INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Saint-Mandé

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Saint-Mandé
Période d'activité :
1402 - 1850
Commune :
Montreuil
Département :
Vendée
Extrait de la carte de Cassini

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Montreuil
Hameau/Lieu-dit :
Diocèse :
Actuel: Luçon (1821 - 2017)
Ancien: La Rochelle (1648 - 1821)
Paroisse :
Actuelle: Notre-Dame-des-Sources (1997 - 2017)
Ancienne: Montreuil (1402 - 1997)
Compléments :

Entre 1402 et 1648, Montreuil ressortissait au diocèse de Maillezais.


Site

Type de site :
Bord de lac/marais
Plaine
Altitude :
19 m
Compléments :

En bordure du marais poitevin, lié à assèchement du marais poitevin, zone inondable.


Paysage

Type de couvert végétal :
Espace cultivé
Type de l'habitat :
Bourg
Type de proximités :
Compléments :

Opposition entre terres de marais mouillé et terres de marais sec.


LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Saint-Mandé (1402 - 1850)
Compléments :

La chapelle de Saint-Mandé, située dans le cimetière de Montreuil, fut érigée, avec reliques, à l’initiative de membres de la famille Bernard (dont le prieur-curé) sur le tombeau de leurs ancêtres en 1402. Elle fut à l’origine d’un pèlerinage thérapeutique qui persista encore après la Révolution. Un autel en l’honneur du saint fut érigé dans l’église paroissiale à cause de la vétusté de la chapelle et de la construction d’une école (avec éléments architecturaux du XVe s.) sur l’emplacement de l’ancien cimetière en 1864. La « procession pour saint Mandé » subsista le 18 novembre pour les malades et enfants anémiés.


Type de lieu de culte :
Chapelle
Nom du lieu de culte :
Saint-Mandé
Saints patrons :
  • Mandé (1402 - 1850)
Compléments :

La dévotion à ce saint Mandé connut un vif succès au XVe siècle du vivant des donateurs. La chapelle fut restaurée en 1617 sans interrompre le pèlerinage et en 1655, l’évêque de La Rochelle ordonna d’orner la chapelle pour le jour de la fête et les processions. Le pèlerinage était toujours très actif en 1727. Après avoir été désaffectée pendant la Révolution, la chapelle servit de logis à un fou avant de s’écrouler. Un autel fut installé dans l’église paroissiale et le pèlerinage subsista avec sa « procession pour Saint-Mandé » le 18 novembre. L’église de Montreuil étant fermée, on ignore si l’autel de Saint-Mandé subsiste encore.


L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Saint Mandé
Nature de l'objet :
Relique (= fragment)
Matériau de l'objet :
Vestige corporel
Dimensions de l'objet :
Emplacement :
Datation de l'objet :
?

LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :

Saint Mandé n’est pas connu. Le mot Mandé, en ancien français, vient de l’Antienne du Jeudi Saint (mandatum novum de nobis ) et ne convient pas ici. Il s’agirait plutôt d’un petit saint breton (Leroquais I p. 76, 79, 259 ou II, 259) dit Maudetus en latin, (mal) transcrit en Mandé en français. Georges Chastellain (†1474) écrit d’ailleurs que le bourg de Saint-Mandé, proche de Vincennes, tire son nom d’un ermite breton. Les Litanies des saints d’un Livre d’Heures breton du XVe siècle lui attribuent une fête le 17 novembre (Leroquais 1, 210. Le saint Mandé de Montreuil, fêté le 18 novembre, se rattacherait donc à ce dernier saint breton. Cependant il faut retenir que le texte de la fondation du sanctuaire évoque les reliques d’un Monseigneur saint André tout aussi inconnu.

Miracles :
Type(s) de motivation :
  • Action de grâce
  • Piété
  • Voeu
Recours :
  • Thérapie
Jour(s) de fête :
  • Mandé (18 novembre)
Type de fréquentation :
Annuel (= juste pour une fête)
Pratiques individuelles :
    Pratiques en présence du clergé :
    • Processions
    • Messe
    Ex voto :
      Confrérie(s) :
        Indulgence(s) :
          Compléments sur le culte :

          « Mgr Saint Mandé » n’est pas  été identifiable dans les listes d’évêques des diocèses de Poitiers, Maillezais, La Rochelle ou Luçon et nécessiterait une étude des patronymes des abbés et chanoines de l’abbaye Nieul-sur-l’Autize dont dépendait le prieuré de Montreuil. Nombreux témoignages d’une confrérie de l’église très active à l’époque Moderne et encore après la Révolution. La confrérie est impliquée dans l’inventaire et la vente des riches possessions du prieuré en 1794.

          L'ÉDIFICE

          Description :

          On ignore tout de la construction de la chapelle de 1402 érigée sur la tombe des ancêtres de la famille Bernard (Chroniques paroissiales, t. XI, p. 265). Elle fut restaurée deux fois au XVIIe s.  – (sa couverture en 1617 sans interrompre l’activité du pèlerinage). Il n’est donc pas question ici d’une chapellenie pour honorer les âmes des morts de la famille Bernard par des offices des morts mais d’un sanctuaire dont les reliques dites de saint Mandé attirèrent les pèlerins du vivant des donateurs.

