INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Notre-Dame-des-Malades

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Notre-Dame-des-Malades
Période d'activité :
1608 - 1793
Commune :
Ornans
Département :
Doubs

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Ornans
Hameau/Lieu-dit :
Gradion
Diocèse :
Actuel:
Ancien: Besançon (1608 - 1793)
Paroisse :
Actuelle:
Ancienne: Saint-Laurent (1608 - 1793)

Site

Type de site :
Vallée
Altitude :
380 m
Compléments :

La chapelle se trouvait à l’écart de la ville d’Ornans, sur la route de Besançon, dans la vallée de la Loue.


Paysage

Type de couvert végétal :
Espace cultivé
Type de l'habitat :
Lieu isolé
Type de proximités :
Axe de circulation
Cours d'eau
Compléments :

Cette chapelle de léproserie était située à proximité de la route de Besançon, localisation fréquente de ces établissements, construits à distance des habitations mais proches de voies de circulation pour permettre aux ladres de solliciter des dons ou aumônes. Elle a aujourd’hui disparu, démolie en 1793, mais il semblerait qu’elle était située sous les vignes de Gradion (d’après un acte de 1681, Suchet, p. 32), non loin de la Loue, et comme le montre la carte de Cassini (XVIIIe s.), qui indique encore le lieu sous l’appellation de N(otre) D(ame).


LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Notre-Dame-des-Malades (1608 - 1793)
Compléments :

Le sanctuaire était déjà connu sous cette appellation avant l’arrivée d’une statuette taillée dans le chêne de Montaigu, en raison de la léproserie qui existait en ce lieu. Le nom a persisté jusqu’à la disparition de la chapelle à la Révolution.


Type de lieu de culte :
Chapelle
Nom du lieu de culte :
Notre-Dame-des-Malades
Saints patrons :
  • Vierge Marie (XIIIe siècle - 1793)
Compléments :

Cette chapelle était à l’origine celle d’une léproserie. Située à l’extérieure de la ville, en direction du Nord-Ouest, elle remonterait au XIIIe siècle. Elle était en ruine au début du XVIe siècle, mais fut restaurée par les habitants d’Ornans. Elle n’avait plus dès lors la vocation unique d’abriter les lépreux puisque son cimetière était utilisé également pour inhumer les pestiférés, les condamnés ou les étrangers morts à Ornans. Elle a été détruite à la Révolution.


L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Notre Dame
Nature de l'objet :
Statue
Matériau de l'objet :
Bois
Dimensions de l'objet :
H : 8 cm ; l : 2,5 cm ; pr : 2 cm
Emplacement :
La statuette était placée dans la chapelle Notre-Dame des Malades, dans un tabernacle, détruit à la Révolution et remplacé par un autre, de même facture, lorsque l’objet fut déplacé en l’église paroissiale.
Datation de l'objet :
XVIIe siècle
Compléments :

La statuette aurait été offerte aux habitants d’Ornans par l’archiduc Albert lui-même ou rapportée par les habitants, qui avaient de fréquents rapports avec les Pays-Bas. Il s’agit d’une Vierge Marie, portant l’enfant Jésus sur son bras gauche. Jusqu’en 1976, la Vierge et l’Enfant étaient couronnés. La statuette est actuellement conservée dans un reliquaire-monstrance du XIXe siècle, en l’église paroissiale Saint-Laurent d’Ornans.


LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :

Le chêne de Montaigu, en Brabant, (Belgique actuelle), était depuis la fin du XVIe siècle le lieu d’un grand pèlerinage qui avait conduit à la construction d'un vaste oratoire, à partir de 1609, à Montaigu-Scherpenheuvel. Une statuette de la Vierge, suspendue à cet arbre, y aurait dispensé de nombreux bienfaits. Lorsque l’on dut abattre le chêne, son bois servit à fabriquer de multiples statuettes, aux vertus elles aussi réputées miraculeuses, et distribuées dans toute l’Europe. L’archiduc et l’archiduchesse des Flandres, Albert et Isabelle, avaient une dévotion toute particulière pour la Vierge de Montaigu et favorisèrent le développement de ce culte en Franche-Comté, dont ils étaient les gouverneurs.

