissance du futur Louis XIV. Ces vœux furent renouvelés par la dauphine en 1651 et la duchesse de Bourgogne en 1682. En 1729, la ville de Vannes fit un vœu collectif pour la naissance du premier fils de Louis XV, Louis (1729-1765), père du futur Louis XVI, qui lui non plus ne régna pas.
Jour(s) de fête :
  • 25/26 juillet
Type de fréquentation :
Continu
Compléments sur les fréquentations :
Le sanctuaire était en permanence ouvert aux pèlerins, qui pouvaient venir prier, boire l’eau de la fontaine ou déposer des ex-voto devant la statue de sainte Anne. Cependant, l’année était rythmée par un certain nombre de fêtes qui s’échelonnaient de mai à septembre. Celles-ci commençaient avec la Pentecôte, puis la Sainte-Anne (26 juillet), la Saint-Louis (25 août), la Saint-Vincent-Ferrier (6 septembre) et la Saint-Michel (29 septembre). La fête la plus importante était bien sûr le grand pardon (on dit « l’assemblée » jusqu’à la fin du 19e siècle) de sainte Anne, qui avait lieu les 25 et 26 juillet. Hugues de Saint-François a cependant noté que de nombreux bretonnants venaient pour la Saint-Michel, alors que les francophones venaient plutôt pour la Saint-Louis.
Pratiques individuelles :
  • Circumambulation
  • Embrasser
  • Pénitence
  • Prières
  • Se baigner
  • Dons
  • Voeux
  • Méditer
  • Baigner et laver des membres
  • Offrir
  • Aspersion ou ingestion d'eau
  • Se rendre pieds nus au sanctuaire.
  • Agenouillement devant le tombeau
Pratiques en présence du clergé :
  • Confessions
  • Processions
  • Messe
  • Office liturgique
  • Chants
  • Neuvaines
  • Pèlerinage
Ex voto :
  • Anatomique
    La plupart des ex-voto sont constitués d’objets en cire ou en métal.
  • Autre
    On retrouve des ex-voto classiques, comme des maquettes de navires ayant échappé à un naufrage.
  • Béquille
    Des béquilles de personnes guéries figurent parmi les ex-voto depuis le XVIIe siècle.
  • Chaines
    On trouvait parmi les ex-voto des chaines de prisonniers libérés.
  • Tableau (XVIIIe siècle)
    On compte une vingtaine de tableaux représentant des scènes de guérison, mais ils furent réalisés par le peintre Philippe Matorzec en 1770 à la demande des Carmes, et non des miraculés.
  • Autre (XIXe siècle)
    On retrouve parmi les ex-voto des objets insolites, comme par exemple l’épingle qu’une petite fille avait avalée en 1895. 
  • Photographie (XIXe siècle)
    À partir du milieu du XIXe siècle, des photographies firent leur apparition parmi les ex-voto.
  • Vêtement (XXe siècle)
    Parmi les objets plus ou moins insolites offerts à sainte Anne d'Auray figure par exemple le maillot de champion du monde cycliste Bernard Hinault.
Confrérie(s) :
  • Sainte-Anne-d'Auray (1641)
    Grâce à l’appui de la reine Anne d’Autriche (1615-1643), qui était convaincue que la naissance de son fils, le futur Louis XIV, était due à l’intercession de sainte Anne, la confrérie de Sainte-Anne d’Auray fut créée. Ses membres devaient pour cela accomplir certaines œuvres de piété et de charité, à savoir : se rendre à la messe et adorer le Saint-Sacrement, convertir les pécheurs, prier pour les défunts, accueillir les pauvres, instruire les ignorants et être dévoués à sainte Anne en lui adressant au moins une prière par jour (le rythme de toutes ces œuvres n’étant pas forcément précisé). Ses membres étaient assurés de recevoir de nombreuses indulgences, dont trois plénières (cf. rubrique « Indulgences »). D’après Georges Provost, cette confrérie attira essentiellement des nobles et membres de la famille royale, les confréries accueillant la grande majorité des pèlerins étant souvent constituées à l’échelle locale (comme celle de Montreuil-le-Gast, Ille-et-Vilaine). En 1870, le pape Pie IX (1846-1878) éleva cette confrérie au rang d’archiconfrérie. En 1885, son successeur, Léon XIII (1878-1903), autorisa et encouragea toutes les autres confréries vouées à sainte Anne à fusionner avec celle d’Auray.
