INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Sainte-Marie-de-Réaumur

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Sainte-Marie-de-Réaumur
Période d'activité :
XIIIe siècle - 2018
Commune :
Réaumur
Département :
Vendée
Chapelle Notre-Dame-de-Réaumur au début du XXe s.

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Réaumur
Hameau/Lieu-dit :
Diocèse :
Actuel: Luçon (1317 - 2018)
Ancien: Poitiers (XIIIe siècle - 1317)
Paroisse :
Actuelle: Saint-Antoine-des-Puys (1997 - 2018)
Ancienne: Saint-Pierre-de-Réaumur (XIIIe siècle - 1997)

Site

Type de site :
Rive de cours d'eau
Altitude :
124 m
Compléments :

Le sanctuaire se trouve le long d’un chemin creux en pente à 200 mètres de la route de Pouzauges à la Chataigneraie. Il est près d’un ancien gué de la Lay qui autrefois permettait de passer la rivière pour rejoindre Montournais ou Pouzauges. La fontaine Sainte-Marie est située à quelques pas de la chapelle, sur ce même chemin qui longe la rivière par endroit.


Paysage

Type de couvert végétal :
Bois
Type de l'habitat :
Village
Type de proximités :
Axe de circulation
Compléments :

Région de bocage mais la chapelle et la fontaine sont en bordure d’un chemin sinueux et ombragé qualifié de promenade des « guichelaines « (gués des chemins du Lay).


LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Sainte-Marie-de-Réaumur (XIIIe siècle - 2018)
Compléments :

L’emplacement de la chapelle et de la fontaine Sainte-Marie est signalé dès 1220 (pratrum beatae Mariae, pré sainte Marie) sans que l’on sache s’il y avait déjà un oratoire. Le sanctuaire, fondé selon la légende par le premier prieur-curé de Saint-Pierre de Réaumur (†1203), a toujours été lié à la Congrégation des Chanoines de Saint-Augustin puis à celle de Sainte-Geneviève jusqu’en 1790.


Type de lieu de culte :
Chapelle
Nom du lieu de culte :
Sainte-Marie
Saints patrons :
  • Vierge Marie (XIIIe siècle - 2018)
Compléments :

Le santuaire est aussi nommé Notre-Dame-de-Réaumur depuis la reconstruction de la chapelle en 1900. La titulature de Sainte-Marie, donnée vers 1200, prouve l’ancienneté du sanctuaire. Elle est en effet toujours antérieure à la fin du XIV° siècle. À cette époque le vocable de Notre-Dame apparaît partout en Occident en langue vernaculaire, remplaçant celui de « Beatae Mariae » comme dans la titulature de Notre-Dame de Paris par exemple. Les manuels du pèlerinage de Notre-Dame de Réaumur, comme celui de 1945, ne font aucune référence aux pratiques individuelles qui se déroulent à la fontaine. Les ex-voto ne sont placés que dans la chapelle ainsi que les dépots de cierges et fleurs. L’empreinte du pied de la Vierge n’est visible que de l’intérieur de la chapelle.


L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Notre-Dame
Nature de l'objet :
Statue
Matériau de l'objet :
Autre
Dimensions de l'objet :
H : 70 cm
Emplacement :
La statue est actuellement située dans le chœur, au dessus du tabernacle.
Datation de l'objet :
1896
Compléments :

Cette statue de la Vierge fut d’abord située à l’extérieur sur le mur du chevet où l’on dit qu’elle aurait été volée un temps – ce qui aurait tari l’eau de la fontaine. On remarque aussi sur le mur gauche de la chapelle une peinture du XIXe siècle représentant  Notre-Dame du Perpétuel Secours entourée d’ex-voto dont on sait que le culte fut diffusé par les Rédemptionistes après 1866. La source même est cachée de la vue des pèlerins par une grille. Une empreinte du pied de la vierge est maçonnée dans le mur de la chapelle et visible depuis l’intérieur. L’ajout en 1900 d’une plaque votive aux habitants de Réaumur massacrés pendant la tourmente révolutionnaire laisse supposer que la reconstruction de la chapelle et de la fontaine en 1900 fut l’occasion pour le clergé d’une reprise en main des pratiques religieuses des laïcs.


LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :

S’il n’existe aucune source écrite, on racontait au début du XXe siècle – et encore en 1945 dans un Cantique Légende (chanté sur l’air de la Vendéenne) selon le livret de pèlerinage – une histoire mêlant différentes influences. Alors que la sècheresse avait tari le Lay et allait faire mourir de soif vingt chevaliers glorieux qui revenaient de la croisade, leur capitaine, se souvenant qu’on était le jour de l’Assomption, pria sainte Marie qui fit jaillir une source miraculeuse. Deux enfants présents lors de ce miracle (un berger et une bergère) racontèrent à ces guerriers que Notre Dame leur était apparue à cet endroit et qu’elle avait laissé l’empreinte de son pied (encore visible), sur la roche, là où la source avait jailli. La Vierge avait d’ailleurs chargé ces enfants de faire savoir aux gens de Réaumur qu'ils devaient renoncer aux péchés et qu’elle exaucerait la prière des femmes en couche. Le miracle de la source se diffusant dans le voisinage, les femmes enceintes et les mères vinrent les premières boire à la source et chercher de l’eau pour les malades. Elles prirent l’habitude de poser les pieds de leurs enfants sur l’empreinte du pied de la Vierge pour aider ces derniers à marcher. En action de grâce, le capitaine des chevaliers fit aussitôt construire une chapelle. Une autre légende rapportée par l’abbé Rafin en 1898 ajoute qu’il enferma la fontaine dans une construction et enchâssa l’empreinte du pied de Marie dans sa chapelle avant de se faire moine et de devenir le premier prieur de Réaumur.

Miracles :

L’abbé Rafin signale quatre cas de miracles après 1875, dont celui d’une petite fille, Augustine Daguzé, qui s’en retourna du sanctuaire sans ses béquilles.

Type(s) de motivation :
  • Piété
  • Voeu
Recours :
  • Thérapie
  • Délivrance
Jour(s) de fête :
  • Assomption
  • Barthélémy
Type de fréquentation :
Annuel (= juste pour une fête)
Compléments sur les fréquentations :

Les pèlerins qui fréquentent le site de manière individuelle sont surtout des femmes enceintes qui se procurent de l’eau à emporter chez elles et viennent faire toucher du pieds de leurs enfants l’empreinte de celui de la Vierge pour les aider « à s’en aller seuls ».



Depuis le début du XXe siècle, le pèlerinage se déroule le premier dimanche de septembre.


Pratiques individuelles :
  • Cire
  • Prières
  • Toucher
  • Boire
  • Voeux
  • Emporter
Pratiques en présence du clergé :
  • Processions
  • Messe
  • Prédication
  • Vêpres
Ex voto :
  • Texte gravé

    Des plaques votives sont encore déposées dans la chapelle.

  • Texte gravé (XXe siècle)

    Petites plaques rectangulaires de marbre blanc gravées du mot "Merci" en lettres d’or avec les initiales des donateurs. On en compte autour de 200 sur les parois de la chapelle.

Confrérie(s) :
    Indulgence(s) :
      Compléments sur le culte :

      La chapelle a été construite en remerciement du jaillissement de la source miraculeuse. Cependant, le surgissement de l’eau du rocher n’est plus visible car la source est enchâssée derrière une grille de la fontaine. Une carte postale ancienne, visible sur le site web de la Mairie de Réaumur, montre des paysannes remplissant de grandes cruches avec l’eau coulant de fontaines en fonte placées au pied du mur, semblables à des fontaines publiques. Si les pèlerins se rendent individuellement à la fontaine, les pratiques proprement religieuses ne se déroulent que dans la chapelle. Les objets de dévotion tels qu'ex-voto, cire et fleurs, ne sont visibles qu’à l’intérieur de la chapelle autour des images de la Vierge Marie. Les messes et les prédications de la fête se déroulent toujours à l’extérieur, dans le pré de Sainte-Marie, sur un autel portatif.

