INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Notre-Dame-de-l'Aumône

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Notre-Dame-de-l'Aumône
Période d'activité :
XIIIe siècle - 2017
Commune :
Rumilly
Département :
Haute Savoie
L'ancienne chapelle de l'Aumône (au centre), la nouvelle chapelle (à droite)

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Rumilly
Hameau/Lieu-dit :
Diocèse :
Actuel: Annecy (2010 - 2017)
Ancien: Genève (XIIIe siècle - 1792)
Paroisse :
Actuelle: Notre-Dame-de-l'Aumône en Albanais (2004 - 2017)
Ancienne: Rumilly (XIIIe siècle - 2004)
Compléments :

D'après Laurent Perrillat, « Géographie historique des diocèses de Savoie », Annecy, Les Rendez-vous de l’Académie salésienne, n°20, 2014, page 24 : « Rumilly et ses environs (département de la Haute-Savoie) dépendent de Chambéry depuis 1822 mais à partir de 2010 constituent une paroisse desservie pastoralement par le diocèse d’Annecy ».
La date de regroupement des paroisses, 2004, reste à confirmer.
Le sanctuaire a appartenu successivement au diocèse du Mont-Blanc, entre 1792 et 1801, et de Chambéry entre 1801 et 2010.

Site

Type de site :
Rive de cours d'eau
Altitude :
345 m
Compléments :
Le site est intégré aujourd’hui dans un tissu semi-urbain.

Paysage

Type de couvert végétal :
Type de l'habitat :
Ville
Type de proximités :
Axe de circulation
Cours d'eau
Gué
Prieuré
Compléments :
Il ne reste plus de trace du prieuré de l’Aumône aujourd’hui. Les deux chapelles sont en revanche toujours fréquentées.

LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Notre-Dame-de-l'Aumône (XIIIe siècle - 2017)
Compléments :

À la fin du XIIe siècle, un petit hospice relevant des religieux Augustins de Mont-Joux (du Grand-Saint-Bernard) accueille les voyageurs à proximité du gué du Chéran (Abbé P. Martin, Notre-Dame de l’Aumône, p. 29). Le nom de Notre-Dame-de-l’Aumône est mentionné en 1286 dans une bulle du pape Honorius IV. L’Aumône que les pauvres reçoivent dans ce prieuré rural aurait donné son nom à la statue de la Vierge placée dans la chapelle (Devos, Joisten, Moeurs et coutumes…, p. 52), où un pèlerinage marial se développe et rayonne sur l’Albanais (Abbé P. Martin, Notre-Dame de l’Aumône, p. 24). Le prieuré est alors à 500 mètres du bourg.

« Plus tard, l’aumône consiste dans un pain que le prieur fait distribuer à chaque pauvre » qui se présente, « le second mardi de carême » (Croisollet, p. 29). L’aumône est supprimée à la Révolution, mais le pèlerinage reprend par la suite.

Aujourd’hui le regroupement des paroisses environnantes a pris le nom de Notre-Dame-de-l’Aumône.

Type de lieu de culte :
Chapelle
Nom du lieu de culte :
Chapelle de Notre-Dame-de-l’Aumône
Saints patrons :
  • Vierge Marie (XIIIe siècle - 2017)
Compléments :
Deux chapelles se côtoient et communiquent : l’ancienne chapelle dont on date la construction du choeur vers 1240 sur l’initiative d’Aymon de Conzié et la nouvelle chapelle construite au XIXe siècle.

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Vierge Marie
Nature de l'objet :
Autre
Matériau de l'objet :
Autre
Dimensions de l'objet :
H : 72 cm
Emplacement :
La statue a longtemps été posée sur le tabernacle de l’ancienne chapelle, puis dans une niche au-dessus de l’autel de la chapelle à partir de 1881 (Bouvet, p. 11). Aujourd’hui, la niche vitrée présente une copie, la statue originale est exposée au Musée de Rumilly.
Datation de l'objet :
XIVe siècle
Compléments :

Notre-Dame de l’Aumône est gardienne et protectrice de la cité de Rumilly. Une première statue est dite "Vierge noire" dans les textes anciens (XIIIe siècle). Elle est remplacée au XIIIe ou au XIVe siècle par une statue en bois polychrome encore visible aujourd’hui, également désignée comme "Vierge noire", classée aux Monuments Historiques. Le musée de Rumilly donne le XIVe siècle comme datation de la statue. L’abbé P. Martin la date du XIIIe siècle.


