INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Notre-Dame-des-Jacobins-(n°1)

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Notre-Dame-des-Jacobins-
Période d'activité :
1633 - 1790
Commune :
Besançon
Département :
Doubs
Détail d\'une vue de Besançon à vol d\'oiseau, couvent des Jacobins, dessin, vers 1710, BmB, Yc.Bes.A1.8

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Besançon
Hameau/Lieu-dit :
Faubourg Rivotte
Diocèse :
Actuel: Besançon (1633 - 1790)
Ancien:
Paroisse :
Actuelle:
Ancienne:

Site

Type de site :
Rive de cours d'eau
Altitude :
246 m
Compléments :

Le couvent des Jacobins était situé au faubourg, dit Rivotte, à l'intérieur de la boucle du Doubs, au pied du Mont Saint-Étienne. Il a été démoli au XIXe s. et il n’en reste aujourd’hui qu’une porte.


Paysage

Type de couvert végétal :
Type de l'habitat :
Faubourg
Type de proximités :
Axe de circulation
Cathédrale
Cours d'eau
Compléments :

Le couvent était situé dans une zone de la ville densément peuplée déjà au XVIIe s.


LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Notre-Dame-des-Jacobins- (1633 - 1790)
Compléments :

Ce pèlerinage tient son nom d’un tableau de la Vierge à l’Enfant, réputé miraculeux, conservé au couvent des Jacobins de Besançon depuis 1633 et jusqu’à sa dissolution en 1790 (voir fiche Notre-Dame-des-Jacobins n°2).


Type de lieu de culte :
Couvent
Nom du lieu de culte :
Jacobins
Saints patrons :
Compléments :

Les Dominicains s’établirent à Besançon vers 1223. Ils favorisèrent dans leur couvent le culte de la Vierge, et particulièrement celui du Rosaire au XVe s. C’est cette dévotion à la Vierge qui est à l’origine du don du tableau de la Vierge à l’Enfant au couvent par un prête comtois, Claude Ménetrier.


L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Notre Dame des Jacobins
Nature de l'objet :
Peinture sur toile
Matériau de l'objet :
Autre
Dimensions de l'objet :
H : 75 cm ; l : 62 cm
Emplacement :
Le tableau fut placé, lors de son arrivée au couvent en 1633, près de l’autel du Rosaire de cette église.
Datation de l'objet :
XVIIe siècle
Compléments :

Ce tableau, peint vers 1630, est l’œuvre du peintre florentin Cresti Domenico, dit le Passignano. Il porta également le nom de Notre Dame des Ondes, en raison de son histoire (voir contexte Culte ci-dessous). Il s’apparente, par son style, à la Vierge au Rosaire de Murillo.


LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :

Ce tableau aurait été apporté à Besançon par un prêtre comtois originaire de Haute-Saône, Claude Ménetrier, qui avait obtenu le tableau du peintre lui-même. Claude Ménetrier, proche du cardinal Barberini, neveu du pape, avait passé plusieurs années à Rome. Après avoir acheté le tableau, il fut fait chanoine de la Métropolitaine de Besançon par le pape Urbain VIII. Il quitta donc Rome avec ce tableau et d’autres pièces d’art et embarqua sur un bateau à destination de Marseille. Alors qu’il venait de prendre place sur une barque pour gagner la rive, le bateau qui l’avait transporté coula, pris dans une tempête. Les biens précieux qu’il avait ramenés de Rome avec lui – livres, tableaux, médailles – furent perdus, à l’exception du tableau de la Vierge à l’Enfant, sorti sans dommages de l’eau après 3 jours. Ménétrier fit alors le vœu d’offrir le tableau au couvent des Jacobins de Besançon, dont il connaissait la dévotion au Rosaire. Le vœu fut accompli grâce à Jean-Antoine Alviset, curé de l’église Saint-Pierre de cette ville, le 2 janvier 1633. Dès lors, le tableau fut exposé à la vénération publique et ne cessa d’attirer les pèlerins en quête de grâces. En 1654 eut lieu un second « miracle », lorsque une copie du tableau exécutée par le graveur bisontin Pierre de Loisy resta au contact des flammes d’un incendie là encore sans dommages. Aussi les anciennes prières à Notre Dame des Jacobins évoquent-elles cette image sauvée des eaux et des flammes.

Miracles :

En 1757, alors que les pères dominicains célébraient au chœur de l’église, la partie antérieure de l’édifice s’écroula. La chapelle où se trouvait Notre Dame des Jacobins fut préservée, ce qu’on attribua aux vertus miraculeuses du tableau. Toute l’assemblée, rejointe par la population, se serait alors mise à chanter le Te Deum (Notice historique, p. 17).

