INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

Retour à la liste des sanctuaires

Notre-Dame-de-L'Épine

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Notre-Dame-de-L'Épine
Période d'activité :
XIVe siècle - 2017
Commune :
L'Épine
Département :
Marne
Façade de la basilique Notre-Dame de L\'Épine, seconde moitié du XVe siècle

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
L'Épine
Hameau/Lieu-dit :
Diocèse :
Actuel: Châlons-en-Champagne (XIVe siècle - 2017)
Ancien: Reims (1821 - 1825)
Paroisse :
Actuelle: Sainte-Marie aux Sources de la Vesle (1997 - 2017)
Ancienne: L?Épine (1458 - 1997)
Compléments :

Entre 1801 et 1821, Notre-Dame de l’Épine ressortissait au diocèse de Meaux.



En 1458, la cure de Saint-Léger de Melette est transférée à Notre-Dame de L’Épine.


Site

Type de site :
Colline
Altitude :
154 m

Paysage

Type de couvert végétal :
Type de l'habitat :
Village
Type de proximités :
Axe de circulation
Cours d'eau
Compléments :

On suppose que l’habitat, très clairsemé aux XIIIe et XIVe siècles, s’est réellement fixé autour de l’église au début du XVe siècle, sur une légère éminence dominant le cours de la Vesle.



Le village de L’Épine est situé à 8 km de Châlons-en-Champagne sur un axe de circulation ancien. Depuis le milieu du XVIe siècle, L’Épine est mentionné par des itinéraires donnant le chemin pour aller de Paris à Nancy ou Saint-Nicolas-de-Port, via Châlons et Bar-le-Duc. Depuis le milieu du XVIIIe siècle passe dans le village la route royale, devenue Nationale 3 (aujourd’hui D3).


LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Notre-Dame-de-L'Épine (XIVe siècle - 2017)
Compléments :

Le toponyme « L’Épine » pourrait être un lieu-dit antérieur au vocable de la chapelle de « sainte-Marie à l’espine », attesté en 1198-1202. Les lieux-dits l’épine, l’épinette ou l’épinotte sont fréquents dans la région et sont à relier à la présence ancienne de haies. On suppose que le lieu était déjà un lieu de pèlerinage au XIIIe et au XIVe siècle, mais le pèlerinage n’y est formellement attesté qu’en 1405. Dans les textes de cette époque, le pèlerinage est qualifié d'"immémorial".




Type de lieu de culte :
Eglise paroissiale
Nom du lieu de culte :
Notre-Dame de L’Épine
Saints patrons :
  • Vierge Marie (? - 2017)
Compléments :

Évoquée pour la première fois dans un texte de 1198-1202 qui ne précise pas son statut, Notre-Dame de L’Épine semble avoir été à l’origine une église succursale dépendant de l’église paroissiale de Saint-Léger de Melette. Une chapellenie y est en outre mentionnée en 1300. Après le transfert de la cure de Melette à L’Épine, en 1458, on y rattacha l’ancienne chapellenie en 1459. Une partie de l’église fut concédée aux Minimes au plus tard en 1628 pour installer leur chapelle conventuelle (chapelle orientée nord et bras du transept), l’église conservant son statut paroissial. L’église est érigée en basilique mineure en 1914.


L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Notre-Dame de L’Épine
Nature de l'objet :
Statue
Matériau de l'objet :
Pierre
Dimensions de l'objet :
H : 53,6 cm
Emplacement :
À la croisée du transept, sous la travée de droite du jubé, au moins depuis la fin du XVIe siècle probablement.
Datation de l'objet :
1201-1401
Compléments :

La statue n’est mentionnée qu’à partir de la fin du XVIe siècle. Elle pourrait avoir été réalisée à l’occasion de la fondation de la chapellenie autour de 1300. Sous l’Ancien Régime, elle était habituellement parée de robes, de manteaux et de bijoux (depuis le milieu du XVIIe siècle, au moins). Cachée pendant la Révolution, elle a été assez fortement restaurée peu avant le couronnement de 1890 (tête de l’Enfant refaite), lorsqu’on abandonna l’usage de l’habiller. La polychromie a été refaite en 1972. Une seconde statue, représentant la Vierge à l’Enfant assise, du XVe siècle, était également vénérée dans une chapelle du déambulatoire (première chapelle au sud) : elle était aussi revêtue d’ornements mais d’un moindre faste.



