INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Grotte-du-père-de-Montfort

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Grotte-du-père-de-Montfort
Période d'activité :
1715 - 2017
Commune :
Mervent
Département :
Vendée

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Mervent
Hameau/Lieu-dit :
Barrage de Pierre-Brune
Diocèse :
Actuel: Luçon (1821 - 2017)
Ancien: La Rochelle (1715 - 1821)
Paroisse :
Actuelle: Montfort -sur -Vendée (1997 - 2017)
Ancienne: Mervent (1715 - 1997)

Site

Type de site :
Grotte
Plateau
Altitude :
66 m
Compléments :

La grotte se trouve à la confluence de la Vendée et de la Mère.


Paysage

Type de couvert végétal :
Forêt
Type de l'habitat :
Lieu isolé
Type de proximités :
Compléments :

La grotte est située à proximité du bourg. Depuis la fin du XX° siècle, un parc d’attraction permanent dit « vallée enchantée » jouit d’un grand succès populaire.



Appelé d’abord « roche aux faons », le lieu a gardé sa sauvagerie malgré les aménagements que les paroissiens de Mervent firent subir à la grotte dès 1716 et malgré l’essor touristique qu’engendra le barrage (pêche) et le parc d’attraction depuis 1956.




LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Grotte-du-père-de-Montfort (1715 - 2017)
Compléments :

La grotte en question est celle où s’était retiré saint Louis-Marie Grignion de Montfort en 1715.




Type de lieu de culte :
Autre
Nom du lieu de culte :
Grotte du Père Montfort
Saints patrons :
  • Louis-Marie de Montfort (1716 - 2017)
Compléments :

La grotte naturelle surplombe la vallée de la Vendée et le plateau de Pierre Brune. Ce lieu est devenu un parc d’attraction très fréquenté en bordure du lac (130 hectares) formé par le barrage de Mervent construit en 1956.


L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Nature de l'objet :
Matériau de l'objet :
Dimensions de l'objet :
Emplacement :
Datation de l'objet :

LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :

Avec 72 missions apostoliques dans les seules paroisses de l’ouest de la France entre 1706 et 1715, dont trois autour de Fontenay-le-Comte, à partir d’avril 1715, Louis Marie Grignon de Montfort passe, selon la légende, pour avoir converti le bocage vendéen après les Guerres de Religion. Il développa une activité considérable et efficace de prédication pour rechristianiser les campagnes vendéennes qu’il parcourait de village en village lors de ses missions d’un ou deux mois à l’initiative des évêques locaux. Pratiquant une pauvreté volontaire exemplaire, il savait émouvoir les fidèles en transmettant aux pauvres paroissiens les dons en argent qu’on lui offrait - comme à Mervent en juillet 1715. Il créa des écoles chrétiennes totalement gratuites pour les enfants pauvres et centra l’essentiel de sa prédication catéchétique sur la Vierge Marie et sur sa médiation pour atteindre Jésus et transmettre les mystères de sa Passion. Il se disait « esclave » de Marie et s’appuyait sur les mots du Rosaire pour porter son message aux simples fidèles qu’il illustrait grâce à des bannières peintes en forme de tableaux. Il diffusa le culte du Cœur de Marie et du Cœur de Jésus, dont la représentation imagée caractérise les ex-votos à ce saint. Il chantait, composait des cantiques et des prières sur des ritournelles  et organisait des processions costumées lors de ses missions. Il écrivit de très nombreux ouvrages dont son « Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge » (1713), toujours  réédité. Il fonda trois ordres destinés à continuer son œuvre : les Sœurs de la Sagesse, les Missionnaires de Montfort et les Frères du Saint-Esprit, vite appelés Frères de Saint-Gabriel (dont une branche devint plus tard celle des Frères des Écoles Chrétiennes). En 1715, Louis Marie Grignion de Montfort, qui pratiquait l’ascèse, se fit ermite dans la "grotte aux faons" de Mervent, où il eut une apparition de la Vierge. Il ne séjourna cependant dans son ermitage que 3 mois car il en fut expulsé en octobre 1715 par le sénéchal, sous prétexte qu’il avait coupé du bois du domaine royal. Il se retira alors à Saint-Laurent-sur-Sèvre à 25 km au nord où il mourut 6 mois plus tard. Malgré le développement des ordres qu’il avait créés et de tous ceux qui se reconnaissaient de la famille Montfortaine, il ne fut béatifié qu’en 1888 et canonisé qu’en 1947 par Pie XII. Le pape Jean-Paul II qui reprit sa devise « tout à toi Marie » pèlerina sur son tombeau en 1999 mais ne put le faire reconnaître docteur de l’Église car l’extrême dévotion mariale de saint Louis-Marie de Montfort contrarie les orientations œcuméniques de l’Église catholique actuelle.