Type(s) de motivation :
  • Action de grâce
  • Piété
  • Voeu
Recours :
  • Sauvetage des naufragés
  • Epidémie
Compléments :

Il semble que ce pèlerinage ait eu une vocation de sanctuaire à répit, mais on ne dispose pas, comme pour d’autres, de liste des enfants bénéficiaires, ni de recueil « officiel » de miracles. Notre-Dame des Jacobins semble également avoir été particulièrement invoquée lors des périls en mer, en raison de son histoire.


Jour(s) de fête :
  • 12 janvier
Type de fréquentation :
Continu
Pratiques individuelles :
  • Prières
Pratiques en présence du clergé :
  • Messe
Ex voto :
    Confrérie(s) :
    • Notre Dame du Rosaire (?)

      Une confrérie du Rosaire existait dans le couvent des Jacobins au moins depuis le XVIIe s. Elle aurait connu une vitalité renouvelée grâce à l’arrivée du tableau de la Vierge à l’Enfant.

    Indulgence(s) :
      Compléments sur le culte :

      De nombreuses copies de Notre-Dame des Jacobins furent produites. On en trouve par exemple la trace dans les listes établies lors de successions (par ex. ADD, G 754, G 755…).

      Une attestation des gouverneurs de la ville, datée de 1635, rapporte qu’un grand concours de peuple se pressait devant l’image de Notre Dame des Jacobins, et qu’on disait dans l’église du couvent des messes sans discontinuer du matin jusqu’au soir (Histoire de l’image miraculeuse de Notre-Dame des Jacobins, pièce justificative, p. 144-145). Le 29 octobre 1635, on décida de faire dire une grand’ messe à la chapelle Notre Dame pour demander que la cité soit épargnée par la peste (AMB, BB 70, fol. 7).

      Par un testament, Antoine Gaudot, docteur en droit, légua le 16 août 1639 aux Jacobins de Besançon 10 livres pour que les dominicains prient pour son âme ainsi qu’une lampe d’argent à entretenir à perpétuité devant l’image de Notre Dame. En 1639 toujours, on dit une messe en l’église des Jacobins devant l’image miraculeuse de Notre Dame afin d’obtenir la guérison du marquis de Saint-Martin, qui était tombé malade alors qu’il séjournait à Besançon. On a consigné sur le registre municipal de cette période la guérison du marquis, et le fait que l’on fit tirer des coups de canon en son honneur et que l’on fit célébrer une messe d’action de grâce (AMB, BB 76, fol. 158 et 169). Le 11 janvier 1667, Etiennette Lavenue fonda pour le lendemain de son décès une messe à célébrer à l’autel de la chapelle de l’Image miraculeuse (Histoire de l’image miraculeuse de Notre-Dame des Jacobins, pièce justificative, p. 148).

      Nous ignorons la raison qui a poussé à fixer la fête de Notre Dame des Jacobins au 12 janvier.

       

      L'ÉDIFICE

      Description :

      L’église du couvent fut entièrement détruite vers 1870.

      Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
        Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :
        • Autel (1309)

          Jean de Chalon, comte d’Auxerre, avait fondé en 1309 un autel dédié à Notre Dame en l’église des Jacobins (ADD, B 520). Il semble que ce soit à cet autel, situé dans une chapelle, consacrée ensuite au Rosaire, que fut exposé au XVIIe s. le tableau de la Vierge à l’Enfant, et c’est cette même chapelle qui réchappa à l’éboulement d’une partie de l’église en 1757.

           

        HISTOIRE DU SANCTUAIRE

        Origines :
        Date de première mention : 1632
        Initiative de la fondation :
        • Religieux
        Environnement institutionnel, politique et religieux :

        Le couvent des Jacobins avait déjà, semble-t-il, les faveurs des dévots et des pèlerins, en raison du culte de Notre Dame du Rosaire qui y était vivace. On possédait également dans ce couvent une statuette de la Vierge que l’on portait en procession. L’arrivée du tableau réputé miraculeux ne fit donc sans doute que conforter la dévotion à Notre Dame, prégnante dans cet établissement. À la même période, un autre pèlerinage, à destination cette fois du couvent de Franciscains où l’on vénérait une autre statue de la Vierge, connaissait également un grand succès à Besançon.

        Phases d'évolution :

        Nous ne connaissons pas les éventuelles inflexions de ce pèlerinage entre le XVIIe s. et la fin du XVIIIe s.

        Evénements marquants :
        • Arrivée de l'objet de dévotion (1633)

          Claude Ménétrier, nommé chanoine de la cathédrale Saint-Jean de Besançon, remet le tableau de la Vierge à l’Enfant au curé de l’église Saint-Pierre à la fin de l’année 1632. Celui-ci exécute le vœu de Ménétrier le 2 janvier 1633.

