INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Saint-Étienne

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Saint-Étienne
Période d'activité :
? - 1674
Commune :
Besançon
Département :
Doubs

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Besançon
Hameau/Lieu-dit :
Mont Coelius/montagne Saint-Étienne
Diocèse :
Actuel:
Ancien: Besançon (? - 1674)
Paroisse :
Actuelle:
Ancienne:

Site

Type de site :
Colline
Altitude :
320 m

Paysage

Type de couvert végétal :
Type de l'habitat :
Ville
Type de proximités :
Axe de circulation
Cours d'eau
Compléments :

Le mont Saint-Étienne domine le méandre du Doubs, formant la « Boucle » dans laquelle la ville antique et médiévale s’est installée et développée. Il forme, au sud-est de cette boucle, un rempart naturel, alors seule voie d’accès aux plateaux de la chaîne du Jura. Besançon se trouvait au carrefour de voies majeures, vers Lyon au Sud-Ouest, Langres et Luxeuil au Nord-Ouest, la frontière du Rhin vers le Nord-Est, la Suisse et l’Italie vers le Sud-Est.


LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Saint-Étienne (? - 1674)
Compléments :

À Besançon, l’église Saint-Étienne, considérée par l’archevêque Hugues de Salins au XIe siècle comme la tête de l’Église de l’archidiocèse, donc comme la véritable cathédrale, et que Léon IX en 1049 qualifiait d’église-mère, coexistait avec la cathédrale Saint-Jean-Évangéliste, édifiée quelques centaines de mètres en contrebas. Elle fut reconstruite, comme Saint-Étienne, à l’époque carolingienne. Les chanoines de Saint-Étienne et ceux de la cathédrale Saint-Jean-Évangéliste se disputèrent longtemps la préséance et la maternité de leurs églises respectives. L’église Saint-Étienne fut construite ou reconstruite par l’archevêque Bernoin, au VIIIe siècle, et sa dédicace à saint Étienne est attestée dans une donation de 943. Reconstruite à nouveau au XIe siècle, elle a été consacrée par Léon IX en 1050. Cet édifice a été démoli en 1674, lors des travaux de construction de la citadelle de Vauban. Avant sa démolition, les reliques et autres biens précieux conservés à Saint-Étienne, parmi lesquels le bras de saint Étienne, ont été transférés à Saint-Jean.


Type de lieu de culte :
Autre
Nom du lieu de culte :
Saint-Étienne
Saints patrons :
  • Étienne (? - 1674)
Compléments :

Le patronage à saint Étienne est attesté au moins depuis 943. Le groupe épiscopal primitif de Besançon comptait cependant déjà une église Saint-Étienne ainsi qu’une église dédiée à la Vierge. Ce vocable serait ensuite passé à l'église Saint-Étienne du Mont, « reliquaire » du bras de saint Étienne, qui fut également la nécropole des archevêques et des comtes de Bourgogne (voir contexte "Histoire"). Cette église avait été dotée par Hugues de Salins au XIe siècle d'un chapitre, cathédral, comme celui de Saint-Jean. Ces deux chapitres cathédraux étaient associés à l'évêque au service du saint patron du diocèse et de l'ecclesia (Vregille, Hugues de Salins, p. 287).


L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Saint Étienne
Nature de l'objet :
Relique (= fragment)
Matériau de l'objet :
Vestige corporel
Dimensions de l'objet :
?
Emplacement :
Des reliques de saint Étienne avaient été placées sous l’autel de l’église Saint-Étienne lors de sa consécration par le pape Léon IX. Un os du bras de saint Étienne était également conservé dans un reliquaire, lui-même conservé dans la crypte de l’église au XIe siècle au moins.
Datation de l'objet :
Compléments :