La Vierge, de type roman, est vêtue d’un manteau flottant, un voile, une couronne, elle porte l’Enfant Jésus sur son bras gauche, et en main droite un globe, ou pour certains un pain ou un fruit. Les deux mains de l’Enfant ont disparu.
La Vierge a été revêtue de cinq manteaux aux couleurs liturgiques, dont un de drap d’or avec brocarts de soie, selon les divers temps de l’année (inventaire de la chapelle dressé en 1752 par l’abbé Bizet de l’Ordre des Saints Maurice et Lazare) (Bouvet, Notre-Dame de l'Aumône, p. 10-12).

LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :

La première chapelle aurait été construite vers 1240 par Aymon de Conzié. Au cours d’une chasse, une flèche qu’il aurait décochée par colère vers une statue de Marie placée dans un bosquet serait revenue vers lui et lui aurait fait perdre la vue. Il aurait alors promis de construire une chapelle en l’honneur de la Vierge en cas de guérison (Martin, p. 19). Une « Histoire de Bresse et Bugey » publiée en 1650 mentionne Aymon de Conzié et l’un de ses fils, qui se seraient fait religieux au monastère de l’Aumône de Rumilly, et un autre fils religieux à Mont-Joux. D’autres sires de Conzié auraient accordé des libéralités à l’Aumône et auraient été enterrés dans la chapelle (Guichenon, p. 87).

Miracles :
La Vierge de l’Aumône est réputée intervenir contre diverses maladies et calamités. Par exemple lors de l’incendie de Rumilly en 1514, la statue est portée par les habitants sur les lieux du sinistre, qui cesse ; une procession ramène le lendemain la statue au sanctuaire (Martin, p.32).
Des miracles ont été notés par le curé M. Simond, l’amélioration de la vue de M. Lathuile curé de Jonzier venu en pèlerinage à l’Aumône en 1829, la guérison du fils d’une femme de la Semine venue en 1839, la présentation d’un mari digne de sa fille pour la Comtesse de Courtenil en 1854, et un an après l’attribution d’un emploi au gendre en question qui lui permette de rester proche, une amélioration provisoire de l’état de santé d’une femme lui permettant de recevoir les sacrements et de se maintenir pendant quelques semaines, une maison sauvée d’un incendie en 1867, une grâce de vocation obtenue par une religieuse (Martin, p. 110-115).
Type(s) de motivation :
  • Action de grâce
  • Piété
  • Voeu
Recours :
  • Voeu
  • Thérapie
  • Sécheresse
  • Incendie
  • Grâce particulière
Compléments :
Notre Dame de l’Aumône est invoquée pour toutes les nécessités sans spécialisation précise pour demander la guérison de quelques maladies ou pour obtenir quelques grâces particulières (Devos et Joisten, p. 53, 205). Des demandes collectives, contre les incendies, les menaces militaires, les sécheresses, lui sont aussi adressées.
Jour(s) de fête :
  • Rogations
Type de fréquentation :
Continu
Compléments sur les fréquentations :
Le sanctuaire était fréquenté le mercredi des Rogations et le premier dimanche de mai.
Pratiques individuelles :
  • Pénitence
  • Prières
Pratiques en présence du clergé :
  • Prières
  • Processions
  • Messe
Ex voto :
  • Texte gravé
    Les ex-voto de la chapelle ont été jetés dans le Chéran pendant la Révolution française (Martin, p. 26). Une photo du livre de l’abbé P. Martin publié en 1943 montre les murs de l’ancienne chapelle recouverts d’ex-voto variés. Aujourd’hui les murs d’un espace sur le côté de l’ancienne chapelle sont couverts d’ex-voto qui témoignent de grâces reçues, guérisons, remerciements ou demandes de protection adressées à Marie ou à Notre-Dame de l’Aumône. Les plaques gravées sont majoritaires, mais on peut voir aussi des couronnes de mariées, des broderies, des fleurs en tissu, datant de la fin du XIXe siècle au milieu du XXe siècle.
Confrérie(s) :
    Indulgence(s) :
    • Plénière (1863)
      L’abbé P. Martin (p. 79) évoque le triduum qui prépare la consécration de la nouvelle chapelle (1863) : « Le premier et le second jour furent consacrés à l’Indulgence de la Portioncule récemment concédée à la chapelle de l’Aumône par Sa Sainteté Pie IX »
    Compléments sur le culte :