      L'ÉDIFICE

      Description :

      C’est de nos jours une modeste chapelle de 9,10 mètres sur 4,60 m construite en 1900 en style ogival à l’emplacement de l’ancienne petite chapelle par le maçon Ludovic Chasse et le charpentier Gustave Marot entre mai et septembre 1913 grâce aux fonds recueillis par le curé Pajot auprès de 200 souscripteurs. L’ensemble est lumineux et modeste : deux fenêtres éclairent les murs simplement enduits, le plafond en ogive est peint en bleu. Des ex-voto de marbre blanc couvrent les murs de la nef.

      On possède une carte postale de l’ancienne chapelle Sainte-Marie qui était plus petite (6 m x 3 m 20) et qui avait été restaurée ou reconstruite vers 1820. Sa façade était précédée d’un petit abri soutenu par quatre poteaux. La déclivité du terrain et la végétation d’un talus voisin ne laissaient qu’un espace étroit pour quelques pèlerins à la fois. La nouvelle construction est précédée d’un grand plan incliné rejoignant le chemin mais ses proportions restent réduites.

      Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
      • Fontaines (XIIIe siècle)

        Une fontaine, lieu attaché, selon la légende, à la source miraculeuse, se trouve sur le flanc extérieur de la chapelle. Elle est actuellement grillagée.

      • Autre (1900)

        Le déblaiement du terrain, le 13 septembre 1900, nécessita 250 journées de travail par des terrassiers pour dégager et aplanir un espace suffisant pour construire la nouvelle chapelle. Cependant, c’est à l’extérieur, dans le pré de Sainte Marie, qu’aboutissait la procession de la fête et que se déroulaient la messe, la prédication et les Vêpres sur un autel portatif.

      Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :
      • Autel (1900)

        Autel en pierre.

      • Mobilier (1900)

        L'intérieur de la chapelle est orné d'une statue, d'un tableau de la Vierge et de tableaux d'autres saints.

      HISTOIRE DU SANCTUAIRE

      Origines :
      Date de première mention : 1220
      Initiative de la fondation :
      • Laïc isolé
      Environnement institutionnel, politique et religieux :

      On ne possède aucune mention de la chapelle avant 1610. Réaumur, d’occupation ancienne, était traversé par une voie romaine mais ce n’est qu’en 1158 que l’église Saint-Pierre est citée pour la première fois. La mort du premier prieur de Saint-Pierre connu, Pierre de Bellosa, advint en 1203. Il serait le chevalier de la légende, devenu moine et fondateur de la chapelle. Cette hypothèse est plausible et placerait la fondation du culte avant 1203. La seigneurie du prieur relevait de l’abbaye de la Trinité de Mauléon (à Châtillon-sur-Sèvre) qui suivait la règle des chanoines de saint Augustin. Un acte du priorat de 1220 mentionne le « pré de sainte Marie » sans citer de chapelle et ce n’est qu’en 1610 qu’il est fait mention d’un chemin allant de l’église à la chapelle. On ne sait pas si la présence des Protestants utilisant la chapelle domestique du prieuré pour leur prédication – on peut encore y lire locus orationis 1596 – eut une incidence sur le sanctuaire de Réaumur. Une réparation de la fontaine en 1665, date gravée sur le mur, correspond à l’époque de la réforme de l’abbaye de Mauléon, mère du prieuré de Saint-Pierre. Elle relevait depuis 1660 de la Congrégation de Sainte Geneviève. En 1740, on ajouta la mention « sainte Marie priez pour nous ». Les curés-prieurs génovéfains restèrent actifs à Saint-Pierre de Réaumur jusqu’à la suppression définitive de la congrégation en 1790. On sait que l’abbé Piboin, premier curé après la Révolution et ancien vicaire génovéfain de la paroisse en 1785, était très attaché au culte de la Vierge. Il se préoccupa dès 1804 de relever le sanctuaire. La guerre avait en effet durement frappé les populations de Réaumur en 1793 et 1794 (passage des Colonnes Infernales puis des troupes Républicaines l’année suivante) renversant la chapelle et le prieuré, réparés vers 1820. Ce n’est qu’en 1900 que l’abbé Pajot sut réunir les fonds pour reconstruire une nouvelle chapelle, y faisant apposer une plaque commémorative : Ici reposent les corps de plusieurs victimes des massacres du 30 septembre 1793 et du 14 mars 1794. Aux vertus thérapeutiques attribuées au sanctuaire de Sainte Marie depuis son l’origine, le curé Pajot rappelait en 1900 par cette inscription que la Sainte Vierge, grâce à l’Immaculée Conception récemment proclamée, est la meilleure médiatrice des pécheurs et des morts auprès de son Fils.

