INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Chissey-sur-Loue

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Chissey-sur-Loue
Période d'activité :
XVIe siècle - ?
Commune :
Chissey-sur-Loue
Département :
Jura

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Chissey-sur-Loue
Hameau/Lieu-dit :
Diocèse :
Actuel: Saint-Claude (1822 - 2017)
Ancien: Besançon (XVIe siècle - 1822)
Paroisse :
Actuelle: Notre-Dame de Lorette (? - 2017)
Ancienne: Chissey (XVIe siècle - 2017)
Compléments :
Le diocèse de Saint-Claude a été érigé en 1742, puis supprimé par le Concordat de 1801 et rattaché au diocèse de Besançon. Il fut érigé à nouveau en 1822.

Site

Type de site :
Plaine
Altitude :
225 m
Compléments :
Chissey-sur-Loue est situé, comme son nom l’indique, sur la Loue, résurgence et affluent du Doubs. Le village se trouve dans le Val d’Amour, à quelques kms de Dole et d’Arbois.

Paysage

Type de couvert végétal :
Espace cultivé
Type de l'habitat :
Village
Type de proximités :
Cours d'eau
Gué
Compléments :
La situation de gué sur la Loue du village de Chissey pourrait être à l’origine du patronage de l’église, dédiée à saint Christophe, saint patron et protecteur des voyageurs.

LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Chissey-sur-Loue (XVIe siècle - ?)
Compléments :
Ce pèlerinage dit « des fous », attesté par quelques documents, mais essentiellement par une tradition persistante, avait pour destination l’église paroissiale de Chissey-sur-Loue.
Type de lieu de culte :
Eglise paroissiale
Nom du lieu de culte :
Saint-Christophe
Saints patrons :
  • Christophe (XIIIe siècle - 2017)
Compléments :
L’église actuelle de Chissey-sur-Loue a été reconstruite au XIIIe siècle. Nous ignorons si l’église qui la précéda était déjà placée sous le même vocable.

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Christophe
Nature de l'objet :
Relique (= fragment)
Matériau de l'objet :
Vestige corporel
Dimensions de l'objet :
?
Emplacement :
Datation de l'objet :
?
Compléments :
La relique conservée à Chissey et réputée être celle de saint Christophe, serait un fragment de mâchoire. Une statue de saint Christophe en pierre, du XVe siècle, est conservée dans l’église. Il s’y trouve également une remarquable statue de Vierge de l’Avent (Vierge enceinte) en pierre du XVIe siècle. Elle ne semble pas cependant être en rapport avec le pèlerinage.

LE CULTE

Statut du culte :
Combattu
Légendaire :
Saint Christophe, saint d’Asie mineure, converti au christianisme, serait mort en martyr au IIIe siècle. Il est fêté le 25 juillet. Son légendaire en fait le saint protecteur des franchissements difficiles et, par extension, de tous les voyageurs. Cette spécificité du saint éclaire le choix du patronage de l’église de Chissey, mais pas la spécialité de son pèlerinage, dont on ignore les origines.
Miracles :
Selon un registre municipal de 1724, la guérison de trois personnes aurait été observée.
Type(s) de motivation :
  • Voeu
Recours :
  • Folie
  • Thérapie
Jour(s) de fête :
  • Christophe
Type de fréquentation :
Régulier
Compléments sur les fréquentations :
C’est particulièrement la veille et le jour de la saint Christophe que les pèlerins affluaient à Chissey.
Pratiques individuelles :
  • Incubation
Pratiques en présence du clergé :
  • Neuvaines
Ex voto :
    Confrérie(s) :
      Indulgence(s) :
        Compléments sur le culte :
        Un édit du parlement de Dole de 1578 aurait interdit les excentricités liées au pèlerinage (Ch. Jouffroy, « L’homme fou… », p. 18). Toutefois, ce pèlerinage a visiblement perduré puisqu’en 1615, l’archevêque Ferdinand de Rye avait ordonné au marguiller de l’église de Chissey d’être vigilant et modéré avec « les insensés et furieux » qui venaient implorer l’aide de saint Christophe (Ch. Jouffroy, « L’homme fou… », p.18). Cette même ordonnance épiscopale rapporte que des femmes passaient la nuit dans l’église avec leurs berceaux – ceux-ci désignant les sortes de brancards sur lesquels on maintenait les malades –, la veille de la saint Christophe, et qu’elles dansaient dans le cimetière. Les guérisons évoquées semblent avoir concerné hommes et animaux. Une « chambre des fous », située à la base du clocher de l’église, servait a priori à enfermer les malades qui venaient chercher la guérison.

