INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Saint-Cloud

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Saint-Cloud
Période d'activité :
VIe siècle - 1790
Commune :
Saint-Cloud
Département :
Hauts de Seine
Église de Saint-Cloud vers 1650

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Saint-Cloud
Hameau/Lieu-dit :
Diocèse :
Actuel: Nanterre (1966 - 2017)
Ancien: Paris (VIe siècle - 1790)
Paroisse :
Actuelle: Saint-Clodoald de Saint-Cloud (? - 2017)
Ancienne: Saint-Cloud (VIe siècle - ?)
Compléments :

Le début de l'appartenance du pèlerinage à la paroisse coïncide avec l'origine des paroisses, souvent mal datée pour cette époque.



Entre 1790 et 1966, Saint-Cloud ressortissait au diocèse de Versailles.


Site

Type de site :
Coteau
Altitude :
64 m
Compléments :

Le sanctuaire était édifié à flanc de coteau.


Paysage

Type de couvert végétal :
Type de l'habitat :
Bourg
Type de proximités :
Compléments :

La collégiale de Saint-Cloud occupait le centre d’un bourg qui s’est développé grâce au pèlerinage à saint Cloud.


LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Saint-Cloud (VIe siècle - 1790)
Type de lieu de culte :
Collégiale
Nom du lieu de culte :
Collégiale royale de Saint-Cloud
Saints patrons :
  • Cloud (VIIIe siècle - 1790)
Compléments :

La petite communauté religieuse érigée auprès du tombeau de saint Cloud avant 575 à Novigentum aurait été d’abord dédiée à saint Martin (Perrier, 1696, p. 70) ; elle est dirigée par un abbé et porte déjà le nom de Sanctus Flodoaldus au synode d’Attigny (760-762), puis dans le testament du comte de Paris Etienne en 811 (Sanctum Chlodoaldum : copie du Xe s., Lasteyrie, n° 29) et dans la Vie de Louis le Pieux par Nithard vers 841 (Sanctum Fludualdum). La mutation phonétique Chlodoaldus < Fludoaldus est significative d’un culte populaire suffisamment important et ancien pour que la communauté canoniale érigée auprès de son tombeau adopte ce nom. Le patronage à saint Cloud est antérieur à 760.


L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Saint Cloud
Nature de l'objet :
Corps saint (= en entier)
Matériau de l'objet :
Vestige corporel
Dimensions de l'objet :
Emplacement :
Les reliques de saint Cloud étaient placées dans la crypte.
Datation de l'objet :
VIe siècle
Compléments :

Le corps entier du saint se trouvait dans un sarcophage jusqu’en 1376, date à laquelle il fut transféré vers le chœur de l’église haute, proche du maître-autel (Perrier, 1696, p. 66-67). Séparément, un os du doigt (en forme de croix : probablement une phalange distale) était « enchâssé dans une boîte en cristal soutenue d’un pied de vermeil doré, émaillé et ancien » (Ibid., p. 74). Il servait à fabriquer l’« eau de saint Cloud ». Il y avait aussi un os du bras, dont le reliquaire fut volé puis restitué en 1394 (Ibid., p. 74-75).



La collégiale possédait également le corps de saint Probas, un saint local, un fragment de la Vraie Croix, accordé en 1109, et une dent de saint Jean Baptiste, autant de reliques qui participaient à l’attrait des pèlerins pour le sanctuaire.


LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :

La Vita sancti Clodoaldi (BHL 1732) a été probablement écrite entre 775 et 860. Elle ne nous est parvenue que sous la forme des leçons de l’office du saint. Elle indique qu’après avoir échappé tout enfant au meurtre perpétré par Childebert, qui vit périr ses frères, en 524, Cloud, troisième fils de Clodomir, aurait vécu en solitaire en Provence, puis aurait été ordonné prêtre par un évêque Eusèbe et aurait fondé un monastère à Novigentum, où il fut enterré.

Miracles :

Des miracles sont attachés à ce pèlerinage, mais sans précision : les auteurs du XVIIe s. indiquent que les miracles continuent, mais il n’existe ni recueil ni mention précise dans la bibliographie.

Type(s) de motivation :
  • Action de grâce
  • Voeu
Compléments :

Maladies, plaies, guérison des furoncles et des écrouelles (Fauchet, 1610 ; Boucharel, 1647).


