INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Notre-Dame-de-l'Annonciation

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Notre-Dame-de-l'Annonciation
Période d'activité :
XIIIe siècle - 2017
Commune :
Bourg-en-Bresse
Département :
Ain
Clocher porche de l\'église Notre-Dame de Bourg

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Bourg-en-Bresse
Hameau/Lieu-dit :
Diocèse :
Actuel: Belley-Ars (1822 - 2017)
Ancien: Lyon (XIIIe siècle - 1822)
Paroisse :
Actuelle: Notre-Dame (1506 - 2017)
Ancienne: Brou (XIIIe siècle - 1506)
Compléments :

Bourg-en-Bresse a été tout au long de son histoire soumis à des changements de diocèse. Entre 1515 et 1516 puis entre 1521 et 1535, la ville fut érigée en chef-lieu du diocèse de Bourg-en-Bresse, amputation du diocèse de Lyon. Après l’annulation du diocèse, la ville est repassée dans le diocèse de Lyon, comme l’intégralité des paroisses qui le constituaient. Jusqu’en 1601, elle se trouve en territoire d’Empire, et plus particulièrement en terre savoyarde. Sous la Constituante, Belley devient évêché avec comme ressort tout le département de l’Ain, jusqu’au concordat de 1801 où le diocèse fut de nouveau rattaché à Lyon. Le diocèse de Belley est définitivement créé en 1822 par une bulle de Pie VII. Depuis 1988, afin d’honorer la mémoire du curé d’Ars, on lui adjoint la ville d’Ars.


La paroisse était située jusqu’en 1506 à l’extérieur du bourg, à Brou, dans un prieuré bénédictin dépendant de l’abbaye d’Ambronay (Ain). Avec la création du monastère d’Augustins, à la place du prieuré par Marguerite d’Autriche, le prieuré bénédictin disparut et Notre-Dame devint église paroissiale.

Site

Type de site :
Plaine
Altitude :
229 m
Compléments :
Située en Bresse, la cité s’étend sur un relief relativement peu élevé.

Paysage

Type de couvert végétal :
Type de l'habitat :
Ville
Type de proximités :
Prieuré
Compléments :
La ville, bourg au Moyen Âge, se trouve sur un axe de circulation entre Mâcon et Turin, mais aussi sur un axe secondaire vers la Suisse. L’église est située non loin des remparts. D'après la tradition, il s'agissait d'un site champêtre et marécageux. Le prieuré de Brou est établi à quelques centaines de mètres de Notre-Dame.

LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Notre-Dame-de-l'Annonciation (XIIIe siècle - 2017)
Type de lieu de culte :
Eglise paroissiale
Nom du lieu de culte :
Notre-Dame de l’Annonciation
Saints patrons :
  • Vierge Marie (XIIIe siècle - 2017)
Compléments :
L'église paroissiale Notre-Dame est devenue cathédrale, puis collégiale. Elle est aujourd'hui co-cathédrale.

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Vierge noire
Nature de l'objet :
Statue
Matériau de l'objet :
Bois
Dimensions de l'objet :
H : 66,5 cm ; l : 34 cm ; pr : 28 cm (dimensions avec sceptres) ; dimensions statue : H : 65 cm ; l : 25 cm ; pr : 18 cm
Emplacement :
La statue de la Vierge est placée dans une chapelle.
Datation de l'objet :
XVIIe siècle
Compléments :

Deux objets motivent en réalité le pèlerinage :  un tableau et une statue. Tous deux sont mentionnés dans les sources du XVe siècle (compte de fabrique des années 1444-1454 et inventaire des ornements et reliques de l’église en 1465), ainsi que les ornements de la statue. Le tableau figure une Vierge à l'Enfant assise sur un trône décoré de pommes de pin. L’Enfant est emmailloté et inexpressif. Cette scène est surmontée d’une crucifixion avec le Christ en croix entouré de la Vierge et de saint Jean. Le tableau (H : 68,7 cm; l : 46,2 cm pr = 5,8 cm, avec le cadre) est daté du XIVe siècle (école siennoise ou école de Cologne). Il était entouré d’un cadre d’argent, qui fut confisqué à la Révolution pour être fondu. Le tableau fut retrouvé cassé dans la sacristie par un ancien bedeau.


En 1802, un nouveau cadre fut réalisé en cuivre jaune et le tableau fit l’objet d’une première restauration. La statue est en noyer avec des ajouts en plâtre peint, et non pas en saule comme le veut la légende (cf. plus bas "légendaire"). Lorsqu’elle fut retrouvée, il fallut également la restaurer et reconstituer la tête ainsi que celle de l’Enfant et un bras. Afin de la rendre uniforme, elle fut recouverte d’un enduit noir, ce qui lui valut l’appellation de Vierge noire. Une datation au C14 l’a récemment datée de la fin du XVIIe siècle (vers 1695). Cette statue n'est donc pas celle qui correspond à la tradition. Elle possédait avant la Révolution une garde-robe et des bijoux (1681, legs pour l’achat d’ornements, 1714 don d’une bague à la Vierge ; elle disposait de 13 robes aux couleurs liturgiques et de deux couronnes). Ces objets ont été pillés pendant la Révolution. Au XIXe siècle, la garde-robe de la Vierge a été reconstituée (robes et couronnes pour la Vierge et pour l’Enfant, un manteau en 1870, 2 couronnes en 1881). L’ensemble fut authentifié par l’administrateur apostolique le 20 mars 1801. Tableau et statue sont inscrits depuis 1993.


LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :
Un berger découvrit dans une souche de saule un tableau de la Vierge à l’Enfant. Il décida de le remettre au prieur de Brou. Le lendemain, l’image avait disparu du prieuré et on la retrouva dans la même souche. On réitéra, mais à chaque fois elle revenait à cet emplacement. On interpréta le phénomène comme un choix du tableau qui souhaitait être exposé ici. On décida donc de construire une chapelle en l’honneur de la Vierge. Avec la souche, on sculpta une représentation de la Vierge à l’Enfant.
Miracles :
En 1342, Aymon, comte de Savoie, touché par une maladie grave, se rendit à Saint-Claude en vue de guérir ; mais rien ne se passa. Il se rendit à Notre-Dame de Bourg et promit deux cierges ardents à perpétuité devant l’image de la Vierge. Il fut guéri. Jusqu’en 1790, chaque année, une somme fut versée par les comtes puis ducs de Savoie pour honorer ce vœu. De plus, dans son testament, Aymon institua une grand’messe le 14 août, jour de sa guérison, avec un prédicateur qui devait faire un sermon sur les grâces obtenues par l’intercession de la Vierge. Le prédicateur recevait 10 livres et devait se tourner vers la Vierge pour faire son sermon (manuscrit de Samuel Guichenon).
Type(s) de motivation :
  • Piété
  • Voeu
Compléments :
La Vierge était invoquée lors des différents problèmes que rencontraient les habitants de Bourg, les épidémies mais aussi les problèmes climatiques (sécheresse) par exemple.
Recours :
  • Thérapie
  • Sécheresse
  • Epidémie
Compléments :
En 1288, la comtesse Sybille de Bâgé, épouse d’Amédée V, offrit une image de cire à l’autel de la chapelle de la Vierge de Bourg pour obtenir la guérison de son fils (Arch dép. Côte d’or, B 7081). En 1442, la peste frappa la ville ; le conseil de la cité décida d’instituer une procession entre Notre-Dame et l’église des Mineurs, chaque syndic portant un flambeau. En 1522, une grande procession fut organisée pour lutter contre la peste. Elle consistait en trois jours de procession dans les trois églises importantes de la ville : le 1er jour à Notre-Dame, le 2e jour à Saint-Antoine et le 3e jour chez les Cordeliers. Une procession et une messe avaient lieu chacun de ces jours. Les syndics décidèrent de verser chaque jour une livre de cierges.
Jour(s) de fête :
  • Annonciation
Type de fréquentation :
Annuel (= juste pour une fête)
Compléments sur les fréquentations :

Peu d’éléments sur la fréquentation. En dehors des grands moments qui rassemblent toute la ville, il est difficile d’avoir une idée précise de la participation. Lors des fêtes de la Vierge noire, la population de la ville se regroupait, cette fête étant devenue aussi la fête patronale de Bourg. Elle eut une grande importance dans la vie de la ville et de ses habitants. Ainsi, lors des conflits comme la guerre de 1870, les 1ère ou 2e Guerres mondiales, les habitants se tournèrent vers la Vierge.


Pratiques individuelles :
  • Prières
  • Actions de grâce
Pratiques en présence du clergé :
  • Processions
  • Messe
  • Ostension
  • Entretien de lampes
Ex voto :
  • Texte gravé (XXe siècle)
    Les plaques inscrites concernent surtout la fin du XIXe et le début du XXe.
Confrérie(s) :
  • Notre-Dame (?)
    En 1436, Eustache, confrère de Notre-Dame s’engagea à entretenir à perpétuité une lampe qui brûlerait jour et nuit.
Indulgence(s) :
    Compléments sur le culte :
    La fête célébrée le jour de l’Annonciation fut déplacée en 1655 au lundi de Quasimodo. En 1801, l’administrateur apostolique du diocèse demanda que le tableau ne fût exposé que la veille et le jour de l’Annonciation et interdit de l’exposer à d’autres fêtes ou lors de « calamités ». On transféra la fête en octobre dans les années 1990.

