INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Saint-Amadour

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Saint-Amadour
Période d'activité :
XIIe siècle - 2017
Commune :
Rocamadour
Département :
Lot
Reliquaire de saint Amadour

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Rocamadour
Hameau/Lieu-dit :
Diocèse :
Actuel: Cahors (1801 - 2017)
Ancien: Cahors (XIIe siècle - 1317)
Paroisse :
Actuelle: Saint-Sauveur de Rocamadour (XIIe siècle - 2017)
Ancienne:
Compléments :

Lorsque le pèlerinage apparaît dans la documentation au XIIe siècle, le sanctuaire est situé dans le diocèse de Cahors. À partir de 1317, il dépend du diocèse de Tulle créé par le pape Jean XXII. Il est à nouveau dans le diocèse de Cahors depuis 1801.



 


Site

Type de site :
Plateau
Altitude :
239 m
Compléments :

Plateau calcaire avec une falaise rocheuse surplombant la petite vallée encaissée de l'Alzou.


Paysage

Type de couvert végétal :
Bois
Forêt
Type de l'habitat :
Village
Type de proximités :
Axe de circulation
Cours d'eau
Compléments :

Les sanctuaires se sont développés sous l'encorbellement (et la protection) du rocher. Le lieu sauvage et désert où s'est implanté l'ermitage est devenu un bourg, l'ensemble des maisons formant rempart.


LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Saint-Amadour (XIIe siècle - 2017)
Compléments :

L’année 2016, année de miséricorde, coïncidant avec le 850e anniversaire de la découverte du corps d’Amadour, le culte du saint ermite a été remis à l’honneur par un pèlerinage et par l’exposition des reliques dans une nouvelle châsse (ces reliques n’étaient plus exposées depuis 1970).


Type de lieu de culte :
Chapelle
Nom du lieu de culte :
Saint-Amadour
Saints patrons :
  • Amadour (XIIe siècle - 2017)
Compléments :

Le corps d’Amadour était vénéré dans la chapelle Saint-Amadour qui se trouve sous l’église paroissiale Saint-Sauveur, édifiée au XIIe siècle.



 


L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Amadour
Nature de l'objet :
Corps saint (= en entier)
Matériau de l'objet :
Vestige corporel
Dimensions de l'objet :
Emplacement :
La sépulture supposée d'Amadour est représentée aujourd’hui encore sur le site par une cuve de pierre (vide) située sur le parvis des sanctuaires, dans un enfeu.
Datation de l'objet :
?
Compléments :

Les reliques du saint ont été enfermées depuis le Moyen Âge dans des châsses successives, pillées à diverses reprises (1183, 1235), et même brûlées (en 1562...). Néanmoins il reste quelques éléments : main, bras, fragments de tête. Un reliquaire de bois doré avait été confectionné au XVIIe siècle et était déposé dans la chapelle Saint-Amadour. Il se trouve au Musée d’art sacré. Les reliques d'Amadour ont été récemment remises en honneur dans le sanctuaire (avril 2016) et déposées dans la basilique Saint-Sauveur. On a confectionné un nouveau reliquaire à cette occasion.


LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :

Les habitants de Rocamadour auraient découvert, en 1166, le corps parfaitement conservé de saint Amadour identifié à un serviteur de Marie et de Jésus, qui, après avoir reçu une mission évangélisatrice, se serait ensuite retiré pour vivre en ermite à Rocamadour où il aurait bâti un oratoire en l’honneur de la Vierge. Cet oratoire est à l’origine du pèlerinage (voir fiche Notre-Dame-de-Rocamadour).

On fit plus tard de lui un compagnon de saint Martial, l'évangélisateur du Limousin. On en fit aussi l’époux de sainte Véronique. Plus tard encore, on l’identifia à Zachée, le publicain cité dans l’Évangile de saint Luc.