La relique de la Vraie Croix a pu avoir un rôle dans le développement du pèlerinage, comme l’a proposé Jean-Pierre Ravaux. Elle n’est cependant mentionnée avec certitude qu’en 1553, à l’occasion de la commande d’un reliquaire. D’autres reliques ont également pu jouer un certain rôle, notamment une relique du saint-lait de la Vierge mentionnée dès 1408.


LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :

D’après un récit probablement en cours dès le début du XVIIe siècle, c’est une invention miraculeuse de la statue vénérée qui serait à l’origine du pèlerinage. Voici la version des faits, donnée par E. Baugier, le premier à en livrer un témoignage écrit (1721) : en 1400, la veille de l’Annonciation, un berger aurait été attiré en ce lieu par une lumière intense provenant d’un buisson d’épines. Il y aurait découvert la statue miraculeuse. L’évêque de Châlons serait venu et aurait placé l’image dans une chapelle préexistante, élevée à proximité.

D’autres auteurs précisent que l’invention eut lieu dans un buisson d’aubépine, que celui-ci était resté aussi vert qu’en plein été, que la lumière dura 24 heures, ou encore que le buisson resta inconsumé malgré les flammes.

Dès le début du XVIIe siècle, les images pieuses ont contribué à diffuser ce récit légendaire, ce que les manuels et images édités au XIXe siècle ont confirmé, les autorités religieuses accordant à ce récit une reconnaissance grandissante. Entre 1901 et 1907 toutefois, une querelle d’érudits a mis en cause la légende, deux ecclésiastiques, le chanoine Pannet et l’abbé Misset, s’affrontant à ce sujet. Les autorités religieuses conservent depuis une certaine réserve.

À l’arrière-plan théologique de la légende se trouve la vénération de Marie à travers la métaphore du buisson ardent. Le buisson vu par Moïse au Sinaï, brûlant sans se consumer, est en effet depuis les premiers siècles du christianisme interprété comme une image de la conception virginale du Christ par Marie, ce thème ayant été particulièrement évoqué par plusieurs auteurs du XIIe siècle et ayant connu des illustrations figurées, surtout à la fin du Moyen Âge.

Miracles :

1441 : mention de répits, baptêmes administrés aux enfants mort-nés.

15 août 1591 : guérison d’une jeune aveugle-née de Mairy-sur-Marne.

15 août 1641 : baptême d’une enfant mort-née de Cernon-sur-Coole.

9 mai 1642 : guérison de Marie Musard, enfant de Poix, ne pouvant se servir de ses jambes.

Années 1730 : guérison de Marie-Élisabeth Fleuret, enfant parisienne, en convalescence à Châlons.

17 septembre 1788 : baptême d’un enfant mort-né de Vanault-le-Châtel.

28 octobre 1850 : guérison de Victorine Brodier, de Juvigny, victime d’une luxation du genou l’immobilisant depuis.

10 mai 1851 : Marie-Claire Brémont, de Dommartin-sur-Yèvre, est guérie d’une paralysie.

septembre 1852 : guérison de J.-B. Hannus, diacre de Verdun, souffrant de verrues sur les mains.

25 juin 1872 : guérison d’Aline Bourgeois, de Châlons, paralysée.

12 mai 1873 : guérison d’Euphémie Thillois, de Somme-Suippe, souffrant de douleurs dans la région hypogastrique et dans la région lombaire.

6 juin 1923 : guérison de Mme Dupont-Krémer de Pierry.

1946 : guérison de Mgr Tissier, évêque de Châlons, mourant.

 

Type(s) de motivation :
  • Pèlerinage judiciaire
  • Piété
  • Voeu
Recours :
  • Thérapie
  • Répit
  • Fécondité
Jour(s) de fête :
  • Nativité Vierge Marie
  • Assomption
Type de fréquentation :
Continu
Compléments sur les fréquentations :

Des répits documentés du XVe siècle à 1788 à la recherche de fécondité attestée depuis les années 1830 jusqu’à nos jours, L’Épine semble attirer principalement des demandes liées à l’enfance et à la maternité. Dès le XVe siècle, le sanctuaire a la réputation d’avoir été le cadre de miracles (mentions en 1445 et 1479). Les miracles documentés sont peu nombreux mais il semble bien que l’on n’ait jamais pris la peine de les mettre par écrit avant le milieu du XIXe siècle. Aucun des miracles consignés n’a fait l’objet d’une enquête ni de reconnaissance officielle par l’Église. La recherche de fécondité est attestée depuis les années 1830 et jusqu’à nos jours.