    L'ÉDIFICE

    Description :
    L’église est attestée au XIIIe siècle ; mais l’édifice a été reconstruit à la fin du XVe siècle et au début du XVIe siècle, par l’évêque de Nice Jean de Loriol. Les travaux se poursuivirent avec la création de l’évêché de Bourg. Une grande partie des dépenses furent prises en charge par les consuls, alors que la société de prêtres (prêtres remembranciers, chargés de célébrer des messes anniversaires pour les défunts), puis le chapitre de chanoines nouvellement érigé devaient verser 700 florins par an. L’église est constituée d’une nef principale et de deux collatéraux. Des chapelles qui existaient déjà dans l’ancienne église sont aussi reconstruites et cédées moyennant finances à des corporations, des confréries ou des particuliers. Il y a six chapelles de part et d’autre. La partie orientale de l’église se décompose en deux chapelles ouvertes sur l’abside et la travée de chœur. L’abside est composée de 5 pans coupés.
    Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
    • Hospices (?)
      Un hôpital Notre-Dame existait à quelques dizaines de mètres de l’église mais il est difficile de savoir si un lien a réellement existé entre ces deux institutions et, surtout, si la fondation de cet hôpital est liée au développement de la dévotion mariale.
    Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :
    • Chapelle (1802)
      Jusqu’à la Révolution et le vol de la statue et du tableau, la statue était exposée sur l’autel de la Vierge, placé au fond de l’abside. En 1802, on transféra l’autel de la Vierge dans une chapelle contiguë du chœur, située au sud-est (chapelle de la Vierge noire). Avant la révolution, cette chapelle était nommée "chapelle de Lancurat" sous le vocable du Saint-Esprit, Saint-Maurice et Saint-Thyrse, où officiaient les chanoines du chapitre. Dans les années 1860, la chapelle fut complètement réaménagée par le curé Huet afin d’offrir un lieu à la dévotion à la statue de la Vierge.

    HISTOIRE DU SANCTUAIRE

    Origines :
    Date de première mention : 1342
    Initiative de la fondation :
    • ?
    Environnement institutionnel, politique et religieux :

    C'est en 1258 qu'est mentionnée pour la première fois l’église, dans le testament de Jacques de la Tour du Pin. À cette époque, Bourg dépend des sires de Bâgé. En 1272, Bourg entre dans les terres de Savoie par le mariage de Sybille de Bâgé avec le futur comte Amédée V. En 1332 apparaît pour la première fois une mention d'une dévotion à la Vierge avec le comte Aymon.

    Entre 1536 et 1559,  la Bresse est occupée par la France. Celle-ci entre définitivement dans le royaume de France en 1601.
    Phases d'évolution :
    Les phases d'évolution ou de déclin du pèlerinage ne sont pas connues.
    Evénements marquants :
    • Construction (XVIe siècle)
      Construction de l’église.
    • Changement (1515)
      En 1515, l’église est érigée en cathédrale, supprimée en 1516, et à nouveau érigée en cathédrale de 1521 à 1535. La bulle d’érection mentionne l’ymago de la Vierge comme ayant la réputation d’être miraculeuse « (…) devota parrochialis ecclesia dedicata sub invocatione B. Marie Virginis, cujus ymago, ut fama est, miraculose inibi reperta extitit, et cujus meritis, et intercessione altissimus in dies quam plura ibi operari dignatur miracula (…) » (ASV, Reg. Vat. 1031, f°269r°).
    • Pillage (1792)
      La statue et le tableau sont vandalisés.
    • Authentification (1801)
      L’ensemble constitué par le tableau et la statue est authentifié par l’administrateur apostolique le 20 mars 1801.
    Rayonnement(s) :
    • Local (XIIIe siècle -> 2017)
      Le rayonnement du pèlerinage est assez limité et concerna essentiellement la Bresse.

    RÉFÉRENCES

    Source(s) :
    Bibliographie :
    • VANDENBEUSCHE, Marie-Claude, VIGOUREUX, Claude , Notre-Dame de Bourg au fil des jours, Bourg-en-Bresse, 2006.
    • BROSSARD, Joseph, Regeste ou mémorial historique de l'église Notre-Dame de Bourg, Bourg-en-Bresse, 1897.
    • BAUX, Jules, Notice descriptive et historique sur l'église collégiale et paroissiale de Notre-Dame de Bourg, Bourg-en-Bresse, Martin-Bottier libraire et imprimeur, 1849.
    • BARD, Joseph, Notre-Dame de Bourg, Bourg-en-Bresse, imprimerie de Milliet-Bottier, 1848.
    Etude(s) universitaire(s) :

    PHOTOGRAPHIES LIÉES

    Objet de dévotion :
    • Tableau de la Vierge à l'Enfant - H. Chopin - 2017
    • Tableau de la Vierge à l'Enfant - H. Chopin - 2017
    Edifice :
    • Clocher porche de l'église Notre-Dame de Bourg - H. Chopin - 2017
    • Chapelle de la Vierge noire - H. Chopin - 2017
    Autre :
    • Ex-voto dans la chapelle de la Vierge - H. Chopin - 2017

    À PROPOS DE L'ENQUÊTE

    Enquêteur :
    • CHOPIN Hervé
    Rédacteur :
    • CHOPIN Hervé
    Date de l'enquête :
    2017
    Date de rédaction de la fiche :
    2017
    Etat de l'enquête :
    En cours
    Pour citer cette ficheCHOPIN Hervé, « Notre-Dame-de-l'Annonciation », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
    url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/715/notre-dame-de-lannonciation, version du 27/10/2017, consulté le 24/11/2017