INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Notre-Dame-du-Sceptre

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Notre-Dame-du-Sceptre
Période d'activité :
1833 - 1906
Commune :
Les Sables d'Olonne
Département :
Vendée

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Les Sables d'Olonne
Hameau/Lieu-dit :
Diocèse :
Actuel: Luçon (1833 - 1906)
Ancien:
Paroisse :
Actuelle:
Ancienne: Notre-Dame d'Olonne (1833 - 1906)

Site

Type de site :
Côte maritime
Altitude :
6 m
Compléments :

Le sanctuaire se trouvait dans les locaux de l’ancienne abbaye Sainte-Croix, rue de Verdun, actuel musée de Sainte-Croix.


Paysage

Type de couvert végétal :
Type de l'habitat :
Ville
Type de proximités :
Mer

LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Notre-Dame-du-Sceptre (1833 - 1906)
Compléments :

En 1833, un sceptre « d’ or » a été placé dans les mains d’une statue de Marie en pierre qui se trouvait dans la cour du petit séminaire créé en 1821 aux Sables d’Olonne.


Type de lieu de culte :
Autre
Nom du lieu de culte :
Notre-Dame-du-Sceptre
Saints patrons :
  • Vierge Marie (1833 - 1906)
Compléments :

Chaque 8 décembre entre 1833 et 1906, les séminaristes vouaient à Notre-Dame du Sceptre, située dans l'enceinte du petit séminaire, « un pèlerinage et lui remettaient un modeste tribut en échange des grâces qu’elle voulait bien leur accorder » (abbé Teillet).


L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Vierge Marie
Nature de l'objet :
Statue
Matériau de l'objet :
Pierre
Dimensions de l'objet :
Emplacement :
Dans la cour du séminaire.
Datation de l'objet :
1833
Compléments :

Quand il fut nommé à la tête du séminaire, l’abbé Dalin décida de placer son établissement sous la protection de la Vierge. Il invita les séminaristes à offrir un sceptre d’or à leur « Reine Immaculée », qu’ils placèrent dans les mains de la statue de pierre qui se trouvait dans la cour le 8 décembre 1833. On ignore si cette  première statue appartenait aux  Bénédictines qui avaient occupé le monastère de Sainte-Croix avant la Révolution ou si elle fut installée à la création du séminaire en ce lieu par Louis-Marie Baudoin en 1821. Pour remercier la Vierge d’avoir protégé les séminaristes lors de l’incendie de 1835, on l’honora d’une nouvelle statue (de métal) commandée au sculpteur Barrême (1775-1866), artiste vendéen spécialisé dans les thèmes religieux.


LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :

Le sceptre, symbole de Marie « Reine de l’Univers », ne fait pas partie du dogme. Lors du violent incendie qui faillit détruire tous les bâtiments du séminaire, le 27 décembre 1835, l’abbé Dalin pria la Vierge et eut l’idée de jeter son sceptre dans les flammes. Le miracle survint aussitôt. Le vent cessa de tourner et le feu s’arrêta. Miraculeusement, le sceptre fut à peine noirci et on retrouva les pièces d’or et d’argent que l’on croyait perdues transformées en lingots. C’est pour remercier la Vierge que le Supérieur du séminaire commanda une nouvelle statue tenant l’enfant Jésus sur son bras gauche et tenant un sceptre de sa main gauche. Le sceptre d’or, placé sur un coussin de soie, fut dès lors porté en tête de procession lors des fêtes de Solennités.

Miracles :
Type(s) de motivation :
  • Action de grâce
  • Voeu
Recours :
    Jour(s) de fête :
    • Immaculée Conception
    Type de fréquentation :
    Annuel (= juste pour une fête)
    Pratiques individuelles :
    • Baisers
    Pratiques en présence du clergé :
    • Messe
    Ex voto :
      Confrérie(s) :
        Indulgence(s) :
          Compléments sur le culte :

          Selon l’abbé Teillet, lors du pèlerinage annuel du 8 décembre, chaque élève devait faire un vœu à l’Immaculé Conception et lui remettait un « modeste tribut » en échange des grâces qu’elle voudrait bien leur accorder.
          Le pèlerinage était fréquenté par les séminaristes.

          Ce culte était si célèbre qu’il est à l’origine de la revue diocésaine des vocations : L’Echo de Notre-Dame du Sceptre, paru de 1934 à 1967.

          L'ÉDIFICE

          Description :

          Le séminaire occupa à partir de 1821 les bâtiments de l’ancienne abbaye de Sainte-Croix fondée par Flandrine de Nassau en 1622 et que les sœurs bénédictines avaient quittée en 1791. Les bâtiments claustraux, fortement remaniés au XVIIIe siècle, en forme de U avec de grandes ouvertures, avaient servi d’hôpital puis d’école. Quand le diocèse de Luçon fut à nouveau créé en 1821 (l’évêché de Luçon avait disparu au bénéfice de celui de La Rochelle depuis le Concordat de 1801), on créa aussitôt un petit séminaire à l’initiative de Louis-Marie Baudouin. Il l’installa dans les locaux de l’abbaye tout juste rendus à l’évêque. Après l’incendie de 1835, l’aile sud des bâtiments fut reconstruite et le séminaire perdura dans ces murs jusqu’en 1905. La statue fut envoyée à Olonne puis à Mirville puis au petit séminaire de Chavannes où le sceptre l’avait précédé.

          Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
            Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :

              HISTOIRE DU SANCTUAIRE

              Origines :
              Date de première mention : 1833
              Initiative de la fondation :
              • Prêtre
              Environnement institutionnel, politique et religieux :

              Le concept de Marie « Reine de l’Univers » découle de la croyance en la conception immaculée de la Vierge et en son Assomption, deux dogmes non proclamés en 1833 qui affirment que la Vierge ne peut mourir et que dans son sommeil, elle monte au ciel pour être couronnée Reine de l’Univers. Ce culte de Notre-Dame du Sceptre apparaît en Vendée dans le cadre du développement des séminaires après le concordat de 1801. Après l’interdiction du culte entre 1791 et 1801, la rechristianisation facilitée par la Restauration de 1815 qui associe le trône et l’autel, se poursuit dans les campagnes, même si la Monarchie de juillet distend les relations entre la royauté et l’Église. La priorité était la formation de prêtres qui ne soient pas les théologiens des grands séminaires diocésains payants mais celle des futurs curés chargés d’encadrer les simples fidèles. Les petits séminaires, autorisés dans les années 1820, furent réservés aux études secondaires des enfants de milieux modestes qui aspiraient au sacerdoce. C’est dans ce contexte qu’apparaît le premier petit séminaire du diocèse de Luçon aux Sables d’Olonne. Le culte de Notre-Dame du Sceptre et son pèlerinage réservé à ses élèves naquit à l’initiative de leur Supérieur nommé en 1830, époque de grande diffusion du culte mariale et de celui de l’Immaculée Conception qui n’est pas encore un dogme mais dont le clergé vendéen se fait l’ardent défenseur. L’incendie qui ravagea l’aile Sud des bâtiments en 1835 fut à l’origine de multiples légendes dont Notre-Dame du Sceptre fut l’héroïque salvatrice. Le culte de Notre-Dame du Sceptre existait encore en 1950 au petit séminaire de Chavagnes-en-Paillers selon Charles Suaud car c’est en ce lieu que furent conservés la statue du petit séminaire des Sables de 1835 et le sceptre (d’argent) de 1833. Cet objet, symbole de la royauté de Marie, circula dans le diocèse pendant toute la fin du XIXe siècle. En 1875, il attira une foule considérable à la Flocellière comme s’il s’était agit d’une relique.

              Phases d'évolution :
              Evénements marquants :
              • Création de pèlerinage (1833)

                Un sceptre d'or est placé dans les mains d'une statue située dans la cour du petit séminaire des Sables d'Olonne créé en 1821.

              • Incendie (1835)

                L'incendie qui ravagea le séminaire en 1835 est à l'origine de la commande d'une seconde statue, pour remercier la Vierge d'avoir protégé les séminaristes de ce sinistre.

              • Déplacement de l'objet de dévotion (1905)

                La statue est envoyée à Olonne, puis à Mirville, et enfin au petit séminaire de Chavannes.

              Rayonnement(s) :
              • Diocésain (1833 -> 1905)

                Déplacement de l’objet de dévotion dans le petit séminaire de Chavagnes-en-Paillers en 1909.

              Compléments :

              Notre-Dame-du-Sceptre fut la patronne des séminaires de Vendée au point de donner son nom à la revue diocésaine des vocations dès 1934, revue que recevaient tous les prêtres du diocèse de Luçon (tirée à 20 000 exemplaires dans les années 1950-1960).


              RÉFÉRENCES

              Source(s) :
                Bibliographie :
                • LAUNAY, M., Les séminaires français aux XIXe et XXe siècles, Paris, Cerf, 2003.
                • SUAUD, Ch., La vocation, (petit séminaire de Chavagnes raconté par un sociologue), éd. De Minuit, 1978, p. 80-81.
                • TEILLET, L. (abbé), Le culte de la Sainte Vierge en Vendée, Luçon, 1906, p. 62.
                • «Notre-Dame du Sceptre », in L'Echo de Notre-Dame du Sceptre, oct-dèc. 1934, 1934, p. 28-29.
                Etude(s) universitaire(s) :

                PHOTOGRAPHIES LIÉES

                Objet de dévotion :
                Edifice :
                Autre :

                À PROPOS DE L'ENQUÊTE

                Enquêteur :
                • NONY-VUISCHARD Claude-Josèphe
                Rédacteur :
                • VINCENT-CASSY Mireille
                Date de l'enquête :
                2007
                Date de rédaction de la fiche :
                2014
                Etat de l'enquête :
                En cours
                Pour citer cette ficheVINCENT-CASSY Mireille, « Notre-Dame-du-Sceptre », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
                url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/672/notre-dame-du-sceptre, version du 06/02/2017, consulté le 17/08/2017