Recours :
  • Thérapie
Compléments :

Fauchet, 1610, p. 77, parle « des eaux que l’on tient guerir des escroüelles » ; Boucharel, 1647, p. 53, publie l’oraison spéciale pour les malades atteints des écrouelles.


Jour(s) de fête :
  • Natalice de saint Cloud (7 septembre)
  • Translation de saint Cloud (8 mai)
Type de fréquentation :
Irrégulier
Compléments sur les fréquentations :

La fête de septembre était accompagnée d’une foire très fréquentée par les Parisiens.


Pratiques individuelles :
  • Prières
  • Aspersion ou ingestion d'eau
  • Tremper dans l'eau
  • Approcher du tombeau
Pratiques en présence du clergé :
  • Offices
  • Processions
  • Messe
  • Pèlerinage
Ex voto :
    Confrérie(s) :
    • Confrérie de saint Cloud (1606)
    Indulgence(s) :
      Compléments sur le culte :

      Les pèlerins priaient devant les reliques de saint Cloud et de saint Probas, faisaient des stations au tombeau de saint Cloud dans la crypte ; on se faisait « dire l’évangile sur soi » ; on buvait l’eau dans laquelle avait trempé un os du doigt de saint Cloud ; on se lavait avec cette eau si on avait des plaies sur le corps ou une maladie (Perrier, p. 92-94).
      En présence du clergé, les pèlerins assistaient à la messe et à l'office du saint ; le reliquaire de l’os du doigt était porté en procession le premier mercredi du mois (Perrier, p. 74).
      Un grand pèlerinage avait lieu le 7 septembre, au témoignage des Livrets de pèlerinage de Georges Boucharel (1647) et Pierre Perrier (1696), qui font état d’une « affluence incroyable de pèlerins », le jour de la fête du saint, le 7 septembre et dans son octave, mais aussi le jour de sa translation, le 8 mai, et durant tout l’été. Mais au milieu du XVIIIe s., l’abbé Lebeuf témoigne que les Parisiens n’y viennent plus qu’à la fête de septembre.

      Pierre Perrier (p. 92-96) donne en 1696 la « méthode » pour faire utilement les pèlerinages à saint Cloud :

            - venir à l’église, voir l’Ecce homo posé au-dessus du bénitier, prendre de l’eau bénite et aller dans le chœur adorer le Saint-Sacrement.

            - prier devant les reliques de saint Cloud et de saint Probas exposées de part et d’autre de l’autel, et confesser ses péchés.

            - faire une station au tombeau de saint Cloud, dans la crypte sous le chœur.

            - faire dire l’Evangile sur soi, assister à l’office de saint Cloud.

            - laisser une offrande à l’Eglise et une aumône pour les pauvres.

            - demander à la sacristie de l’eau bénie en l’honneur de saint Cloud, dans laquelle on a fait tremper de ses reliques ; se laver avec cette eau si on a des plaies ou une maladie.

            - acheter la vie de saint Cloud et la lire dévotement.

            - s’en retourner en louant Dieu, instruire sa famille, faire lire la vie du saint, etc.

            - venir tous les ans si on réside dans la province, et une fois dans sa vie si on est très éloigné.

                  - si on fait une neuvaine auprès du tombeau, assister à la messe tous les jours et à l’office canonial.

      L'ÉDIFICE

      Description :

      Connue par une gravure d’Israël Silvestre et par divers plans du bourg, l’église collégiale présentait un gros clocher-porche roman qui menaçait ruine, une nef romane et un chœur gothique. En 1585, les murs avaient été ornés de 18 grandes peintures sur toile racontant la Vie de saint Cloud (C. Grodecki, Documents du Minutier central des notaires de Paris. Histoire de l’art au XVIe siècle (1540-1600), t. II, Paris, 1986, n° 820-821). Cette même année, l’étudiant hollandais Arnold van Buchel visite l’église et signale « sur le côté des portes deux colonnes de porphyre, dont l’état de dégradation indique une antiquité assez éloignée, les chapiteaux de marbre qui les surmontent ne sont pas en rapport avec les dimensions de ces colonnes, et je suppose qu’ils proviennent de quelque autre endroit et ne sont ici que des pièces remployées ; il y a précisément à l’intérieur de l’église une autre colonne de même dimension, au pied de laquelle se trouve une image de saint Cloud » (Description de Paris, éd. Van Langeraad et Vidier, Mémoires de la Société de l’histoire de Paris et de l’Île-de-France, t. 26, 1899, p. 88).