Actuellement, les deux grandes dates d’affluence sont le pèlerinage diocésain, le second dimanche de mai, et l’Assomption, qui est la fête patronale du village. Le 8 septembre, qui était particulièrement destiné aux enfants recevant une bénédiction, est désormais moins fréquenté. Entre 1891 et les années 1970, un pèlerinage important, dit du « retour de Lourdes » avait lieu un dimanche à la fin du mois d’août.


Pratiques individuelles :
  • Cire
  • Prières
  • Dons
  • Boire
Pratiques en présence du clergé :
  • Bénédictions
  • Processions
Ex voto :
  • Béquille (1801-1960)

    Au XIXe siècle et jusque dans les années 1960, plusieurs paires de béquilles étaient déposées auprès de la statue.

  • Texte gravé (1850-1950)

    La plupart des ex-voto en marbre encore en place datent du milieu XIXe s.-milieu XXe s. Ils ornent toujours le mur de clôture du chœur, du côté du déambulatoire.

     

  • Métal (XXe siècle)

    De nombreuses décorations militaires ont été données, principalement après les deux guerres mondiales, elles ne sont plus exposées depuis les années 1980.

Confrérie(s) :
  • Confrérie Notre-Dame de L'Épine (1621)

    Il s’agit probablement de la refondation d’une confrérie médiévale, car dès 1406, on trouve la mention de confrères. Active au XVIIe siècle, elle a été reconstituée en 1825 et a cru considérablement au cours du XIXe siècle.

    D’autres confréries ont existé : une confrérie du Rosaire est transférée de Voilemont à L’Épine en 1653 par le truchement des Minimes. En 1665, les Dominicains, à leur tour, fondent une confrérie du Rosaire.

Indulgence(s) :
  • Plénière (1621)

    Indulgence plénière accordée par le pape Grégoire XV aux membres de la confrérie Notre-Dame de L’Épine.

Compléments sur le culte :

Une sourde concurrence entre la confrérie restaurée en 1621 et les Minimes s’observe : en 1628, ces derniers avaient été autorisés à faire bénéficier les pèlerins se rendant en leur chapelle, dans l’église de L’Épine, des indulgences accordées à l’ordre. Par ailleurs, les Minimes introduisirent en 1644 le tiers-ordre de saint François de Paule.

L'ÉDIFICE

Description :

Construit sans doute à l’emplacement de l’église précédente, Notre-Dame de l’Épine est un grand édifice gothique élevé entre 1406 et 1527 comportant une nef de six travées, des bas-côtés, un transept, un chœur entouré d’un déambulatoire donnant accès à deux chapelles orientées et cinq chapelles rayonnantes. Le chantier aurait commencé par la nef, puis le transept et les travées droites du chœur (entre 1406 et 1450 environ). Ensuite, on aurait élevé les deux travées ouest de la nef dans un style plus flamboyant (seconde moitié du XVe siècle), l’achèvement ayant lieu au début du XVIe siècle avec l’abside et les chapelles rayonnantes. La façade occidentale se signale par sa grande monumentalité : il s’agit d’une façade harmonique comportant trois portails et deux tours d’inégale hauteur dotées de flèches.

Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
  • Croix (1950-1955)

    Le chemin de croix a été installé le long du mur entourant le parc du presbytère, les croix étant apportées par des paroisses ou mouvements. Le Père Albert Mathieu a fait remplacer dans les années 1980 les croix vétustes par un chemin de croix en pierre de Savonnières, œuvre du sculpteur meusien Claude Michel.

  • Autre (1962)

    Un terrain a été béni en 1962 pour servir de cadre aux cérémonies en plein air. En 1968 a été construit l’Abri du pèlerin, grande salle pouvant contenir plusieurs centaines de personnes.

  • Maisons de pèlerins (2000)

    Au début des années 2000, un ancien corps de ferme donnant accès à l’Abri du pèlerin est transformé en lieu d’hébergement pour les jeunes (Espace jeunes).

Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :
  • Autre (1547)

    Un trésor monumental a été édifié en 1547 sur la clôture-nord du chœur. Cette armoire en pierre a la forme d’une châsse en pierre, hérissée de pinacles et d’une flèche imitant la grande flèche sud de la façade. Ouvert par une fenêtre et une porte sur le déambulatoire, le trésor servait, semble-t-il, à présenter aux pèlerins les reliques et à recevoir les offrandes. Cette dernière fonction serait à mettre en relation avec un accord de 1457, au terme duquel toutes les offrandes portées à l’extérieur du chœur seraient pour la fabrique et non pour le curé. En 1682, une visite épiscopale interdit aux laïcs de procéder à l’ostension des reliques au trésor. Une partie de l’édicule, séparé par une cloison, servait alors de tabernacle.

  • Autre (XVIIe siècle)

    Le puits de la sainte-Vierge, situé dans le croisillon nord du transept, est mentionné dès le XVIIe siècle ; la margelle a été reconstruite et dotée d’un dais de ferronnerie à la fin du XIXe siècle.

  • Autel (1627)

    La statue était vénérée sur un autel dédié à la Vierge placé sous l’arcade de droite du jubé qui fut entouré de balustrades en 1627. Remplacé au XVIIIe siècle, l’autel a finalement été remisé dans une chapelle, une colonne étant élevée à son emplacement en1889 pour placer la statue sous un dais orfévré.

HISTOIRE DU SANCTUAIRE

Origines :
Date de première mention : 1198-1202
Initiative de la fondation :
  • Groupe de fidèles
Environnement institutionnel, politique et religieux :

La collation de la paroisse (nomination du curé) relevait de l’abbé de Toussaints-en-l’Ile de Châlons et la chapellenie de l’évêque de Châlons. Une grange possédée par l’abbaye de Saint-Jean de Laon a été vendue en 1564 avec les droits seigneuriaux à Jacques Clément qui devint le premier seigneur laïc de L’Épine (un château, de l’autre côté de la Vesle, sans doute à l’emplacement de l’ancienne grange a été construit et a subsisté jusqu’au XIXe siècle).

Phases d'évolution :

La petite chapelle existant aux XIIIe et XIVe siècles était peut-être déjà le cadre d’un modeste pèlerinage. Sa construction était peut-être à l’origine liée à la présence d’un modeste habitat (notamment une grange de l’abbaye Saint-Jean de Laon). Un procès mettant aux prises les marguilliers et l’official (1405-1406) révèle l’existence du pèlerinage que l’on qualifie d’immémorial. Toutefois la plus grande fréquence des legs dans les testaments châlonnais au tout début du XVe siècle, semble bien être le résultat d’un essor assez soudain de la dévotion. Le pèlerinage doit son succès à la proximité de Châlons car il devient alors une forme de sanctuaire urbain hors les murs. Le contexte troublé de la guerre de Cent Ans et la recherche des répits ont sans doute favorisé la ferveur. Le chantier a été financé par les offrandes faites le plus souvent anonymement par des bourgeois châlonnais mais aussi quelques pèlerins plus lointains ou hauts-personnages, signe de la renommée grandissante du sanctuaire (Robert, duc de Bar, les rois Charles VII et Louis XI ou encore Philippe le Bon, duc de Bourgogne…). Au XVIe siècle, le pèlerinage est resté fréquenté, mais il a connu un réveil notable à partir des années 1620. Malgré certains succès, les Minimes, installés en 1624, n’ont pas réussi à transformer le « pèlerinage-recours » en « pèlerinage-mission », notamment car ils n’obtinrent jamais la cure. Les laïcs à travers la fabrique, et le curé conservaient un rôle central dans l’organisation des dévotions. Limité aux ruraux à la fin de l’Ancien Régime puis sous la Restauration, le pèlerinage a connu un nouvel élan au milieu du XIXe siècle. Il est alors devenu une manifestation diocésaine plus encadrée et fortement encouragée par les évêques successifs, avec notamment la création du pèlerinage diocésain qui existe encore de nos jours. Après les fastes du couronnement de 1890, on constate une certaine décrue, mais le pèlerinage est encore très actif et suivi dans l’entre-deux-guerres. Marqué par une certaine embellie dans les années 1950 et 1960, animé par le père Jean Faguier, le pèlerinage se transforme dans les années 1970, la pastorale prenant de l’ascendant par rapport aux usages pèlerins traditionnels. Si une décrue s’observe dans un contexte de baisse de la pratique religieuse dans les années 1980 (les enfants bénis sont moins nombreux), on constate une vigueur nouvelle depuis les années 2000 grâce aux efforts de Mgr Gilbert Louis en faveur de l’animation spirituelle du lieu.