    Une procession le mercredi des Rogations conduit les fidèles à l’Aumône (Martin, p. 29). À partir de 1620, selon les instructions de François de Sales, les offices de la paroisse de Rumilly comprennent une procession à la chapelle de l’Aumône tous les samedis du 3 mai au 14 septembre (Croisollet, p. 18). Les Rumilliens restent fidèles à cette procession pendant trois siècles (Martin, p. 30). Les paroisses voisines s’unissent à ces processions ou organisent les leurs en direction du sanctuaire.
    L’usage au XVIIe siècle est de faire une procession tous les samedis de l’église Sainte-Agathe à Rumilly à Notre-Dame-de-l’Aumône, de mai à mi-septembre. L’ancien hôpital de Rumilly « n’a servi, jusque vers le milieu du siècle dernier (c’est-à-dire le XVIIIe siècle), qu’à recevoir et à loger les pauvres passants et les pèlerins » (Croisollet, p. 319). Une transaction notariée de 1738 entre les syndics de Rumilly et le prieur de Notre-Dame de l’Aumône précise les détails de l’Aumône générale, c’est-à-dire la distribution de pain le second mardi du Carême. Une livre et quart de pain est donnée à chaque pauvre qui se présente au prieuré. Douze paroisses voisines suivent l’usage de venir recevoir cette aumône (Croisollet, p. 151). Le chanoine Coutin mentionne que 2700 pauvres se présentent en 1749, 3539 en 1757 ; plusieurs fois, le jour de la distribution, la troupe doit intervenir pour éviter les troubles (Mémoires et documents, p. VI). Il est à noter que cette pratique de distribution de pain n’est pas exclusive à Rumilly. Un prieuré bénédictin de Bonneguête, au nord de Rumilly, pratique par exemple au XVIIIe siècle une aumône de pain tous les dimanches du carême (Croisollet, p.349). Après le Concordat (1801), une procession annuelle est instituée le premier dimanche de mai. L’abbé J.-L. Simond, curé de Rumilly en 1819, réorganise le service religieux, les processions à l’Aumône (troisième procession des Rogations, procession du premier dimanche de mai, procession des enfants le lendemain de la première Communion), les offices et prières à la chapelle (Martin, p. 67). Durant le mois de mai, hors dimanches et fêtes, une messe est dite le matin à la chapelle, précédée du chant de l’Ave Maris Stella et d’un sujet de méditation. Chaque soir, un office comprend une prière, un chapelet, un cantique et le Salut (Bouvet, p. 9).
    Le pèlerinage savoyard de 1873 est la dernière grande manifestation au sanctuaire, le pèlerinage albanais se maintient ensuite le premier dimanche de mai, et tout au long de la belle saison, des pèlerins et différents groupes (pensionnats, communautés, confréries, mouvements de jeunesse etc.) viennent en pèlerinage (Martin, p. 98-99). Aujourd’hui, la statue originale est portée en procession le premier dimanche de mai, d’après le cartel de présentation de la statue au musée.

    L'ÉDIFICE

    Description :
    Deux chapelles sont dressées côte à côte et communiquent. L’ancienne chapelle a été consacrée à la Vierge sous le vocable de l’Assomption (Croisollet, p. 29).
    Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
      Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :
      • Mobilier
        Dans la nouvelle chapelle construite en 1859, les trois rosaces de la façade et du transept représentent les principaux faits liés au sanctuaire (Martin, p. 77-78) : la légende d’Aymon de Conzié blessé et repenti, le vœu de M. de Pingon, qui avait promis de faire un don au sanctuaire s’il réchappait de son emprisonnement sous la Révolution, la Vierge miraculeuse qui sauve la ville d’un incendie.
      • Autel (XIXe siècle)
        La statue, aujourd’hui conservée au Musée de Rumilly, a longtemps figuré sur l’autel de l’ancienne chapelle. Au milieu du XIXe siècle un autel en marbre blanc, provenant du petit séminaire, est placé dans l’ancienne chapelle. La statue vêtue d’une nouvelle robe en soie, d’un manteau à frange et d’un voile de mousseline est posée sur l’autel. Elle est placée en 1881 dans une niche creusée au-dessus de l’autel. Celle qui se trouve aujourd’hui dans la niche est une copie.