      Cette description caractérise des éléments antiques ou mérovingiens en remploi. Pour l’abbé Lebeuf, qui le visite vers 1754, l’édifice était « antérieur au douzième siècle, surtout le clocher et la crypte » (Lebeuf, rééd. 1883, III, p. 25). Au témoignage d’une requête des paroissiens en 1779, le bas-côté sud paraissait particulièrement archaïque, avec des chapiteaux du premier âge roman sans doute, au point qu’on les croyait contemporains de saint Cloud. L’expertise de l’architecte Pérard en 1777 — qui attribue par ailleurs le petit appareil carré du clocher au IXe siècle —, témoigne que deux des six travées de la nef et le chevet étaient postérieurs de plusieurs siècles (Devèze, 1955), ce que confirment les vestiges gothiques du chevet conservés. Lézardé de toutes parts au point qu’on voyait au travers, l’édifice étayé menaçait ruine et le clocher s’était en partie effondré lors de l’expertise qui conclut à sa démolition, exécutée en 1788 (Gillon, Saint-Cloud..., étude à paraître).

       

      Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
      • Autre (?)

        Pierre du pas de saint Cloud, où l’on voyait l’empreinte du pied du saint (tradition orale rapportée par Ozanam, 1863, p. 41 ; Legrand, 1922, 66-67) ;  elle a été reconstituée Place du pas de saint Cloud.

      • Fontaines (?)

        On plongeait le doigt de saint Cloud dans l’eau de la fontaine pour fabriquer l’« eau de saint Cloud » (Marie, 1960).

      Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :
      • Autre (XVe siècle)

        Dans la vaste crypte située sous le chœur et le sanctuaire, longue de 24 m, se dressait, dans une confession peut-être carolingienne, située sous le maître-autel, le tombeau du saint, élevé sur quatre colonnes de porphyre de deux pieds de haut (Perrier 1696, p. 62-63 et 81-82). C’était un sarcophage monolithe de marbre noir bleuâtre, long de sept pieds, sur lequel était posée une dalle de marbre bleuâtre gravée d’une épitaphe de trois distiques aux C carrés (Lebeuf, p. 22). Poncet de la Grave la croyait regravée au XVe s., tandis que M. Vieillard-Troïekouroff (1977), y voyait un aménagement du XIIe s. C’est à tort qu’on a dit que le tombeau aurait été refait après sa destruction par les Huguenots (Poisson, 1975, 81). Seules les colonnes de porphyre avaient été brisées (Du Breul, 1639, p. 870-871). L’épitaphe a été dessinée en 1585 par Arnold van Buchel (Diarium, Bibl. univ. d’Utrecht, ms n° 798, 1, f. 168c). Son dessin permet d’en restituer le texte et de suggérer une attribution carolingienne (C et G carrés, persistance du q cursif) (Gillon, Saint-Cloud..., étude à paraître) :

        ARTVBVS HVNC TVMVLVM CHLOTOALDVS CONSECRAT ALMIS / EDITVS EX REGVM STEMMATE PERSPICVO // QUI VETITVS REGNI SCEPTRUM RETINERE CADUCI / BASILICAM STUDVIT HANC FABRICARE DEO // AECCLESIAEQUE DEDIT MATRICIS IVRE TENENDAM / URBIS PONTIFICI (V)TQVE FORET PARISII.

        À la fin du XVIIe s., le dessous du tombeau, réparé après 1567, était revêtu de bois remplaçant les colonnes de porphyre et l’ensemble était surmonté d’un dôme azuré semé de fleurs de lys d’or (Perrier, 1696, p. 81)

      HISTOIRE DU SANCTUAIRE

      Origines :
      Date de première mention : VIe siècle
      Initiative de la fondation :
      • ?
      Environnement institutionnel, politique et religieux :