Evénements marquants :
  • Don (1198-1202)

    Legs du chevalier Henri de Courtisols, constituant la première mention de « sainte Marie à l’Espine ».

  • Création de pèlerinage (1400)

    Invention miraculeuse de la statue (légendaire). 

  • Procès (1405-1406)

    Procès entre l’official et la fabrique de Notre-Dame de L’Épine relatif à l’utilisation des offrandes faites en ce lieu.

  • Visite exceptionnelle (1445)

    Pèlerinage accompli par Charles VII, venu depuis le château de Sarry.

  • Don (1471)

    Offrande faite par Louis XI de 1200 écus d’or.

  • Visite exceptionnelle (1559)

    François II et Marie Stuart passent à L’Épine après le sacre.

  • Visite exceptionnelle (1585)

    Catherine de Médicis vient entendre la messe à L’Épine.

  • Création d'une légende (XVIIe siècle)

    Une gravure (réalisée en 1614 et 1629) est le premier témoignage de la légende de l’invention de la statue par un berger.

  • Confrérie (1621)

    Installation des religieux.

  • Installation des religieux (1624)

    Installation des Minimes.

  • Installation des religieux (1725)

    Installation des Lazaristes (la cure ayant été unie au grand-séminaire de Châlons).

  • Préservation de l'objet de dévotion (1793)

    La statue est sauvée et cachée lors du saccage de l’église.

  • Acte exceptionnel de dévotion (1825)

    Consécration du diocèse à Notre-Dame de L’Épine à l’initiative de Mgr de Prilly.

  • Pèlerinage (1873)

    Premier pèlerinage diocésain.

  • Couronnement de la statue (1890)

    Couronnement de la statue par le cardinal Langénieux, envoyé du pape.

  • Erection du sanctuaire en basilique mineure (1914)

    Érection du sanctuaire en basilique.

  • Visite exceptionnelle (1946)

    Le nonce Angelo Roncalli (futur Jean XXIII) rend visite au sanctuaire.

  • Installation des religieux (2000)

    Installation du Verbe de Vie (communauté présente jusqu’en 2005).

  • Installation des religieux (2010)

    Installation des oblates de Saint-François de Sales.

Rayonnement(s) :
  • Régional (XVe siècle -> XVIIe siècle)

    Entre le début du XVe s. et la fin du XVIIe s., le pèlerinage est essentiellement régional.

  • Local (XVIIe siècle -> 1850)

    De la fin du XVIIe s. à 1850 environ, le pèlerinage est essentiellement local.

  • Diocésain (1850 -> 2017)

    Depuis le milieu du XVIIIe s., le pèlerinage connaît un rayonnement diocésain.

Compléments :

Au XVe siècle, les pèlerins viennent sans doute majoritairement de la ville proche de Châlons, ainsi que des villages voisins. Mais on remarque déjà quelques pèlerins du Barrois ou du Verdunois. Des princes et souverains en déplacement dans la région honorent le sanctuaire de leur visite ou d’une aumône. La situation de L’Épine sur une des routes de l’Est, et mentionnée dans les itinéraires imprimés dès le milieu du XVIe siècle, favorise sans doute sa renommée hors de la seule sphère châlonnaise. Lieu de passage, le sanctuaire accueille des pèlerins champenois ou lorrains parcourant plusieurs sanctuaires dans le dernier tiers du XVIe siècle, lors de ce que l’on a appelé les « processions blanches ». Au XVIIe siècle, on trouve encore quelques pèlerins ou donateurs lointains ; mais au XVIIIe siècle le rayonnement semble s’être limité à une trentaine de kilomètres et à la veille de la Révolution, ce sont principalement des ruraux qui viennent en pèlerinage. Au XIXe siècle, le sanctuaire retrouve petit à petit son rayonnement de l’Ancien Régime : sa fréquentation augmente à partir de la Restauration. Puis devenant, par la volonté des évêques, le principal sanctuaire du diocèse de Châlons, il commence à attirer des pèlerins des confins du diocèse, tout en accueillant aussi de façon irrégulière des pèlerins plus lointains. Actuellement, la majorité des pèlerins viennent du diocèse de Châlons, mais la situation de L’Épine en fait une halte pour des pèlerins se rendant à Compostelle ou en tout autre lieu de pèlerinage. Des groupes organisés d’un large quart nord-est, de l’Ile-de-France ou de Belgique, viennent assez régulièrement.