Indulgence(s) :
  • Partielle 280 j. (1638)
    Une série d’indulgences partielles fut également accordée par Urbain VIII aux membres de la confrérie, dès 1638, dont une indulgence de sept ans et sept quarantaines (deux cent quatre-vingts jours) à condition de visiter la chapelle de la confrérie lors de l’Ascension, la Pentecôte, la Fête de la Trinité (huitième dimanche après Pâques) et de celle du Sacre (Saint-Sacrement ou Fête-Dieu). Soixante jours seraient accordés à ceux qui feraient une œuvre de charité. L’évêque de Vannes rajouta une indulgence de quarante jours présentant des conditions similaires. En 1868, l’indulgence du jour de la Sainte-Anne fut étendue à l’octave (la semaine entière). Le 30 septembre 1868, jour du couronnement de la statue de sainte Anne, le pape Pie IX créa une nouvelle indulgence pour ce jour-là. De plus, ceux qui graviraient à genoux les escaliers de la Scala Sancta gagneraient neuf ans d’indulgence par marche montée.
  • Plénière (1638)
    Après la naissance du futur roi Louis XIV (5 septembre 1638), la reine Anne d’Autriche, reconnaissante à sainte Anne, fit tout ce qui était en son pouvoir pour obtenir des indulgences aux pèlerins de Sainte-Anne d’Auray. Le pape Urbain VIII (1623-1644) émit une bulle dès le 22 septembre, accordant des indulgences plénières : une lors de leur entrée, une deuxième en faisant un pèlerinage à Sainte-Anne d’Auray, et une troisième à l'heure de leur mort. En 1747, le pape Benoît XIV (1740-1758) étendit cette indulgence plénière aux fêtes de la Saint-Yves (19 mai), Saint-Louis (25 août), Saint-Vincent-Ferrier (6 septembre) et Saint-Michel (29 septembre). En 1769, Clément XIV (1769-1774) rallongea la liste en y incluant la Saint-Joachim (20 mars), la Nativité de la Vierge Marie (8 septembre), la fête de l’Immaculée Conception (8 décembre), Noël, ainsi que le quatrième dimanche de chaque mois.
Compléments sur le culte :
Sainte-Anne-d’Auray étant dès ses origines le pèlerinage le plus important de Bretagne, les usages voulaient que chaque Breton l’ait fait au moins une fois dans sa vie. Le pèlerin pouvait s’y rendre à pied ou à cheval, ou même s’imposer des règles de cheminement pour le voyage. On a ainsi quelques mentions de mendicité volontaire en 1630 et 1632 : le pèlerin quêtait le prix de son pèlerinage. En 1673, un pèlerin de Primelin (Finistère) s’imposa la pénitence de faire tout le chemin avec ses sabots de bois. À la vue du clocher de la chapelle du sanctuaire, on s’arrêtait pour le saluer. Le cavalier devait descendre de cheval. La tradition voulait que l’on embrasse le sol à cet endroit. En décrivant la forme contemporaine du pèlerinage à Sainte-Anne-d’Auray, Patrick Huchet raconte que le pèlerin devait d’abord se « laver » de tous péchés, en commençant par prier devant la statue de saint Anne, puis se confesser. Il devait ensuite assister à la messe, aller à la fontaine pour boire ou s’immerger, faire le chemin de croix du cloître, monter la Scala Sancta à genoux. Enfin, il allait faire ses achats (chapelet, médaille, image, ou livre). Huit guides pour pèlerins furent édités entre 1634 et 1658, dont un en breton. Certains pèlerins faisaient le tour de la chapelle de Nicolazic : les Carmes avaient volontairement laissé un passage dans leur cloître afin de permettre aux pèlerins de faire le tour complet de l’édifice. Les ablutions à la fontaine du Bocenno ne sont guère mentionnées dans les miracles, mais on suppose qu’elles ont eu une place importante. De plus, certains pèlerins venaient toucher le reliquaire offert par Louis XIII ; cette pratique était beaucoup moins reproduite avec la statue de sainte Anne, la relique « authentique » étant peut-être plus « efficace » à leurs yeux. Un autre geste, mentionné au XIXe siècle, consistait à toucher