      Vers 575, Grégoire de Tours (Historia Francorum, III) mentionne pour la première fois Chlodovaldum sans le qualifier de saint : « Renonçant au royaume terrestre, il se voua au Seigneur, se coupa lui-même les cheveux, devint clerc, s’attachant à de bonnes œuvres, et quitta ce monde prêtre ». Vers 592, Cloud est inscrit comme saint au 7 septembre dans la version auxerroise du martyrologe hiéronymien : « Paris : au village de Nogent, saint Clodovald, roi et confesseur ». Vers 660, l’auteur de la Chronique dite de Frédégaire laisse entendre que des miracles se produisent à son tombeau : « Le Seigneur l’a jugé digne de montrer ses pouvoirs auprès de son tombeau ». Le Liber historiæ Francorum (727) et Bède le Vénérable dans son martyrologe (avant 735) le mentionnent également. Il est ensuite inscrit aux martyrologes carolingiens de Wandelbert et d’Usuard, ainsi qu’à celui de l’abbaye de Corbie. Vers l’an mil, Aimoin fait état de « nombreux miracles » de saint Cloud dans ses Gesta Francorum.

      La brève Vie carolingienne de saint Cloud (Vita Clodoaldi, BHL 1732, éd. AASS, sept., III, 98-101, et MGH, SRM, II, 350-357), écrite entre 775 et 850, indique que c’est saint Cloud qui aurait fondé un monasterium à Novigentum où il fut enterré et maintenant appelé monasterium Sancti Clodoaldi. Vers 877-878, Hincmar, dans sa Vie de saint Remi, précise que Clodoald avait donné Nogent et ses dépendances à l’Église de Paris et fut enterré dans l’église qu’il avait lui-même fait édifier. Si l’acte de confirmation des dépendances de l’Église de Paris, attribué à Charlemagne (Lasteyrie, n° 27) et mentionnant Sanctus Chlodoalus, est un faux fabriqué au XIe siècle, et si la confirmation papale de 981 (Lasteyrie, n° 65), mentionnant l’abbatiam Sancti Chlodoaldi, est suspecte, Saint-Cloud apparaît bien en 1124 comme une communauté de chanoines relevant de l’évêque de Paris (Lasteyrie, n° 204).

      Phases d'évolution :

      Jusqu’en 1590, le chapitre comprend quinze chanoines, dont le doyen : l’un d’eux est chanoine de Saint-Victor (depuis 1133). Il est ensuite réduit à un doyen, un chantre, neuf chanoines, huit chapelains, un chèvecier, un maître et six enfants de chœur (Perrier, 71-72).

      Evénements marquants :
      • Mise à l'abri de l'objet de dévotion (885-886)

        Le corps de saint Cloud semble avoir été abrité à Paris pendant le siège par les Normands (Abbon, Bella Parisiacæ urbis, éd. Waquet, 1964, p. 74).

      • Translation (1376)

        Le 20 avril 1376 (n. st.), en raison des miracles au tombeau et du grand nombre de pèlerins, l’évêque Aimery de Magnac fait ouvrir le cercueil, retirer tous les ossements et les porter dans le chœur de l’église haute, près du grand autel. La fête de cette translation a été fixée ensuite au 8 mai, en raison des fêtes pascales (Perrier, 66-67 ; Lebeuf, 22-23 ; Marie, 1966).

      • Restitution de l'objet de dévotion (1394)

        Le 15 février 1394 (n. st.), restitution d’un os du bras de saint Cloud emporté par des voleurs et récupéré par l’évêque de Paris Pierre d’Orgemont, qui fait faire un nouveau reliquaire d’argent et y place la relique le 17 mars de la même année.

      • Mise en place d'une nouvelle châsse (1428)

        Le doyen de la collégiale et les chanoines font faire pour le corps de saint Cloud « une belle châsse de cuivre doré, enrichie de pierreries, avec deux figures d’argent en relief aux 2 bouts, qui représentent le saint ». Celle-ci est placée au côté droit du grand autel (Perrier, 73-74). Une inscription en lettres gothiques sur la châsse, relevée par l’abbé Lebeuf, témoigne de cet événement : Anno milleno centum quater adde sed octo / supra viginti, tunc tempus certe tenebis / quo tulit ossa beati Clodldi capsula presens / condita devote per Fratres atque Decanum. Puis, en raison des troubles, les chanoines se réfugient avec la châsse à Paris, à Saint-Symphorien en la Cité (Lebeuf, p. 22, qui estime que c’est dans le but de partir que la châsse fut réalisée).