        • Miracle (1654)

          Une copie de l’image de Notre-Dame des Jacobins, exécutée par le graveur bisontin Pierre de Loisy, serait restée intacte au contact d’un incendie.

        • Translation (1790)

          En 1790, lorsque les biens du couvent furent confisqués, le tableau fut transporté en la cathédrale. Lors du grand bûcher du 8 mai 1794 élevé à Chamars, qui vit disparaître une large partie des archives du chapitre métropolitain, des reliques et autres objets précieux du patrimoine ecclésiastique de Besançon, le tableau fut épargné (voir Notre-Dame des Jacobins n°2).

        Rayonnement(s) :
        • Local (1633 -> 1790)

          Il semble que le rayonnement de ce pèlerinage fût essentiellement local, même si des pèlerins venaient des environs de Besançon et que certains grands personnages profitèrent de leur passage à Besançon pour venir prier devant l’image de Notre Dame.

        RÉFÉRENCES

        Source(s) :
        • Archives

          Arch. mun. de Besançon, registres de délibérations municipales, plusieurs mentions de l’ « image miraculeuse » (BB 70, fol. 39 v., fol. 74 ; BB 74, fol. 75 v. ; BB 76, fol. 158, fol. 169, etc).

        • Archives

          Arch. dép. du Doubs, G 754, G 755, etc. : inventaires après succession faisant état de copies du tableau de Notre Dame des Jacobins.

        • Archives

          Arch. dép. du Doubs, 94 H 1-94 H 28, fonds du couvent des Jacobins de Besançon, 1259-1790.

        • Archives

          Arch. dioc., archives de la cathédrale Saint-Jean, boites n° 2 et n°3, notes sur la dévotion à Notre Dame des Jacobins, la chapelle, le tableau.

        • Livres manuscrits

          L’Histoire de l’image miraculeuse de Notre Dame des Jacobins par l’abbé Vitot se fonde, si on l’en croit, sur un manuscrit signé du chanoine Denizot intitulé « Abrégé de l’Hystoire de l’Image miraculeuse de la sainte Vierge qui est dans l’église des RR PP Jacobins de Besançon ».

        Bibliographie :
        • FERRY, M. abbé, Vierges comtoises. Le culte et les images de la Vierge en Franche-Comté en particulier dans le diocèse de Besançon, Besançon, André Cart, 1946, p. 23.
        • SUCHET, chanoine, Notre Dame de Besançon et du département du Doubs. Chroniques et légendes, Besançon, P. Jacquin, 1892, p. 8-16.
        • BESSON, Louis, L'année des pèlerinages 1872-1873, sermons prêchés par M. l'abbé Besson, Besançon, impr. Tubergue, 1874, p. 105-132.
        • VITOT, abbé, Histoire de l'image miraculeuse de Notre-Dame des Jacobins, par l'abbé Vitot, suivie d'un discours de Mr l'abbé Besson, Besançon, Roblot, 1873.
        • HAMMON, A. J. M., Notre Dame de France ou Histoire du culte de la sainte Vierge en France, 6e vol., Paris, 1866, p. 262-264.
        • Notice historique sur Notre-Dame des Jacobins ou des Dominicains de Besançon, Besançon, Chez Tubergue, 1852.
        Etude(s) universitaire(s) :

        PHOTOGRAPHIES LIÉES

        Objet de dévotion :
        • Tableau de Notre-Dame des Jacobins - AURÉLIA BULLY - 2016
        Edifice :
        • Détail d'une vue de Besançon à vol d'oiseau, couvent des Jacobins, dessin, vers 1710, BmB, Yc.Bes.A1.8 - BMB,   http://memoirevive.besancon.fr/ark:/48565/a011408168623Uy59d7/1/1
        • Chevet de l'ancienne église des Jacobins, avant 1870, dessin de G. Coindre, 1899, Mon Vieux Besançon, 1906  - BMB,   13831-183
        Autre :
        • Image à l'effigie de Notre Dame des Jacobins, Arch. dioc., archives de la cathédrale Saint-Jean, boite n°2 - AURéLIA BULLY - 2016

        À PROPOS DE L'ENQUÊTE

        Enquêteur :
        • BULLY Aurelia
        Rédacteur :
        • BULLY Aurelia
        Date de l'enquête :
        2017
        Date de rédaction de la fiche :
        2017
        Etat de l'enquête :
        En cours
        Pour citer cette ficheBULLY Aurelia, « Notre-Dame-des-Jacobins-(n°1) », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
        url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/702/notre-dame-des-jacobins-, version du 04/05/2017, consulté le 19/08/2017