les crucifix de la Scala Sancta ou du cloître avec son chapelet. Le pardon de Sainte-Anne se déroule les 25 et 26 juillet, cette dernière date étant la fête de saint Anne. La veille du 26, les pèlerins se confessaient, puis allaient acheter des souvenirs dans les différentes échoppes. La nuit était passée en plein air, les hommes étant – en principe – séparés des femmes. Les pèlerins n’étaient pas censés dormir, mais prier et faire pénitence pour préparer le pardon du lendemain. C’est souvent cette nuit que craignaient les pèlerins et clercs les plus « sages », car la masse des fidèles était livrée à elle-même pour quelques heures, ce qui pouvait donner lieu à des beuveries, bagarres et autres types d’incidents... À partir de 1653, les Carmes demandèrent aux autorités d’envoyer des vigiles pour maintenir l’ordre la nuit. Des feux d’artifices furent mis en place dès les années 1630, afin de laisser les pèlerins moins longtemps sans occupation. La messe se célébrait à l’aube à la Scala Sancta. Puis la procession partait de la chapelle de Nicolazic, portant les reliques données par le roi Louis XIII ainsi que la statue de sainte Anne. La foule des pèlerins suivait ce cortège, elle-même suivie par le groupe des clercs. Certaines personnes faisaient vœu de faire la procession un cierge à la main (mentions du début du XVIIIe siècle). À partir des années 1660 est également mentionnée une procession des miraculés. Ces derniers circulaient parfois vêtus de blanc en tenant un cierge, garçons et filles séparés. Certaines paroisses proches venant parfois en pèlerinage général, il arrivait qu’elles participent à la procession avec leur bannière, le baiser des croix et des bannières étant mentionné en 1657. Selon Patrick Huchet, environ soixante-dix paroisses assistaient au grand pardon au XIXe siècle. Aujourd’hui, ce pardon attire environ vingt mille pèlerins chaque année. Un autre usage, typiquement breton, était de cerner la chapelle du sanctuaire avec une longue corde de cire (le jour de la Sainte-Anne ?), qui était peut-être ensuite brûlée à l’intérieur de l’église. Cette tradition disparut après 1865, la nouvelle basilique étant trop grande pour un tel usage.

L'ÉDIFICE

Description :
La chapelle construite par Yves Nicolazic en 1625 étant dans un état déplorable (à la suite de la Révolution) et trop exiguë pour accueillir un grand nombre de pèlerins, l’évêque de Vannes Mgr Gazailhan (1863-1865) ordonna la construction d’une chapelle plus grande, qui fut débutée en décembre 1865, et consacrée le 15 septembre 1872. Elle est construite entièrement dans le style néogothique. Elle fut élevée au rang de basilique mineure en 1874. Une statue de sainte Anne en granite fut placée au sommet de son clocher. Cette statue a été descendue en 1972 (pour des raisons de sécurité) et remplacée par une autre en 1976. La basilique fut inscrite à l’inventaire des Monuments Historiques en 1975.
Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
  • Fontaines (?)
    La fontaine faisait déjà partie du paysage du hameau de Keranna avant les apparitions. Selon Georges Provost, elle aurait pu déjà bénéficier d'un culte modeste avant 1625. Dès les origines du pèlerinage, on lui attribua des guérisons miraculeuses. Une des premières personnes guéries ne fut autre que le recteur de Pluneret, qui retrouva l’usage de ses bras (alors paralysés) en s’y immergeant. Encore aujourd’hui, les pèlerins s’y lavent, s’y baignent ou boivent de son eau. La fontaine a été complètement reconstruite en 1900, dans le sillage de la reconstruction de la basilique. Cette nouvelle fontaine, composée de trois vasques, est surplombée d’une statue de sainte Anne trinitaire (statue de sainte Anne accompagnée de la Vierge Marie et de l’Enfant Jésus, son petit-fils).
