INVENTAIRE DES SANCTUAIRES ET LIEUX DE PÈLERINAGE CHRÉTIENS EN FRANCE

Retour à la liste des sanctuaires

Saint-Drausin

IDENTITÉ

Nom du pèlerinage :
Saint-Drausin
Période d'activité :
674 - 1790
Commune :
Soissons
Département :
Aisne
Les deux arcades restantes de l'église Notre-Dame

SITUATION GÉOGRAPHIQUE

Commune :
Soissons
Hameau/Lieu-dit :
Diocèse :
Actuel: Soissons-Laon-Saint-Quentin (1790 - 2017)
Ancien: Soissons (VIIe siècle - 1790)
Paroisse :
Actuelle:
Ancienne:

Site

Type de site :
Rive de cours d'eau
Altitude :
50 m
Compléments :

L'abbaye se situe légèrement en retrait de l'Aisne, sur la rive gauche de la rivière. Le premier monastère se trouvait probablement dans le quartier Saint-Vaast (source : Germain).


Paysage

Type de couvert végétal :
Type de l'habitat :
Ville
Type de proximités :
Cours d'eau

LE SANCTUAIRE

Noms du sanctuaire / pèlerinage :
  • Saint-Drausin (674 - 1790)
Compléments :
Le nom complet du monastère de centre ville, qui abrita le pèlerinage à saint Drausin est "monasterium sanctae et intemeratae Mariae Matris Domini", d'après les "Acta sanctorum", mars, I, p. 409D.
Type de lieu de culte :
Abbatiale
Nom du lieu de culte :
Notre-Dame de Soissons
Saints patrons :
  • Vierge Marie (664 - 1790)
Compléments :
L'abbatiale a porté plusieurs noms successivement et simultanément. On relève notamment « Monastère Sainte-Marie », « Abbaye royale Notre-Dame de Soissons », « Moustier de saint Drausin », etc.

L'OBJET DE DÉVOTION

Nom de l'objet :
Drausin
Nature de l'objet :
Corps saint (= en entier)
Matériau de l'objet :
Vestige corporel
Dimensions de l'objet :
Emplacement :
« Conque » ou coquille de l'abside de l'église Sainte-Marie après la translation de 680. Les reliques furent ensuite placées dans une châsse au-dessus du choeur lors de la construction au XIIe siècle d'une chapelle latérale où l'on conserva le sarcophage.
Datation de l'objet :
674
Compléments :
Le corps de saint Drausin fut d'abord inhumé dans l'église du monastère primitif extra muros ; puis, vers 680, les religieuses en organisèrent la translation vers leur nouvelle abbaye ; le corps fut alors placé dans un sarcophage lui-même placé dans la « conque » ou « coquille » de l'abside de l'église Sainte-Marie. Cependant, en 1146, lors de la reconstruction de l'église abbatiale au XIIe siècle, les reliques furent placées dans une châsse au dessus du choeur d'une chapelle latérale, nommée chapelle Saint-Drausin, où l'on conserva également le sarcophage (devenu cénotaphe). La châsse d'argent ornée de statues d'argent était encore mentionnée dans un inventaire des reliques de 1681, inventaire très fourni car l'abbaye était réputée conserver encore plus de reliques que l'abbaye royale de Saint-Médard !
Le sarcophage de saint Drausin, actuellement considéré du VIe siècle, est conservé de nos jours au musée du Louvre. Le nom latin de Drosin se lit indifféremment "Drausinus", "Drausius" ou "Drauscio".