RÉFÉRENCES

Source(s) :
  • Source publiée

    RAVAUX Jean-Pierre, « Recueil des textes concernant les origines, la construction et le mobilier de Notre-Dame de L’Épine », in Notre-Dame de L’Épine 1406-2006, p. 255-390.

  • Source publiée

    Pour la période contemporaine, La Semaine Champenoise puis La Semaine Religieuse et les Annales de Notre-Dame de L’Épine (1912-1914 puis 1954-1985) constituent une mine irremplaçable.

  • Source publiée

    POIRÉ François., La triple couronne de la Bienheureuse Vierge Mère de Dieu. Tissu de ses principales grandeurs d'excellence, de pureté et de bonté et enrichie de diverses inventions pour l'aimer, l'honorer et la servir, 2e éd., Paris : S. Cramoisy, 1656 [1ère éd., Paris : Id., 1630].

  • Source publiée

    DÉVIGNES Geneviève, Le florilège de Notre-Dame de L’Épine, Paris : La Nef de Paris, 1959.

  • Source publiée

    BAUGIER Edme, Mémoire historiques sur la province de Champagne, t. 1, Chalons : Claude Bouchard, 1721, p. 270 sq.

  • Source publiée

    Discours au vray de la cause des grandes processions qui se sont faictes et font tant par les habitants des frontières de la haulte Allemaigne, des Ardennes, que autres du pays de Brye et Champaigne et telles que jamais n’en a esté faictes de semblables, 1583.

  • Archives

    Paris : Archives des Lazaristes.

  • Archives

    Châlons-en-Champagne, Archives diocésaines : anciennes archives paroissiales de L’ Épine notamment.

  • Archives

    Arch. dép. de la Marne, Série J (notamment J 3884 : Inventaire des archives et des biens de la fabrique de Notre-Dame de L’Épine, 1660).

  • Archives

    Arch. dép. de la Marne, Série H (fonds de l’abbaye de Toussaints-en-l’Île de Châlons, fonds du couvent des Minimes de L’Épine).

  • Archives

    Arch. dép. de la Marne, Série G (fonds du grand séminaire, fonds de l’officialité diocésaine).