      HISTOIRE DU SANCTUAIRE

      Origines :
      Date de première mention : 1286
      Initiative de la fondation :
      • Laïc isolé
      Environnement institutionnel, politique et religieux :

      Le premier bâtiment ayant existé sur le site est une petite maison hospitalière, dite du Chéran, vers le gué. Ce lieu de passage se situe sur la route de Lyon vers l’Italie, et celle de Genève vers Aix-les-Bains et Chambéry. Un prieuré est fondé, rattaché au départ au monastère bénédictin de Nantua : quelques moines accueillent les voyageurs pour leur faciliter le passage de la rivière, leur donnent l’asile et éventuellement une aumône. En 1177, le pape Alexandre III accorde à l’hospice des saints Nicolas et Bernard de Mont-Joux la juridiction sur différents établissements dont la maison de Rumilly (domum de Romiliaco) (Historiae Patriae Monumenta, p. 1056-1058), ce qui est confirmé par une Bulle du pape Honorius IV en 1286, qui mentionne l’Aumône de Rumilly (cellam que dicitur Elemosina de Rumilliaco in Albanesio) (Croisollet, p. 32). Les chanoines réguliers de Saint-Augustin prennent en charge le prieuré et poursuivent l’aumône, hébergeant les voyageurs (Bouvet, p. 9).
      La première chapelle aurait été construite vers 1240, par Amédée (dit Aymon) de Conzié (Martin, p. 19), à la suite de son « accident » de chasse. Située sur la route de Chambéry à Genève, Rumilly est un lieu de passage et de commerce (foires et marchés), ville fidèle favorisée par les multiples privilèges et exemptions accordées par les ducs de Savoie, notamment suite à divers incendies et guerres. Différents mouvements d’armées traversent la région de Rumilly, les troupes de François Ier, les Suisses menés par Henri de Navarre (1587), l’armée de différents ducs de Savoie, des Italiens, des Lorrains, l’armée de Louis XIII en 1630. Le caractère limité du pillage de 1630 est attribué à la Vierge protectrice, un vœu est fait pour une procession à perpétuité pour la fête de la Conception de la Vierge, passant par la chapelle de l’Aumône (Martin, p. 35-36).
      Les troupes de Louis XIV prennent la ville en 1690 et en 1704. En 1709 des troupes allemandes entrent dans Rumilly. En 1742, les troupes espagnoles interviennent dans le cadre de la guerre de succession d’Autriche. Le régiment du Chablais est en garnison à Rumilly en 1773. Une place d’armes y est établie en 1775. L’armée française enfin parvient à Rumilly en 1792.

      Phases d'évolution :

      Dès 1278, le pont construit sur le Chéran à Rumilly permet d’éviter le gué du Chéran, mais les pèlerins continuent à se rendre à Notre-Dame-de-l’Aumône. À partir de 1323, l’aumône se fait avec peine suite à une chute des revenus. Au milieu du XVe siècle, l’Aumône de Rumilly tombe en commende, ses biens dépérissent, jusqu’à ce qu’en 1678 des prieurs Augustins y soient nommés (Martin, p. 41).
      Des personnages de haut rang se rendent à l’Aumône : évêques, princes et princesse de Savoie, sainte Colette (1381-1447) religieuse réformatrice des clarisses qui vient visiter Blanche de Savoie au château de Rumilly (Croisollet, p. 57), le duc de Savoie Amédée VIII (futur antipape), François Ier, Pierre Favre, François de Sales (Martin, p. 29 et 41).