LE CULTE

Statut du culte :
Autorisé
Légendaire :
Jeune noble formé auprès de l'évêque de Soissons Anséric, Drosin était réputé être d'une intelligence et d'une piété remarquables. Il devint à son tour évêque de Soissons en 658. Il fonda l'abbaye masculine de Saint-Pierre de Rethondes puis le monastère Sainte-Marie de Soissons avec l'aide d'Ebroin, maire du palais, et Leuctrude, son épouse. Mort en odeur de sainteté, il fut enterré dans cette abbaye, vers 674. Aussitôt, des miracles se produisirent sur son tombeau. Celui-ci fut translaté en 680 dans le nouveau monastère Sainte-Marie intra muros, où les miracles se poursuivirent.
Miracles :
Guérisons et prodiges sont relatés au sujet de saint Drausin, au moment de la translation et bien sûr après le transfert. L'auteur de la "Vie" de saint Drausin indique que les miracles du saint sont si nombreux qu'il faudrait les répertorier dans une charte. Par exemple, lorsqu'une dévote tente d'arracher une dent à la dépouille du saint, du sang frais s'écoule avec abondance ; un aveugle de Reims est guéri; des odeurs suaves se dégagent du tombeau, etc.
Type(s) de motivation :
  • Piété
  • Voeu
Recours :
  • Grâce particulière
Jour(s) de fête :
  • 2 juin
  • 18 juin
Type de fréquentation :
Irrégulier
Compléments sur les fréquentations :
Le sanctuaire était fréquenté selon les occasions individuelles.
Pratiques individuelles :
  • Incubation
  • Aspersion ou ingestion d'eau
Pratiques en présence du clergé :
    Ex voto :
      Confrérie(s) :
        Indulgence(s) :
          Compléments sur le culte :
          Des pèlerins veillaient toute la nuit près du tombeau de saint Drausin pour s'assurer la victoire le lendemain lors d'un duel ; il était également de pratique courante de boire l'eau dans laquelle on avait fait tremper de la poudre de la pierre du tombeau du saint pour obtenir une guérison. L'abbaye étant abbaye royale, on y observe un culte lié à la dynastie car les religieuses veillent chaque nuit devant la châsse, en particulier lorsque le roi mène une guerre ou qu'une personne de la famille royale est gravement malade.

          L'ÉDIFICE

          Description :
          L'église, détruite en très grande partie durant la Révolution, mesurait environ 90 m de long, pour 24 m de large. Édifiée dans un style roman, elle était de plan classique (Poquet p. 34). L'église Notre-Dame, dont il ne subsiste que deux baies, faisait partie du vaste complexe monastique Sainte-Marie (environ un quart de la superficie de la ville selon Poquet), constitué également de la collégiale Saint-Pierre et de l'église Sainte-Geneviève, outre l'hôpital Saint-Voué. L'abbaye comptait plus de 400 personnes dont plus de 200 religieuses.
          Aménagement(s) extérieur(s) lié(s) au culte :
            Aménagement(s) intérieur(s) lié(s) au culte :
            • Mobilier (500-600)
              Très beau sarcophage de marbre blanc, finement décoré : il est orné de chrismes encadrés, d'un côté, d'un décor végétal, de l'autre et d'ornements géométriques. On considère actuellement qu'il aurait été exécuté à la fin du VIe siècle.
            • Chapelle (1146-1162)
              La chapelle Saint-Drausin fut édifiée dans le bas-côté nord lors de la reconstruction de l'église entre 1146 et 1162. Elle abritait le sarcophage, tandis que les reliques furent placées dans une châsse posée au dessus du choeur. Les reliques de saint Drausin se trouvaient auparavant dans l'abside (« conque » ou « coquille ») de l'église du monastère, après la translation datée de 680 environ.

