INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Saint-Roch

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Saint-Roch
Période d'activité :
1660 - 2017
Commune :
Menomblet
Département :
Vendée

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Menomblet
Hameau/Lieu-dit :
Diocèse :
Actuel: Luçon (1660 - 2017)
Ancien:
Paroisse :
Actuelle: Saint-Christophe des Châtaigniers (1997 - 2017)
Ancienne: Menomblet (1660 - 1997)

Site

Type de site :
Rive de cours d'eau
Vallée
Altitude :
280 m
Compléments :

Le Pas-de-Saint-Roch, où se déroulait le pèlerinage et les dévotions sur la pierre, se trouve dans une vallée isolée, humide et sombre  avec des rochers de granit et de grands arbres. Il existe en outre sur le territoire de la commune un dolmen, un menhir et une longue pierre avec des rainures appelée « polissoir du Moulin David » sur laquelle les hommes de la préhistoire auraient aiguisé leurs outils.


Paysage

Type de couvert végétal :
Bois
Forêt
Type de l'habitat :
Bourg
Lieu isolé
Type de proximités :
Cours d'eau
Compléments :

Le culte est parti de l’église paroissiale au XVIIe siècle mais s’est ensuite déplacé dans un espace granitique où la statue du saint aurait été cachée dans un chêne en 1794. Ces pierres auraient été anciennement associées à des divinités païennes. Comme le rocher du pied du chêne est entaillé de plusieurs marques, la légende du XIXe s. lui associa saint Roch qui aurait laissé la marque de son pied en y prenant appui pour échapper au diable si bien que le rocher devint le lieu de guérison des pèlerins qui avaient des maladies liées à la marche.


LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Saint-Roch (1660 - 2017)
Compléments :

Saint Roch est devenu le patron secondaire de l’église Notre-Dame-de-l’Assomption à Menomblet en 1660 après la reconstruction de l’ancienne église paroissiale (XIIe s.) qui avait été incendiée par les Protestants en 1568. Pendant la Révolution, la statue de saint Roch fut cachée dans un chêne dont les racines encerclaient des roches de granit appelées les Rocs, site  anciennement lié à des cultes païens. Après le retour de la statue du saint à l’église paroissiale vers 1826, le Pas-de-Saint-Roch resta un lieu de dévotion et de pèlerinage à saint Roch alors qu’une « Enquête sur l’Etat du Clergé » du diocèse de Luçon affirmait, le 10 février 1877, qu’il n’y avait pas de pèlerinage à Menomblet. En 1913, deux médecins publièrent une étude pour dénoncer les pratiques superstitieuses des malades qui posaient leurs pieds boiteux sur l’empreinte gravée dans le granit où ils voyaient celle de saint Roch. Certains dévots grattaient la pierre avec des marteaux pour faire un vinage. Après la première guerre mondiale, l’Église tenta de s’adapter, si bien que la procession du pèlerinage vers le Pas-de Saint-Roch partait de l’église paroissiale le jour de l’Assomption, fête de la paroisse et non le 16 août, jour de la fête de saint Roch. La procession eut encore lieu en 1970.


Type de lieu de culte :
Eglise paroissiale
Nom du lieu de culte :
Notre-Dame de l’Assomption
Saints patrons :
  • Notre Dame (1660 - 2017)
Compléments :

Culte ambigu car depuis la Révolution, les pèlerinages individuels se déroulent tout au long de l’année, loin de l’église paroissiale. Ce culte intègre une légende locale du saint mêlée aux forces de la nature (rocher, arbre) et se manifeste essentiellement par le  toucher d’un rocher avec les pieds. La procession annuelle de la paroisse se déroulait vers le chêne sur lequel se trouve un petit oratoire du saint placé en hauteur rappelant la cachette de la statue de saint Roch pendant la Révolution.