L’Église de Besançon aurait reçu la dalmatique du saint ainsi que du sang du protomartyr (mort au Ier siècle) de la part de l’impératrice Hélène. Après la découverte du tombeau du saint vers 415, l’empereur Théodose aurait fait don d’ossements du bras du saint à l’archevêque de Besançon, Célidoine. La relique la plus grosse fut enfermée dans l’autel, avec le chef de saint Agapit découvert sous l’autel du chœur de l’édifice carolingien. On y plaça également une ampoule contenant du sang de saint Étienne et deux vertèbres de saint Vincent. L’autre relique de saint Étienne était conservée dans un bras reliquaire, déposé dans la crypte de Saint-Étienne. Ce reliquaire est attesté avant l’an mil. Hugues de Salins le fit transformer au XIe siècle ; puis un nouveau reliquaire fut exécuté à la fin du XVe siècle. Les reliques de saint Étienne furent détruites par les révolutionnaires en 1794.


LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :

L’impératrice Hélène aurait fait don de reliques du saint – sa dalmatique et une pierre tâchée de son sang – à l’Église de Besançon, dont un édifice aurait déjà été dédié au martyr. Après la découverte du tombeau du saint à Capharmagala en 415, l’empereur Théodose II aurait offert un os du bras du saint à l’archevêque de Besançon, Célidoine (connu entre 444 et 450). La relique du protomatyr se serait manifestée alors de manière miraculeuse : lorsque Célidoine voulut donner des fragments de la relique aux évêques présents, la relique se serait mise à saigner. Les éléments de ce légendaire concernent plus probablement l’église Saint-Étienne à l’emplacement de l’actuelle cathédrale.

Miracles :

Quatre textes, dont la rédaction est à situer peu avant ou au début de l’épiscopat d’Hugues de Salins (1031-1066), relatent les miracles attribués à saint Étienne à Besançon. Le premier s’intitule Qualiter brachium beati Prothomartyris Stephani Bisontium allatum sit. Il est composé de deux récits : le premier rapporte comment la mère de Constantin, Hélène, s’était arrêtée à Besançon sur sa route de la Bretagne vers Rome, en 243. Elle fit là la promesse à l’évêque Hilaire de lui procurer des reliques de saint Étienne, saint patron de la cité. Après la conversion de Constantin, elle aurait obtenu la dalmatique du saint ainsi que son sang et aurait également fait envoyer à Besançon des matériaux précieux destinés à la reconstruction de Saint-Étienne. Le second récit se situe après l’invention des reliques d’Étienne. Théodose II, qui avait hérité de son oncle Honorius une relique d’Étienne, aurait été averti en songe qu’il devait la remettre à l’Église de Besançon. Il envoya la relique à Besançon ; or à l’arrivée des messagers de l’empereur, dix évêques, prévenus de façon surnaturelle étaient déjà présents. Lorsque l’évêque Célidoine voulut prélever des parcelles de la relique pour les évêques présents, le sang jaillit de l’ossement. Après ce récit de la translation, un autre relate le vol, au VIIe siècle, des reliques d’Étienne. Des voleurs auraient en effet, au temps de l’évêque Protade (connu en 614), dérobé le reliquaire et jeté la relique d’Étienne dans le Doubs. Des pêcheurs remarquèrent alors une lumière irradiant du fond de l’eau, qui permit de retrouver la précieuse relique. Ce miracle donna lieu à la célébration, les 20 juillet, de la seconde commémoraison de saint Étienne.

Le miracle suivant serait survenu au Xe siècle : un marchand de Châlons venant chaque année en Bourgogne ne manquait jamais d’aller faire ses dévotions à saint Étienne. Une année, il partit de nuit jusqu’à l’église Saint-Étienne pour y déposer un cierge. En redescendant du mont Saint-Étienne pour rejoindre ses compagnons, il aurait réchappé à une chute vertigineuse et aurait été miraculeusement transporté auprès de ses compagnons.

Un quatrième récit serait un peu postérieur : au début du XIe siècle, Lambert, futur évêque de Langres, était atteint d’une tumeur à la main. Il se fit transporter à Saint-Étienne où il pria le saint pour que sa maladie lui permette de faire un pèlerinage à Rome. Après la messe, on fit, à sa demande, le signe de croix sur sa main avec la relique. Il aurait été instantanément guéri.