  • Maisons de pèlerins (XVIIe siècle)
    À la sortie du sanctuaire, se trouvait la rue dite des Merciers, constituée à l’origine de quatorze maisons. Il s’agissait d’échoppes permettant aux pèlerins de ramener des souvenirs de leur pèlerinage (icônes, chapelets, médailles, livres pour les plus aisés), ainsi que de restaurants et d’auberges. L’originalité de ce complexe réside dans le fait qu’il était intégralement possédé par les Carmes, les aubergistes et vendeurs n’étant que locataires. Ils pouvaient alors éviter tout abus de pouvoir de la part de ces derniers et leur interdisaient d’y faire jouer de la musique ou d’accepter les jeux d’argent, pour conserver un climat de piété. Ce village fut peu à peu bouleversé par les constructions menées de façon aléatoire au XIXe siècle, les anciennes propriétés monastiques ayant été vendues. Il disparut totalement lors du réaménagement du sanctuaire dans les années 1860.
  • Autre (1628-1641)
    Les Carmes, qui géraient le sanctuaire depuis 1628, firent construire un monastère doté d’un cloître classique (1638-1641). Un chemin de croix fut installé dans ce cloître en 1828, ainsi qu’un crucifix provenant de Jérusalem. Les Carmes enfreignirent volontairement leur règle de clôture monastique en laissant ouvertes les ailes de cloître attachées à la chapelle de Nicolazic, pour permettre aux pèlerins de faire la circumambulation de celle-ci. L’essentiel des bâtiments conventuels fut inscrit à l’inventaire des Monuments Historiques en 1925, et le cloître classé en 1983.
  • Autel en plein air (1662)
    La chapelle de Nicolazic étant de dimensions modestes, les très nombreux pèlerins prenant part au pardon des 25-26 juillet étaient accueillis dans l’enclos, en plein air. Tout à l’ouest du sanctuaire fut installé un dispositif d’inspiration romaine : la Scala Sancta (1662). Il s’agit d’une grande tribune desservie par deux escaliers (à gauche et à droite) permettant de prêcher devant une foule nombreuse, ainsi que de leur distribuer l’Eucharistie sans chassé-croisé. Les communiants montaient par un escalier et descendaient par l’autre. Cette structure déplacée et reconstruite en 1871 fut inscrite à l’inventaire des Monuments Historiques en 1929.
  • Autre (1922-1932)
    Un monument aux morts dédié aux victimes bretonnes de la Première Guerre mondiale, le Mémorial de la Grande Guerre, fut construit et officiellement inauguré le 24 juillet 1932.
  • Autre (1961)
    Un cimetière dédié aux soldats de la Seconde Guerre mondiale (1939-1945) fut inauguré en 1961. Mille cent soldats d’origine bretonne y sont enterrés.
  • Autel en plein air (1997)
    Un an après la venue du pape fut inauguré l’« Espace Jean-Paul II » le 20 septembre 1997, construit grâce aux dons des pèlerins. Il s’agit d’une petite place ronde et pavée, entourée de douze colonnettes de granite, permettant le déroulement de célébrations ou de rassemblements en petit nombre. L’espace est bordé de pelouse et visuellement isolé par des arbres.
  • Statue (1999)
    Il s’agit d’une statue de sainte Anne et sainte Marie, supportée par une colonne. Elle est spécialement dédiée aux marins et se trouve sur l’esplanade qui est devant la basilique.
Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :

    HISTOIRE DU SANCTUAIRE

    Origines :
    Date de première mention : 1625
    Initiative de la fondation :
    • Laïc isolé
    Environnement institutionnel, politique et religieux :
    Les apparitions de Keranna surviennent dans le contexte de la Réforme catholique, entreprise à la suite du concile de Trente (1545-1563). De nombreux monastères d’ordres mendiants réformés virent le jour en Bretagne et dans le diocèse de Vannes, dont celui des Capucins d’Auray (créé en 1615). De plus, la fin du XVIe siècle et le début du XVIIe siècle correspondent à un regain de vitalité du culte de sainte Anne. En 1622, soit deux ans avant les premières apparitions, la fête de sainte Anne venait d’être rendue obligatoire et chômée. De nombreux miracles se sont également produits le jour de la fête du saint considéré. Ce fut le cas pour sainte Anne, qui fit sa première révélation à Nicolazic le 25 juillet, veille de sa fête.