Miracles :
Type(s) de motivation :
  • Action de grâce
  • Piété
  • Voeu
Recours :
  • Epidémie
  • Epizootie
  • Grâce particulière
  • Pluie
  • Répit
  • Sécheresse
  • Thérapie
  • Voeu
  • Biens de la terre
Compléments :

La pratique du répit dans ce sanctuaire, à l’époque de l’ermite Broichot, a été combattue par les autorités diocésaines. Elle ne semble pas avoir persisté après le départ de l’ermite et son remplacement par un chapelain.


Notre Dame de Montaigu ou des Malades était invoquée dans les contextes climatiques défavorables, en cas de menaces sur les récoltes ou le bétail, d’épidémie, soit dans l’église paroissiale où la statuette était alors transportée, soit dans la chapelle où l’on disait un triduum. Un registre du conseil municipal de 1660 mentionne également le cas de « possédés » venus faire une neuvaine devant l’image de la Vierge. En période de troubles ou de guerres, on allait également invoquer Notre Dame des Malades.



 


Jour(s) de fête :
    Type de fréquentation :
    Continu
    Pratiques individuelles :
    • Prières
    • Dons
    • Voeux
    • Offrir
    • Litanies
    Pratiques en présence du clergé :
    • Prières
    • Processions
    • Messe
    • Neuvaines
    Ex voto :
    • Métal (XVIIe siècle)

      Anne Grospain, d’Ornans, donna un calice d’argent (Suchet, p. 11, d’après un inventaire de 1622).

    • Métal (XVIIe siècle)

      Le sieur Maillot, de Vuillafans, offrit un « petit tabernacle doré dans lequel l’on souloit entreposer l’image de Notre-Dame de Montaigu, et où estoient dépeintes ses armes » (Suchet, p. 11, d’après un inventaire de 1622 ).

    • Métal (XVIIe siècle)

      Le prieur de Mouthier, M. de Montfort, offrit une « large lampe d’argent, avec trois chaînons aussi d’argent, en laquelle étoient gravées ses armes » (Suchet, p. 11, d’après un inventaire de 1622).

    • Cire (XVIIe siècle)

      Parmi les biens dérobés par Broichot et ses complices (voir plus bas contexte "Histoire") figuraient des cierges pesant jusqu’à 45 livres.

    • Métal (XVIIe siècle)

      Parmi les biens dérobés par Broichot et ses complices figuraient également deux tableaux de velours noir garnis de cœurs, bagues, croix, images de Notre Dame en or et en argent.

    • Tableau (XVIIe siècle)

      Parmi les biens dérobés par Broichot et ses complices figurait aussi un tableau en argent représentant Notre Dame et un personnage à genoux.

    • Métal (XVIIe siècle)

      Un inventaire de 1622 fait état de nombreux autres ex-voto, chapelets, main d’argent gravée au nom du donateur, soleil d’argent, image d’argent représentant un petit enfant, etc, de même que des délibérations de 1672, 1679, 1683 et qu’un inventaire de 1686.

    Confrérie(s) :
      Indulgence(s) :
        Compléments sur le culte :

        Les dons émanant des grandes familles de la Comté semblent avoir été importants. Suchet, se fondant sur les inventaires conservés dans les archives de la ville d’Ornans, rapporte que 32 bienfaiteurs principaux sont consignés dans ces registres pour avoir fait des fondations en terre ou en argent à Notre-Dame des Malades (Suchet, p. 18). En 1628, eut lieu une grande procession avec l’institution par le magistrat de la ville d’une neuvaine en raison « de l’injure du temps et cherté des vivres ». On y célébra chaque jour la messe, et le mayeur de la ville devait offrir, chaque jour également, un cierge d’une livre à faire brûler devant l’image de Notre Dame. En 1629, le magistrat de la ville demanda la protection de Notre-Dame des Malades alors que la peste sévissait dans la région. En 1642, un an après le saccage de la région par les troupes de Bernard de Saxe-Weymar, eut lieu une procession générale à Notre-Dame des Malades pour remercier la Vierge Marie de sa protection après l’invasion des troupes suédoises et lui demander sa protection à venir.

        Il apparaît qu’après la période particulière durant laquelle l’ermite Broichot eut la main sur le culte de l’image de la Vierge de Montaigu, c’est le magistrat de la ville qui organisait les manifestations de la dévotion à Notre Dame, que ce soit à la chapelle ou lors des processions et neuvaines qui avaient lieu en ville. Il autorisait également de façon exceptionnelle le chapelain à apporter l’image aux malades qui ne pouvaient pas se déplacer. Cette dévotion a pris, selon toute apparence, une dimension civique importante.