Au XIe siècle furent produits des Libelli (Munich, Bayerische Staatsbibliothek, Clm 21585, BnF, ms. lat. 10844) pour les fêtes de saint Étienne, contenant ces récits de miracles liés au saint. Les textes des miracles précités circulaient donc dès le XIe siècle au moins, et parfois loin de Besançon.

Ces récits étaient utilisés dans la liturgie à l’époque d’Hugues de Salins, en particulier à l’occasion des trois commémoraisons de saint Étienne.

Type(s) de motivation :
    Recours :
    • Voeu
    • Thérapie
    Jour(s) de fête :
    • 13 juillet, première commémoraison de saint Étienne
    • 20 juillet, seconde commémoraison de saint Étienne
    • 3 août, invention des reliques de saint Étienne
    • 3 octobre, célébration de la dédicace de l?autel
    • Étienne, 26 décembre
    Type de fréquentation :
    Régulier
    Pratiques individuelles :
      Pratiques en présence du clergé :
      • Bénédictions
      • Processions
      • Imposition de reliquaire
      Ex voto :
        Confrérie(s) :
          Indulgence(s) :
            Compléments sur le culte :

            Lors de l’achèvement de la reconstruction de Saint-Étienne par Hugues de Salins au XIe siècle, celui-ci se réserva la moitié des offrandes à l’autel Saint-Étienne et au bras de saint Étienne ad ecclesiae restaurationem (B. de Vregille, Hugues de Salins, p. 79), ce qui tend à démontrer que les reliques du protomartyr attiraient les faveurs des fidèles.

            Selon la notice de consécration de l’autel saint Étienne par Léon IX en 1050, celui-ci aurait octroyé une remise du tiers de leur pénitence à ceux venus assister à la dédicace, et la même indulgence à tous ceux qui, dans les siècles à venir, visiteraient le sanctuaire le jour de la fête de la dédicace. Ces précisions n’apparaissent cependant pas dans la bulle de Léon IX faisant état de la consécration de l’église (donnée en janvier 1051). B. de Vregille a estimé que cette indulgence était anachronique et qu’il faut sans doute comprendre que Léon IX donna, le jour de la consécration, une absolution générale. Léon IX établit également la Trève de Dieu la veille et le jour de la Dédicace, à jamais, pour tous ceux qui s’y rendraient, ainsi qu’aux foires instituées à cette occasion.

            Selon l’Ordo canonicorum (composition littéraire du XIe siècle conservée dans une version de la fin du XIIe siècle, BMB, Ms 711), lors de la procession du dimanche des Rameaux, un diacre portait le bras reliquaire de saint Étienne. Les archives conservent également les mentions de nombreuses processions dans la ville avec le bras reliquaire (en 1455, ADD G 181 ; en 1491, ADD G 188 ; 1537, ADD G 193…). Lors de ces processions, on procédait à des bénédictions du peuple avec le bras reliquaire. L’église Saint-Étienne possédait une grande croix processionnelle en or décorée de pierres et de perles, remontant à la première moitié du Xe siècle. Elle était portée lors des processions solennelles entre Saint-Jean et Saint-Étienne. Cette croix figurait, avec le bras de saint Étienne, sur le sceau de la commune à partir du milieu du XIIIe siècle. Le bras seul figurait également sur le sceau du chapitre de Saint-Étienne au moins à partir de 1136, puis sur le sceau du chapitre unifié à partir de 1253. De plus, le bras de saint Étienne fut représenté sur la monnaie épiscopale, les deniers bisontins dits estevenants (de stephanenses), selon le vœu d’Hugues de Salins. Le bras de saint Étienne fut également représenté en filigrane du papier produit par la papeterie de Tarragnoz à partir de la seconde moitié du XVe siècle.