    Phases d'évolution :
    La statue de sainte Anne fut, dès sa découverte l’objet d’un pèlerinage spontané. Tout près de Vannes, le sanctuaire de Keranna était situé à un endroit stratégique de la Bretagne, le long d’un axe de communication, à peu près à mi-chemin entre les confins du Léon et le sud de la Loire. Bien que son audience soit essentiellement bretonne, le pèlerinage de Sainte-Anne d’Auray eut dès ses origines un retentissement à l’échelle du royaume de France, puisque les rois et reines y eurent souvent recours pour la naissance des futurs dauphins. Ainsi, la reine Anne d’Autriche (1615-1643) fit une neuvaine adressée à sainte Anne d’Auray dès 1629, suivie par celles qui lui succédèrent en 1651, 1682 et 1729. Ce phénomène connut un petit sursaut durant la Restauration, avec les visites de la duchesse d’Angoulême (1823), puis de la duchesse de Berry (1828). Après la naissance du futur Louis XIV en 1638, le roi Louis XIII (1610-1643) fit don au sanctuaire d’une relique de sainte Anne provenant de sa chapelle privée. De plus, la confrérie de Sainte-Anne-d’Auray avait un recrutement essentiellement « élitiste et ultra-régional » (selon Georges Provost), rassemblant de nombreux membres de la famille royale et de la haute noblesse française. Sainte-Anne-d’Auray fut dès sa création, et encore aujourd’hui, le sanctuaire le plus fréquenté de Bretagne, avec cependant des périodes de déclin et de reprise (cf. la rubrique « Rayonnement »). La période 1625-1660 correspond à un spectaculaire essor pérégrin, alors que les années 1660-1700 montrent un recul de la fréquentation du sanctuaire, la grande majorité des pèlerins venant du diocèse de Vannes et se concentrant plus volontiers sur les grandes fêtes. Ce recul faisait partie d’une tendance générale propre à la Bretagne dans son ensemble, mais provenait aussi du fait que le sanctuaire d’Auray avait ouvert des sanctuaires « satellites » qui drainaient les pèlerins des parties les plus éloignées de la Bretagne, comme l’hôpital Sainte-Anne de Rennes ou le sanctuaire de Casson (Loire-Atlantique). De plus, les pèlerins éloignés avaient tendance à adresser leur vœu à sainte Anne chez eux, sans forcément se rendre à Auray. Après un regain au XVIIIe-XIXe siècles, quelque peu freiné par les événements révolutionnaires et la fermeture officielle du sanctuaire (1793-1800), le pèlerinage de Sainte-Anne d’Auray connut un nouvel essor grâce à l’arrivée du chemin de fer en 1862 (gare actuelle dite « Sainte-Anne »). La chapelle de Nicolazic fut alors détruite pour reconstruire une église capable d’accueillir des pèlerins en grand nombre (1865-1872). Cette nouvelle église reçoit le statut de basilique en 1877. À partir de la fin du XIXe siècle, le sanctuaire devint peu à peu la capitale spirituelle de la Bretagne. En juillet 1914, sainte Anne fut proclamée « Patronne de la Bretagne » au sanctuaire d’Auray. Un mémorial des soldats bretons de la Première Guerre mondiale fut inauguré en 1932 et un cimetière pour les soldats de la Seconde, en 1961. Aujourd’hui, le sanctuaire attire six à sept cent mille visiteurs par an, et son pardon environ vingt mille personnes. De nombreuses personnalités politiques et religieuses y vinrent en pèlerinage, comme l’empereur Napoléon III (1858), le président Mac-Mahon (1874), le Général de Gaulle (1947), le futur pape Jean XXIII (1949) ou encore le président Valéry Giscard d’Estaing (1977). En 1996, c’est le pape Jean-Paul II qui s’y rendit, attirant plus de cent mille personnes et donnant au sanctuaire une dimension internationale. Lors de la canonisation de Jean XXIII et Jean-Paul II, en avril 2014, une relique de ce dernier fut transférée au sanctuaire. La dimension culturelle du pèlerinage est illustrée par l’Académie de Musique et d’Arts sacrés dont les origines remontent à 1999.
    Evénements marquants :
    • Découverte (1625)
      Dans la nuit du 7 au 8 mars 1625, Yves Nicolazic aurait reçu une visite de sainte Anne lui disant d’aller chercher la statue à son effigie dans le champ du Bocenno. Il suivit alors le bras d’Anne, qui le guidait en tenant un cierge. Nicolazic prit quatre témoins avec lui, se rendit au Bocenno, et trouva la statue après avoir à peine commencé à creuser. Dès le 9 mars, la statue laissée sur place fit l’objet d’une vénération spontanée.