Miracles :
Type(s) de motivation :
    Recours :
      Jour(s) de fête :
      • 20 août
      Type de fréquentation :
      Annuel (= juste pour une fête)
      Pratiques individuelles :
        Pratiques en présence du clergé :
          Ex voto :
            Confrérie(s) :
              Indulgence(s) :
                Compléments sur le culte :

                Le corps de saint Amadour a fait l'objet d'ostensions et de translations. L’intégrité de son corps est notée par d'illustres visiteurs comme Aymeri de Peyrac, abbé de Moissac à la fin du XIVe siècle et par des pèlerins ordinaires jusqu'au milieu du XVIe siècle. Il est conservé dans des châsses et vénéré dans la chapelle Saint-Amadour qui se trouve au-dessous de l'église Saint-Sauveur. On ne lui attribue aucun miracle, si ce n'est dans un manuscrit du XIVe siècle qui appartenait aux religieuses de Lucques en Italie. En revanche le légendaire de saint Amadour est riche et s'est amplifié au cours du temps. Au XIIe siècle, c’est un serviteur de la Vierge, envoyé en mission d’évangélisation en Gaule, fondateur d’un ermitage. Au XIVe siècle, Bernard Gui en fait un compagnon de saint Martial, et l’époux de sainte Véronique, distributeur de reliques mariales aux églises du sud-ouest (Le Puy, Rodez…). Venu de Palestine, il aurait également évangélisé la région de Bordeaux avant de fonder l’ermitage quercynois. Il est identifié avec le publicain Zachée à partir de 1427 (bulle de Martin V). À la fin du Moyen Âge, il devient, en suivant la légende catalane, contenue dans un manuscrit marseillais du XIVe siècle, un patron des âmes du Purgatoire. Les Trentains de saint Amadour, composés de 33 messes, se célèbrent dans tout le Levant espagnol, la Castille et le Portugal. Sans être totalement inconnus dans le Midi de la France, ils paraissent peu demandés.

                Amadour a été fêté le 20 août, puis le 27.

                L'ÉDIFICE

                Description :

                La chapelle Saint-Amadour, édifiée en contrebas de l'église Saint-Sauveur, forme une sorte de fausse crypte d’époque romane.

                Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
                • Autre (?)

                  Une cuve de pierre, située sur le parvis de la chapelle Notre-Dame, passe pour avoir été le lieu de sépulture d’Amadour.

                Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :

                  HISTOIRE DU SANCTUAIRE

                  Origines :
                  Date de première mention : 1166
                  Initiative de la fondation :
                  • ?
                  Environnement institutionnel, politique et religieux :

                  Le sanctuaire se développe dans le contexte troublé de la féodalité méridionale (voir fiche Notre-Dame-de-Rocamadour). Rocamadour est sous la houlette d’un prieur qui dépend de l’abbaye clunisienne de Tulle (diocèse de Limoges). Ce monastère l’a en effet emporté sur celui de Marcilhac (diocèse Cahors) au terme d’un procès qui court durant tout le XIIe siècle. À partir de 1317, l’évêché de Tulle est créé par le pape Jean XXII et les revenus du pèlerinage sont affectés à la mense de l’évêque, qui est également seigneur de la ville. Celui-ci remplace les moines qui desservaient le sanctuaire marial par des prêtres séculiers prébendés dont le nombre est réduit à 12 en 1423. Cette communauté est érigée en collégiale de chanoines en 1425.

                  Phases d'évolution :

                  Peu après la découverte du corps d’Amadour en 1166, la Chronique de Sigebert de Robert de Thorigny indique que la légende d’Amadour est alors en pleine formation. Amadour y est présenté comme un ermite, mais il est en même temps rattaché aux temps évangéliques puisqu’on fait de lui un serviteur de la Vierge Marie. Le pèlerinage à la Vierge est alors en pleine expansion à Rocamadour et la formation de la légende de saint Amadour peut être perçue comme participant de la promotion de ce pèlerinage. Au siècle suivant, le culte de saint Amadour semble souffrir d’un manque de reconnaissance au bénéfice de celui voué à la Vierge Noire, d'autant plus qu'on ne lui attribue aucun miracle. Au XIVe siècle, la légende de saint Amadour trouve un second souffle lorsque dans ses écrits, Bernard Gui le présente comme un compagnon de saint Martial, premier évêque de Limoges et évangélisateur d’Aquitaine, et époux de la Véronique. D’un saint ermite local, Amadour acquiert alors une notoriété nouvelle d’ampleur régionale. À la fin du Moyen Âge, une Vita est composée. Jusqu’à la destruction quasi complète du corps d’Amadour, brûlé par les protestants en 1562, les pèlerins venaient semble-t-il vénérer le corps intact du saint. Les restes du corps sont ensuite précieusement conservés dans des reliquaires. L’évolution du pèlerinage à saint Amadour semble avoir toutefois étroitement dépendu du pèlerinage à la Vierge en ce lieu. On ignore a priori quelles étaient les pratiques propres au pèlerinage à Amadour au fil des siècles. Depuis le mois d’août 2016, les reliques d’Amadour, conservées depuis 1970 au musée d’Art sacré de Rocamadour, ont été exposées à nouveau et de façon permanente à la vénération des fidèles.