        L'ÉDIFICE

        Description :

        La chapelle était de style ogival, dotée d’une nef et d’un chœur que séparait une balustrade. Elle était couverte de laves. Restaurée au début du XVIe siècle, elle le fut à nouveau dans le premier quart du XVIIe siècle par le premier chapelain François Chapusot, puis dans le courant du XVIIe et du XVIIIe siècle.

        Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
        • Autre (?)

          Un cimetière pour les lépreux puis les pestiférés, indigents, étrangers, et mort-nés, était contigu à la chapelle.

        Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :
        • Autel (?)

          En plus de l’autel principal, la chapelle comptait deux autels latéraux.

        HISTOIRE DU SANCTUAIRE

        Origines :
        Date de première mention : 1608
        Initiative de la fondation :
          Environnement institutionnel, politique et religieux :

          La chapelle Notre-Dame des Malades était celle d’une léproserie, fondée probablement au XIIIe siècle, comme il s’en trouvait aux abords des villes, en Franche-Comté et ailleurs. Une statue de la Vierge en pierre y était déjà vénérée. Au début du XVIe siècle, la chapelle était dans un piètre état ; elle fut donc restaurée par la population et consacrée le 24 juin 1519. Au début du XVIIe siècle, alors que le bâtiment de la léproserie avait disparu, un ermite, Anselme Broichot, demanda au magistrat de la ville la permission de fonder un ermitage près de cette chapelle et d’entretenir l’édifice. Dans le même temps (avant ? après ? concomitamment ?), une statuette de Notre Dame de Montaigu arriva à Ornans et fut placée dans la chapelle, ce qui relança selon toute probabilité la dévotion à la Vierge et impulsa une nouvelle vitalité à ce qui avait sans doute déjà été un pèlerinage (d'après Suchet, des processions avaient déjà lieu à destination de cette chapelle). Il est difficile, au vu de l’imprécision de la date d’arrivée de l’ermite et de celle de la statuette, et de la voie par laquelle cette dernière est arrivée, de dire à qui revient l’initiative de ce pèlerinage. Le magistrat de la ville en est-il à l’origine ? L’ermite a-t-il joué un rôle dans l’acquisition de cette « image » ?

          Après la période durant laquelle l’ermite entretint la chapelle et s’occupa du culte de Notre-Dame des Malades, un chapelain désigné par le magistrat d’Ornans fut en charge du lieu et de la dévotion à Notre-Dame. Toutefois, vers 1686, la collation de la chapelle fut contestée par l’ordre hospitalier des chevaliers de Saint-Lazare, qui avait entreprit de faire valoir des droits sur les propriétés et revenus des anciennes léproseries. Après un premier arrêt défavorable au chapelain, celui-ci quitta ses fonctions et le magistrat d’Ornans fit transporter la statuette en l’église paroissiale. Au terme d’un long procès, la ville d’Ornans eut gain de cause. Le chapelain, qui s’était retiré, fut remplacé, et le pèlerinage repris. La dévotion à la Vierge, déjà prégnante à Ornans, fut encore renforcée au XVIIIe siècle avec la fondation, dans l’église paroissiale, de quatre chapelles dédiées à la Vierge, ainsi que d’une autre chapelle dédiée à la Vierge et d’une confrérie de l’Immaculée Conception au couvent des Ursulines de la ville.

          Phases d'évolution :

          Avant l’arrivée de la statuette taillée dans le chêne de Montaigu, on conservait déjà dans la chapelle une statue de Notre-Dame, en pierre. On faisait des processions générales à cette chapelle, l’une d’elles notamment pour célébrer la défaite des troupes d’Henri IV : cette procession se serait perpétuée jusqu’après la conquête de la Comté par les français au XVIIIe s.