    • Installation des religieux (1627)
      Les Capucins d’Auray, auxquels la règle franciscaine interdisait de gérer un sanctuaire, transmirent la gestion du pèlerinage aux Carmes. La fondation de ce couvent eut lieu le 21 décembre 1627.
    • Neuvaine (1629)
      À partir de 1629, la reine de France Anne d’Autriche (1615-1643) fit une neuvaine à sainte Anne pour demander la naissance d’un fils.
    • Acte exceptionnel de dévotion (1634)
      À la suite de la peste de 1632, la paroisse de Pont-l’Abbé (Finistère) fit un pèlerinage général. Les paroissiens partirent donc en procession de leur ville jusqu’au sanctuaire, parcourant plus de cent kilomètres.
    • Translation (1639)
      Pour remercier de la naissance du futur Louis XIV, le roi Louis XIII (1610-1643) fit don au sanctuaire d’une relique de sainte Anne, provenant de sa propre chapelle.
    • Voeu collectif (1729)
      Pour demander la naissance d’un fils, la reine de France Marie Leczinska (1725-1768) fit un vœu à Sainte-Anne-d’Auray, repris sous forme de vœu collectif par la ville de Vannes.
    • Pèlerinage (1790)
      Pour demander à sainte Anne de lutter contre les lois révolutionnaires, le diocèse de Vannes effectua un pèlerinage général à Sainte-Anne-d’Auray.
    • Fermeture (1792-1800)
      Dès le 12 mai 1792, les processions collectives furent interdites. L’inventaire des biens des Carmes eut lieu en août et ceux-ci furent enlevés en septembre. Ce départ fut suivi par l’adjudication du couvent (avril 1793). L’église fut pillée par une cinquantaine de soldats en décembre 1794. Le site fut acheté par un particulier en 1796. Ce n’est qu’en avril 1800 que les églises du Morbihan purent rouvrir. Malgré l’interruption officielle, de nombreux pèlerins continuèrent à venir au sanctuaire, au grand dam des autorités et des républicains fervents.
    • Réouverture (1802)
      En août 1802, le sanctuaire est officiellement réouvert au culte catholique.
    • Transfert (1810)
      Mgr de Bausset, alors évêque d’Alès (1784-1824), achète personnellement le sanctuaire pour en assurer la propriété à l’Église.
    • Installation des religieux (1815)
      Le sanctuaire de Sainte-Anne-d’Auray est confié à des Jésuites.
    • Ouverture d'un séminaire (1815)
      En octobre 1815, un petit séminaire fut ouvert au sein du sanctuaire. Il fut fermé provisoirement (1906-1921), puis définitivement (1982). Pour les deux cents ans de son ouverture, ce séminaire fit l’objet d’un colloque qui s’est tenu au sanctuaire même : L’héritage du petit séminaire : 200 ans d’enseignement, de culture et d’art à Sainte-Anne-d’Auray (16-18 octobre 2015, sous la direction de Bertrand Frelaut et Georges Provost). Les actes en paraîtront courant 2018.
    • Transfert (1822)
      Le diocèse de Vannes devient officiellement propriétaire du sanctuaire.
    • Visite exceptionnelle (1823)
      La duchesse d’Angoulême (1778-1851), dernière fille du roi Louis XVI (1774-1792), vint à Sainte-Anne. Elle fit avec son mari Louis de France (fils de Charles X) le vœu d’avoir un enfant. Elle offrit au sanctuaire un ostensoir en or à cette occasion. Elle n’eut aucun enfant par la suite.
    • Transfert (1828)
      Le 1er octobre, les Jésuites laissèrent place à des prêtres séculiers (qui arrivèrent le 12 du même mois).
    • Visite exceptionnelle (1828)
      Cinq ans après la duchesse d’Angoulême, la duchesse de Berry (1798-1870), belle-fille du roi Charles X, vint à son tour en pèlerinage à Sainte-Anne-d’Auray. Elle offrit au sanctuaire une lampe d’argent qui fut accrochée dans l’église.