      • Procession (1444)

        Le 12 juillet 1444, retour de la châsse à Saint-Cloud et procession générale depuis Notre-Dame de Paris avec « les bonnes gens des villes d’entour » et, au passage à Saint-Honoré, prêche pour la paix générale et l’union de l’Église (Journal d’un bourgeois de Paris sous les règnes de Charles VI et Charles VII, éd. Tuetey, 1881, p. 374 ; Lebeuf, p. 22).

      • Rédaction d'une vita (XVIe siècle)

        Avant 1596, Thibaud l’Abbé, maître des enfants de chœur, indique à la fin de sa Vie de saint Cloud que « plusieurs miracles se font de jour en autre » auprès du sépulcre de saint Cloud (éd. Viel, 1596, col. 1418).

      • Pillage (1567)

        En septembre 1567, saccage du mausolée de marbre de saint Cloud par les Huguenots (Fauchet, 1599 et 1610). Mais le sarcophage subsiste avec son ancienne épitaphe. Le mausolée est remplacé par un habillage de bois sous le sarcophage et un dôme azuré semé de fleurs de lys d’or soutenu par quatre piliers (Perrier, 81-82).

      • Acte exceptionnel de dévotion (1585)

        L’église est ornée de dix-huit grandes peintures racontant la Vie de saint Cloud.

      • Afflux de pèlerins (XVIIe siècle)

        En 1696, Perrier, p. 68, évoque, lors du 7 septembre, « une affluence incroyable de pèlerins, & il s’y fait encore des miracles ».

      • Abandon d'une pratique (XVIIIe siècle)

        En 1754, l’abbé Lebeuf indique que les Parisiens ne viennent plus à Saint-Cloud qu’à la fête de septembre, alors qu’ils y venaient pendant tout l’été au début du XVIIe s. (Lebeuf, rééd. 1883, t. III, p. 33-34).

      • Création d'un office (1702)

        Publication du Proprium sancti Clodoaldi (84 p.), avec l’Office de saint Cloud et l’oraison pour la bénédiction des malades avec l’eau de saint Cloud.

      • Destruction (1788)

        En 1788, l’église en ruine est rasée peu à peu et la reine Marie-Antoinette pose la première pierre d’une nouvelle église dont la construction est interrompue en janvier 1791.

      • Disparition de l'objet de dévotion (1791)

        Les reliques de saint Cloud sont brûlées, sauf deux fragments, et le tombeau détruit.

      • Reprise du culte (1848)

        Le 12 juin 1848 a lieu une nouvelle exposition d’une des reliques, sauvée par une institutrice (Ozanam, 1863, 39 ; Darney, 1903, 8 ; Legrand, 1922, 63-64, Marie, 1960).

      • Restitution de l'objet de dévotion (1863)

        Le 5 septembre 1863, une vertèbre dorsale sauvée par un porte-châsse est authentifiée et placée dans une boîte en bronze doré, ainsi qu’une partie du suaire, dans la nouvelle église achevée cinq mois plus tôt (Ozanam, 1863, 39 ; Darney, 1903, 8 ; Legrand, 1922, 63-64, Marie, 1960).

      • Restitution de l'objet de dévotion (1863)

        Le 5 septembre 1863, une vertèbre dorsale sauvée par un porte-châsse est authentifiée et placée dans une boîte en bronze doré, ainsi qu’une partie du suaire, dans la nouvelle église achevée cinq mois plus tôt (Ozanam, 1863, 39 ; Darney, 1903, 8 ; Legrand, 1922, 63-64, Marie, 1960).

      Rayonnement(s) :
      • Régional (? -> ?)

        Le pèlerinage à saint Cloud était essentiellement un pèlerinage régional.

      RÉFÉRENCES

      Source(s) :
      • Livres manuscrits (XXe siècle)

        G. Penel-Beaufin, Histoire religieuse inédite et complète de Saint-Cloud, des origines à la dissolution du chapitre (1788), Arch. des Yvelines, ms 16F2 ; 2e exemplaire aux archives de la paroisse Saint-Clodoald (vers 1928-1931, 628 p.).

      • Source publiée (1887)

        R. de Lasteyrie, Cartulaire général de Paris, t. I, Paris, 1887.

      • Livres manuscrits (XIXe siècle)

        F. de Guihermy, Notes sur diverses localités de l’ancien diocèse de Paris, t. XXII, BnF, ms n.a. fr 6115, f. 88-92 (notice de 1849).