          Dès l’arrivée de la statuette de la Vierge de Montaigu, la chapelle fut en tout cas (à nouveau ?) fréquentée par des pèlerins ou paroissiens venus demander des faveurs à la Vierge. De nombreux ex-voto auraient été offerts à la chapelle. Mais deux ans seulement après l’arrivée de la statuette, l’ermite qui s’était installé à proximité fut contesté par le magistrat d’Ornans, qui lui reprochait des pratiques douteuses. Ce dernier avait pourtant été autorisé à s’adjoindre un co-adjuteur « pour satisfaire aux pieuses intentions des personnes venant en pèlerinage et dévotion ». Mais l’ermite Broichot prenait, semble-t-il, des libertés – avec les ornements de la chapelle ou les ex-voto, en exposant à son gré la statuette hors de son tabernacle, en la plongeant dans l’eau bénite à laquelle il attribuait ensuite des vertus merveilleuses, en prêtant la statuette aux familles, en permettant le baptême d’enfants mort-nés et en autorisant leur inhumation dans le cimetière jouxtant la chapelle, en publiant des miracles qui n’avaient pas été reconnus par les autorités diocésaines – tant et si bien que l’archevêque Ferdinand de Rye prit des mesures contre ces pratiques superstitieuses et excessives (décret de visite daté de 1615 et acte d’accusation contre Broichot daté de 1619, archives municipales d’Ornans). L’affaire ne s’arrêta pourtant pas là car, dans la nuit du 10 août 1619, des complices de Broichot arrivèrent à l’ermitage « armés de pistolets et aultres armes, par intelligences qu’ils avoient avec frère Anselme Broichot résidant en la chapelle, pour distraire et enlever, selon qu’on a heu adverstissement, les ornements et choses plus précieuses y ouffertes dès plus de dix ans encea » (Suchet, p. 13, d’après une délibération municipale du 17 août 1619). Les cavaliers complices de Broichot venaient de Gray,  où une statuette taillée elle-aussi dans le chêne de Montaigu serait parvenue en 1613 (voir fiche Notre-Dame de Gray). Ils ne purent emporter l’intégralité du butin mais emmenèrent la statuette de Notre Dame. Aussitôt, les habitants d’Ornans se mobilisèrent et deux émissaires furent envoyés à Gray auprès du comte de Champlitte, gouverneur de la Province, tandis qu’un autre était envoyé auprès de l’évêque, et qu’une troisième délégation se rendait à Dole pour informer la cour du parlement du forfait qui venait d’être commis. Les complices de Broichot furent arrêtés, et on retrouva rapidement la statuette à Besançon. Une procession générale des habitants d’Ornans fut organisée pour aller la récupérer. De retour à Ornans, elle fut confiée à la garde du vicaire d’Ornans, François Chapusot, qui fut désigné chapelain de Notre-Dame, érigée en bénéfice sous le nom de Notre-Dame des Malades. Broichot fut, quant à lui, condamné à demeurer dans les prisons de l’archevêque et à resituer les biens dérobés.

           

          Notre-Dame des Malades fut invoquée ensuite en période de guerre et de peste, dans les années 1630-1640. Son culte, autorisé par l’archevêque Ferdinand de Rye, le fut à nouveau par son successeur Claude d’Achey, en 1640, lequel obligea même le curé de la paroisse et les familiers à assister à des prières publiques devant la statuette, en raison « des nécessités présentes » (Suchet, p. 23).

           

          Au XVIIe siècle, la dévotion à Notre-Dame des Malades avait atteint une notoriété suffisante pour être mentionnée par le père Poiré, en 1630, dans sa Triple couronne de la Mère de Dieu, par Dom S. Gody, auteur d’une Histoire de Notre-Dame de Mont-Roland, en 1651, ou encore par Jacqueline Bouette de Blémur, en 1681, dans les Grandeurs de la Mère de Dieu. Dès les années 1670, d’après Suchet, les images de Notre Dame des Malades étaient répandues dans les foyers.

           

          Après la conquête de la province par la France, la dévotion à Notre Dame des Malades se poursuivit. Un nouveau chapelain, Othenin Clément, s’attacha à embellir la chapelle, de même que l’un de ses successeurs à la toute fin du XVIIe siècle, et un autre dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. D’après les archives de la ville, les processions et neuvaines à Notre-Dame des Malades se poursuivirent jusqu’à la Révolution. C’est en 1793 (?) que la chapelle, vendue comme bien national, fut détruite. Après cette démolition, la statuette fut transportée définitivement en l’église paroissiale d’Ornans, où on la portait encore processionnellement autour de l’église les premiers dimanches du mois. Après la fondation par un curé d’Ornans, M. Bonnet, d’une archiconfrérie du cœur de Marie, la dévotion à Notre Dame des Malades en fut ranimée. On perpétua même, selon Suchet (p. 38), l’habitude de porter en procession chaque année la Vierge de Montaigu sur les lieux de l’ancienne chapelle. En mémoire de la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception par Pie IX en 1854, deux fidèles d’Ornans, Charles Guyot de Vercia et son épouse Élise, firent confectionner, en 1860, un nouveau reliquaire d’argent, qui est celui dans lequel la statuette est aujourd’hui encore conservée.