Bibliographie :
  • RENAULT, Jean-Baptiste, Notre-Dame de L'Épine 1406-2006, Actes du colloque international L'Épine à Châlons-en-Champagne, 13-14 septembre 2006, 2 vol. [1ère partie = Études marnaises, t. CXXII (2007), 2ème partie = Études marnaises, t. CXXIII (2008)]., Châlons-en-Champagne, 2007-2008.
  • RENAULT, Jean-Baptiste, La basilique Notre-Dame de L'Épine (Marne), (Itinéraires du patrimoine), Langres, Dominique Guéniot, 2006.
  • PYRÉE, Ednard, MATHIEU, Albert, Avec ou sans Épine(s), Saint-Memmie , Impr. Recto-Verso, 2005.
  • LUSSE, Jackie, «Les fouilles de l'église Saint-Léger de Melette, commune de L'Épine (Marne) : bilan provisoire  », in Mémoires de la SACSAM, t. 101, 1986, p. 53-74.
  • PANNET, Robert, Marie au buisson ardent, Paris, SOS Editions, 1982.
  • VILLES, Alain, «Notre-Dame de l'Épine, sa façade occidentale », in Congrès archéologique, 1977, p. 779-862.
  • BERLAND, Jean-Marie (dom), L'Épine en Champagne, Colmar-Ingersheim : SAEP, 1972.
  • CONTASSOT, Félix, Les lazaristes à Châlons-sur-Marne et à Notre-Dame de L'Épine avant la Révolution. Étude documentaire, dactylographiée [Archives des Lazaristes, Paris], Paris, 1961.
  • PAULET, abbé, Guide de Notre-Dame de l'Épine, Vierge de Champagne et les saints champenois, Bar-le-Duc et Châlons, 1947.
  • MISSET, Eugène (abbé), Notre-Dame de l'Epine près Châlons-sur-Marne. La légende. L'histoire. Le monument et le pèlerinage, Paris, H. Champion, 1902.
  • PUISEUX, Jules, Notre-Dame de l'Épine, son histoire, son pèlerinage (publié par l'abbé Ulysse PANNET) [et 2nde édition, revue et complétée, idem, 1910], Châlons-sur-Marne , Martin frères, 1901.
  • PUISEUX, Jules, Les fêtes du couronnement de Notre-Dame de L'Épine (3 juin 1890), Châlons-sur-Marne, Martin frères, 1890.
  • ANONYME, «Anciens usages de l'église de l'Épine (Marne)  », in Revue de Champagne et de Brie, t. 6, 1879, p. 65-66.
  • BARAT, Joseph-Alexandre, Notre-Dame de l'Épine et son pèlerinage, 3 éditions (1860, 1868, 1877), Châlons , 1877.
  • BARTHÉLEMY, Édouard de, «Notre-Dame de l'Épine en Champagne », in (extrait de Revue de l'Art Chrétien, t. 16), Arras, 1873.
  • BISTON, Pierre, Notre-Dame de l'Épine en Champagne, Paris : V. Palmé, 1872.
  • POVILLON-PIERARD, Étienne-François-Xavier, «Description de l'église de Notre-Dame de l'Épine près de Châlons-sur-Marne », in Annuaire de la Marne (et à part, Châlons : Boniez-Lambert, 1825, avec quelques additions), 1822.
  • WERSINGER Père Jacques, «Aux sources de la ?merveilleuse invention' de L'Épine », in Notre-Dame de L'Épine 1406-2006, 2ème partie, p. 141-162.
  • VILLES, Alain, «Le programme de construction et la chronologie de Notre-Dame de L'Épine », in Notre-Dame de L'Épine 1406-2006, 1ère partie, p. 135-204.
  • TAMINE, Michel, «Quelques réflexions sur un toponyme : L'Épine », in Notre-Dame de L'Épine 1406-2006,1ère partie, p. 73-95.
  • SIGOILLOT, Evelyne, «Notre-Dame de L'Épine, un pèlerinage en image », in Notre-Dame de L'Épine 1406-2006, 2ème partie, p. 177-234.
  • RENAULT, Jean-Baptiste, «Histoire et mémoire d'un sanctuaire : la querelle des abbés Misset et Pannet sur les origines de Notre-Dame de L'Épine », in Notre-Dame de L'Épine 1406-2006, 2ème partie, p. 325-350.
  • RAVAUX, Jean-Pierre, «Les deux statues médiévales représentant la Vierge dans la basilique de L'Épine », in Notre-Dame de L'Épine 1406-2006, 2ème partie, p. 81-110.
  • PROVENCE, Jacky, «Charles VII et Notre-Dame de L'Épine », in Notre-Dame de L'Épine 1406-2006,1ère partie, p. 123-132.
  • MIKUS, Sylvain, «Un exemple de générosité impériale : la reconstruction de la flèche nord de Notre-Dame de L'Épine (1867-1869) », in Notre-Dame de L'Épine 1406-2006, 2ème partie, p. 307-324.
  • MAES, Bruno, «Le livre et le pèlerin de L'Épine, du XVIe au XIXe siècle », in Notre-Dame de L'Épine 1406-2006, 2ème partie, p. 235-252.
  • HOLD, Eric, «Saint-Jean-Baptiste intercesseur. L'iconographie et la topographie du portail méridional de Notre-Dame de L'Épine (vers 1450) », in Notre-Dame de L'Épine 1406-2006, 2ème partie, p. 11-37.
  • HERMANT, Maxence, «L'achèvement de Notre-Dame de L'Épine (vers 1450-milieu du XVIe siècle). Architecture et mobilier. La place du chantier dans le gothique flamboyant et la Renaissance en Champagne », in Notre-Dame de L'Épine 1406-2006, 1ère partie, p. 205-252.
  • GUÉRIN, Louis-François, «Notre-Dame de l'Épine », in L'Épine : église Notre-Dame, 1840 ; 2e édition 1849.
  • GUILBERT, Sylvette, «Les merciers châlonnais et le financement de Notre-Dame de L'Épine en 1439 », in Notre-Dame de L'Épine 1406-2006, 1ère partie, p. 109-121.
  • GILLET, Abbé Pierre, «Cent ans de la vie du pèlerinage à Notre-Dame de l'Épine (1866-1966) », in Les Annales de Notre-Dame de l'Epine, n° 87, juillet 1976, p. 10-15 ; n° 88, octobre 1976, p. 15-23 ; n° 89, janvier 1977, p. 14-22 ; n° 90, avril 1977, p. 19-28 ; n° 91, juillet 1977, p. 15-24 ; n° 92, octobre 1977, p. 12-21 ; n° 93, janvier 1978, p. 13.
  • DRAGOMIRESCU, Corneliu, «Le monument de 1543 : usages, transformations, enjeux », in Notre-Dame de L'Épine 1406-2006, 2ème partie, p. 253-279.
  • DITTMAR Pierre-Olivier, RAVAUX Jean-Pierre, «Significations et valeur d'usage des gargouilles : le cas de Notre-Dame de L'Épine », in Notre-Dame de L'Épine 1406-2006, 2ème partie, p. 39-80.
  • DIDRON, Adolphe-Napoléon, «Notre-Dame de L'Épine », in L'Artiste, 1839, p. 89-91, 108-112, 214-216, 247-249 (réédité avec quelques modification sous le titre « La Champagne et Notre-Dame de L'Épine », in Annales Archéologiques, t. 24, 1864, p. 293-318.
  • DEMOUY, Patrick, «La peinture murale du « trésor » et l'iconographie de l'Immaculée Conception en Champagne », in Notre-Dame de L'Épine 1406-2006, 2ème partie, p. 281-293.
  • CLAUSE, Georges, «Un roc battu par la tempête : Nicolas Bertin curé de L'Épine à travers la Révolution », in Les Annales de Notre-Dame de l'Épine, n° 94 (avril 1978), p. 6-10 ; n° 95 (juillet 1978), p. 21-28 ; n° 96 (octobre 1978), p. 22-32.
  • BEAULANDE, Véronique, «Notre-Dame de L'Épine, une paroisse au regard de l'officialité », in Notre-Dame de L'Épine, 1406-2006, 1ère partie, p. 97-107.
Etude(s) universitaire(s) :