        L'ÉDIFICE

        Description :
        L’église de Chissey, édifiée au XIIIe siècle, se compose d’une nef à quatre travées, que bordent des collatéraux, un transept saillant et un chevet plat. Deux sacristies ont été ajoutées à l’édifice postérieurement, de part et d’autre du choeur. L’une des particularités de cette église réside dans une corniche intérieure, soutenue par une soixantaine de modillons ornés pour la plupart de figures humaines grimaçantes appelées « babouins », qui feraient référence, selon une tradition bien ancrée, aux « fous » qui venaient chercher la guérison dans ce sanctuaire. Cette corniche a parfois été regardée comme un élément d’architecture de l’église antérieure. Elle semble bien toutefois être contemporaine de la construction de l’édifice et serait donc une survivance de formes passées (É. Vergnolle, La création architecturale en Franche-Comté au XIIe siècle, PUFC, 2001, p. 297). S’il fallait donc effectivement mettre en lien ces figures avec les malades qui venaient en pèlerinage à Chissey, il faudrait en déduire alors que celui-ci était au moins aussi ancien que la construction de l’église et de ces modillons, ce qui pour l’heure n’est absolument pas attesté.
        Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
          Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :
          • Autre (?)
            Une pièce située à la base du clocher – celui-ci ayant été édifié au XIIIe siècle également mais lors d’une seconde campagne – était réservée semble-t-il aux malades qui venaient en pèlerinage à Saint-Christophe. Cette salle portait le nom de « salle des fous ».

          HISTOIRE DU SANCTUAIRE

          Origines :
          Date de première mention : 1578
          Initiative de la fondation :
            Environnement institutionnel, politique et religieux :
            Chissey est mentionné pour la première fois au Xe siècle, lorsqu’une dame Théodrade donna au chapitre Saint-Étienne de Besançon ce qu’elle y possédait (Arch. dép. du Doubs, G 531). Le bourg était ceint d’une muraille et protégé par un château, qui aurait été détruit dès le XIVe siècle. L’église Saint-Christophe dépendait du prieuré de Château-sur-Salins. Elle passa ensuite dans la dépendance de Gigny, puis fut unie au chapitre de Saint-Maurice de Salins, avant d’être rattachée au collège Saint-Jérôme de Dole à la toute fin du Moyen Âge.
            Phases d'évolution :
            Le pèlerinage étant très peu documenté, il est difficile d’en retracer l’évolution. Si l’on en croit les quelques relations indirectes d’archives dont nous disposons, le pèlerinage serait antérieur au dernier quart du XVIe siècle, période à laquelle certaines pratiques auraient été interdites. Au début du XVIIe siècle, le pèlerinage semble avoir été toléré, mais l’archevêque de Besançon n’en édicta pas moins quelques recommandations pour contrevenir à certains abus. Au début du XVIIIe siècle, des neuvaines avaient encore lieu dans le cadre de ce pèlerinage et trois guérisons auraient été consignées. Il semblerait qu’au XIXe siècle, le pèlerinage ait cessé d’exister depuis une période indéterminée car A. Rousset (Dictionnaire géographique, historique et statistique…, p. 147) l’évoque au passé dans sa notice sur Chissey. Cette évolution s’accorde avec celle qui est observée dans d’autres sanctuaires thérapeutiques spécialisés dans le traitement de la folie, de mieux en mieux prise en charge par la psychiatrie à compter du XIXe siècle.
            Evénements marquants :
            • Interdiction (1578)
              Le parlement de Dole, par une ordonnance du 29 juillet 1578, aurait demandé aux échevins de Chissey de faire cesser le pèlerinage (Rousset, Histoire géographique…, p. 147).
            Rayonnement(s) :

              RÉFÉRENCES

              Source(s) :
                Bibliographie :
                • JOUFFROY, Ch., «L'homme fou, entre diableries et sainteté. Les pèlerinages pour insensés et furieux dans l'Est de la France », in Mémoires de l'Académie nationale de Metz, 2010, p. 17-20.
                • LACROIX, P., Églises jurassiennes romanes et gothiques, Besançon, Cêtre, 1981, p. 80-84.
                • TOURNIER, R., L'église de Chissey, Congrès Archéologique de Franche-Comté, XVIIIe session, 1960, Franche-Comté, Paris, 1960, p. 243-250.
                • BRUNE, P., L'église de Chissey, Paris, 1896.
                • ROUSSET, A., Dictionnaire géographique, historique et statistique des communes de la Franche-Comté, département du Jura, t. II, Besançon, 1854, p. 147.
                Etude(s) universitaire(s) :

                PHOTOGRAPHIES LIÉES

                Objet de dévotion :
                Edifice :
                Autre :

                À PROPOS DE L'ENQUÊTE

                Enquêteur :
                • BULLY Aurelia
                Rédacteur :
                • BULLY Aurelia
                Date de l'enquête :
                2016
                Date de rédaction de la fiche :
                2016
                Etat de l'enquête :
                En cours
                Pour citer cette ficheBULLY Aurelia, « Chissey-sur-Loue », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
                url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/638/chissey-sur-loue, version du 20/05/2016, consulté le 22/10/2017