      Evénements marquants :
      • Visite exceptionnelle (1606)
        Le 27 juin 1606, François de Sales, évêque de Genève, se rend au prieuré de Notre-Dame de l’Aumône (Croisollet, p. 84).
      • Acte exceptionnel de dévotion (1719)
        En 1719, lors d’une sécheresse qui consterne la population, les annales des religieuses de la Visitation de Rumilly mentionnent que « tous les curés d’alentour, même de trois à quatre lieues au loin, amenoient leurs paroissiens, la plupart à Notre-Dame de l’Aumône » (Mémoires et documents, p. 274).
      • Vente (1794)
        La chapelle est vendue comme bien national pendant la Révolution, à Joseph-Rose Desgeorges, fournisseur militaire du district, qui laisse le sanctuaire ouvert pour les fidèles. Son épouse est réputée avoir caché la statue de Notre-Dame menacée de destruction en 1794 (Martin, p.47-49).
      • Vente (1805)
        La chapelle est rachetée en 1805 par Aimé-Vincent-Gaspard de Pingon qui, conformément à un vœu qu’il aurait fait lors de son emprisonnement pendant la Révolution, en fait don à la commune de Rumilly (Croisollet, p. 30). Suite à l’acceptation de la donation par le maire, autorisée par un décret de Napoléon Ier en 1808 « sous la condition expresse que l’exercice du culte et l’admission des fidèles auraient lieu dans ladite chapelle comme par le passé » (Croisollet, p. 30, p. 262), la chapelle est rendue au culte. Le pèlerinage retrouve une certaine fréquentation (Martin, p. 65).
      • Construction (1823)
        L’ancienne chapelle correspond au chœur actuel. Elle est restaurée et agrandie par le curé de Rumilly, J.C. Simond, en 1823 (Martin, p. 66).
      • Acte exceptionnel de dévotion (1855)
        Suite à la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception, une fête est organisée à Rumilly le 6 mai 1855. La ville est décorée, une procession de plus de trois mille fidèles se rend à la chapelle de Notre-Dame-de-l’Aumône, accompagnée d’un détachement de pompiers et de musiciens. Un arc de triomphe est construit aux abords de la chapelle, des illuminations sont prévues le soir dans la ville et à la chapelle (Martin, p. 67).
      • Construction (1859)
        Différentes réparations sont réalisées dans l’ancienne chapelle, au cours du XIXe siècle. Mais surtout une nouvelle chapelle de style néogothique (Devos, Joisten, p. 5) est construite à partir de 1859, adossée à la première ; une grande procession est organisée lors de la bénédiction de la première pierre le 9 mai 1859, comprenant des pèlerins venus des cantons voisins (Martin, p. 71). La nouvelle chapelle, dédiée à Notre-Dame de l’Assomption (Martin, p. 76), est consacrée le 5 août 1863 en présence de l’archevêque de Chambéry et des évêques d’Annecy, de Maurienne et de Tarentaise, de hauts dignitaires, des notables locaux et de la population. Pour l’occasion, la ville a pris un air de fête, des cérémonies et processions sont organisées. Celle du soir, en présence des évêques et de deux cents prêtres, est l’occasion de porter la statue de la Vierge dans la ville. Plus de dix mille personnes seraient présentes à cette fête (Croisollet, p. 393, 394). L’événement donne lieu à différentes publications pieuses, en 1863 et 1864, à Chambéry et Annecy (Croisollet, p. 362-392-394).

        En 1864, une nouvelle cérémonie est organisée pour la bénédiction d’une statue érigée sur le frontispice de la nouvelle chapelle de Notre-Dame de l’Aumône, en présence de l’évêque de Maurienne délégué par l’archevêque de Chambéry. Une procession est organisée et porte la statue de Notre-Dame de l’Aumône en cortège, en présence de plus de quarante prêtres et d’un grand concours de fidèles (7000 à 8000 pèlerins selon l’abbé P. Martin, p. 88) ; une cantate est publiée à cette occasion à Annecy (Croisollet, p. 398). En 1866, une fête similaire est organisée pour le transfert des cendres de dom Juste Guérin, évêque de Genève au XVIIe siècle, dans la chapelle de Notre-Dame de l’Aumône : le défilé comprend de nombreux membres du clergé, « l’affluence de la population est immense » (Croisollet, p. 412).

        Auparavant, en 1862, on a placé les ossements des religieux Capucins (qui avaient desservi l’ancienne chapelle de Notre-Dame de l’Aumône de 1753 à 1793), enterrés précédemment dans le couvent, dans la partie sud du transept de la chapelle neuve de Notre-Dame de l’Aumône (Croisollet, p. 380).
      • Acte exceptionnel de dévotion (1873)
        Sur l’initiative des Comités catholiques d’Annecy et de Chambéry, un grand pèlerinage inspiré par « l’état malheureux de la France » (Martin, p. 91) est organisé. Le 28 mai 1873, 20000 pèlerins venus des deux diocèses savoyards, dont 300 prêtres, forment un cortège qui vient se recueillir devant la statue de Notre-Dame de l’Aumône exposée dans la chapelle neuve, puis se dirige vers le Champ-de-Mars pour un office (Martin p. 91-95).
      Rayonnement(s) :
      • Diocésain
        L’Aumône concerne une douzaine de paroisses autour de Rumilly, il est cependant difficile d’évaluer le rayonnement du pèlerinage au Moyen-Âge et sous l’Ancien Régime. Le pèlerinage est très fréquenté au milieu du XIXe siècle ; parmi les plus importants du diocèse, il rayonne sur le Genevois occidental, 17 attestations de paroisses situées à l’ouest du lac d’Annecy, en Albanais et en Semine, le mentionnent lors de l’enquête de l’évêque Mgr Rendu (Devos, Joisten, p. 56). Dans les années 1960, le pèlerinage du 1er dimanche de mai est encore très fréquenté (Entretien avec Bergamote Hebrard, responsable du Musée de Rumilly). De nos jours une procession avec la statue de Notre-Dame de l’Aumône a lieu à cette occasion.