L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
saint Roch
Nature de l'objet :
Statue
Matériau de l'objet :
Bois
Dimensions de l'objet :
H : 140 cm
Emplacement :
La statue est placée au fond de l'église.
Datation de l'objet :
1660
Compléments :

En 1660 les textes signalent une statue de saint Roch auquel la Fabrique offre un cierge. L’achat du « cierge de saint Roch » est encore signalé en 1759 et en 1931. Quand l’église fut fermée à la Révolution, la statue de saint Roch fut cachée dans un terrain isolé appelé les Rocs où se réunissaient des fidèles. La statue retrouva sa place dans l’église en 1826 quand la paroisse fut rétablie. Restaurée en 1847, la statue de bois fut remplacée par une statue en terre cuite en 1873, ce qui provoqua des pluies incessantes obligeant à réintégrer l’ancienne statue en bois dans l’église. Les Rocs devenus Pas-de-Saint-Roch continuèrent d’attirer les pèlerins, d’autant qu’un oratoire vitré enfermant une petite statue de saint Roch et son chien fut suspendu au sommet du gros chêne dont les racines enserrent des blocs de granit sur lesquels on croyait voir là l’empreinte d’un pied et d’un bâton.


LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :

Saint Roch, canonisé en 1629, est né à Montpellier vers 1295 dans une famille bourgeoise. Orphelin, il aurait étudié la médecine puis vendu tous ses biens. Il partit en pèlerinage à Rome vers 1330 avant de parcourir l’Italie septentrionale où il soignait les malades, dont ceux qui furent atteints par la peste bubonique de 1348 et ses récurrences. À Plaisance où il contracta lui-même la maladie, il se retira dans une forêt où il fut nourri par un chien qui le sauva en lui apportant du pain chaque jour et en léchant ses bubons. Quoique la légende veuille qu’il soit mort à  Montpellier, c’est à Voghera qu’il fut enterré avec dévotion vers 1380  et honoré dès 1381 dans les statuts de la ville. Ses  reliques furent  transférées à Venise en 1483. Le développement de son culte fut accéléré par son invocation par les pères du concile de Constance (1414) menacés par la peste mais aussi grâce à son contemporain Vincent Ferrier et aux Dominicains en général. Les récits hagiographiques, nombreux mais discordants, lui ont aussi attribué les mérites d’un saint Roco évêque d’Auxerre, si bien que saint Roch est non seulement le protecteur de la peste et des maladies en général mais aussi de la tempête.

Concernant Menomblet, la légende raconte que le saint venait de Saint-Marsault (Deux-Sèvres) quand il fut attaqué par le diable qui imprima ses griffes dans la roche. Roch se serait alors élancé au dessus de l’église de Ménomblet jusqu’aux Lucs-sur-Boulogne laissant l’empreinte de son pas en s’envolant (d’où l’appellation de Pas-de-Saint-Roch).

Miracles :
Type(s) de motivation :
  • Piété
Recours :
  • Thérapie
  • Pluie
Jour(s) de fête :
  • Roch
Type de fréquentation :
Continu
Compléments sur les fréquentations :

Les pèlerins venaient toute l’année à pied. Les malades posaient leur pied dans l’empreinte du pied du saint et urinaient sur celle des « griffes du diable » pour l’éloigner (en 1913 selon M. Baudouin et E. Boismoreau).


Pratiques individuelles :
    Pratiques en présence du clergé :
      Ex voto :
        Confrérie(s) :
          Indulgence(s) :
            Compléments sur le culte :

            Le recours le plus fréquent concerne les problèmes de santé liés à la marche mais aussi la tempête et l’excès de pluie. Ainsi en 1873, quand la statue de bois fut remplacée par une statue en terre cuite, le village subit aussitôt des pluies diluviennes qui ne cessèrent que quand l’ancienne statue de bois fut réintroduite dans l’église. Le pèlerinage collectif commençait toujours devant la statue de saint Roch dans l’église paroissiale, objet de nombreux dons depuis le XVIIe  siècle. Mais au XIXes., ce n’est plus au saint guérisseur de la peste que se faisaient les dévotions, mais au Pas-de-Saint-Roch (analogie phonétique ?). Le saint Roch de Menomblet soigne  les boiteux et des enfants qui tardent à marcher.