    • Visite exceptionnelle (1858)
      L’empereur Napoléon III (1852-1870) et l’impératrice Eugénie vinrent en pèlerinage à Sainte-Anne d’Auray.
    • Couronnement de la statue (1868)
      Suite à l’autorisation donnée par le pape Pie IX (1846-1878), la nouvelle statue de sainte Anne,  (inaugurée en 1825,) fut surmontée d’une couronne d’argent.
    • Visite exceptionnelle (1874)
      Patrice Mac-Mahon, alors président de la République (1873-1879), se rendit en pèlerinage à Sainte-Anne-d’Auray.
    • Consécration (1877)
      La nouvelle église du sanctuaire fut consacrée au titre de basilique par le pape IX (1846-1878).
    • Transfert (1890)
      Des reliques de sainte Anne provenant de Chiry-Ourscamp (Oise) furent transférées au sanctuaire.
    • Transfert (1893)
      Des reliques de sainte Anne venues de la basilique de Saint-Paul-Hors-les-Murs (Rome) furent transférées au sanctuaire.
    • Pèlerinage (1901)
      Vingt-cinq mille hommes du diocèse de Vannes vinrent en pèlerinage à Sainte-Anne-d’Auray pour manifester leur attachement à sainte Anne et leur opposition aux lois anticléricales de la IIIe République, dont la loi Ferry (1881) et la loi anti-congrégations (1884).
    • Fermeture (1906)
      À la suite de la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État, les inventaires du sanctuaire furent dressés dans un climat d’extrême tension, sous la garde de deux mille huit cents soldats, trois cents gendarmes et quatre-vingts agents de sûreté. Une première tentative avait eu lieu le 14 mars 1906, empêchée par un blocage de la part des fidèles. Dans le même temps, le petit séminaire fut fermé.
    • Consécration (1914)
      Sainte Anne fut officiellement proclamée « Patronne de la Bretagne » lors d’une fête à Sainte-Anne-d’Auray le 26 juillet 1914.
    • Massacres (1944)
      Le recteur de la paroisse de Sainte-Anne-d’Auray et l’économe du petit séminaire furent fusillés par les Allemands le 5 août 1944, qui tentèrent également de mettre le feu à la basilique. Les paroissiens parvinrent ensuite à le maîtriser assez rapidement. Il faut sûrement rattacher cet épisode aux représailles des nazis contre les civils lors de la Libération.
    • Pèlerinage (1946)
      Pèlerinage des anciens prisonniers et déportés.
    • Visite exceptionnelle (1947)
      Le Général de Gaulle (1890-1970) vint en pèlerinage à Sainte-Anne-d’Auray en 1947. Il est possible qu’il soit venu au nom de sa dernière fille nommée Anne (1928-1948), handicapée de naissance et qui mourut au début de l’année suivante.
    • Visite exceptionnelle (1949)
      Angelo Roncalli, futur pape Jean XXIII (1958-1963), préside les cérémonies de la Sainte-Anne en tant que nonce apostolique de France (1944-1953) le 26 juillet 1649.
    • Visite exceptionnelle (1996)
      Lors d’un voyage en France, le pape Jean-Paul II (1978-2005) se rendit le 20 septembre au sanctuaire de Sainte-Anne-d’Auray. Il s’agit de la première visite d’un pape dans ce sanctuaire, et plus largement en Bretagne.
    • Transfert (2014)
      Des reliques (cheveux) du pape Jean-Paul II furent transférées au sanctuaire de Sainte-Anne-d’Auray le jour de sa canonisation le 27 avril 2014.
    Rayonnement(s) :
    • National (1625 -> 1660)
      La période 1625-1660 correspondit à une phase d'émergence du sanctuaire, très encouragé par les dons de la famille royale française. Les Carmes construisirent le complexe permettant d’accueillir les pèlerins, dont l’infrastructure la plus significative est la Scala Sancta (achevée en 1662), depuis laquelle on peut célébrer des offices accueillant plusieurs milliers de personnes. La ferveur créée par l’invention de la statue et la figure de Nicolazic bénéficia au pèlerinage. En témoigne le nombre de miracles, qui atteignit son pic dans les années 1640-1650.