      Phases d'évolution :

      Le pèlerinage annuel de Sainte-Marie de Réaumur, fixé d’abord le jour de l’Assomption, fut très fréquenté à la Saint Barthélémy (24 août), jour de la foire annuelle de Réaumur. Depuis, il est toujours organisé et prêché le premier dimanche de septembre.

      Evénements marquants :
      • Création d'une légende (1203)

        Selon la légende, alors que la sècheresse avait tari le Lay et allait faire mourir de soif vingt chevaliers glorieux qui revenaient de la croisade, leur capitaine, se souvenant qu’on était le jour de l’Assomption, pria sainte Marie qui  fit jaillir une source miraculeuse. Deux enfants présents à ce miracle (un berger et une bergère) racontèrent à ces guerriers que Notre-Dame leur était apparue à cet endroit et qu’elle avait laissé l’empreinte de son pied (encore visible), sur la roche là où la source avait jailli. Ce "miracle" donna naissance au pèlerinage en ce lieu.

      • Restauration (1804)

        L'abbé Piboin, premier curé post-révolutionnaire, restaura la chapelle.

      • Construction (1900)

        La nouvelle chapelle fut inaugurée le 13 septembre 1900.

      Rayonnement(s) :
      • Local (XIIIe siècle -> 2018)

        L’évêché de Luçon indiquait la participation de 400 pèlerins en 2012.

      RÉFÉRENCES

      Source(s) :
      • Livret de pèlerinage (1945)

        Manuel du pèlerinage à Sainte-Marie-de-Réaumur, Imprimatur L. Grimaud, vicaire général 13 août 1945.

      • Images

        Photographies du patrimoine religieux de la commune de Réaumur
        http://www.reaumur.fr/GALERIE_photos.php?niv2=10
         

      • Archives

        Abbé Louis Delhommeau, archiviste diocésain, Fichier historique du diocèse de Luçon, (1999), en ligne aux Archives départementales de Vendée.

      Bibliographie :
      • Teillet, L. (abbé), Le culte de la Sainte Vierge en Vendée, Luçon, 1906, p. 72 passim.
      • RAFIN, E. abbé, Notre-Dame-de-Réaumur, Notice historique (réed. Vannes 191, Fontenay-le-Comte 1945), Vannes, imprimeries L. P. Gouroud, 1898, p. 1-32.
      Etude(s) universitaire(s) :

      PHOTOGRAPHIES LIÉES

      Objet de dévotion :
      Edifice :
      • Chapelle Notre-Dame-de-Réaumur au début du XXe s. - Coll. particulière
      Autre :

      À PROPOS DE L'ENQUÊTE

      Enquêteur :
      • NONY-VUISCHARD Claude-Josèphe
      Rédacteur :
      • VINCENT-CASSY Mireille
      Date de l'enquête :
      2006
      Date de rédaction de la fiche :
      2013
      Etat de l'enquête :
      En cours
      Pour citer cette ficheVINCENT-CASSY Mireille, « Sainte-Marie-de-Réaumur », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
      url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/668/sainte-marie-de-reaumur, version du 29/12/2016, consulté le 11/12/2018