Miracles :
Type(s) de motivation :
  • Action de grâce
  • Piété
  • Voeu
Recours :
  • Grâce particulière
Jour(s) de fête :
    Type de fréquentation :
    Annuel (= juste pour une fête)
    Compléments sur les fréquentations :

    Le culte pour Louis-Marie de Montfort à Mervent se confond avec celui de la Vierge. Il n’y a pas eu de statue de Montfort dans la grotte avant 1843 mais une statue de la Vierge. Le pèlerinage a lieu le dimanche le plus proche du 8 septembre.


    Pratiques individuelles :
    • Cire
    • Prières
    Pratiques en présence du clergé :
    • Processions
    • Messe
    Ex voto :
    • Métal (?)
    Confrérie(s) :
    • Confrérie de Marie Reine des Cœurs (XIXe siècle)

      Une confrérie de Marie Reine des Coeurs serait fondée à la fin du XIXe siècle au Canada.

    Indulgence(s) :
      Compléments sur le culte :

      Le culte connut un grand mouvement d’adhésion dans le dernier tiers du XIXe siècle comme l’indique la dizaine de milliers de participants aux pèlerinages collectifs à la grotte après 1873.

      L'ÉDIFICE

      Description :

      La grotte resta sous sa forme primitive et sauvage. Située sur le domaine public, les fidèles n’obtinrent jamais l’autorisation d’y construire une chapelle. Ce n’est qu’après 1888 qu’on y installa un autel pour y dire la messe.

      L’aménagement de l’intérieur de la grotte en 1716 ne cherchait qu’à rappeler comment le Père de Montfort avait vécu dans son ermitage avec un lit, une table et une chaire. On y ajouta une fontaine, un mur pour se mettre à l’abri du vent du nord et un terrassement pour aplanir le sol (jardin de Montfort) au dessus de la grotte. À la Révolution, il n’y avait qu’une croix et une  statue de la Vierge puisque Louis de Montfort n’avait pas encore été élevé sur les autels. Quarante-cinq ans avant sa béatification, une première statue de Montfort en terre cuite (œuvre d’une religieuse de la Sagesse) fut installée dans la grotte à l’initiative du curé de Mervent (1843). En 1870, une croix de mission fut dressée et un chemin de croix dessiné. La première messe sur l’autel (1886) que l’on voit actuellement ne fut célébrée qu’à l’annonce de la béatification de Montfort en 1888.

      Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
      • Fontaines (1717)

        Quoiqu’il n’y soit resté que trois mois discontinus entrecoupés de voyages, les paroissiens de Mervent aménagèrent très rapidement la grotte après l’inhumation de Montfort à Saint-Laurent-sur-Sèvre, où débutait aussitôt un pèlerinage. En réaction, dès 1716, les paroissiens de Mervent creusèrent trois marches d’accès à la grotte, construisirent une fontaine sur la source existante et un mur pour abriter le site du vent du nord. L’aplanissement du sol du sommet de la grotte permit de créer un jardin dit de Montfort.

      • Statue (1843)

        Après la Révolution, où la grotte servit de lieu de réunion pour les Réfractaires, les pèlerinages reprirent mais ce n’est qu’en 1843 que fut installée une statue de Montfort et en 1888 que furent construits un autel, une grille et une croix. Une statue de pierre du saint a été installée ultérieurement au dessus de l’entrée de la grotte.

      • Croix (1888)

        En 1888, un chemin d’accès, dit chemin de croix, fut crée mais l’endroit est resté sauvage.

      Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :
      • Mobilier (1718-1888)

        Dès 1717 fut créé l’espace pour un lit, une table et une chaise. Une statue de la vierge fut posée dans la grotte qui ne reçut la statue en terre cuite de Montfort qu’en 1843. Un autel et une grille fermant la grotte furent installés en 1888.

      HISTOIRE DU SANCTUAIRE

      Origines :
      Date de première mention : 1715
      Initiative de la fondation :
      • Groupe de fidèles
      Environnement institutionnel, politique et religieux :

