INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

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Notre-Dame-de-Consolation (n°2)

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Notre-Dame-de-Consolation
Période d'activité :
1670 - 1791
Commune :
Consolation-Maisonnettes
Département :
Doubs

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Consolation-Maisonnettes
Hameau/Lieu-dit :
Val de Consolation
Diocèse :
Actuel:
Ancien: Besançon (1670 - 1791)
Paroisse :
Actuelle:
Ancienne: Guyans-Vennes (1670 - 1791)

Site

Type de site :
Montagne
Altitude :
490 m
Compléments :

L'ancien couvent Notre-Dame de Consolation est situé dans la reculée appelée de nos jours Cirque de Consolation. Le fond de vallée s'élève à 500 m environ tandis que les sommets et plateaux qui surplombent la vallée culminent entre 700 et 850 m environ.


Paysage

Type de couvert végétal :
Forêt
Type de l'habitat :
Lieu isolé
Type de proximités :
Château
Cours d'eau
Source
Compléments :

À proximité du monastère des Minimes s'élevait le château de Châtelneuf-en-Vennes, ruiné au XVIIe siècle lors de la guerre de Dix ans. Le monastère est édifié à la confluence de la rivière du Dessoubre et de deux autres cours d'eau issus de la source Noire, de la source du Tabourot et de la source de Lançot. Plusieurs grottes environnent l'ancien monastère.


LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Notre-Dame-de-Consolation (1670 - 1791)
Compléments :
Ce pèlerinage aurait débuté dans un modeste oratoire, ou une chapelle, construit à l'emplacement de la découverte d'une image de la Vierge dans le tronc d'un arbre. La reconstruction de la chapelle, à la suite du voeu d'un seigneur resté captif lors d'une croisade, semble être à l'origine du développement de ce pèlerinage (voir fiche Notre-Dame de Consolation n°1). L'image de la Vierge a ensuite été déposée dans un couvent de Minimes édifié à proximité, où le pèlerinage s'est poursuivi jusqu'à la Révolution.
Type de lieu de culte :
Chapelle
Nom du lieu de culte :
Notre-Dame de Consolation
Saints patrons :
  • Vierge Marie (1670 - 2017)
Compléments :
La chapelle Notre-Dame de Consolation, vocable actuel, est située dans l'église de l'ancien couvent des Minimes, dont nous ignorons le patronage.

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Notre Dame
Nature de l'objet :
Peinture sur bois
Matériau de l'objet :
Bois
Dimensions de l'objet :
H : 90 cm ; l : 70 cm
Emplacement :
À la fin du XVIIe siècle, l'image était exposée au-dessus du tabernacle.
Datation de l'objet :
XVe siècle
Compléments :
L'image de la Vierge a été déposée dans l'église de Guyans-Vennes, village situé sur le plateau qui surplombe la vallée du Dessoubre et le cirque de Consolation, en 1791. Ce panneau de bois du XVe siècle porte l'inscription "Notre-Dame de Consolation". Elle porte en outre les armoiries du seigneur de Varembon. Elle représente une Vierge vêtue d'un ample manteau et portant l'Enfant Jésus sur son bras droit. Derrière elle, deux anges tiennent un drap d'or. Ces indications font douter d'une découverte au XIVe siècle. Il semble plus vraisemblable que ce tableau fut commandé au XVe siècle par le chevalier de la Palud lors de son retour de croisade et transféré ensuite dans l'église du couvent des Minimes.

LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :
Une image de la Vierge Marie aurait été découverte dans le tronc d'un tilleul, donnant lieu à une vénération de la Vierge à cet endroit. Vers 1426, le chevalier François de la Palud, seigneur de Varembon, partit en croisade à Chypre avec les soldats du duc de Savoie Amédée VIII et fut fait prisonnier. Selon l'abbé Sonnet, la Vierge au tilleul existait déjà lorsqu'il se recommanda d'elle et fit le voeu de faire construire une chapelle s'il était délivré. Il aurait alors été miraculeusement transporté sur ses terres de Châtel-Neuf et la Vierge au tilleul aurait dès lors été appelée Notre-Dame de Consolation. François de la Palud aurait alors fait construire (ou reconstruire ?) une chapelle digne du pouvoir miraculeux de la Vierge.
Miracles :
Le premier miracle relaté est celui de la libération de François de la Palud, qui aurait déposé sa tunique de prisonnier et ses chaînes dans la chapelle à son retour. En 1509, l'un des ermites qui desservait alors la chapelle, Claude de Savegny, fit naufrage sur une rivière lors d'un voyage en Allemagne. Il aurait été secouru en invoquant Notre-Dame de Consolation. Il aurait lui aussi laissé à la chapelle un tableau ex-voto. On ne connait pas de miracles survenus durant la période d'exposition du tableau dans le couvent des Minimes mais les ex-voto encore présents dans la chapelle laissent supposer que certains voeux furent exaucés.
Type(s) de motivation :
  • Piété
  • Voeu
Recours :
  • Thérapie
  • Voeu
  • Libération des prisonniers
Jour(s) de fête :
    Type de fréquentation :
    Régulier
    Compléments sur les fréquentations :
    Le pèlerinage était particulièrement fréquenté lors des fêtes mariales.
    Pratiques individuelles :
      Pratiques en présence du clergé :
        Ex voto :
        • Tableau (?)
          Un tableau aurait été offert suite au sauvetage de cinq personnes qui réchappèrent de la noyade grâce à l'intervention de Notre-Dame de Consolation.
        • Vêtement (XVe siècle)
          François de la Palud, seigneur de Varembon, aurait déposé sa tunique de prisonnier lors de la croisade dans la chapelle Notre-Dame-de-Consolation. Cette tunique aurait ensuite été conservée dans une vitrine de verre, dans l'église du couvent des Minimes et est encore évoquée lors du transfert de l'image de la Vierge à l'église de Guyans-Vennes.
        • Métal (XIXe siècle)
          L'abbé Sonnet indique que de nombreux coeurs d'argent et couronnes de pierres entouraient la Vierge.
        • Texte gravé (XIXe siècle)
          Dans la chapelle Notre-Dame de Consolation, dans le couvent, on peut encore voir des plaques gravées déposées pour remercier Notre-Dame de l'accomplissement d'un voeu.
        Confrérie(s) :
          Indulgence(s) :
            Compléments sur le culte :
            Dans les Vosges, à Épinal, existait un pèlerinage dont le légendaire est très proche de celui-ci, bien que plus tardif. Un oratoire avait en effet été construit à l'emplacement de la découverte d'une statue de la Vierge dans un arbre. Des prodiges se seraient manifestés dans les années 1650 puis le pèlerinage fut pris en charge par un couvent de Minimes en 1660, soit moins de dix ans avant que des Minimes ne s'installèrent dans le Val de Consolation (Arch. dép. des Vosges, sous série 35 H). Dans le Val de Consolation, la fréquentation du monastère était plus importante à l'occasion des fêtes de la Vierge. Selon l'abbé Sonnet, une sorte de marché se tenait à l'extérieur du monastère pour les besoins des pèlerins. Le sanctuaire semble avoir été encore fréquenté après le transfert de l'image de la Vierge à la Révolution, comme l'atteste la présence de plusieurs plaques ex-voto dans la chapelle Notre-Dame de Consolation.