            L'ÉDIFICE

            Description :

            Église paroissiale du XIIe siècle remaniée en 1660.

            Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
            • Autre (1794)

              Quand le culte catholique fut interdit, la statue fut cachée dans un bois isolé appelé les Rocs où elle subsista 30 ans.

            Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :
            • Autel (1660)

              Quand la statue du saint retrouva son emplacement dans l’église en 1826, les fidèles continuèrent à fréquenter le lieu où la statue avait été cachée. Entre les racines qui encerclaient un rocher de granit, les pèlerins voyaient l’empreinte du pied de saint Roch et la marque des griffes du diable auquel le saint avait échappé en s’envolant (selon la légende locale).

            HISTOIRE DU SANCTUAIRE

            Origines :
            Date de première mention : 1660
            Initiative de la fondation :
            • Groupe de fidèles
            Environnement institutionnel, politique et religieux :
            Phases d'évolution :

            L’église paroissiale de style roman fut détruite par les Protestants de Pouzauges en 1568 et reconstruite un siècle plus tard. Quand le culte fut interdit en 1793, la statue de saint Roch fut cachée. Mais les fidèles se séparèrent en deux partis opposés. Les uns suivirent le curé en titre qui accepta de prêter serment à la Constitution Civile du Clergé et fut tué par les Blancs alors que les autres fidèles suivirent le vicaire réfractaire qui fut lui aussi massacré par les Bleus à Saint–Marsault. Le passage des colonnes Infernales en janvier 1794 fit de nombreuses victimes à Menomblet, qui perdit un tiers de ses habitants. On doit donc penser que les fidèles furent laissés à eux-mêmes pendant une trentaine d’années puisque la paroisse de Menomblet ne fut recréée qu’en 1826 avec la nomination d’un nouveau curé. Il est légitime de supposer que le développement du pèlerinage thérapeutique sur un rocher attribué à Saint Roch correspond à cette période de déchristianisation des campagnes de la Révolution. La restauration de la statue de Saint Roch dans l’église en 1847, l’achat d’une nouvelle statue en 1873 sont des témoignages de la rechristianisation de ce culte populaire.

            Evénements marquants :
              Rayonnement(s) :
              • Local (1793 -> 2017)

                Le reproupement de Menomblet avec 11 anciennes autres paroisses dans la nouvelle de Saint Christophe des Châtaigniers en 1997 a définitivement fait disparaître le pèlerinage collectif de saint Roch le 15 août .

              RÉFÉRENCES

              Source(s) :
                Bibliographie :
                • POUPIN, J., En passant par Menomblet, Cholet, Pays et Terroirs, 2002, p. 61-68.
                • BOLLE, P., Saint Roch. Genèse et première expansion du culte au XVe s., thèse de doctorat, 3 vol, 2001.
                • GALIPEAU, N., Inventaire des lieux de pèlerinage en Vendée du XVIIe au XXe s., Mémoire de Maitrise, Université de Rennes 2, 1989, p. 17-19.
                • BAUDOIN, M. et BOISMOREAU, E. , «Un sanctuaire médical païen en Vendée, le bois sacré à sculpture de pied humain, Le-Pas-de-Saint-Roch de Menomblet  », in Bulletin de la Société française d'histoire de la médecine, tome XII (1) , 1913, p. 153 et suiv.
                Etude(s) universitaire(s) :

                PHOTOGRAPHIES LIÉES

                Objet de dévotion :
                Edifice :
                Autre :

                À PROPOS DE L'ENQUÊTE

                Enquêteur :
                • NONY-VUISCHARD Claude-Josèphe
                Rédacteur :
                • VINCENT-CASSY Mireille
                Date de l'enquête :
                2009
                Date de rédaction de la fiche :
                2013
                Etat de l'enquête :
                En cours
                Pour citer cette ficheVINCENT-CASSY Mireille, « Saint-Roch », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
                url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/657/saint-roch, version du 22/11/2016, consulté le 12/12/2017