          Evénements marquants :
          • Arrivée de l'objet de dévotion (1608)

            La statuette taillée dans le chêne de Montaigu arrive à Ornans en 1608, on ne sait précisément grâce à qui.

          • Disparition de l'objet de dévotion (1619)

            Le 10 août 1619, l’ermite de la chapelle Notre-Dame des Malades et des complices de Gray dérobent des ex-voto de la chapelle ainsi que la statuette de Notre Dame.

          • Restitution de l'objet de dévotion (1619)

            Le 22 août 1622, quelques jours après le vol de la statuette, celle-ci est retrouvée et ramenée en procession de Besançon à Ornans.

          • Acte exceptionnel de dévotion (1619)

            Christophe de Rye de La Palud, marquis de Varembon (la famille de La Palud avait déjà une dévotion particulière à la Vierge, voir fiche Notre-Dame-de-Consolation à Consolation-Maisonnettes ) offre la somme de 50 écus pour la dotation de la chapelle, afin d’obtenir l’intercession de la Vierge pour la santé de son épouse. Il offre également un reliquaire d’argent, orné des armes de la famille de Rye, pour y placer la statuette. Ce reliquaire est mentionné dans deux inventaires, de 1622 et 1659, et aurait été remplacé à la Révolution par un reliquaire en bois (Suchet, p. 17).

          • Restauration (1620)

            Vers 1620, le premier chapelain François Chapusot, fait restaurer la chapelle et relever les murs du cimetière des pestiférés.

          • Épidémie (1629)

            Face à l’épidémie de peste qui sévit dans toute la Franche-Comté, les habitants d’Ornans se vouent à Notre-Dame des Malades. Une cérémonie a lieu le jour de Pâques 1629 en présence du magistrat d’Ornans. La ville fait le vœu d’une procession générale et d’offrir un cierge de cinq livres à la Vierge miraculeuse pour sa protection (quatre exemplaires de ce vœu du 7 avril 1629 seraient conservés aux archives municipales d’Ornans, Suchet, p. 20).

          • Épidémie (1632)

            Après le premier vœu, la ville semble avoir été épargnée 3 ans, jusqu’en 1632, date à laquelle la peste est aux portes de la ville. Le magistrat décide alors d’organiser deux nouvelles processions, l’une à Notre-Dame des Malades, l’autre au couvent des Minimes de la ville. Jusqu’en 1635, les délibérations municipales consignent la protection de la ville grâce à l’intercession de Notre Dame. La peste ravage cependant Ornans en 1636 (d’après un registre de naissance (!), 1400 personnes auraient péri, Suchet, p. 22).

          • Mise à l'abri de l'objet de dévotion (1636)

            En plus du fléau de la peste, celui de la guerre menace la région, qui est en effet envahie par les troupes françaises et leurs alliés en 1636. La crainte des pillages engage les habitants d’Ornans, par délibérations municipales des 25 avril et 25 mai, à mettre à l’abri les biens précieux de leur ville. Ils transportent au château voisin de Scey la statuette de Notre Dame. Les objets précieux sont déposés dans la tour Saint-Denis, dont la porte est murée. Ils y demeurent jusqu’en 1637.

          • Mise à l'abri de l'objet de dévotion (1647)

            Durant l’invasion des troupes françaises et de leurs alliés, la statuette et son tabernacle sont mis à l’abri chez Mgr Saulnier, évêque d’Andreville et suffragant de Besançon, qui résidait à l’abbaye Saint-Vincent à Besançon. On restaure la chapelle qui avait souffert de la guerre et l’évêque rapporte la statuette, qui est translatée dans la chapelle Notre-Dame des Malades.

             

          • Acte exceptionnel de dévotion (1648)

            Pour la première fois, en 1648, la statuette est exposée durant huit jours en l’église paroissiale d’Ornans. À compter de ce jour, la statuette est exposée chaque année en l’église paroissiale. Une procession générale avait lieu, les filles devaient être vêtues de blanc, les commerçants et artisans devaient fermer boutique, sous peine d’amende. La procession était illuminée par deux flambeaux fournis par la ville et se rendait à la chapelle, où le chapelain remettait la statuette au curé. De retour à l’église paroissiale, la châsse et la statuette étaient placées sur l’autel où elles restaient neuf jours, durant lesquels avaient lieu des messes le matin et des litanies le soir, ainsi que des bénédictions des fidèles avec la statuette. Ces neuvaines se seraient perpétuées jusqu’à la Révolution (Suchet, p. 25, d’après les délibérations municipales).