            L'ÉDIFICE

            Description :
            L'église fut achevée en 1682. Elle est à nef unique, dotée de deux chapelles latérales, dont l'une est encore dédiée à Notre-Dame de Consolation. L'autre chapelle abrite le mausolée du seigneur Ferdinand Francis Just de Rye, marquis de Varembon. Largement détérioré à la Révolution, celui-ci a été restauré au XIXe siècle.
            Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
            • Maisons de pèlerins (XVIIIe siècle)
              En 1770, il existait une maison affermée par les Minimes pour servir d'hôtellerie aux pèlerins.
            • Oratoire (XVIIIe siècle)
              Les Minimes ont fait construire de petits oratoires le long du chemin emprunté par les pèlerins. Il en subsiste un, au lieu dit "La Tranchée", sur lequel était gravé le millésime 1724. Il portait l'inscription : « Si l'amour de Marie est en ton coeur gravé, n'oublie pas en passant de lui dire un avé ». Aujourd'hui, une inscription rappelle sa construction en 1724 et sa restauration en 1839.
            • Oratoire (XIXe siècle)
              Dans le parc du couvent fut aménagé, dans la grotte Saint-Jean, un petit oratoire orné d'une Vierge ramenée de Lourdes par un franc-comtois. Après son éboulement en 1969, la grotte a été réaménagée en 1993.
            • Oratoire (XIXe siècle)
              Dans le parc s'élève un autre oratoire, dit du "voeu de 1843", voeu sur lequel nous ne sommes pas informés.
            Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :
            • Chapelle (XVIIe siècle)
              Au nord de la nef de l'église s'élève la chapelle abritant le mausolée de François Ferdinand Just de Rye, marquis de Varembon, mort à Besançon en 1657, dont la fondation est à l'origine de la construction du couvent des Minimes. Sa veuve, Marie Henriette de Cusance et de Vergy fit ériger le mausolée.
            • Chapelle (XVIIe siècle)
              La chapelle Notre-Dame de Consolation est construite en appendice au sud de la nef de l'église. Sur l'autel est déposée une statue de la Vierge en bois, ainsi qu'une réplique peinte de la Vierge sur panneau de bois conservée dans l'église de Guyans-Vennes.
            • Mobilier (XIXe siècle)
              Deux vitraux de la fin du XIXe siècle rappellent les origines du sanctuaire : l'un représente la découverte de l'image de la Vierge par un paysan, l'autre figure le seigneur de Varembon, prisonnier des Turcs, en train de prier Notre Dame.

            HISTOIRE DU SANCTUAIRE

            Origines :
            Date de première mention : 1670
            Initiative de la fondation :
            • Couple de laïcs
            Environnement institutionnel, politique et religieux :
            Les Archiducs Albert et Isabelle, gouverneurs des Pays-Bas et de la Franche-Comté, avaient autorisé en 1619 l'établissement de l'ordre des Minimes dans la Province. Cette période, qui fut aussi celle du gouvernement de l'archevêque Ferdinand de Rye, vit l'installation de nombreux ordres religieux dans le diocèse, favorisée par le prélat. Par une lettre du 30 octobre 1669, Charles II, successeur de Philippe IV roi d'Espagne, autorisa Marie Henriette de Cusance à établir un couvent de Minimes dans la vallée du Dessoubre. François Ferdinand Just de Rye avait en effet émis le voeu d'être inhumé dans la chapelle Notre-Dame de Consolation, près du château de Châtelneuf-en-Vennes et avait assorti sa fondation de l'installation de trois Minimes, deux pères et un frère lai, fondation qu'il dota de 6000 francs. Son épouse augmenta la dotation de 4000 francs et souhaita augmenter également le nombre de frères minimes. Le testament de François Ferdinand Just de Rye répondait au voeu de sa mère Christine Claire d'Haraucourt qui avait souhaité, par un testament de 1649, que son fils, à sa majorité, fonde un couvent de Minimes. Celui-ci fut construit en 1670, l'église en fut achevée en 1682. Un traité fut passé entre les frères minimes et le dernier chapelain de la chapelle Notre-Dame de Consolation, qui put, par ce traité, continuer à jouir de la maison qu'il occupait près de la chapelle, ainsi que du bénéfice de la chapelle. Antoine Pierre de Grammont, archevêque de Besançon, approuva les différentes dispositions présidant à la fondation de cet établissement le 27 avril 1670. Ce couvent et ceux de Besançon, Dole, Arbois, Ornans, Arlay, Rupt, Morteau et Romont et Estavayer en Suisse formaient une province au sein des chapitres généraux de l'ordre. C'est saint François de Paule, ermite calabrais, qui est à l'origine de l'ordre des Minimes, constitué en ordre religieux en 1506. Saint François de Paule exerça son ascendant sur Charles VIII et Louis XII, mais c'est particulièrement avec Marie de Médicis, Anne d'Autriche et Louis XIII que l'ordre eut le plus d'influence. C'est d'ailleurs dans une église de cet ordre que Louis XIII voua la France à la Vierge Marie en 1638. Dans les lieux où ils étaient installés, les Minimes contribuèrent à promouvoir le culte marial.
            Phases d'évolution :
            Après 1791, le couvent fut confié à un habitant de la vallée. Racheté sous le ministère du cardinal de Rohan, archevêque de Besançon de 1829 à 1833, il fut transformé en séminaire sous son successeur, Mgr Dubourg. Fermé en 1906, il rouvrit ses portes en 1920 grâce à la remontée des vocations sacerdotales et religieuses, puis ferma définitivement en 1978. Depuis, l'association "Artisans de paix-Val de Consolation" gère le lieu et propose hébergement, accueil de séminaires, etc.
            Evénements marquants :
            • Construction (1670)
              Afin d'exécuter les dernières volontés de son époux Ferdinand François Just de Rye, marquis de Varembon, Marie Henriette de Cusance et de Vergy fonda le couvent des Minimes de Consolation et y fit construire un mausolée.
            • Transfert (1791)
              En 1791, le tableau de la Vierge fut déplacé en l'église de Guyans-Vennes.
            Rayonnement(s) :
            • Local (1670 -> 1791)
              Nous ne sommes pas renseignés sur le rayonnement de ce pèlerinage, dont nous serions tentés de dire qu'il ne fut que local. Cependant, l'installation du couvent de Minimes et le transfert de l'image dans ce couvent peuvent laisser penser que les autorités diocésaines ont pu se pencher sur la destinée de ce pèlerinage.