      Bibliographie :
      • GILLON, P., «Saint-Cloud. La crypte disparue de la collégiale », in Cryptes médiévales et culte des saints et Île-de-France et en Picardie, à paraître, Paris, Picard, 2017.
      • WAILLEMONT, P. de, Saint Cloud et son église. Livret de visite, Saint-Cloud, 2002.
      • MERCERON, J., Dictionnaire thématique et géographique des saints..., Paris, 2002, p. 999-1000.
      • POISSON, G., «Inventaire des édifices religieux catholiques des Hauts-de-Seine », in Paris-et-Ile-de-France, Mémoires, t. 23-24 (1972-1973), Paris, 1975, p. 80-83.
      • MARIE, A., Saint-Cloud, cité historique, s. l., 1966, p. 23-28.
      • FERTE, J., La vie religieuse dans les campagnes parisiennes (1622-1695), Paris, 1962.
      • MARIE, A., HARDOUIN, R., MCMLX, XIVe centenaire de saint Cloud, Saint-Cloud, 1960.
      • DEVEZE, M., «Comment disparurent le Couvent des Ursulines et l'ancienne Église collégiale de Saint-Cloud (1766-1787) », in Bulletin des Amis de Saint-Cloud, n° 2, 1955.
      • PENEL-BEAUFIN, G., «Le pèlerinage de Saint-Cloud », in Le grand Illustré catholique, Angers, 1935, p. 69-73.
      • LEGRAND, J., Saint Cloud, prince, moine, prêtre, Saint-Cloud, 1922.
      • DARNEY, G., Saint-Cloud, Paris, 1903.
      • LEBOEUF, J. , Histoire de la Ville et de tout le diocèse de Paris (vers 1754), t. III, Paris, 1883, p. 20-26.
      • OZANAM, C.-A. , Pèlerinage de saint Cloud, Saint-Cloud, 1863.
      • J. P. C., Curiosités de Saint-Cloud, Saint-Cloud , 1815, p. 4-12.
      • PONCET DE LA GRAVE, Mémoires intéressants pour servir à l'histoire de France..., t. III, Paris, 1789, p. 4-5.
      • THIERY, L. V., Guide des amateurs et des étrangers voyageurs aux environs de Paris, Paris, 1788, p. 320-321.
      • HURTAUT, MAGNY, Dictionnaire historique de la ville de Paris et de ses environs, t. II, Paris, 1779, p. 358-360.
      • PERRIER, P., La Vie de S. Cloud, prestre, petit-fils de Clovis, Paris, 1696.
      • BOUCHAREL, G. , La Vie et les miracles de saint Cloud, Paris, 1647.
      • DU BREUL, Jacques, Le Théâtre des Antiquités de Paris, Paris, 1612, p. 1167-1169 (rééd. augmentée, Paris, 1639, p. 870-871).
      • DUCHESNE, A., Les Antiquitez et recherches des villes, chasteaux et places plus remarquables de toute la France, Paris, 1609, p. 237.
      • FAUCHET, C., Recueil des antiquitez gauloises et françoises, Paris, 1599, p. 254-255, rééd. 1610, vol. 1, p. 77 et 1611, p. 161.
      • VIEL, p. (et alii), Histoire de la Vie, mort, passion et miracles des saints..., Paris, 1596, p. col. 1414-1418.
      Etude(s) universitaire(s) :

      PHOTOGRAPHIES LIÉES

      Objet de dévotion :
      • Procession de la châsse de saint Cloud, et de la monstrance du doigt du saint - Perrier - 1696
      • Epitaphe gravée sur le tombeau en marbre de saint Cloud, relevée en 1585 par Arnold Van Buchel - P. Gillon (BU Utrecht, ms n° 798, 1, f. 168c) - 1585
      Edifice :
      • Église de Saint-Cloud vers 1650  - Extrait d'une gravure d'I. Silvestre
      • Saint-Cloud. Vestiges du chevet de l'église médiévale au niveau de la crypte - P. Gillon - 2005
      Autre :

      À PROPOS DE L'ENQUÊTE

      Enquêteur :
      • GILLON Pierre
      Rédacteur :
      • GILLON Pierre
      Date de l'enquête :
      2009
      Date de rédaction de la fiche :
      2016
      Etat de l'enquête :
      Complète
      Pour citer cette ficheGILLON Pierre, « Saint-Cloud », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
      url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/680/saint-cloud, version du 14/02/2017, consulté le 11/12/2017