            L’Ordo canonicorum mentionne que les communautés religieuses de la ville se rendaient, le 26 décembre, en procession sur la montagne Saint-Étienne. Elles passaient par la salle du chapitre, puis par le cloître. L’archevêque, qui portait le pallium à cette occasion, était assisté ce jour là de cinq ministres de chaque ordre.

            Lors de la fête de l’invention des reliques de saint Étienne, la plus solennelle, la vigile de cette fête était jeûnée par le clergé. Les chanoines de toute la ville se rendaient processionnellement à Saint-Étienne pour les premières vêpres. Ceux de Saint-Étienne occupaient alors le côté gauche du chœur, ceux de Saint-Jean le côté droit. Après les vêpres, les chanoines de Saint-Jean chantaient le premier nocturne tandis que les autres se rafraichissaient au cloître. Les chanoines de Saint-Jean regagnaient ensuite leur église et ceux de Saint-Étienne se relayaient pour chanter les nocturnes et les laudes toute la nuit. Le lendemain, les chanoines de Saint-Jean remontaient pour une procession au cloître  et la grand messe célébrée par l’archevêque avec les mêmes rites qu’à Pâques (B. de Vregille, Hugues de Salins, p. 364-365). Les trois commémoraisons de saint Étienne, les 13 et 20 juillet et le 23 août, sans doute instituées au XIIe siècle, étaient placées de sorte que la fête de l’invention des reliques, le 3 août, se trouve au centre d’une période de 42 jours.

            Pour la fête de la dédicace, le 3 octobre, les deux collèges de chanoines se retrouvaient la veille à Saint-Jean pour la montée en procession à Saint-Étienne où ils chantaient les vêpres. Après quoi, les chanoines se retiraient au cloître et les chanoines de Saint-Paul et les autres communautés de la ville entonnaient les matines. Les chanoines de Saint-Jean et de Saint-Étienne venaient ensuite chanter complies et matines. Le lendemain, la messe était célébrée par l’archevêque assisté de 7 diacres et 7 sous diacres après une procession avec croix et bannières (B. de Vregille, Hugues de Salins, p. 368-369).

            Pour le Vendredi saint également, le clergé et les bisontins se retrouvaient à Saint-Jean pour se rendre en procession, sans croix, ni cierges, à Saint-Étienne. De même, pour les litanies majeures le 25 mai, le clergé et le peuple montaient en procession de Saint-Jean à Saint-Étienne avec croix, bannières et cierges, nu-pieds si le temps le permettait. Pour l’Ascension, toute la ville se retrouvait à Saint-Étienne (B. de Vregille, Hugues de Salins, p. 359-363).

            Au moins à la fin du XIVe-début XVe siècle, des foires avaient lieu en marge des fêtes de saint Étienne. L’une avait lieu 8 jours avant et 8 jours après la fête de la bénédiction de l’autel le 3 octobre, une autre 8 jours avant et 8 jours après le 3 août, fête de l’invention du saint (AMB, BB 2, fol. 171 v.).

            L'ÉDIFICE

            Description :

            Cette église fut peut-être construite ou reconstruite, en même temps que la vaste église qui s’élevait à l’emplacement de l’ancien groupe épiscopal, à l’époque de l’archevêque Bernoin (811-829). On la sait en tout cas dédiée à Saint-Étienne au moins depuis 943. Mais la tradition bisontine, notamment représentée par Jean Jacques Chifflet (Vesontio), fait remonter les origines de l’édifice à l’époque de l’évêque Hilaire au IVe siècle, construction que Pancharius et Fronime auraient poursuivie au Ve siècle. En tout état de cause, au XIe siècle, l’église était devenue très vétuste et sa reconstruction fut entreprise par l’archevêque Gautier (1016-1031) et achevée par son successeur Hugues de Salins (1031-1066). Le pape Léon IX la consacra le 3 octobre 1050. Le nouvel édifice mesurait environ 70 m de longueur. Une tour de façade précédait une longue nef dotée d’un transept débordant. Le chevet comportait trois chapelles à fond plat. Le bras reliquaire de saint Étienne était semble-t-il conservé dans une crypte dont on ne connaît rien. L’église a été démolie lors de la construction du premier front de la citadelle par Vauban, en 1674.

            Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
              Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :
              • Crypte (?)

                Nous n’avons pas d’indications concernant la nature de cette crypte, mentionnée dans le miracle relatif au futur évêque de Langres.

              HISTOIRE DU SANCTUAIRE

              Origines :
              Date de première mention : XIe siècle
              Initiative de la fondation :
              • Evêque
              Environnement institutionnel, politique et religieux :

              À Besançon s’élevait, à proximité de la cathédrale Saint-Jean-Évangéliste et surplombant celle-ci, une église dédiée à Saint-Étienne, dont les chanoines prétendaient qu’elle était l’église mère de Besançon et donc l’église cathédrale légitime. Les deux chapitres furent néanmoins réunis en 1253, après des décennies de querelles au sujet de la préséance entre les deux collèges et l’ancienneté présumée de chacune des deux églises.

              La cathédrale Saint-Jean-Évangéliste avait été élevée au début du IXe siècle à l’emplacement de l’ancien groupe épiscopal ; elle conserva les anciens patronages de Saint-Étienne et Sainte-Marie, celui de Saint-Jean prenant toutefois le pas sur les deux premiers. Restaurée au XIe siècle, elle fut reconstruite à partir du XIIe siècle. Au XIe siècle, l’archevêque Hugues de Salins fonda un chapitre dans l’église reconstruite sur le Mont par son prédécesseur et achevée par lui, dominant le quartier épiscopal. Cette église abritait le bras de saint Étienne, patron de la ville, et portait ce titre depuis au moins le milieu du IXe siècle. Au moins depuis le XIe siècle et jusqu’au XIIIe siècle, l’archevêque de Besançon était le seul maître de la cité et relevait, comme le comte de Bourgogne, directement de l’empereur germanique. Besançon et sa banlieue constituaient donc une enclave dans le comté de Bourgogne, dont la capitale était, de fait, Dole.

              Néanmoins, au XIIIe siècle, Besançon connut une évolution majeure de son statut urbain, passant de l’autorité seigneuriale de l’archevêque au statut de ville impériale, conféré par une charte de l’empereur en 1290. La commune était alors administrée par des notables et des gouverneurs. La cité conserva ses libertés jusqu’à la conquête française. Le XVIIe siècle fut une période particulièrement difficile pour la cité, confrontée aux guerres de conquête de Louis XIV et aux épidémies. Louis XIV décida de faire de la cité une place défensive et Vauban entreprit en 1668 la construction de la citadelle, qui engendra la destruction de Saint-Étienne. La ville tomba en 1674 et le traité de Nimègue, signé en 1678, rattacha la Franche-Comté et, par voie de conséquence, Besançon, à la France.

              Phases d'évolution :

              Hormis les indications sur le culte de saint Étienne à Besançon relatées par le légendaire, nous ne connaissons pas les éventuelles manifestations de la dévotion au martyr durant le haut Moyen Âge. Ce n’est qu’à compter de la reconstruction de l’église Saint-Étienne au XIe siècle que l’on commence à percevoir les manifestations de ce culte, dont les grandes inflexions sont toutefois difficiles à retracer.

              Après la destruction des reliques en 1794, le pèlerinage cessa momentanément. À l’initiative du cardinal de Rohan, archevêque de Besançon, le pèlerinage à saint Étienne fut réactivé (voir fiche Saint-Étienne n°2).

              Evénements marquants :
              • Livre de miracles (XIe siècle)

                Au XIe siècle furent produits des Libelli (Munich, Bayerische Staatsbibliothek, Clm 21585, BnF, ms. lat. 10844) pour les fêtes de saint Étienne, contenant des récits de miracles liés au saint.

              • Incendie (1349)

                Un incendie endommagea l’église Saint-Étienne en 1349 mais il épargna les reliques.