            RÉFÉRENCES

            Source(s) :
            • Archives (XXe siècle)
              Archives diocésaines de Besançon, 76 Z : Archives du séminaire de Consolation.
            • Archives (XXe siècle)
              Arch. dép. du Doubs, 16 V 1 : Séminaire de Consolation, 1906-1963.
            • Archives
              Arch. dép. du Doubs, 105 H 1 à 105 H 8 : Minimes de Consolation, titres généraux, cens, rentes, fondations, testaments, baux, procès, 1383-1791.
            Bibliographie :
            • PIERRE, B., VAUCHEZ, A. (dir.), «Saint François de Paule et l'ordre des Minimes en France (fin du XVe-XVIIIe siècles) », in actes du colloque de Tours, 20-21 sept. 2007, Tours, Presses Universitaires François Rabelais, 2010.
            • MAIRE D'ÉGLISE, R., L'ordre des Minimes en Franche-Comté, les couvents de Notre Dame de Consolation et Sur-la-Seigne, UFC, mémoire de maîtrise ss. dir. C. Marchal, 2005.
            • BOITEUX, abbé, «Le pèlerinage de Notre Dame de Consolation », in Procès verbaux et mémoires de l'Académie de Besançon, 1940-1942, p. 21-37.
            • SONNET, abbé P, L'ermitage de Notre-Dame de Consolation, Besançon, imp. Jacquin, 1861.
            Etude(s) universitaire(s) :

            PHOTOGRAPHIES LIÉES

            Objet de dévotion :
            Edifice :
            Autre :

            À PROPOS DE L'ENQUÊTE

            Enquêteur :
            • BULLY Aurelia
            Rédacteur :
            • BULLY Aurelia
            Date de l'enquête :
            2016
            Date de rédaction de la fiche :
            2016
            Etat de l'enquête :
            En cours
            Pour citer cette ficheBULLY Aurelia, « Notre-Dame-de-Consolation (n°2) », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
            url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/630/notre-dame-de-consolation, version du 11/02/2016, consulté le 23/10/2017