            HISTOIRE DU SANCTUAIRE

            Origines :
            Date de première mention : Xe siècle
            Initiative de la fondation :
            • Evêque
            Environnement institutionnel, politique et religieux :
            Première abbaye de femmes à Soissons, vivant sous la règle bénédictine, elle fut construite sur l'initiative de l'évêque Drausin, avec l'autorisation et l'aide financière du maire du palais Ebroin, grâce à l'influence de l'épouse de ce dernier, Leuctrude.
            Phases d'évolution :
            Un premier monastère fut édifié vers 656 par l'évêque Drausin hors les murs de Soissons, le long de l'Aisne (dans le faubourg Saint-Vaast ?). Puis, devenu trop exigu, menacé par les crues de la rivière, il fut remplacé par un nouvel ensemble monastique construit par l'évêque au centre de la cité soissonnaise, derrière le chevet de la cathédrale vers 660 (la dédicace eut lieu en 664). L'église Notre-Dame fut reconstruite en 1146. Les bâtiments du monastère furent détruits lors de la Révolution française, surtout vers 1793.
            Evénements marquants :
            • Translation (680)
              Les reliques de saint Drausin sont translatées dans l'église du nouveau monastère intra-muros.
            • Reconstruction (1146-1162)
              Lors de la reconstruction de l'église, le sarcophage de Drausin fut translaté dans une chapelle latérale de l'édifice. Les reliques furent alors placées dans une châsse posée au-dessus du choeur.
            • Destruction (1790)
              Entre 1790 et 1793 eurent lieu des destructions successives suite à la vente des bâtiments conventuels et de l'église comme biens nationaux lors de la Révolution Française. Il ne subsiste de l'église que deux arcades du bras nord du transept de style roman.
            Rayonnement(s) :
            • Diocésain (680 -> ?)
              Le culte était surtout diocésain et, ponctuellement, international puisque, selon la légende, des Grands laïcs seraient venus veiller debout auprès du tombeau de saint Drausin avant un duel. Poquet évoque Anne Commène ("Alexiade") qui aurait connu cette coutume en Orient, et cite Jean de Salisbury (Epist. 159) qui évoquait des "champions" de duels venus de Bourgogne et d'Italie; Thomas Becket, dans le cadre de sa lutte pour défendre les prérogatives de l'Église d'Angleterre, y aurait veillé aussi (Martin, II, p. 21).

            RÉFÉRENCES

            Source(s) :
            • Vita (Xe siècle)
              "Vita s. Drausii episcopi Suessionensium, AASS Mart. I" (1668) p. 405-411. (BHL 2335)
            Bibliographie :
            • RACINET, Sabine, Peuplement et christianisation dans la partie occidentale de la province ecclésiastique de Reims (anciens diocèses d'Amiens, de Beauvais et de Noyon), du IVe à la fin du Xe siècle. Thèse de doctorat, Université de Reims, 2002.
            • POQUET, A. (abbé), Notre-Dame de Soissons, son histoire, ses églises, ses tombeaux, ses reliques, 2 éd., Paris, 1855.
            • MARTIN, H, JACOB, P. L., Histoire de Soissons depuis les temps les plus reculés, 2 volumes (1er : 516 p, 2e : 663 = appendices), Soissons -Paris, 1837.
            • GERMAIN, Michel (OSB), Histoire de l'abbaye royale Notre-Dame de Soissons, de l'ordre de saint Benoît, divisée en quatre livres. Avec les preuves, et plusieurs titres, tirez des archives de cette abbaye, Paris, 1675.
            Etude(s) universitaire(s) :

            PHOTOGRAPHIES LIÉES

            Objet de dévotion :
            • Sarcophage de saint Drausin, conservé au Musée du Louvre - Pierre Gillon - 2016
            • Tombeau de saint Drausin représenté dans l'ouvrage d'Édouard Fleury, Illustrations de Antiquités et monuments du département de l'Aisne, 1877-1882, tome II. Fig.209 et 210 p.95
            Edifice :
            • Les deux arcades restantes de l'église Notre-Dame - Véronique Souche-Hazebrouck - 2015
            Autre :
            • Carte de Cassini n°144 - http://cassini.ehess.fr/cassini/fr

            À PROPOS DE L'ENQUÊTE

            Enquêteur :
            • SAINTE Élodie
            Rédacteur :
            • SOUCHE-HAZEBROUCK Véronique
            Date de l'enquête :
            2012
            Date de rédaction de la fiche :
            2014
            Etat de l'enquête :
            En cours
            Pour citer cette ficheSOUCHE-HAZEBROUCK Véronique, « Saint-Drausin », Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France
            url : http://sanctuaires.aibl.fr/fiche/619/saint-drausin, version du 03/11/2016, consulté le 20/10/2017