      RÉFÉRENCES

      Source(s) :
      • Sources orales (2015)
        Entretien avec Bergamote Hébrard, responsable du Musée de Rumilly.
      • Source publiée (1853)
        Historiae Patriae Monumenta, Chartarum, tome II, Turin, Augustae Taurinorum, 1853, p. 1056-1058.
      Bibliographie :
      • BOUVET, R., Notre-Dame de l'Aumône de Rumilly 1240-1982 : histoire-architecture, Rumilly, L'Agriculteur savoyard, 1982.
      • CROISOLLET, J.-F., Histoire de Rumilly : abrégé chronologique des principaux faits municipaux, militaires, ecclésiastiques et littéraires de la ville de Rumilly (Haute Savoie), depuis l'époque romaine jusqu'à la fin de l'année 1866, Seyssel, Editions du Champ Vallon, 1981.
      • DEVOS, R., JOISTEN, Ch., Moeurs et coutumes de la Savoie du Nord au XIXe siècle : l'enquête de Mgr Rendu, Annecy, Grenoble, Annecy, Académie salésienne ; Grenoble, Centre alpin et rhodanien d'ethnologie, 1978.
      • MARTIN, P. Abbé, Notre-Dame de l'Aumône à Rumilly (Haute-Savoie), Rumilly, Librairie Goddard, 1943.
      • Mémoires et documents publiés par l'Académie salésienne, t.53, Annecy, Académie salésienne, 1935.
      • «Extrait littéral et analytique d'un manuscrit intitulé : Visitation, second volume des annales du Monastère de la Visitation Sainte-Marie-de-Rumilly à commencer depuis l'année 1703, annoté par J.-F. Croisollet, notaire », in Mémoires et documents publiés par la Société savoisienne d'histoire et d'archéologie, t. 22, Chambéry, Imprimerie Bottero, 1884, p. 274.
      • GUICHENON, S., Histoire de Bresse et Bugey, volume 1, Lyon, Jean Antoine Huguetan et Marc Antoine Ravaud, 1650.
      Etude(s) universitaire(s) :
      • HERMETZ DE POULPIQUET DE BRESCANVEL, Anne, Sanctuaires et lieux de pèlerinage dans le diocèse de Genève, XIVe-XVIIe siècles, Permanences et évolutions, Mémoire de Master I, ss. dir de Catherine Vincent, Paris X-Nanterre, 2007.

      PHOTOGRAPHIES LIÉES

      Objet de dévotion :
      • Statue de Notre-Dame-de-l'Aumône, Musée de Rumilly - Claire Pibarot - 2015
      Edifice :
      • L'ancienne chapelle de l'Aumône (au centre), la nouvelle chapelle (à droite) - Claire Pibarot - 2015
      • Intérieur de l'ancienne chapelle. Ouverture à gauche sur la salle des ex-voto, à droite sur la nouvelle chapelle - Claire Pibarot - 2015
      • Nouvelle chapelle, construite au XIXe siècle - Claire Pibarot - 2015
      • L'un des murs de la salle des ex-voto - Claire Pibarot - 2015
      Autre :

      À PROPOS DE L'ENQUÊTE

      Enquêteur :
      • PIBAROT Claire
      Rédacteur :
      • PIBAROT Claire
      Date de l'enquête :
      2015
      Date de rédaction de la fiche :
      2015
      Etat de l'enquête :
      En cours
      Pour citer cette fichePIBAROT Claire, « Notre-Dame-de-l'Aumône », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
      url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/639/notre-dame-de-laumone, version du 23/05/2016, consulté le 23/10/2017