      Mervent se trouve dans une région où vivaient de nombreux Protestants qui s’étaient refugiés dans le bocage après les Guerre de Religion (1562-1598). En effet, la recherche des Huguenots par les dragons royaux surnommés « missionnaires bottés » après la prise de la Rochelle (1627) n’apporta pas non plus la sérénité aux catholiques pour qu’ils pratiquent sereinement leur culte. L’interdiction du culte protestant après l’édit de Nantes (1685) et la destruction du temple de Fontenay après celui de Pouzauges nécessitait un gros effort de la part des catholiques pour convertir les protestants,  relever les églises abandonnées depuis des décennies et évangéliser des populations abandonnées et appauvries par les malheurs du temps et de la guerre. Quand Louis Marie de Montfort s’installe en 1713 à Fontenay-le-Comte (10 km de Mervent), ancien centre calviniste, la ville est non seulement détruite et désorganisée mais les populations sont affaiblies et affamées par la récente catastrophe climatique en 1709. Pour relever la région, Louis de Montfort va non seulement agir comme bienfaiteur, il donne ainsi une grosse somme d’argent aux habitants de Mervent en août1716, mais il va faire venir l’ordre des Sœurs de la Sagesse pour s’occuper des pauvres. Il rédige leurs statuts en 1714 comme ceux des Missionnaires de la Compagnie de Marie (de Montfort) qu’il installe eux aussi aussi  à Fontenay. Il crée aussi l’ordre des Frères de Saint Gabriel pour l’enseignement des enfants pauvres. Ces fondations vont perdurer et s’étendre après la mort du fondateur. Le souvenir de Montfort resta très fort en Vendée et la forêt de Mervent fut un refuge des catholiques réfractaires pendant la Révolution. La statue de la Vierge et la Croix de la grotte furent certes détruites pendant la Révolution mais le pèlerinage à la grotte de Mervent reprit aussitôt dans une atmosphère interreligieuse apaisée avec les Protestants de Fontenay-le-Comte qui se virent octroyer à un pasteur et un temple dès 1801. Avant que l’on puisse célébrer l’Eucharistie dans la grotte (1886) du père Montfort, on a put dénombrer 20 800 dévots en 1875 lors du pèlerinage collectif qui se déroula toujours le plus près possible du 8 septembre, fête de la naissance de la Vierge et non le 28 octobre date le la mort de Saint Louis de Montfort célébrée à saint Laurent sur Sèvre. Cinq cents personnes suivent toujours le pèlerinage de Mervent selon le site web du diocèse. On peut cependant penser que l’essor touristique de la vallée de la Pierre Brune a participé au maintien de la grotte et lieu de pèlerinage alors qu’elle se trouve à 20 km du sanctuaire de Saint Laurent sur Sèvre qui possède les reliques du saint. En effet, la mise en eau du barrage de Mervent en 1956 puis l’installation d’un parc d’attractions dès 1959 (La vallée enchantée) très fréquenté, là où l’on vendait jadis des cierges pour les pèlerins n’a pu que maintenir vivant ce sanctuaire.

      Phases d'évolution :

      Initiative des paroissiens de Mervent dès 1716 pour attirer des pèlerins ; interruption et reprise du pèlerinage après la Révolution ; première statue de Louis Marie de Montfort en 1843 ; première messe dans la grotte en 1886 ; construction d’un lieu de distraction à proximité en 1956, qui maintient le pèlerinage en vie.

      Evénements marquants :
      • Acte exceptionnel de dévotion (1843)

        Première statue de Louis Marie de Montfort en 1843.

      • Pèlerinage (2015)

        Pèlerinage diocésain le 13 septembre 2015, en présence de Mgr Castet pour le 300e anniversaire de l’ermitage.

      Rayonnement(s) :
      • Local (1716 -> 2017)
      Compléments :

      Il faut remarquer le maintien d’un sanctuaire et d’un pèlerinage dans une grotte, sans reliques ni statue du saint (avant 1843).


      RÉFÉRENCES

      Source(s) :
      • Livret de pèlerinage

        La forêt de Mervent et la grotte du père de Montfort , petit guide du touriste et du pèlerin, au profit de la chapelle, en vente dans l’ancien Jardin du P . Montfort 1888 (avec les prières).

      Bibliographie :
      • Peronas, L., «En remontant vers Grignion de Montfort », in Revue du Bas-Poitou et des Provinces de l'Ouest, n°5-6, 1970.
      • Candolive, E., La forêt de Mervent et la grotte du Bienheureux Montfort, Fontenay-le-Comte, imprimerie Lussaud, 1921, p. 26-31.
      • Raffin, E., Les pèlerinages de la Vendée, Les Sables d'Olonne, Imprimerie l'Etoile de la Vendée, 1913, p. 259-265.
      Etude(s) universitaire(s) :

      PHOTOGRAPHIES LIÉES

      Objet de dévotion :
      Edifice :
      Autre :

      À PROPOS DE L'ENQUÊTE

      Enquêteur :
      • NONY-VUISCHARD Claude-Josèphe
      Rédacteur :
      • VINCENT-CASSY Mireille
      Date de l'enquête :
      2007
      Date de rédaction de la fiche :
      2015
      Etat de l'enquête :
      En cours
      Pour citer cette ficheVINCENT-CASSY Mireille, « Grotte-du-père-de-Montfort », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
      url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/658/grotte-du-pere-de-montfort, version du 01/12/2016, consulté le 12/12/2017