          • Mise à l'abri de l'objet de dévotion (1668)

            Lorsque les soldats de Louis XIV entreprennent la conquête de la Franche-Comté, le magistrat d’Ornans met une nouvelle fois à l’abri l’image de Notre Dame en l’envoyant à l’abbaye Saint-Vincent à Besançon. Le traité d’Aix-la-Chapelle, signé le 2 mai, restitue la Franche-Comté à l’Espagne. Le 21 juin, les habitants d’Ornans et de onze villages voisins se rendent à Besançon pour reprendre possession de leurs reliques et de leur Vierge de Montaigu. Après une procession qui les conduit en la chapelle du Saint-Suaire à l’église Saint-Étienne de Besançon, où la statuette est déposée sur l’autel et entourée de huit flambeaux, ils ramènent leur précieuse image en sa chapelle (Suchet, p. 28-29).

          • Guerres (1674)

            Lors de la seconde invasion des troupes françaises qui sonne le rattachement définitif de la Comté au royaume de France, on expose trois jours durant la statuette en la paroissiale, en disant des messes et des litanies pour le maintien de la province dans le royaume d’Espagne.

          • Destruction (1793)

            La chapelle est confisquée comme bien national, puis détruite. La statuette est sauvée et remise à l’église paroissiale d’Ornans.

          Rayonnement(s) :
          • Local (1608 -> 1793)

            Le pèlerinage semble avoir concerné essentiellement les fidèles d’Ornans et des villages environnants de la vallée de la Loue.

          Compléments :

          En l’état actuel de nos recherches, nous ne sommes pas renseignés sur la poursuite d’un véritable pèlerinage après la translation de la statuette en l’église paroissiale ; mais la dévotion autour de la l’image de Notre Dame semble bien avoir perduré au moins encore au XIXe siècle.


          Il est à souligner qu’un grand pèlerinage marial est né au début du XIXe siècle, à très courte distance de l’emplacement de l’ancienne chapelle Notre-Dame des Malades, à Scey-Maisières (voir cette fiche).


          RÉFÉRENCES

          Source(s) :
          • Site internet (1976)

            Base Palissy : description par l’Inventaire général du reliquaire monstrance de 1860 et de la statuette du XVIIe siècle.

          • Archives

            Les archives municipales d’Ornans, dont sont tirées les informations de l’ouvrage du chanoine Suchet, sont déposées à la médiathèque d’Ornans.

          Bibliographie :
          • FERRY, M. abbé, Vierges comtoises. Le culte et les images de la Vierge en Franche-Comté en particulier dans le diocèse de Besançon, Besançon, André Cart, 1946, p. 36-37.
          • HAMON, A. J. M., Notre Dame de France ou histoire du culte de la Sainte Vierge en France, 6e volume, Paris, 1866, p. 275-280.
          • SUCHET, chanoine Jean-Marie, Histoire de Notre-Dame des Malades à Ornans, Besançon, impr. J. Jacquin, 1865.
          • POIRÉ, François, La triple couronne de la Bienheureuse Vierge Marie, Paris, 1630, p. 199.
          • HAMELIN, Liliane, «Le reliquaire-monstrance dit de Notre-Dame des Malades », in Trésors d'argent. Les Froment-Meurice, orfèvres romantiques parisiens, Exposition Paris, Musée de la Vie romantique 4 février-15 juin 2003, p. 172-175.
          Etude(s) universitaire(s) :

          PHOTOGRAPHIES LIÉES

          Objet de dévotion :
          Edifice :
          Autre :

          À PROPOS DE L'ENQUÊTE

          Enquêteur :
          • BULLY Aurelia
          Rédacteur :
          • BULLY Aurelia
          Date de l'enquête :
          2017
          Date de rédaction de la fiche :
          2017
          Etat de l'enquête :
          En cours
          Pour citer cette ficheBULLY Aurelia, « Notre-Dame-des-Malades », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
          url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/705/notre-dame-des-malades, version du 06/06/2017, consulté le 19/08/2017