              • Mise en place d'une nouvelle châsse (XVe siècle)

                En 1460, le chapitre ordonna la réparation du reliquaire de saint Étienne (ADD, G 182). Vingt ans plus tard, une commission fut nommée pour faire réparer la bannière et le bras de saint Étienne. Il fut décidé de faire confectionner un bras en argent doré en utilisant une patène d’or qui servait pour le baiser de la paix (ADD, G 186). En 1481, le projet n’était sans doute pas achevé car l’archevêque Charles de Neufchâtel donna 100 florins d’or pour la confection du bras de saint Étienne et on ouvrit également une souscription pour la réalisation du reliquaire (ADD, G 186). En décembre 1485, on décida de faire le nouveau reliquaire en or et sans « forme » de bois (ADD, G 187).

              • Acte exceptionnel de dévotion (1457)

                Le 19 avril 1457, le chapitre ordonna au papetier de Tarragnoz de donner pour filigrane à ses produits le bras de saint Étienne (ADD, G 182). Ce papier filigrané a ensuite été très largement utilisé et se retrouve très fréquemment dans les archives de la ville et du chapitre.

              • Visite exceptionnelle (1482)

                En 1482, le chapitre décida qu’il ne donnerait pas à l’empereur, lors de sa prochaine visite à Besançon, une parcelle du bras de saint Étienne (comme il l’avait sans doute demandé ?), mais qu’on lui montrerait les récits de miracles contenus dans de vieux manuscrits du chapitre (ADD, G 179).

              • Destruction (1674)

                L’église Saint-Étienne est détruite suite à la construction par Vauban de la citadelle de Besançon. Lors de l’exécration de l’autel de Saint-Étienne, on retira de sous l’autel la bulle de Léon IX et une ampoule du sang de saint Étienne (ADD, G 208).

              • Translation (1674)

                Translation des reliques de saint Étienne et des autres reliques de l’église Saint-Étienne à la cathédrale Saint-Jean-Évangéliste.

              • Destruction (1794)

                Le 8 juin 1794, les reliques de Saint-Jean-Évangéliste, y compris celles qui avaient transférées de Saint-Étienne à la cathédrale au XVIIe siècle, sont brulées par les révolutionnaires.

              Rayonnement(s) :
              • Régional (1001 -> 1100)

                Les miracles de saint Étienne dont nous disposons semblent rendre compte d’un rayonnement régional (présence d’un marchand de Châlons, de Lambert, futur évêque de Langres).

              RÉFÉRENCES

              Source(s) :
              Bibliographie :
              • JEANNIN, Y., REYNAUD, J.-F., VREGILLE B. de, Topographie Chrétienne des cités de la Gaule, t. XV, Province ecclésiastique de Besançon, Paris, De Boccard, 2007, p. 21-32.
              • VERGNOLLE, É., La création architecturale en Franche-Comté au XIIe siècle. Du roman au gothique, Besançon, PUFC, 2001, p. 107-143.
              • VREGILLE B. de, Hugues de Salins, Besançon, Cêtre, 1981, p. 30-31, 75-82, 164-168, 381-386, 412-418.
              • FOLHEN, C., Histoire de Besançon, 2 volumes, Besançon, Cêtre, 1964.
              • Citadelle de Besançon. Souvenirs historiques de l?église Saint-Étienne, Besançon, J. Jacquin, 1856.
              • CHIFFLET, J. J., Vesontio civitas imperialis libera, Sequanorum metropolis, pars I et II, Lyon, 1618.
              Etude(s) universitaire(s) :

              PHOTOGRAPHIES LIÉES

              Objet de dévotion :
              Edifice :
              Autre :

              À PROPOS DE L'ENQUÊTE

              Enquêteur :
              • BULLY Aurelia
              Rédacteur :
              • BULLY Aurelia
              Date de l'enquête :
              2016
              Date de rédaction de la fiche :
              2016
              Etat de l'enquête :
              En cours
              Pour citer cette ficheBULLY Aurelia, « Saint-Étienne », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
              url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/649/saint-etienne, version du 07/06/2016, consulté le 20/11/2018