                  Evénements marquants :
                  • Guerres (XIIe siècle)

                    Le sanctuaire a été pillé à plusieurs reprises durant la grande guerre méridionale : par Henri le Jeune (Plantagenêt) en 1183, puis plus tard par Hélie de Ventadour en 1235, et par les protestants en 1562.

                  • Découverte d'un corps saint (1166)

                    On découvre un corps saint, assimilé à Amadour.

                  • Pillage (1183)

                    La châsse contenant les reliques d’Amadour est pillée.

                  • Destruction (1562)

                    Les reliques de saint Amadour sont brulées par les protestants.

                  Rayonnement(s) :
                  • International (XIIe siècle -> ?)

                    Le sanctuaire de Rocamadour est fréquenté par des pèlerins venus de tout l'Occident, comme en témoignent l'origine des miraculés du Livre des miracles (1172) ainsi que les enseignes de pèlerinage, les sportelles retrouvées partout en Occident. Mais c’est la Vierge de Rocamadour qui attire les pèlerins. Le pèlerinage à saint Amadour bénéficie probablement, par contrecoups, du succès de cette vénération.

                  RÉFÉRENCES

                  Source(s) :
                  • Chronique

                    Chronique de Robert de Thorigny (vers 1182). 

                  • Recueil de miracles (1172)

                    Livre des miracles de la Vierge, 1172 (manuscrits Bnf,  lat. 12593, 16565, 17491…).

                  • Vita

                    Vies de saint Amadour et Actes de saint Amadour (édités par Albe).

                  • Acta sanctorum

                    De sancto Amatore eremita in Cadurcensi Galliae Provincia, Acta sanctorum, éd. de 1867, Rome, Paris, t. IV, mois d’août, p. 16-25.

                  Bibliographie :
                  • BULLES, B., «Saint Amadour, formation et évolution de la légende (XIIe-XXe siècles.) », in Annales du Midi, t. CVII, 1995, p. 437-455.
                  • ROCACHER, J. , Rocamadour et son pèlerinage, étude historique et archéologique, Toulouse, 1979.
                  • ALBE, E., Roc-Amadour, documents pour servir à l'histoire du pèlerinage, Brive, 1926.
                  • ALBE, E., «La vie et les miracles de S. Amator  », in Analecta Bollandiana, 28, 1909, p. 57-90.
                  Etude(s) universitaire(s) :

                  PHOTOGRAPHIES LIÉES

                  Objet de dévotion :
                  • Reliquaire de saint Amadour - MICHELLE FOURNIÉ - 2016
                  Edifice :
                  Autre :
                  • Enfeu contenant le tombeau supposé de saint Amadour - AURéLIA BULLY - 2015

                  À PROPOS DE L'ENQUÊTE

                  Enquêteur :
                  • FOURNIÉ Michelle
                  Rédacteur :
                  • FOURNIÉ Michelle
                  Date de l'enquête :
                  2013
                  Date de rédaction de la fiche :
                  2016
                  Etat de l'enquête :
                  En cours
                  Pour citer cette ficheFOURNIÉ Michelle, « Saint-Amadour », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
                  url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/701/saint-amadour, version du 10/04/2017, consulté le 20/08/2017