          La chapelle fut désaffectée à la Révolution puis servit de refuge à un soi-disant fou. Ruinée, elle fut remplacée par un autel dédié à saint Mandé dans l’église au milieu du XIXe siècle. Les paroissiens restaient assidus à la « procession de Saint-Mandé ». En 1864, le cimetière abandonné à son tour, laissa place à une école de religieuses, dont les murs encore visibles dans  l’ancienne école de filles, révèlent le réemploi de décors sculptés de la fin du XVe siècle.

          Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
            Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :
            • Mobilier (1655)

              L’évêque de la Rochelle recommande aux fabriciens de l’église de parer la chapelle Saint-Mandé aux fêtes du patron et pour les  processions.

            HISTOIRE DU SANCTUAIRE

            Origines :
            Date de première mention :
            Initiative de la fondation :
              Environnement institutionnel, politique et religieux :

              La plus ancienne mention connue de l’église de Montreuil se situe en 998, quand elle  fut offerte à l’abbaye bénédictine de Bourgueil par l’épouse du comte de Poitiers. Elle devint un prieuré dépendant de l’abbaye Saint-Vincent de Nieul-sur-l’Autize en 1068, abbaye à l’histoire très compliquée passant de la domination anglaise (Aliénor d’Aquitaine) étant née à Nieul) à celle des Capétiens.

              Phases d'évolution :

              En regardant les décors sculptés typiques de la Renaissance encore visibles à Montreuil, on peut se demander si l’éclat de Fontenay qui fut un des premiers foyers de l’Humanisme avec Maillezais (Rabelais) a pu avoir une influence sur le sanctuaire de Saint-Mandé. Dès 1536, les Protestants sont présents à Fontenay et à Montreuil. L’abbaye Saint-Vincent de Nieul-sur-l’Autize est pillée et détruite par les protestants. La difficile coexistence entre catholiques et protestants  s’apaise après l’Édit de Nantes (1598) et permet la reconstruction de la chapelle de Saint Mandé en 1617 dont le pèlerinage est toujours très actif.

              La région reste cependant durement appauvrie. Si Richelieu pouvait qualifier en 1610 l’évêché de Luçon de « plus crotté de France », on doit supposer que celui de Maillezais si proche lui ressemblait. La création du diocèse de la Rochelle en 1648 et la disparition de toute vie monastique à Nieul-sur-l’Autize par le rattachement de ses chanoines au chapitre cathédrale la Rochelle en 1717 n’a rien changé à la dépendance du sanctuaire par rapport au prieuré de Montreuil. Au moment de la Révolution, la richesse du prieuré suscita des convoitises et tous ses biens furent vendus ou saisis et le curé déporté en 1794.

              Le pèlerinage subsistait cependant au début du XIXe siècle mais s’éteignit peu après le transfert de l’autel de Saint-Mandé dans l’église paroissiale rénovée. La chapelle et le cimetière furent rasés vers 1860.

              Evénements marquants :
              • Construction (1402)

                Construction du sanctuaire.

              • Désaffectation (1794)

                Les richesses du prieuré et tous ses biens sont saisis et vendus.

              • Destruction (1860)

                La chapelle et le cimetière sont rasés.

              Rayonnement(s) :
              • Local (1402 -> 1900)

                Ce pèlerinage n'a a priori connu qu'une fréquentation locale.

              RÉFÉRENCES

              Source(s) :
              • Archives (2015)

                Abbé Louis Delhommeau, Fichier historique du diocèse de Luçon, en ligne sur le site des Archives départementales de la Vendée, 2015 (série Inventaires et catalogues)

              • Carte de Cassini (XVIIIe siècle)

                La chapelle Saint-Mandé est visible sur la carte de Cassini.

              • Archives

                Archives du diocèse de Luçon, Chroniques paroissiales, 13 tomes 1892-1933 (consultables aux archives diocésaines de Luçon et aux archives départementales de La Roche-sur-Yon, tome 11, éd. Abbé Aillery (canton de Fontenay-le-Comte, tome XI, 1911, p. 101-508.

              Bibliographie :
              • Gaillard, G., «Le protestantisme à Montreuil », in Annuaire de la société d'émulation de la Vendée, 1925, p. 9-28.
              • Gallia Christiana in provincias ecclesiasticas distributa..., t. II, Paris, 1720, p. 1320-1407.
              Etude(s) universitaire(s) :

              PHOTOGRAPHIES LIÉES

              Objet de dévotion :
              Edifice :
              Autre :
              • Extrait de la carte de Cassini - http://cassini.ehess.fr - 1701-1800

              À PROPOS DE L'ENQUÊTE

              Enquêteur :
              • NONY-VUISCHARD Claude-Josèphe
              Rédacteur :
              • VINCENT-CASSY Mireille
              Date de l'enquête :
              2010
              Date de rédaction de la fiche :
              2015
              Etat de l'enquête :
              En cours
              Pour citer cette ficheVINCENT-CASSY Mireille, « Saint-Mandé », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
              url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/663/saint-mande, version du 06/12/2016, consulté le 18/10/2017