PHOTOGRAPHIES LIÉES

Objet de dévotion :
  • Pèlerinage du 28 août 1955 (« Retour de Lourdes ») - Archives diocésaines de Châlons-en-Champagne
  • Fêtes du couronnement de la statue en 1890 - Archives diocésaines de Châlons-en-Champagne
  • Image de dévotion de Notre-Dame de L'Épine, fin XVIIIe siècle - Archives départementales de la Marne, C 4017/1
  • La procession eucharistique lors d'un pèlerinage du « Retour de Lourdes » dans les années 1950 - Archives diocésaines de Châlons-en-Champagne
  • Statue miraculeuse de Notre-Dame de L'Épine, fin XIIIe - début XIVe siècle - J.-B. Renault - 2015
Edifice :
  • Façade de la basilique Notre-Dame de L'Épine, seconde moitié du XVe siècle  - J.-B. Renault - 2014
  • Intérieur de la basilique Notre-Dame de L'Épine - V. Guardiolle - 2016
  • Le puits de Notre-Dame de L'Épine, margelle et ferronnerie fin XIXe siècle - J.-B. Renault - 2015
  • Gravure parue dans les Voyages pittoresques et romantiques de Taylor et Nodier, représentant l'ancien trésor, d'après un dessin de H. Durand des années 1840
Autre :
  • Détail d'un plan du village de L'Épine dressé en 1753 où l'on voit l'étendue ancienne du cimetière et le projet de passage de la route royale - Archives départementales de la Marne, C 4017/1

À PROPOS DE L'ENQUÊTE

Enquêteur :
  • RENAULT Jean-Baptiste
Rédacteur :
  • RENAULT Jean-Baptiste
Date de l'enquête :
2016
Date de rédaction de la fiche :
2017
Etat de l'enquête :
En cours
Pour citer cette ficheRENAULT Jean-Baptiste, « Notre-Dame-de-L'Épine », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/681/notre-dame-de-lepine, version du 15/02/2017, consulté le 23/10/2017