    • Régional (1660 -> 1700)
      Les années 1660-1700 montrent un net recul de la fréquentation du sanctuaire, la grande majorité des pèlerins venant du diocèse de Vannes. Ce recul faisait partie d’une tendance générale propre à la Bretagne dans son ensemble, mais venait aussi du fait que le sanctuaire d’Auray avait ouvert des sanctuaires « satellites » qui détournaient les pèlerins des secteurs les plus éloignées de la Bretagne, comme Rennes ou Casson (Loire-Atlantique). De plus, ceux-ci avaient tendance à adresser leur vœu à sainte Anne chez eux, sans forcément se rendre à Auray. Malgré ce recul, le sanctuaire resta le plus fréquenté de Bretagne.
    • National (1700 -> 1996)
      Après un regain au XVIIIe-XIXe siècle, quelque peu entravé par les événements révolutionnaires et la fermeture officielle du sanctuaire (1793-1802), le pèlerinage de Sainte-Anne d’Auray connut un nouvel essor grâce à l’arrivée du chemin de fer en 1862. La chapelle de Nicolazic fut alors détruite pour reconstruire une église capable d’accueillir davantage de pèlerins (1865-1872). Cette nouvelle église reçut le statut de basilique mineure en 1877. De nombreuses personnalités politiques et religieuses y vinrent en pèlerinage, comme l’empereur Napoléon III (1858), le président Mac-Mahon (1874) le Général de Gaulle (1947), le futur pape Jean XXIII (1949) ou encore le président Valéry Giscard d’Estaing (1977). À partir de la fin du XIXe siècle, ce sanctuaire devint peu à peu la capitale spirituelle de la Bretagne. En juillet 1914, sainte Anne fut proclamée « patronne de la Bretagne » au sanctuaire d’Auray. Un mémorial des soldats bretons de la Première Guerre mondiale y fut inauguré en 1932, et un cimetière pour les soldats de la seconde en 1961. Aujourd’hui, le sanctuaire attire environ six à sept cent mille visiteurs par an, et son pardon attire environ vingt mille personnes.
    • International (1996 -> 2018)
      En 1996, le pape Jean-Paul II se rendit en pèlerinage à Sainte-Anne-d’Auray, attirant plus de cent mille personnes. Lors de la canonisation de Jean XXIII et Jean-Paul II en avril 2014, une relique de ce dernier fut transférée au sanctuaire. Depuis, une partie des pèlerins de Sainte-Anne-d’Auray vient non seulement du reste de la France, mais aussi de divers pays d’Europe et du monde.

    RÉFÉRENCES

    Source(s) :
    Bibliographie :
    • PROVOST, G., «Dans les coulisses du pèlerinage : le village de Sainte-Anne d'Auray au XVIIIe siècle », in Mémoire de la Société d'Histoire et d'Archéologie de Bretagne (SHAB), 78, 2000, p. 133-162.
    • PROVOST, G.,, La fête et le sacré. Pardons et pèlerinages en Bretagne aux XVIIe et XVIIIe siècles, Paris, Le Cerf, 1998.
    • HUCHET, P., La grande histoire de Sainte-Anne d'Auray, Rennes, Éditions Ouest-France, 1996.
    • BULEON, J., LE GARREC, E., Sainte-Anne-d'Auray, Nouvelle histoire du pèlerinage, Vannes, Lafolye, 1912.
    Etude(s) universitaire(s) :
    • PROVOST, G., Le pèlerinage en Bretagne aux XVIIe-XVIIIe siècles, Thèse de doctorat, ss. dir de J. QUENIART, Rennes II, 1995.

    PHOTOGRAPHIES LIÉES

    Objet de dévotion :
    Edifice :
    Autre :
    • Carte localisant Saint-Anne d'Auray sur la carte des diocèses bretons - Maxime Bolard - 2017

    À PROPOS DE L'ENQUÊTE

    Enquêteur :
    • BOLARD / PROVOST Maxime / Georges
    Rédacteur :
    • BOLARD Maxime
    Date de l'enquête :
    1995/2017
    Date de rédaction de la fiche :
    2017
    Etat de l'enquête :
    En cours
    Pour citer cette ficheBOLARD Maxime, « Sainte-Anne-d'Auray », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
    url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/717/sainte-anne-dauray, version du 22/11/2017, consulté le 20/11/2018